Choriste du mois


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 05. Now I see fire

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So let's set the world on fire
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MessageSujet: 05. Now I see fire   Lun 19 Mai - 22:41



« Oh, misty eye of the mountain below
Keep careful watch of my brothers' souls
And should the sky be filled with fire and smoke
Keep watching over Durin's son
 »

Sunny croisa le regard de Nicholas, qui hocha la tête et pinça une corde de la guitare qu'il tenait sur ses genoux. Assise sur un haut tabouret, en face de lui, Sunny se redressa doucement, encouragée par ce simple signe d'approbation. Ses doigts cessèrent de triturer un fil qui dépassait de son jean. Sa voix se mêla à celle de Nicholas, tandis que le seul son de la guitare les accompagnait.

« If this is to end in fire
Then we should all burn together
Watch the flames climb high into the night
Calling out father, stand by and we will
Watch the flames burn auburn on the mountain side
 »

Seuls sur la scène de l'amphithéâtre, les deux adolescents étaient faiblement éclairés par de fausses bougies, posées autour d'eux, et qui les nimbaient d'une aura douce et chaleureuse. Mr Figgins leur ayant bien entendu interdit d'utiliser de vrais bougies, ils avaient dû se rabattre sur une lumière artificielle, mais qui s'accordait plutôt bien à la chanson et à l'ambiance supposément féerique qu'ils avaient tentés de reproduire.

« And if we should die tonight
Then we should all die together
Raise a glass of wine for the last time
Calling out father, prepare as we will
Watch the flames burn auburn on the mountain side
Desolation comes upon the sky

Now I see fire, inside the mountain
I see fire, burning the trees
And I see fire, hollowing souls
I see fire, blood in the breeze
And I hope that you'll remember me

Oh, should my people fall
Then surely I'll do the same
Confined in mountain halls
We got too close to the flame
Calling out father hold fast and we will
Watch the flames burn auburn on the mountain side
Desolation comes upon the sky

Now I see fire, inside the mountain
I see fire, burning the trees
I see fire, hollowing souls
I see fire, blood in the breeze
And I hope that you'll remember me

And if the night is burning
I will cover my eyes
For if the dark returns then
My brothers will die
And as the sky's falling down
It crashed into this lonely town
And with that shadow upon the ground
I hear my people screaming out

Now I see fire, inside the mountain
I see fire, burning the trees
I see fire, hollowing souls
I see fire, blood in the breeze

I see fire, oh you know I saw a city burning (fire)
I see fire, feel the heat upon my skin (fire)
And I see fire (fire)
And I see fire burn auburn on the mountain side
 »

Sunny ferma brièvement les yeux, emportée par la chanson dont les notes s'éteignirent doucement, et un fin sourire étira ses lèvres.

Lorsque, quelques minutes plus tard, elle remarqua qu'une silhouette se tenait dans l'escalier qui menait à la sortie de l'amphithéâtre, révélée par la lumière qu'ils avaient rallumés, Sunny s'interrompit dans son mouvement, et laissa la fausse bougie qu'elle s'apprêtait à ramasser par terre. « Harper ? » fit-elle non sans surprise, étonnée de voir la jeune athlète dans un endroit qu'elle ne devait sûrement pas fréquenter d'elle-même. Ramenant ses cheveux derrière son épaule, Sunny s'accroupit, et sauta en bas de la scène. « Je ne pensais pas... hm, j'avais prévu de t'attendre sur le parking avant que tu ne t'en ailles, j'ai dû oublier l'heure. » s'excusa-t-elle rapidement en se rapprochant de sa camarade, qu'elle dévisagea quelques secondes. Nicholas descendit à son tour de la scène, contourna les deux jeunes filles en évitant soigneusement le regard d'Harper, et il tapota nerveusement l'épaule de Sunny avant de s'éclipser d'un pas rapide. « Il prépare un projet pour son entrée en école d'art. La chanson servira de fond sonore. » expliqua Sunny en se détournant pour retourner sur scène. Elle récupéra son sac, posé à même le parquet de la scène, et en sortit une enveloppe, ouverte, qu'elle tendit à Harper. « Tiens. C'est pour toi. »
Sur l'enveloppe, le cachet de l'état, et celui, à côté, de l'OSU. A l'intérieur de l'enveloppe, que Sunny avait pris la peine d'ouvrir pour éviter une déception à Harper, une lettre qui pourrait peut-être changer l'avenir de la jeune athlète, les rêves de celle-ci ayant été brutalement détruits par une répartition déloyale du budget scolaire.
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Not everybody just gets to blurt out how they fuckin’ feel every minute
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 20 Mai - 14:39

Ce fut d’abord l’incrédulité qui s’empara de Harper à la lecture du texto de Sunny, mais après trois quarts d’heure d’attente sur le parvis du lycée, c’était désormais l’exaspération qui l’animait. S’enfonçant d’un pas vif dans les allées bordées de casiers, la jeune fille maintenait fermement la bandoulière de son sac de cours, l’expression de son visage singulièrement dépourvu de toute indication concernant son état d’esprit actuel. Pourtant, elle bouillonnait dans son for intérieur. Si elle avait faussé compagnie à Addison et Jamie pour répondre à l’ordre de la présidente du club de journalisme, c’était parce que les messages de sa part, Harper en connaissait les tristes conséquences. Quelles informations avait-elle réussi à obtenir sur elle, cette fois ? Est-ce qu’elles la concernaient directement ou cherchait-elle à l’atteindre en s’en prenant de nouveau aux secrets de son entourage ? Harper avait hésité. Ne prenant plus la peine de se rancarder sur les bruits qui couraient à son sujet dans les couloirs du lycée, elle n’était pas moins concernée par les offensives qu’on lançait en direction de ses proches, c’était ce qui réveillait son impétuosité et nourrissait son arrogance. À la limite de pousser la porte du gymnase pour rejoindre ses amis avant de se rendre à la gare, la perspective d’avoir une excuse valable pour enfin se débarrasser de la jeune journaliste s’était imposée à elle. Savoureuse opportunité que le destin lui offrait là, et se ravisant, elle avait consentie à l’attendre patiemment.

C’en était trop. Harper dévala les marches du petit escalier à l’embouchure du premier couloir et accéléra le pas, sa veste posée sur le haut de son sac battant la mesure contre sa cuisse. Que Son Altesse lui donne des ordres passait encore, les textos étant une manière bien impersonnelle de faire passer des émotions, elle pouvait lui pardonner son manque de ponctuation et de smileys, mais qu’elle joue avec ses nerfs de cette manière, Harper ne le supportait pas. Dans un dérapage contrôlé, la semelle de ses bottines crissa sur le parquet lustré, informant les retardataires de sa présence sur les lieux. S’arrêtant devant la porte ouverte du club de journalisme, Harper passa la tête à l’intérieur.
« Elle est où ? » demanda-t-elle à la seule personne encore présente, montrant du menton le bureau de Sunny. Le garçon penché sur la table lumineuse releva la tête en réajustant ses lunettes sur son nez droit « Sûrement au glee club ou à l’auditorium. Sinon, elle est déjà rentrée chez elle. » Harper le remercia d’un signe de tête concis, passa la main dans sa frange courte puis reprit son chemin en direction opposée pour trouver Sunny. Elle espérait pour elle qu’elle ne l’avait pas fait attendre pour rien.

Elle n’était pas au glee club, l’endroit qu’elle avait vérifié en premier puisqu’étant sur son chemin. Harper se dirigea donc vers l’auditorium qu’elle ne fréquentait jamais, sauf par obligation, lorsque le principal Figgins décidait que les haut-parleurs de McKinley ne suffisaient plus à répandre ses ordres prononcés avec un accent à couper au couteau en réalité. Elle savait qu’elle devrait bientôt le fréquenter, car d’après la conseillère d’orientation du lycée, elle serait celle qui aurait la lourde tache de prononcer un discours lors de la remise des diplômes. Rien n’était encore officiel, se répétait-elle. Et cette pensée lui provoqua des frissons sur ses avant-bras nus tandis qu’elle occultait le défaitisme qui la poussait à ne pas s’attarder sur l’imminence de l’évènement.
Elle laissa la porte de l’auditorium se claquer derrière elle. La lumière douce de la scène l’avertit qu’il y avait déjà quelqu’un. Du haut des escaliers, elle reconnut la silhouette de Sunny qu’elle détailla très furtivement en descendant les marches, le bras gauche de son pull trop fin descendant légèrement sur son épaule. Au moins, le garçon du club de journalisme ne lui avait pas donné de fausses informations, il irait loin, ce qui radoucit légèrement son courroux motivé par l’oubli de Sunny – elle le lui confirma, d’ailleurs.

« Désolée de gâcher votre petit rendez-vous. » lui dit simplement Harper, son visage gardant la même expression neutre que lors de sa course dans tout le lycée. Quel toupet elle avait de la contacter pour finalement la laisser en plan, préférant la compagnie de ce garçon que Harper avait déjà vu dans les couloirs, mais qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Elle aurait dû suivre sa première idée et retrouver les autres dans les gradins du terrain extérieur, au lieu de craindre les intentions de la blonde en face d’elle. Harper n’eut pas un mot plus que l’autre, cependant, se disant qu’il était inutile de s’énerver tout de suite. Elle croisa les bras sur sa poitrine, serra les lèvres et gratifia l’ami de Sunny d’un signe de tête plus ou moins courtois au moment où il passait à côté d’elle.

« Cool. » répondit-elle du bout des lèvres quand Sunny l’informa sur ses projets, et enfin, elle laissa échapper un soupir las – seul signe de son impatience qu’elle laissa transparaître, un sourcil haussé « Alors, c’est quoi l’objet de ton chantage, cette fois ? » Harper suivit le trajet de Sunny. Elle remontait sur la scène et récupéra son sac d’où elle sortir une enveloppe en papier kraft. Harper lâcha un rire amer en laissant basculer sa tête en arrière « C’est pas vrai, elle est pas croyable. » murmura-t-elle plus pour elle-même, persuadée qu’à l’intérieur de l’enveloppe il y avait, soit des photos compromettantes, soit un rapport complet des méfaits qu’elle avait accomplis ces deux derniers mois. Harper baissa le menton, prit l’enveloppe qu'elle lui tendait et la retourna aussitôt. Ce qu’elle vit alors lui fit froncer les sourcils. Le cachet de l’État, celui de L’OSU… Harper jeta un regard par-dessous à Sunny pendant que l’enveloppe se mit à chauffer entre ses mains. Visiblement déchirée entre l’envie de l’ouvrir et celle de questionner la jeune fille, Harper fit jouer ses doigts sur le papier en se mordant les lèvres « Qu’est-ce que c’est ? » Son impatience atteint un point de non-retour, le papier entre ses mains lui brûlant les doigts. Elle souleva le battant avec une précaution tellement rare chez Harper qu’elle-même fut étonnée du contrôle de ses mouvements. Elle tira un peu sur la lettre pour la découvrir, lut son nom complet sur l’en-tête, et sans avoir posé ses yeux sur le contenu de la lettre, elle la repoussa au fond de l’enveloppe. Elle dit alors à Sunny, la tête toujours baissée « Qu’est-ce que t’as fait ? » Harper redoutait sa réponse, car elle était certaine que cette fois, elle ne pourrait garder son sang-froid.
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 20 Mai - 15:20

L'enveloppe dans les mains d'Harper, Sunny considéra que la partie facile de la mission qu'elle s'était donnée était accomplie. A présent, le pire restait à venir. Et par là, il fallait comprendre qu'Harper non seulement n'apprécierait que moyennement, voir pas du tout, que Sunny se soit mêlée de sa vie, mais en plus, il allait falloir la convaincre d'accepter. Connaissant la fierté dont Harper pouvait faire preuve, et qui un jour, finirait par lui causer des problèmes, Sunny avait su, à l'instant même où elle remplissait la première case du formulaire de demande de bourses, qu'elle aurait des ennuis. Elle savait qu'Harper ne lui sauterait pas au cou en la remerciant de lui offrir l'opportunité de faire quelque chose de sa vie. En réalité, si elle ne se prenait pas une bonne baffe, elle pourrait se considérer comme chanceuse. Mais elle n'avait hésité qu'une fraction de seconde, le stylo au dessus du formulaire, avant de se dire que cela en valait la peine.
Maintenant qu'Harper tenait entre ses mains son avenir -au propre comme au figuré- Sunny allait devoir lui avouer ce qu'elle avait fait. Contre toute attente, elle ne se sentait pas nerveuse, elle n'avait pas peur de la réaction que pourrait avoir la jeune fille, connue pour ses humeurs difficiles. Elle avait fait ce qui lui semblait être juste, et si Harper décidait qu'elle ne voulait pas qu'on l'aide, ou plutôt, qu'elle ne voulait pas que Sunny l'aide, elle l'accepterait. « J'ai fait quelque chose qui va certainement te donner envie de me frapper. » reconnut-elle avec honnêteté. Elle se pencha pour finir de ramasser les fausses bougies, ses cheveux dissimulant ses traits. La semelle de ses chaussures claquant sur le bois de la scène fut, pendant un court instant, le seul bruit qui résonna dans l'amphithéâtre. Lorsqu'elle se redressa, ce fut pour couler un rapide regard vers Harper, qui baissait la tête, l'enveloppe entre les mains, n'osant apparemment pas voir ce qu'elle contenait. Ou peut-être s'en doutait-elle. Peut-être ne voulait-elle pas que tout ceci prenne forme, devienne réel. Sunny rangea les bougies dans une vieille boite en carton, dont elle referma doucement le couvercle. « Mais je l'ai fait parce que tu le mérites. » Pivotant sur ses pieds, elle fit face à Harper, consciente que seulement quelques mètres les séparaient et que, selon la réaction de la jeune fille, ces quelques mètres seraient bien utiles.

Son propre formulaire de demande de bourses remplis, Sunny l'avait longuement considéré, avant de le glisser dans une enveloppe qu'elle avait refermé avec soin, avec l'impression que son avenir se dessinait peu à peu. Avec un peu de chance, elle intégrerait Berkeley, et vivrait ses études sous le soleil de la Californie. Elle n'avait pas réfléchi, en remplissant un second formulaire. Elle n'avait pas hésité, lorsqu'elle s'était servie de tout ce qu'elle savait sur Harper, pour donner les informations supposés confidentielles, et son stylo avait rempli chaque petites cases, ne s'arrêtant qu'une fois le formulaire dûment rempli, et prêt à être envoyé. Elle n'avait pas hésité lorsqu'elle avait imité la signature d'Harper. Elle savait qu'elle prenait d'énormes risques, et pas uniquement parce que ce qu'elle faisait était illégal. Elle n'avait simplement pas pu supporter l'idée qu'Harper, une fille qui au mieux, la tolérait, soit confinée à Lima pour le restant de ses jours.
L'autre raison qui l'avait poussé à faire une chose aussi énorme, était ce sentiment puissant de regret qui lui nouait les entrailles dès qu'il s'agissait d'Harper. Malgré l'année passée à travailler en binôme avec la jeune fille, pendant des cours de chimie durant lesquels elles s'étaient suffisamment entendue pour obtenir les meilleures notes de la classe, et au cours desquels elles avaient développé des habitudes par rapport à l'autre, leur permettant d'agir sans presque avoir à se parler, en sachant à l'avance ce que l'autre ferait, Sunny regrettait. Elle regrettait d'avoir failli ruiner la vie déjà difficile d'Harper. Elle n'avait jamais eu de remords à agir de la sorte avec qui que ce soit d'autre. Briser un couple, détruire une réputation, tout ça n'avait pas d'importance, à ses yeux. Harper était parvenue, à sa manière, à ce qu'elle se remette en question. Depuis, Sunny avait cherché un moyen de s'amender, de demander pardon. Cette demande de bourse lui avait semblé être le seul bon moyen.
Harper lui en voudrait. Elle n'accepterait pas de lui pardonner, et Sunny ne cherchait pas à ce qu'Harper prononce des paroles de ce genre. Elle n'avait cherché qu'à aider une personne qu'elle respecter énormément. Si Harper l'envoyait balader, et bien... au moins, elle aurait essayé. Et elle n'aurait plus de regrets à avoir.

L'immobilité d'Harper fut plus dur à supporter que l'idée qu'elle lui retourne la tête à coup de ranger dans les dents. Sunny mourrait d'envie de savoir si Harper accepterait l'avenir qui pouvait être le sien, elle voulait qu'Harper sorte cette fichue lettre de son enveloppe, quitte à ce qu'après elle essaie de lui faire avaler le papier de force pour lui faire payer son insolence. En se mordillant les lèvres au point que ça en était douloureux, Sunny désigna l'enveloppe d'un geste impatient. « Ouvre-la. Que je sache au moins si tu as envie de m'étriper, ou si tu es juste furieuse. » Vaine tentative pour alléger l'atmosphère, car elle savait qu'Harper serait furieuse et aurait envie de l'étriper. Au moins, elle mourrait l'esprit léger, avec l'impression d'avoir fait quelque chose de bien.
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 20 Mai - 21:08

Un mince sourire rehaussa les pommettes de Harper à l’instant où des pensées acerbes à l’encontre de Sunny se formèrent dans son esprit. Cette dernière lui annonça que ce qu’elle avait fait lui donnerait envie de la frapper. Harper leva la tête, l’incertitude qui l’envahissait altérant l’expression neutre qu’elle tenait à garder, et davantage, ses sourcils se froncèrent, formant une ligne invisible sur son front. À vrai dire, le contraire l’aurait étonné. De toute façon, Harper avait toujours envie de la frapper, même dans ses bons jours. On pouvait penser ce que l’on voulait, que Harper avait tendance à surjouer la carte de la belliqueuse de service, qu’elle montait dans les tours beaucoup trop vite, si elle éprouvait autant de rancœur à l’égard de sa partenaire de labo, c’était pour des raisons justifiées ce coup-ci. Raisons qu’elle avait toujours gardées pour elle, peu encline à se confier concernant les motifs de cette antipathie reconnue ; peu encline à se confier tout court.
Sunny était venue la faire chanter. Elle l’avait menacé de révéler ce qu’elle faisait à la direction de WMHS, charmée à l’idée de lui faire fermer boutique si elle refusait de collaborer avec elle – ce qu’elle avait fait sans se poser de question. Omettant de s’aviser de la résolution de Harper à protéger les siens, Sunny s’en était prise à elle mais surtout à sa famille. De façon indirecte ? Harper ne l’avait jamais cru. La présidente du club de journalisme semblait au courant des secrets bien gardés de la famille Pritchard. Ses agissements au sein du lycée jouaient en sa défaveur, elle avait assurément agi en toute connaissance de cause ce qui nourrissait depuis l’envie perpétuelle de Harper de lui cracher dessus.
Faire comme si elle n’existait pas était devenu sa ligne de conduite, car Harper était certaine que si elle restait suffisamment longtemps en sa présence, elle finirait par lui arracher les yeux. Elle avait eu un moment d’égarement lorsqu’elle lui avait demandé son aide pour percer à jour le comportement malsain d’un de leur enseignant, mais elle s’était reprise à temps, évitant ainsi de faire souffrir des gens. Depuis, mise à part leur mésaventure en cours de chimie, elles ne s’adressaient pas la parole. Harper n’aimait pas Sunny, elle n’en éprouvait aucun embarras, aucune forme de regret et n’avait en plus pas la sensation de rater quelque chose en ne la côtoyant pas. On ne s’en prenait pas à sa famille et à ses rares amis sans qu’elle ne veuille rentrer en guerre. En l’occurrence, elle n’avait jamais voulu commencer celle-ci. Elle n’avait rien demandé à Sunny, elle ne s’était jamais intéressée à elle, c’était elle qui avait déclenché les hostilités. Elle s’était elle-même créé sa pire ennemie.

Son regard quitta la silhouette de Sunny pour se reposer graduellement sur la pochette en papier brunâtre. Elle pesait des tonnes maintenant. Harper avait compris qu’elle ne trouverait rien de compromettant à l’intérieur et que d’une certaine manière, elle était à l’abri. Mais elle sentait le regard de Sunny peser sur elle, c’était pire que de voir ses secrets les plus délicats étalés au grand jour et un peu plus, elle la détesta. Elle la mettait dans une situation insupportable, elle la piégeait encore une fois. Aux prises d’un dilemme, Harper la suspectait de savoir qu’elle mourrait d’envie de l’ouvrir pour confirmer ce doute cruel qui s’infiltrait en elle comme une solution saline, prête à purger la laideur d’un quotidien qui pesait de plus en plus lourd sur ses épaules. Mais en même temps, tous ses principes l’en empêchaient. Sa rancune était tenace, Harper ne pouvait embrasser l’hypothèse qu’elle avait atteint un niveau supplémentaire grâce à cette fille.
Pourtant, elle pivota sur ses pieds avec une légèreté sans pareille, la scène se jouant en slow-motion. Elle entendit à peine le ton impatient qu’employait la journaliste pour la presser, car elle décacheta l’enveloppe pour de bon et tira sur le papier pour en sortir la lettre qu’elle lut rapidement.

Harper pensait avoir tourné la page de toutes ses ambitions.
« Je comprends pas. » chuchota-t-elle précipitamment, les doigts de sa main droite triturant l’ourlet de ses lèvres comme chaque fois qu’elle éprouvait de la difficulté à saisir le sens de ce qui s’imposait à elle. Le contenu de cette lettre qu’elle lut pour la seconde fois ne trouvait pas racine dans son cerveau endolori et inconsciemment, sa poigne laissa des marques striées sur le papier. Elle avait les mains moites, la bouche sèche et quelque chose lui disait que ce qui grouillait tout près de son estomac n’avait rien à voir avec la nouvelle recette des cookies de Lexie qu’elle avait testé au déjeuner, mais plutôt avec la colère. Harper fit volte-face, les yeux résolument plantés sur Sunny « C’est quoi ton problème ? » Elle lui montra la lettre « T’as utilisé les infos que t’avais sur moi pour remplir un dossier ? T’as envoyé cette demande de bourse, c’est ce que t’as fait ? » Harper la regarda sans ciller et un sourire curieusement dépourvu de joie fendit son visage qu’elle cacha brièvement dans ses mains, la lettre virevoltant près de sa joue. Elle secoua la tête en retrouvant la douce clarté projetée sur la scène de l’auditorium « Pourquoi tu te sens obligée de te mêler de la vie des gens comme ça ! Je t’ai jamais rien demandé, merde ! On n’est pas amies, Sunny ! » Harper se mordit les lèvres en lançant un regard par-dessus son épaule. Personne ne devait assister à ce qui était en train de se passer et elle pria, avec le peu de foi qui lui restait, pour qu’Addison et Jamie n’aient pas la mauvaise idée de partir à sa recherche. Songeant à trop de choses en même temps, Harper oublia de se réjouir de ce qu’elle venait d’apprendre ; ses bonnes notes lui assuraient une bourse, c’était écrit noir sur blanc, il y avait même la signature d’un haut responsable ! Seulement, quelque chose faisait qu’elle ne comprenait pas, comme si ce qu’elle avait pourtant attendu depuis si longtemps ne pouvait être réel finalement, comme si elle s’enfermait elle-même dans la débâcle, persuadée depuis le début de l’année scolaire de ne mériter rien d’autre. Elle passa une main dans ses cheveux courts, remonta la bretelle de son sac avec une fébrilité ostensible puis elle tendit les feuilles volantes à Sunny « Annule. Je m’en fous de comment tu t’y prendras. T’as bien réussi à gruger pour ça, nan ? » Elle insista pour qu’elle prenne l’enveloppe et la lettre, s’approchant d’un pas « J’ai pas besoin que tu me prennes en pitié. Je tiens pas être ta BA de l’année. »
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 20 Mai - 22:30

Sunny croisa les bras. Elle n'avait pas cru une seule seconde qu'Harper la remercie, même du bout des lèvres, pour son intervention dans sa vie. Bien au contraire, elle s'était plutôt attendue à des remarques acerbes. Des insultes, même. Après tout, depuis qu'elles s'étaient parlés pour la toute première fois, plus d'un an auparavant, Harper ne l'aimait pas, alors pourquoi faire des ronds de jambes et jouer la comédie -surtout que ce n'était pas son genre. Sunny s'était préparée à se faire repousser, et à ce qu'Harper la secoue comme un prunier pour lui remettre les idées en place, en lui hurlant au passage qu'elle n'était qu'une p*tain de fouine. Elle s'était peut-être trompée sur une partie de la réaction qu'aurait Harper, en fin de compte. Cette dernière ne se rua pas sur elle pour lui faire avaler sa lettre, et en même temps, cette promesse d'avenir si méritée. Sunny avait tendance à considérer Harper comme quelqu'un de violent, une réaction naturelle à la vie difficile qu'elle avait. Ou du moins, une réaction naturelle quand elle se retrouvait face à des gens qu'elle n'aimait pas. Des gens qui n'étaient pas ses amis, comme elle le fit si bien remarquer. Elle était soulagée de se dire qu'elle ne rentrerait pas chez elle avec un œil au beurre noir. Soulagée de se dire qu'elle s'était trompée sur Harper.
Si elle n'avait pas escomptée recevoir le moindre remerciement, ni même le moindre signe de gratitude, elle était tout de même assez ébahie de constater que, quoi que cela puisse être, quelque chose poussait Harper à refuser. Un accès de fierté particulièrement mal placée ? Une rancœur impossible à effacer ? De la haine pure et simple à l'égard de Sunny ? Harper avait été particulièrement secouée par la dissolution du club d'athlétisme, à tel point qu'elle n'avait pas pu trouver la force de dissimuler son désarroi devant Sunny. Par cette dissolution, elle avait vu son seul et unique moyen de faire des études s'envoler. Alors pourquoi refusait-elle ? Pourquoi s'obstinait-elle à rester coincée dans cet avenir misérable qui l'attendait, si elle n'entrait pas à l'université ? Sunny ne pouvait pas croire qu'Harper, première dans toutes les matières, meilleure candidate pour faire le discours de remise des diplômes, se contente d'un petit boulot jusqu'à la fin de ses jours. Ce serait du gâchis.

A deux doigts de lui demander si elle faisait ça uniquement parce que c'était elle, et pas quelqu'un d'autre, qui lui donnait l'opportunité de s'en sortir, Sunny baissa les yeux et pinça les lèvres. Une profonde inspiration souleva sa poitrine, et elle bloqua son souffle quelques secondes, pour lutter contre l'indignation. Elle se fichait qu'Harper la remercie ou non. Elle ne cherchait qu'à aider une fille qui le méritait, une fille qui avait souffert, qui souffrait, et qu'elle avait, elle-même, fait souffrir, même s'il ne s'agissait à l'époque que d'inquiétude à l'idée de perdre un revenu indispensable.
Sunny se dit alors qu'elle faisait tout ça... pour rien. De la même façon qu'elle avait tenté, pendant des mois, de se comporter comme une adolescente normale, qui ne fouine pas dans la vie des gens, qui vit tranquillement sans se mêler de rien d'autre que de sa propre existence. Elle avait essayé, avant de se rendre compte que c'était impossible. Cette fois encore, elle avait la désagréable sensation que, quoi qu'elle puisse ressentir à l'égard d'Harper, c'était irrémédiablement voué à l'échec. Harper n'était pas son amie, et ne le serait jamais.

« Comme tu veux. » Sa voix résonna fermement dans l'amphithéâtre, et elle récupéra d'un geste brusque l'enveloppe et la lettre qui promettait à Harper un avenir, avant de faire volte-face. Elle s'empara de son sac, et passa la anse par dessus sa tête pour la positionner sur son épaule. Avec un mouvement fataliste, elle se tourna vers Harper. « Si j'avais voulu faire une bonne action, j'aurais donné mon argent de poche à une œuvre caritative, ou.. ou mon déjeuner à un sans-abri, ou mes vieux vêtements à la Croix Rouge. » finit-elle par dire. « Tu dois arrêter de penser que tout le monde a pitié de toi. Les gens font parfois des choses uniquement parce qu'ils pensent que ce sont de bonnes choses. Des choses qu'ils doivent faire. » Incapable, subitement, de retenir le flot de paroles qui bouillonnait en elle, Sunny poursuivit : « J'ai fait ça parce que tu le mérites, Harper. Tu mérites d'aller à l'université, et d'étudier... je ne sais pas moi, la médecine. Le droit. La physique nucléaire, pour ce que j'en sais. Après tout ce que tu as fait, tu le mérites. » Elle avait voulu venir en aide à Harper, lui donner un choix, la possibilité de s'en sortir. De toute évidence, ses intentions étaient mal perçues. Sunny soupira. Ses doigts tenaient toujours le courrier, et elle tritura le papier un moment. « Je n'ai pas pitié de toi, Harper. J'ai du respect pour toi. »
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Jeu 22 Mai - 18:14

Le bras de Harper retomba mollement près de sa hanche quand Sunny récupéra la lettre. L’extrémité de ses doigts pâtit de ses efforts pour retenir la pression qui faisait gonfler son cœur, et des milliers de picotements vinrent endolorir la moindre parcelle de ses phalanges. Pour chasser cette sensation désagréable, Harper ouvrit et referma ses mains, respectant une routine improvisée pour soulager ses élancements. Un autre rire, ressemblant plus à l’expulsion de tout l’air qu’elle avait emmagasiné dans ses poumons, franchit ses lèvres toujours étirées par ce même sourire sans joie.

« Toi, tu dois arrêter de croire que tu me connais sous le prétexte que t’as des infos sur ma famille. J’ai dû rater le moment où on est devenues intimes au point que tu te permettes maintenant d’émettre un jugement sur la façon dont je perçois les attentions des autres à mon égard. Tu. Ne. Me. Connais. Pas. » dit-elle en détachant chaque syllabe qu’elle prononça, les dents serrées. Après avoir remonté la bretelle de son sac sur son épaule, Harper croisa hâtivement les bras sur sa poitrine, et son visage se détendit pour emprunter une expression de profonde perplexité au moment où les propos de Sunny se démêlaient dans le gouffre de ses pensées. C’est avec le menton légèrement rentré, le nez grossièrement froncé qu’elle poursuivit un peu plus fort, sa voix opérant des variations, témoins de son incertitude « Et puis, où t’as vu que je pensais que tout le monde avait pitié de moi ? Personne à part Jamie n’est au courant de tout ça, pétasse. » L’insulte était de trop, Harper s’en aperçut, mais elle ne s’excusa pas pour autant, employée à faire un pas supplémentaire dans sa direction « Bien sûr que je mérite d’aller à l’université, si tu crois m’apprendre quelque chose, tu te goures. Sauf que contrairement à vous tous, ma vie ne tourne pas autour de ma petite personne. Si j’ai choisi de ne pas me battre pour obtenir une bourse après la dissolution du club, c’est que j’ai mes raisons. » Dans un sens, Harper se sentait libérée de parler aussi ouvertement, ce qu’elle n’avait pas pu faire lors de son entretien avec Emma. Sunny connaissait les grandes lignes de son histoire, avait probablement des détails complémentaires, des détails que même Jamie ne connaissait pas. Ce calcul furtif la révulsait, la solution lui apparaissant erronée tant elle refusait que quelqu’un comme Sunny soit logée à une enseigne qu’elle s’était elle-même attribuée. Et tandis qu’elle penchait la tête sur le côté, Harper s’arrêta. S’imposant une mesure de sécurité, elle laissa un espace de plusieurs centimètres entre elles « T’y as pensé à ça, Sunny ? T’as pensé au fait que quand je prends une décision qui me concerne, ça engendre forcément des conséquences sur mes proches ? »

Le silence retomba. Harper planta son regard dans celui de Sunny. Un spasme souleva sa poitrine pendant qu’elle tentait de reprendre sa respiration pour se calmer. Ce qu’elle fit, lentement.
L’arrivée de Violet en ville aurait dû tranquilliser la jeune fille, lui permettre de se consacrer un peu à elle-même, mais elle n’arrivait pas à lâcher prise, constamment sur ses gardes. Harper sortait davantage de chez elle, travaillait un peu moins et vivait une vie plus « normale » qu’un an auparavant, il y avait toujours pourtant cette imperceptible anxiété qui l’empêchait de penser à autre chose qu’à ce qui se passait à la maison. Elle ne faisait pas confiance à sa maudite tante. Elle lui cachait la vérité, elle en était sûre, et la possibilité que cela se répercute sur les siens la rendait plus farouche encore à l’idée d’entretenir des rapports avec elle, malgré la bonne foi qu’elle mettait à battre en retraite pour contenter ses frères. Sa participation financière était peut-être conséquente, Harper gardait cependant toutes ses économies sous la lame défoncée du parquet de sa chambre, craignant foncièrement que tout ça ne dure, que Violet parte aussi vite qu’elle fût arrivée. Prudence est mère de sûreté, lui avait-on longtemps répété. C’est pourquoi Harper avait fait son choix, assurant les arrières de ses proches. Devenir adulte, c’est définir ses priorités. Harper avait défini les siennes, au détriment de ses ambitions. Elle en était fière, persuadée que jamais elle ne le regretterait. Désormais, elle savait parfaitement où elle allait.

« Arrête, t’as pas de respect pour moi, tu te sens juste coupable d’avoir fait ce que t’as fait. T’essayes de t’en amender, c’est naturel. » Harper ne lui cherchait pas d’excuses, sa réaction restait humaine. De par cette réponse, elle lui affirma qu’elle le comprenait. Remuant les jambes pour se redresser, elle montra la lettre du menton « Madame Schuester m’a proposé la prépa militaire, mais je l’envisage pas. En fait, j’envisage pas de commencer la fac avant plusieurs années. Trois maximums. Je sais pas où vous êtes allés pêcher que je voulais pas d’éducation. J’ai besoin de temps, tout simplement. » Elle changea de jambe d’appuis en haussant les épaules « Je pourrai prendre des cours du soir en attendant. Je viens seulement d’avoir dix-huit ans, depuis quand il faut obligatoirement entrer à la fac après le lycée ? » Son cœur battait plus normalement maintenant, sa colère était retombée, la rendant plus posée que jamais.
Harper regarda Sunny « Dans d’autres circonstances, j’aurais apprécié de que t’as fait. » Elle hésita avant de continuer « C’est pas parce que je suis comme je suis que je ressens rien quand on s’en prend directement ou indirectement à ma famille. » Sa bouche resta ouverte, car elle faillit rajouter que cette histoire lui avait fait du mal, mais Harper trouvait qu’elle avait déjà dépassé son quota de confidences pour l’année entière, et elle feinta en désignant la lettre avec l’index ; une toute dernière fois « J’espère quand même que t’auras pas d’ennuis à cause de ça. »
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 27 Mai - 19:55

Le flot de paroles qui franchissait les lèvres charnues d'Harper frappait Sunny, comme autant de gifles qu'elle se serait prise en pleine figure, et pourtant, elle parvenait à réaliser, malgré tout, que c'était la première fois qu'Harper lui parlait autant. Elles n'avaient que des échanges minimes, se saluant à peine lorsqu'elles s'installaient, côte à côte, devant leur paillasse en classe de chimie. A travers ce monologue plein de hargne, Sunny ne put s'empêcher de se demander si elle faisait preuve d'autant de rancune, et si elle avait l'air aussi agressive quand elle repoussait les gens. Harper avait eu peur de voir son petit business s'effondrer, et de ne plus avoir ces rentrées d'argent providentielles. Elle avait eu peur d'être renvoyée, peut-être d'être traitée de tricheuse, mais elle avait surtout eu peur de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Sunny l'avait blessée, Harper lui en voulait. Pourtant, cela remontait à près d'un an et demi, à présent. Sunny avait finalement décidé de ne rien faire, et avait laissé Harper tranquille. Elle avait accepté de mener l'enquête sur Mr Catalano lorsqu'Harper était venue la trouver. Elle avait fait des efforts pour ne pas trop lui taper sur les nerfs, et s'était inquiétée pour elle lorsque, le jour de la rentrée, elle avait vu l'effet que la dissolution de club d'athlétisme avait sur Harper. Et malgré tout, Harper lui en voulait toujours. Elle ne se contentait pas de ne pas lui pardonner, elle lui parlait avec agressivité, et l'insultait même, tant la vision de Sunny l'horripilait. Habituée à susciter de telles réactions chez les autres, Sunny était jusqu'à présent passée outre. Elle avait parfois l'impression qu'Harper était une jeune fille un peu brusque, mais elle savait qu'elle n'avait pas un mauvais fond. Mais cette rancune, cette ardeur qu'elle mettait à la repousser, inlassablement.. Sunny en eut assez.
Jamie. Pétasse. Ces deux mots associés dans la même phrase furent comme un coup de poignard, et elle chancela, ses doigts se crispant nerveusement dans le vide. Les insultes, l'absence de Jamie, la colère d'Harper, et cette amitié fusionnelle qu'ils avaient tous les deux. Les efforts, vains, qu'elle avait fournis, et ce service que Sue lui devait et qu'elle avait utilisé précisément pour une personne qui la repoussait pour la énième fois. Sunny déglutit, incapable de détourner les yeux de la jeune fille en face d'elle. Si Harper comptait simplement patienter avant d'entrer à l'université, c'était son choix et personne ne pouvait le discuter. Après tout, elle avait raison en jugeant qu'il n'était pas obligatoire d'entrer à l'université sitôt le lycée terminé. Peu importe ses raisons, elle serait de toutes façons admise, quoi qu'il en soit. Avait-elle pour autant besoin de se montrer si dure ? Harper persistait à la repousser, et Sunny s'échinait à lui faire plaisir. Elle gardait le silence pour ne pas l'agacer, elle venait de perdre l'occasion de demander à Sue un service qui lui aurait été bien plus utile à elle. Alors oui, effectivement, elle voulait qu'Harper lui pardonne. Mais maintenant, Sunny se demandait : pourquoi ?

En baissant les yeux vers la lettre, Sunny eut un reniflement de dédain. Des ennuis ? Pour ce misérable bout de papier qui offrait à Harper un avenir brillant, qu'elle repoussait ? Sunny leva la lettre devant elle, et relut son contenu. Elle se sentait fatiguée. Mais surtout, elle n'avait plus envie d'essayer. « Disons que, si j'avais su.. » Si elle avait su, Sunny aurait demandé quelque chose pour elle. Elle aurait demandé une bourse plus importante que celle qui lui avait été attribué. Elle aurait demandé une lettre de recommandations pour intégrer une prestigieuse université, parce que, contrairement à Harper, elle n'avait pas l'intention d'attendre avant de ficher le camp de Lima. Si elle avait su, elle n'aurait pas gâché cette occasion pour une fille qui, subitement, ne lui paraissait plus en valoir la peine. « On s'en fout. » Avec un haussement d'épaules, Sunny replia soigneusement la lettre, et la glissa dans l'enveloppe, ses ongles vernis glissant sur le papier brun pour faire disparaître un pli.
Elle avait considéré Harper comme un simple moyen d'obtenir des noms, une fille à qui elle aurait fait pression, et rien de plus. Elle l'avait ensuite admiré, et respecté. Énormément respecté. Elle venait de le confesser, pour la première fois, mais cela aussi, Harper l'avait simplement rejeté. Avec curiosité, Sunny en vint à se demander si Harper ne se jugeait pas meilleure qu'elle, meilleure que tout le monde. A part, bien évidemment, Jamie, autour duquel Harper gravitait inconsciemment. La déception couvait dans le cœur de Sunny depuis le bal d'Halloween, à présent, elle n'avait plus envie d'attendre quelque chose qui ne viendrait jamais. Avec l'impression étrange de regarder la scène de l'extérieur, elle déchira le courrier en deux. « Inutile de conserver ça, du coup. Bonne chance pour la suite, Harper. » Ce vœu restait sincère, malgré le fait que Sunny n'ait plus envie de se soucier d'Harper. Elle voulait simplement finir l'année, et quitter Lima. En laissant tout derrière elle.
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Jeu 29 Mai - 17:47

Probablement qu’un jour, Harper réussirait à pardonner Sunny. À un moment de sa vie, elle apprendrait que malgré toutes ses certitudes profondément ancrées en elle, le monde n’était pas soit tout noir ou soit tout blanc. Elle avait besoin qu’on lui apprenne que le gris dominait en partie et qu’on ne pouvait pas être totalement mauvais comme on ne pouvait pas être totalement bon. Ça n’existait pas. Il s’agissait d’une notion qui échappait à Lilibeth, cependant. C’était d'autant plus drôle qu’elle en était une assez bonne illustration mais la façon dont elle évoluait dans le monde ne lui paraissait pas assez scrupuleuse pour qu’elle-même se voie comme un exemple à suivre. Si on lui posait la question, elle répondrait qu’elle ne voulait pas que ses frères deviennent comme elle. Si elle s’échinait à les protéger autant, c’était pour qu’ils gardent l’allégresse qui les caractérisait tous les trois. S’ils se mettaient à voler ou à mentir, elle estimerait avoir échoué. Harper n’était pas meilleure que la plupart des gens qui l’entouraient, à vrai dire, elle était bien pire et elle le savait. Elle ne s’en vantait pas, mais elle ne s’en cachait pas pour autant, et s’il fallait qu’elle rende des comptes à qui que ce soit, elle le faisait. À contrecœur parfois, comme ce fut le cas lorsqu’elle avait rendu l’argent qu’elle avait volé à Madeleine, mais sans jamais nier qu’elle faisait des erreurs. Alors, pourquoi avait-elle tant de mal à accepter que les autres puissent en faire eux aussi ?
Il semblait que leur petit entretien était terminé. Harper se redressa pour gratifier Sunny d’un signe de tête plein de civilité pendant qu’elle lui souhaitait bonne chance en déchirant la lettre. Le bruit du papier résonna dans l’auditorium, Harper n’y lança même pas un regard, toutefois. Elle préféra le concentrer sur l’écran de son téléphone portable qu’elle venait tout juste de déverrouiller pour lire le dernier texto reçu.

« À toi aussi, bonne chance. Et bonne chance pour le euh… truc de ton copain. » Elle releva la tête et avec son pouce, Harper indiqua par-dessus son épaule les escaliers qu’avait empruntés le jeune homme qui accompagnait Sunny lors de son arrivée. Après une dernière œillade en direction de cette dernière, c'est en frappant son téléphone portable dans ses mains qu'elle pivota sur les semelles de ses bottillons pour remonter la montée de marches. Elle avait oublié un truc, elle le sentait. Sauf qu’elle ne s’attarda pas sur cette impression étrange, trop pressée de s'en aller. Harper avait envie de partir d’ici et fissa. Pas parce que cette conversation l’avait remuée ou parce qu’elle venait de mettre un terme définitif à ce mystère entourant son futur proche mais juste parce qu’elle estimait qu’il était inutile de s’éterniser. Elle leur rendait service en partant tout de suite, se dit-elle, plongée dans ses pensées.
Harper ne se jetterait pas dans les bras de Sunny pour la remercier, elle ne lui promettrait pas de garder contact avec elle une fois qu’elles auraient obtenu leur diplôme non plus ; la remercier… Harper s’arrêta net sur l’espace de la quatrième marche et ses cils battirent frénétiquement dans l’air, faisant picoter ses yeux qu’elle plissa brusquement. Elle se souvenait de la rumeur étouffée concernant cette histoire de grossesse après l’incident du jet de vomi en classe de chimie, le jour de la rentrée des classes. Les dernières secondes en compagnie de Sunny lui offraient l’occasion de la mettre au courant qu’elle avait apprécié sa démarche, car quand elle quitterait les lieux pour rejoindre Addison et Jamie, elles reviendraient à leur routine habituelle, entre ignorance et complémentarité incongrue en cours de chimie. Alors, autant en profiter pour se débarrasser de cette espèce de sentiment de gratitude qu’elle avait ressenti au moment où la présidente du club de journalisme lui avait assuré qu’elle ferait ce qu’il fallait pour couper l’herbe sous le pied des petits racontars. Se grattant maladroitement le sourcil avec son index, Harper se retourna graduellement pour lui dire.

« Merci. Tu sais, pour avoir détourné l’attention concernant la rumeur de grossesse en début d’année. C’était cool de ta part, je l’ai pas oublié. » Ce n’était pas grand-chose vu de l’extérieur, mais c’était une avancée considérable dans l’inimitié que la jeune fille éprouvait à l’égard de sa locutrice. Le malaise qu’elle ressentit la força à rajouter « Et merci pour ça aussi. » Elle montra la lettre déchirée avec sa main qui tenait son portable d’une façon trop désinvolte pour être naturelle et précipitamment, reportant son regard sur le plafond, elle enchaîna « Même si tu ferais mieux de te mêler de tes affaires quand tu rentreras à la fac. Je crois qu’ils rigolent pas là-bas. Tu pourrais être genre attachée au mât du drapeau complètement à poil avec une plume dans le… » Trop loin, tu vas trop loin, Harper. Elle plissa le nez, se reprenant à temps « Non pas que ça m’amuserait pas hein, mais les rhumes ça s’attrape partout, tu vois. » Les traits plissés dans un effort de concentration, alors qu’au contraire, elle évitait de s’attarder sur sa réflexion qui lui soufflait de ne pas s’étendre sur le sujet et de partir, tout simplement. Ses yeux opérant des allers-retours le long des câbles électriques mal rangés qu’elle distinguait sur l’échafaudage, elle secoua la tête pour reprendre ses esprits et dans un semblant de sourire, elle conclut « A plus. » Un dernier signe de tête concis et Harper reprit son chemin vers le haut de l'escalier, sans se retourner.
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 3 Juin - 0:57

A la rentrée prochaine, Sunny ne serait plus à Lima. Elle avait postulé dans trois universités, avait fait une demande de bourses, et à force de remplir de la paperasse, avait craint de ne plus pouvoir déplier les doigts. Les courriers étaient partis, et Mme Pillsbury-Shuester lui avait assuré que son dossier lui permettrait d'intégrer, au mieux Berkeley, sinon l'OSU, qui étaient deux de ses choix. En Septembre, Sunny serait donc soit à Colmbus, soit en Californie. Elle espérait pouvoir quitter ce côté du pays, et étudier au soleil, loin de l'Ohio. Elle voulait partir, elle le voulait tellement.
Elle accueillit le souhait d'Harper avec un bref sourire, assez forcé mais poli, tout comme devaient l'être les paroles de la jeune fille, distraite par son téléphone. Sunny aurait ce qu'elle voulait, parce qu'elle s'était donnée du mal pour l'obtenir. Elle avait travaillé dur pour faire partie des bons éléments, elle s'était concentrée sur son travail scolaire, particulièrement cette année, délaissant ses petits hobbys. Elle aurait son diplôme, et pourrait enfin recommencer à zéro. Elle pourrait débuter les études de journalisme qui lui faisaient envie depuis si longtemps, et suivre, enfin, les traces de sa mère. Et elle ne reviendrait plus à Lima, pas même pour Thanksgiving.
Cette envie puissante de partir sans se retourner la pris au dépourvu et elle cligna des yeux alors que Harper s'éloignait déjà à grandes foulées. Reprenant pied avec la réalité, Sunny vérifia qu'il ne restait plus aucune fausses bougies au sol. Ses pieds glissèrent sur le bois de la scène, tandis qu'elle marchait à petit pas, s'éloignant du bord de la scène. Elle avait besoin d'un café. Ou de quelque chose de très sucré.

Les paroles de Harper l'obligèrent à se retourner, alors qu'elle traversait la scène pour rejoindre les coulisses et sortir par derrière, n'ayant que moyennement envie de marcher dans les pas de Harper après cette petite scène qui l'avait, autant se l'avouer, légèrement chamboulée. Elle sentait qu'elle était touchée, émue, et pas forcément dans le bon sens. Elle n'avait pas envie de pleurer de joie, néanmoins ce sentiment était fortement lié à son envie soudaine de quitter Lima. Elle ne le comprit pas immédiatement, et enfouie cette impression au fond de son cœur. Il lui fallut donc un moment pour réaliser que Harper venait de la remercier.
Cette journée l'avait marqué pendant un bon moment, et Sunny se souvenait encore de la fragilité qu'elle avait pu sentir (ou avait eu l'impression de sentir) chez Harper, alors que les rêves de celle-ci s'étaient soudainement effondrés. Le cours de chimie s'était déroulé sans autre incidents, l'expérience, qu'elles avaient mené avec brio, leur avait permis de récolter leur premier A+ de l'année, mais en vérité, en l'espace d'une heure, la rumeur avait couru que Harper Pritchard était enceinte. Sunny avait attendue le soir pour regarder ses messages et consulter sa boite mail, et tout le monde ne parlait que de ça. Pendant de longues minutes, elle était restée devant l'écran de son ordinateur, les doigts au dessus de son clavier, à hésiter. Faire taire une rumeur, elle savait faire. Mais cela impliquait d'utiliser des moyens qu'elle s'était alors jurée de ne plus utiliser. Pourtant, elle avait fait un petit écart à cette promesse. Retrouver les vidéos n'avait pas été compliqué, les faire retirer d'internet non plus. Remonter à la source, encore moins. Et, patiemment, Sunny s'était assurée que la rumeur disparaîtrait aussi vite qu'elle était apparue. Et tant pis si, au passage, elle avait égratignée quelques élèves. D'un sourire, sincère celui-ci, Sunny accepta la gratitude de celle qui ne serait jamais son amie.

Les mots de remerciements furent vite remplacés par un conseil formulé sans fioritures, mais qui partait (plus ou moins) d'une bonne intention. Incapable de retenir le sourire en coin qui étirait ses lèvres, Sunny baissa la tête pour étouffer un rire. Elle comptait intégrer une école de journalisme. Elle serait entourée d'étudiants qui, comme elle, passeraient leur temps à mettre leur nez partout, et à fouiner. Harper n'avait pas tort de lui prédire un avenir difficile si elle s'obstinait dans cette voie, cependant, Sunny avait précisément l'intention de développer cette capacité hors du commun qu'elle avait, et qui consistait à déterrer les secrets des autres. Lire en eux était ce qu'elle faisait de mieux, et elle avait hâte de pouvoir se mesure à des passionnés, comme elle. Elle serait, enfin, dans son élément. Du moins en avait-elle la conviction.

« Si tu avais eu cette bourse sportive... » Sunny revint vers le bord de la scène, ses mains entourant la lanière de son sac, tendue en travers de sa poitrine. Harper lui avait maintes fois répétée qu'elle ne la connaissait pas. Au lieu de se perdre en conjectures et en suppositions, Sunny décida de bêtement lui poser les questions qu'elle avait au bord des lèvres. « ...tu serais allée à l'université ? Ou bien, tu aurais attendue ? » Attendue quoi, Sunny l'ignorait. D'avoir envie d'étudier ? D'être prête ? Ou bien était-ce lié à sa famille ? Peut-être que Harper voulait attendre que ses frères soient eux-mêmes étudiants, ou bien attendait-elle une éventuelle guérison de sa mère, ou encore... il y avait trop d'hypothèses. C'était un sujet que Sunny se refusa aussitôt à aborder, de crainte que Harper ne fasse le dos rond et ne s'enfuit en courant. L'espace d'un instant, elle hésita même à poursuivre cette conversation, ne voulant pas que Harper soit blessée par quelque chose qu'elle n'avait pas eu la chance d'avoir. Et puis elle vit les bouts de papier qu'elle avait déchiré, et décida qu'elle n'avait pas à faire des ronds de jambes. « Qu'est-ce que tu étudieras, quand tu entreras à l'université ? Tu le sais ? » Docteur Harper Pritchard, ça sonnait quand même drôlement bien.
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MessageSujet: Re: 05. Now I see fire   Mar 3 Juin - 17:31

« Je suis pas bonne pour tout ça, Sunny. » annonça Harper en pivotant sur ses pieds tout en haut des escaliers de l’amphithéâtre. La main tenant son téléphone portable posée sur son front qu’elle sentait brûlant sous ses doigts devenus moites, elle regretta de s’être attardée. Néanmoins, ses yeux reflétant la lumière des spots de couleurs trouvèrent d’eux-mêmes la silhouette de la jeune fille et un sourire embarrassé cassa l’espèce de neutralité insolente qu’elle essayait toujours de donner à son visage. Harper faisait référence au dialogue. Elle n’était pas une pipelette. Elle ne s’éparpillait pas en révélations, comme pouvait le faire Andie, son meilleur exemple. Elle, elle ne ressentait pas le besoin d’exprimer ses pensées à tout bout de champ, sauf quand il s’agissait de remettre son interlocuteur à sa place. Dans d'autres cas, elle n’aimait pas du tout ça. On lui avait appris à garder ses émotions, ses secrets pour elle, car ils représentaient un obstacle dangereux dans les batailles que chaque être humain est à même de mener au cours de son existence. Sans être tout à fait froid et austère, bien au contraire, son père était un homme qui avait eu à cœur d’instruire les rudiments d’un comportement guerrier à son unique fille, pourtant. Les années passées à préserver sa famille n’avaient fait qu’exacerber son goût prononcé pour l’introversion. Il s’agissait d’une grande qualité parfois, mais il était clair qu’être aussi renfermé sur elle-même ne rendait pas service à la jeune fille qui finirait par exploser un beau jour. Mais pas aujourd’hui, simplement parce que Sunny n’était pas la mieux placée pour lui offrir du réconfort si elle en avait besoin et qu’elle-même était tout bonnement incapable de faire autre chose que de lui montrer sa gratitude en parsemant son discours d’une bonne couche de sarcasmes alors qu’elle était sincère dans le fond. Harper était gênée, ayant été ardemment extirpée de sa petite zone de confort.

Néanmoins, elle était prête à faire un effort. Sunny en avait fait en évitant de l’énerver ces derniers mois, elle lui devait bien une réponse à ses questions, même si ça la rendait malade quelque part. Roulant ses lèvres charnues l’une sur l’autre, Harper se les mordit ensuite pour considérer les interrogations de la blondinette. Il y avait tellement de chose à prendre en compte, tellement de petits détails qui méritaient qu’elle accorde de longues secondes à la réponse qu’elle allait lui donner qu’elle marqua une pause interminable. La seule chose qui avait motivé Harper à courir aussi vite, c’était la promesse d’être en bonne position pour recevoir une bourse sportive. Elle aimait courir, quiconque l’avait déjà vu en action pouvait en témoigner, et sa routine d’athlète lui manquait terriblement, mais recevoir une récompense aussi significative à cause du travail qu’elle avait accompli tous les jours de l’année, c’était différent que de se reposer sur les acquis intellectuels qu’elle avait en sa possession et qui finalement, lui donnait tout juste l’occasion de se reposer davantage sur ses lauriers. Harper adorait travailler, se donner les moyens de pousser ses capacités au plus haut pour avoir le plaisir d’affirmer qu’elle avait fait tout son possible pour arriver à la première place. Oui, elle serait allée à l’université si elle avait obtenu cette bourse sportive, car elle s’était donné véritablement du mal pour arriver à ce niveau de compétition.  
Son cœur manqua une pulsation. Elle pensa aux coupes, aux cocardes, à la hargne qu’elle avait mise dans tous ses entraînements. Harper fronça doucement les sourcils, et respectant les plus profonds principes de sa décence, elle choisit de ne pas dire la vérité à Sunny.

« J’en sais rien, peut-être ? Ça a plus vraiment d’importance, maintenant. » Elle leva la tête pour la regarder « J’ai toujours voulu faire médecine, je pense que je serai bonne dans ce domaine. Je travaille bien sous pression, faudrait juste que j’apprenne à la boucler. Ce qui est plus facile à dire qu’à faire, mais tu sais de quoi je parle. » Elle laissa échapper un rire spontané avant de reprendre de façon beaucoup plus désinvolte, retrouvant son assurance coutumière « L’école d’infirmières sera plus dans mes moyens. On verra. Je me trouverais peut-être une autre vocation entre temps, on est à l’abri de rien dans le coin. » Elle se racla la gorge pour en apaiser ses picotements et ajouta, pince sans rire « Enfin sois sans crainte, je viendrai pas piétiner sur tes plates bandes.  J’imagine que tu vas continuer à faire ce que tu fais, c’est bien. » Elle fit une sorte de grimace incluant un froncement de nez et un haussement de sourcil « C’est bien, façon de parler. » Harper ne comprendrait jamais le besoin de Sunny de se mêler des affaires des autres, mais si elle était faite pour continuer sur cette voie, les cartes étaient entre ses mains et grand bien lui fasse. Elle n’avait pas le droit d’émettre des commentaires, quand bien même elle en mourrait d’envie.  

C'est sur cette dernière pensée que Harper balança ses bras d’avant en arrière. Faisant passer son portable dans une main puis dans une autre, elle se retourna graduellement pour reprendre enfin son chemin. Aussi hypocrite que leur conversation pouvait paraître, Harper se sentit un peu soulagée de partir avec la sensation d’avoir réussi à mettre de côté l’une de ses plus mauvaises habitudes. Ça ne changerait rien entre elles et Harper continuerait à ne pas la comprendre, ni à vouloir la comprendre, mais pendant quelques secondes au moins, même si ça n’était que le résultat d’une énième prise de tête, elle avait eu l’impression que Sunny Palmer valait un peu mieux que l’image de fouine peu reluisante qu’elle avait d’elle en mettant le pied dans l’auditorium.
Harper ne lui adressa pas un dernier regard. Elle passa une main dans ses cheveux courts en respirant la tiédeur qui s’infiltrait dans l’allée de marches qu’elle quitta en sautant sur la plateforme surélevée, tout près de la porte d’entrée et sans plus aucune hésitation, elle se retira, déjà très en retard.
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