Choriste du mois


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 06. [Pritchard's] Resending the invitation

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Anna L. Preston
You cannot find peace by avoiding life.
Age : 27 ans
Occupation : Entrepreneuse, photographe, assistante marketing, soeur dévouée, choriste ratée, fiancée consentante
Humeur : Progressivement maritale
Statut : Moitié d'Ainston
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MessageSujet: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptyMar 7 Oct - 20:15

"Thanks for attending our wedding"
Anna soupirait en soulevant les multiples cartes de remerciements étalées devant elle, agacée par le manque d'originalité des messages qui les ornaient. Elle n'était pas assez stupide pour s'attendre à en trouver une qui correspondait à la situation, mais elle songeait sérieusement à prendre un marqueur et à accoler le mot "fake" à "wedding" pour se faciliter la tâche.
Elle gardait un œil en coin sur Madeleine qui manipulait presque précautionneusement les divers objets déposés sur le bar.
"Maddiiiiiiie..." gronda-t-elle tandis que cette dernière attrapait une très jolie théière en porcelaine, manifestement pas de première jeunesse mais très bien conservée. "On a dit qu'on ne gardait rien," ajouta-t-elle fermement en remarquant le mouvement amorcé par sa colocataire pour défendre ses arguments. "Et si tu la fais tomber avant que je puisse la rendre à ses propriétaires, je te mords ! Je suis déjà assez gentille pour faire tout le boulot à votre place, tu ne vas pas en plus en rajouter !" menaça Anna en se redressant. "C'est Lexie et toi qui devriez vous occuper de tout ce bazar, pas moi," constata la jeune femme d'un ton désapprobateur en désignant le salon en chantier qui l'entourait. "Vous et vos idées à la noix..." finit-elle par marmonner non sans vérifier que Madeleine reposait la théière avant de quitter la pièce parée de toute la dignité qui lui restait. Anna roula des yeux et envoya promener son stylo. Tout ce gâchis. Et J.J qui avait suggéré de faire une donation anonyme à la mairie ! Anna finit par se relever et alluma une cigarette en plein salon, une fois n'était pas coutume. Elle qui avait réduit sa consommation un an plus tôt devait reconnaître que les choses avaient bien changé depuis le mois de février. C'était finalement son budget mensuel qui se retrouvait réduit.
Inspirant doucement, la cigarette au bord de le bouche, elle fit le calcul de ce qui lui restait à faire.
Elle avait fait rapporter à Tim tous les cadeaux qui lui revenaient (la guitare de Leah, etc.) par Jamie et elle ne voulait pas savoir ce que le jeune homme en avait fait. Qu'il les vende ou qu'il les garde, elle s'en fichait, elle avait fait sa part et s'était débarrassé de tout le reste, sauf du tableau de Jamie, posé face au mur dans un coin de sa chambre. La robe de Glenn avait quant à elle été jetée au visage de sa sœur et de sa meilleure amie dans un accès de rage, ce qu'elle regrettait amèrement. C'était une très jolie robe. Qui lui allait très bien.

Anna écrasa sa cigarette dans un cendrier posé sur le bar et elle observa le service en porcelaine de plus près. "Je ne bois même pas de thé..." constata-t-elle avec regret en contemplant une des tasses. Modeste mais bien choisi, le service était visiblement de collection. Une carte accompagnait l'emballage et la jeune femme reconnut avec surprise le nom d'Harper. Lexie avait été jusqu'à embaucher la pauvre lycéenne pour servir les invités, comme si cela ne suffisait pas de la faire trimer toute la journée à la galerie ! C'était un joli clin d’œil aux origines anglaises de Tim et Anna et la jeune femme ne pouvait pas se contenter de renvoyer le service avec une stupide carte.
Elle replaça chacune des pièces dans la boite qui les contenaient initialement et elle attrapa ses clés de voiture. "Maaaaaaaaaaad ! Je te laisse gérer le gîte ! J'en ai... Pour une heure ou deux, ok ?!"
Ignorant les protestations outrées qui provenaient du deuxième étage, elle claqua la porte d'entrée derrière elle et démarra en direction de la maison des Pritchard. Ils n'habitaient pas si loin, un peu plus proches du centre ville et dans une habitation plus modeste que la Pension. Mais tout était forcément plus modeste que la Pension. La carte portait l'adresse, Harper avait sans doute chipé ça à ses parents. Good girl.

La photographe trouva l'adresse sans encombre et elle se gara sur une place libre à proximité.
La première chose qu'elle remarqua fut l'arbre magnifique qui occupait presque toute la vue, et la cabane artisanale qui l'ornait. Elle aurait adoré avoir un tel terrain de jeu quand elle était petite fille, mais malheureusement leur jardin familial londonien était limité. Les petites Preston s'en donnaient cependant à cœur joie à courir et jouer dans les champs de maïs à chacun de leurs voyages américains !
Alors qu'elle se rapprochait du porche, Anna se fit la réflexion qu'elle ne connaissait que très peu le contexte quotidien qui entourait Harper, et elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre en venant la retrouver devant chez elle. Elle se prit à penser que son instinct avait été stupide et qu'elle aurait mieux fait de rapporter la boite à la galerie, cela aurait été plus simple ! Mais maintenant qu'elle était là, elle n'allait pas rebrousser chemin, aussi elle sonna courageusement.

Un charmant jeune garçon, sans doute à peine plus jeune que la lycéenne lui ouvrit la porte.
"Bonjour ! Je suis Anna Preston. Je viens pour voir Harper..." annonça-t-elle avec un grand sourire, le carton sous le bras, jetant un petit regard à l'intérieur dans l'espoir d’apercevoir la jeune fille et petite amie de son colocataire.
Jamie la tuerait s'il savait où elle se trouvait à cet instant précis.
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Harper E. Pritchard
Not everybody just gets to blurt out how they fuckin’ feel every minute
Age : 20 ans
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptySam 11 Oct - 0:03

Les Pritchard avaient beau ne pas avoir une vie rêvée, il y avait des moments où ils réussissaient quand même à oublier les diverses échéances qui planaient sur leur foyer pour profiter du simple fait d’être une famille soudée. Le départ précipité de Violet ayant eu un effet néfaste sur leur quotidien devenu à peu près confortable au cours du printemps passé, Harper avait été forcé de mettre de côté les projets de détente qu’elle avait osé imaginer pour aller travailler de nuit dans un endroit qui ne lui évoquait rien d’autre que le vice et la perversion. Rien ne semblait pouvoir gâcher leur été pourtant, pas même les regards libidineux des milords ivres à qui l’aînée de la fratrie servait des cocktails deux soirs pas semaine.
Le jardin de la maison Pritchard représentait pour ses habitants le seul endroit à Lima qui méritait qu’on s’y attarde, ne serait-ce que pour y improviser un pique-nique, ou tout simplement, pour jouer près de la cabane dans les arbres. Cette dernière accueillait d’ailleurs beaucoup trop de monde au goût de la blonde qui avait pris l’habitude de la considérer comme sa seconde chambre depuis le début de cet été. C’était plus calme que sa vraie chambre qui souffrait de toutes les nuisances sonores du rez-de-chaussée ; et en plus, le fait qu’elle soit située à plusieurs mètres de la maison la réconfortait dans sa quête toute récente d’intimité. Ce jardin était une place particulièrement bien isolée par rapport au reste de la banlieue typiquement américaine dans laquelle ils vivaient. Il ne souffrait pas de la foule de vacanciers exaltés à l’idée de profiter de la plage temporaire inaugurée quelques semaines plus tôt, mais surtout, il regorgeait de bons souvenirs pour la maman de la famille qui jouissait de la saison estivale comme si tout était normal. Rien n’était parfait, il y avait des périodes où Mariella se retirait dans le monde intérieur qu’elle s’était créé, mais dans l’ensemble, aucun incident n’avait éclaté de ce côté depuis le mois de juin dernier.

Lima était loin de rivaliser avec les villages de vacances que Harper avait eu la chance de côtoyer lorsqu’elle était toute petite, mais il y régnait une ambiance sereine qu’elle avait appris à apprécier, et qui nourrissait son attachement particulier à la saison de l’insouciance. Il y avait eu des étés qu’elle avait vécus recluse, se contentant de la présence de sa famille pour trouver la paix, mais cet été-ci, plus encore que le précédent, était radicalement différent. Harper commençait à comprendre ce que ça faisait d’être entouré, et elle se surprenait à beaucoup aimer ça. Sans doute un peu trop pour son propre bien, mais elle n’arrivait pas à se le reprocher.

« À mon tour ! » lança Harper, la bouche pleine de guimauve. Julian sauta sur ses pieds, déployant ses grandes jambes pour draper avec son ombre le coin du jardin dans lequel ils s’étaient isolés, et se précipita à l’intérieur de la maison. Il alla ouvrir la porte à laquelle on venait de sonner, au moment où Lilibeth aida son petit-frère à se relever. La blonde abandonna brusquement sa brochette de bonbons pour se lever à son tour, et marcha quelques pas pour ne gêner personne. Tout à coup, elle se tendit sur la pointe de ses pieds nus et plaça ses mains de façon parallèle, imitant la posture de Junior qui venait de leur faire une démonstration – ratée – de la meilleure façon de faire la roue. Après un clin d’œil dans sa direction, elle lui annonça, très sûre d’elle :
« Regarde bien, tête de muffin, c’est comme ça qu’on fait ! » Elle s’élança alors, et effectua une rotation pour mieux retomber d’abord sur un pied, puis sur l’autre, avec une grâce qui méritait qu’on y accorde un peu d’attention, vu qu’elle en était cruellement dépourvue ordinairement. Sa mère se mit à applaudir allégrement, suivit par ses deux frères, et pendant qu’elle exécutait une révérence théâtrale, un tonitruant « LILIBETH ! » s’échappa de la fenêtre de derrière.

Harper conseilla à son petit frère de continuer à s’exercer dans le gazon, et lui fit un bisou sur le front pour l’encourager dans ses efforts. Puis, elle assura à sa mère qu’elle allait revenir bientôt, enjoignant de veiller sur elle à Joshua pendant qu’elle allait voir ce qu’il se passait à l’intérieur avec Julian. Dépassant la terrasse, puis la baie vitrée qu’elle referma doucement derrière elle en gambadant, Harper s’engagea dans la maison ; elle faillit glisser sur une voiture de police miniature qui traînait dans son sillage, laissa échapper un petit rire en se rattrapant au dos du sofa. Jetant le jouet dans le coffre près du rocking-chair, elle contourna les deux pièces à vivre, et se dirigea d’un pas conquérant vers la cuisine. Elle se passa les mains sous l’eau chaude pour faire fondre le sucre qui faisait coller ses doigts, attrapa de justesse une bande d’essuie-tout pour se les sécher, quand elle dépassa enfin l’arcade du hall d’entrée où Julian avait fait patienter Anna Preston.
Surprise, Lilibeth continua son chemin jusqu’à elle cependant, s’employant à essuyer convenablement ses mains humides en se demandant ce qui pouvait bien l’amener ici. Ses sourcils se haussèrent sous sa frange effilée, et elle se mordit la lèvre inférieure sans y penser. Il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait la contraindre à se présenter chez les Pritchard en plein après-midi, et cette personne, c’était Jamie. S’arrêtant progressivement, Harper lança un regard furtif à son frère qui l’interrogea silencieusement en retour, mais la jeune femme ne prit pas la peine de lui répondre. Elle détourna aussi vite ses yeux gris pour les reporter sur le visage de l’anglaise. Tentant de ne pas paraître tendue, Harper lui demanda sans délai :

« Jamie va bien ? » Un court silence s’installa. Un silence durant lequel Harper sentit le regard interrogateur de Julian se poser résolument sur son profil. Elle se tourna de fait vers lui, après avoir glissé sa bande d’essuie-tout réduite en boule dans la poche arrière de son short, et fermant brièvement les yeux, elle abattit une main diffuse devant elle pour mieux lui expliquer avec précipitation « C’est euh Anna Preston, la propriétaire de Jamie. Anna, Julian, mon frère. » Les présentations faites, elle dit à Julian « Tu peux y retourner, je gère. » Il y avait une règle chez les enfants Pritchard qui consistait à ne jamais laisser quelqu’un d’étranger s’attarder trop longtemps entre les murs de la maison – pour des motifs aussi évidents que variés que quelques exceptions, dont Jamie, étaient parvenues à comprendre bien assez tôt. La présence d’Anna dérangeait Harper pour tout un tas de raisons, mais elle prit sur elle et s’essaya à lui donner un sourire poli.
En effet, il y avait une limite que Lilibeth ne voulait pas faire franchir aux habitants de la pension ; en l’occurrence, cette limite, c’était le seuil de chez elle. Un peu mal à l’aise, Harper suivit par-dessus son épaule le trajet de Julian, qui salua une dernière fois Anna, avant de disparaître totalement de leur champ de vision. Lorsqu’elle fut certaine qu’il ait rejoint les autres, le bruit étouffé de la baie vitrée se refermant lentement lui arrivant avec un temps de retard, elle pivota sur ses hanches pour faire de nouveau face à Anna.

« Je dois m’inquiéter ? » se renseigna-t-elle. Elle souleva très brièvement sa frange en chassant la sensation de chaleur désagréable qui fit brusquement cuire son front en posant aussi vite sa main fraîche dessus, et pour ne pas être tentée de toucher aux mèches rebelles qui encadraient son visage, elle croisa finalement les bras sur sa poitrine. Tandis que ses yeux se posaient sur la boîte qu’Anna avait amenée avec elle, les paupières d’Harper se plissèrent au fur et à mesure, comme si un déclic pénible se faisait dans sa tête. Hésitante, elle pointa du doigt la fameuse boîte en carton, et avec une certaine confusion dans le ton, Harper se risqua à la questionner une toute dernière fois « OK, ôte-moi d’un doute. Il est pas là-dedans, hein ? »
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Anna L. Preston
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptyJeu 30 Oct - 21:21

Anna continua de dévisager le jeune homme d’un air bienveillant en attendant qu’Harper ne vienne le relever de ses fonctions temporaires de portier. Lorsqu’il s’était égosillé en appelant le prénom de sa sœur, elle avait été ravie de constater qu’il n’y avait pas qu’à la Pension que l’on s’exprimait en criant, peut-être étaient-ils une famille normale après tout ?
Le moment (et le silence) qui suivirent auraient pu devenir gênants si la petite amie de Jamie n’avait pas son apparition au bout du couloir, répondant précipitamment à l’appel quelque peu angoissé (et angoissant) de son frère. Les deux Pritchard échangèrent un regard qui n’échappa pas à la photographe et elle choisit de sourire encore plus largement. Manifestement la curiosité de l’un ne faisait qu’accroître la gêne de l’autre et juste quand elle se décidait à briser le malaise ambiant, Harper lui posa une question inattendue.
« Si Jamie va bien ? Oui… Je crois ? » répondit-elle un peu surprise, tandis que la jeune fille se lançait quant à elle dans des présentations confuses. Elle sourit de nouveau à Julian, histoire que ce dernier comprenne une fois pour toute qu’elle venait en paix et n’appartenait à aucune organisation gouvernementale non désirable (IRS, CIA, FBI, etc.) et observa sa grande sœur se débarrasser de lui sans trop de ménagements.
Décidément, si c’était pour se frotter à une atmosphère psychotique, elle aurait mieux fait de rester chez elle pour profiter de l’humeur maussade et contrariante de Madeleine !
Comment allait Jamie était une très bonne question à laquelle l’aînée des Preston n’était pas sûre de pouvoir répondre avec précision. La dernière fois qu’elle l’avait vu, il se portait bien, respirait la santé et les projets, même s’il refusait catégoriquement de rouvrir le dossier "université" et "intervention", mais les choses changeaient tellement vite avec la famille Ainsworth que le doute la saisit. Peut-être que les choses n’étaient plus au beau fixe entre Harper et lui ? Anna essaya de se remémorer la dernière fois qu’elle avait vu les deux lycéens ensemble…

« T’inquiéter ? De ma présence ici ? Pas du tout ! Je ne suis pas là pour t’annoncer que tu es virée ou quoi que ce soit dans le genre… » tenta-t-elle de rassurer Harper avant de remarquer l’insistance avec laquelle la jeune fille observait la boite qu’Anna avait gardée sous son bras. Peut-être l’avait-elle reconnue et prenait extrêmement mal le fait que la photographe vienne lui rapporter son cadeau ? Ceci expliquerait la défensive hostile avec laquelle elle avait été accueillie. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre à quoi Harper faisait allusion en désignant le carton avec une angoisse presque palpable. « Qui ? Jamie ? Là-dedans ? Pas du tout ! » Anna repoussa immédiatement cette idée terrifiante hors de son esprit et posa un regard préoccupé sur Harper : « Tu croyais que je te ramenais Jamie dans une boite en carton ? » Elle aurait au moins eu le bon goût de choisir une urne funéraire de qualité…
Elle tendit brusquement la boite à son interlocutrice en débitant son explication à toute vitesse. « C’est le service à thé que tu nous a offert pour le mariage. Enfin le "faux" mariage. Du coup je trouve ça fou de garder quoi que ce soit, tu comprends. Je me suis en général contentée de tout renvoyer par courrier avec un petit mot explicatif, mais quand j’ai vu que ce cadeau-ci venait de toi, je me suis dit qu’il serait plus sympathique de venir te le rapporter en personne, surtout que vous habitez à deux minutes en voiture. Et puis je me suis dit que ce serait l’occasion de te remercier… Pour ton aide à la galerie… Et aussi pour ce que tu as fait pour Jamie. Je pense que tu es pour beaucoup dans son retour à Lima après cette fugue il y a quelques temps… Il a besoin de stabilité et d’affection en ce moment… » Anna s’interrompit. Elle se mettait à parler comme une mère de famille irrationnelle, incapable de voir que son petit avait grandi et était prêt à quitter le nid.
Cela lui arrivait beaucoup avec Jamie ces derniers temps et il fallait que cela cesse.
« Bon… Je ne vais pas t’embêter plus longtemps. Je crois que je dérange… » Elle avait dit cela sans amertume aucune. Anna détestait être dérangée et elle comprenait parfaitement qu’il en soit de même pour le reste de l’humanité. « Merci encore pour cette jolie attention, » ajouta-t-elle en désignant du menton la boite qu’elle avait placée d’autorité dans les mains d’Harper. « Ah et quand même, c’est une superbe cabane que vous avez là » ne put-elle s’empêcher de glisser en se retournant pour admirer une fois de plus la splendide structure. « Notre père nous avait promis d’en construire une pour Lexie et moi quand nous étions plus petites… Mais il a abandonné pour cause de pluie persistante, de jardin trop exigu et de maladresse intempestive. Notre mère en avait marre de finir aux urgences à chaque clou qu’il se décidait à planter… »
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptyDim 2 Nov - 16:04

Même si les conditions n’étaient pas évidentes pour Harper, et qu’elle avait du mal à mettre le doigt sur les raisons de la présence d’Anna chez elle, elle se détendit considérablement lorsqu’elle répondit à ses questions. Jamie allait bien, c’est l’information qui lui importait le plus et enfin, elle consentit à lui renvoyer un sourire sincère. Cependant, perdant vite patience, Harper changea de jambes d’appuis, attendant des explications plus précises de la part de son invitée-surprise. Et tandis que cette dernière lui mit la boîte en carton dans les mains, elle arqua doucement le sourcil au-dessus de son œil droit, avant de soulever à deux doigts précautionneux le rabat de la boîte en question.
Si on le lui demandait, Harper affirmerait qu’elle avait étonnamment confiance en Anna Preston. Sauf que dans le cas présent, elle eut comme un doute qu’elle jugea légitime, et pour cause. Madeleine ne cessait d’affirmer qu’elle aurait aimé faire du mal à Jamie. Depuis l’arrivée de Cookie à la pension, elle avait comme l’impression que ses élans meurtriers n’en finissaient plus de s’affiner, malgré la complicité qui les unissait occasionnellement, surtout quand il s’agissait de faire des crasses à Matteo Chester. Il valait mieux se méfier, Harper avait toujours eu la sensation que la surveillante était capable du pire. Aussi, le dernier texto du jeune homme remontait à quelques heures à peine, et remettant tous les éléments en place, elle estima qu’elle était en droit d’avoir quelques craintes. Elle préféra ne pas tenir Anna au courant de son raisonnement néanmoins, elle la savait très amie avec Madeleine. Harper prit une inspiration discrète en baissant le menton. Le souffle suspendu, elle assouvit sa curiosité en jetant un œil dans le paquet.

« On ne sait jamais avec vous autres de la pension. » lui dit-elle en s’assurant en effet que la tête de Jamie ne se cachait pas à l’intérieur, quand le discours d’Anna accompagna le déclenchement qui se fit dans son esprit. Le service à thé qu’elle avait trouvé dans le garage familial était intact. Soudain, une petite pointe d’appréhension la força à regarder par-dessus son épaule pour vérifier si personne n’était dans les parages. Harper avait pris le droit d’offrir ce cadeau aux jeunes faux mariés, mais elle n’était pas sans savoir que sa mère tenait à cette vieillerie. L’histoire autour de ce service restait confuse pour la blonde, il avait dû appartenir à sa grand-mère. Pour autant, ça ne l’avait pas empêchée de le subtiliser pour s’en débarrasser. Sa mère avait la fâcheuse tendance à s’embarrasser de choses dont elle ne se servait jamais ; à la maison, on ne buvait pas de thé. Si elle avait été au courant, nul doute que sa mère se serait fâchée contre sa fille, ce qui en définitive fit sourire celle-ci qui ne l’imaginait pas une seconde sortir de ses gonds. Elle en était incapable, et pas seulement parce qu’elle n’avait plus vraiment toute sa tête, mais parce que Mariella Pritchard était d’une douceur innée, l’exact opposé de son aînée.

Se tendant de nouveau, Harper retourna ses yeux gris vers la rousse. Pendant qu’elle s’exprimait, elle serra distraitement la boîte tout contre sa poitrine, puis s’animant pour précéder son invitée, elle lui indiqua la porte d’entrée.
« On sera beaucoup mieux dehors. » Non seulement elle se sentirait plus à l’aise et les limites qu’elle avait tacitement imposées aux colocataires de Jamie seraient préservées, mais aussi, elle ne craindrait plus le débarquement inopportun d’un des membres de sa famille.

Derrière elle, Harper referma la porte et s’engagea de quelques pas sur les petites marches du perron. Une fois arrivée en bas, elle pivota sur ses talons pour observer Anna. Cette dernière lui était toujours apparue comme la plus responsable de la pension. Quelque chose de rassurant se dégageait d’elle. À plusieurs reprises, Harper s’était surprise à se sentir bien en sa présence. Comme Lexie, elle l’aimait beaucoup sans trop la connaître. Il y avait bien cette petite voix dans sa tête qui lui soufflait qu’une femme qui s’entichait de Timothy Ainsworth devait avoir quelques soucis dans le fond, mais ça restait une farce qu’elle gardait pour elle, histoire de rajouter du grain à moudre au moulin d’inimitié qu’elle faisait tourner depuis des années à l’intention du surveillant tatoué. L’amour à ses raisons et blablabla… ça ne la regardait pas, et au final, elle trouvait qu’ils allaient très bien ensemble.
En vérité, Harper s’était désolée de la façon avec laquelle la fête organisée pour leur mariage avait terminé, mais elle savait que ce n’était pas dans ses attributions de leur faire savoir qu’elle était vraiment navrée ; elle n’était pas grand-chose pour eux, si ce n’était la copine de Jamie, et c’était très bien comme ça. Pourtant, au moment où Anna mentionna cet événement, Harper prit le temps de la regarder fixement et avec maladresse, elle lui confia :

« Désolée que ça ait foiré. T’étais magnifique dans ta robe en tout cas. » Venant de Harper qui s’habillait les yeux fermés, c’était un joli compliment ; aussi, fit-elle en sorte de ne pas s’y attarder.
Elle opina lentement du chef quand elle la remercia pour les services qu’elle leur rendait à la galerie depuis décembre dernier, comme si ça n’avait pas d’importance – et ça n’en avait pas. Harper le faisait parce qu’elle en avait envie, parce que c’était agréable de rendre service sans rien attendre en retour. Non, elle n’y gagnait rien, à part quelques pâtisseries, et elle s’en contentait largement.
Dans un rictus malicieux, elle accueillit ses propos suivant, mais ne daigna s’exprimer, pudique. Elle se dit que « avoir besoin de stabilité et d’affection » devait être la façon la plus polie de dire qu’il avait surtout besoin d’un bon coup de pied aux fesses, et elle sourit un peu gauchement quand elle échangea un autre regard, plus fugace, avec la jeune femme. Harper lui assura alors :

« Il serait revenu au moins pour dire au revoir. Il est pas si mufle, c’est un gars bien. » Anna serait sûrement tentée de penser qu’Harper manquait d’objectivité à cause de la relation qu’elle entretenait avec son colocataire, mais ce n’était pas bien important, tant que Harper savait qu’elle ne manquait jamais d’impartialité, qu’importe l’affection qu’elle ressentait pour quiconque. Et puis, elle avait senti qu’Anna avait besoin d’être rassurée, c’était la grande sœur inquiète en elle qui l’avait décelée, et même si Harper n’était pas tentée par l’éventualité de s’épancher sur son histoire avec le jeune homme, estimant que ça les concernait eux et personne d’autre, elle consentait à sortir de son silence pour apaiser la conscience de l’anglaise ; elle imaginait que ça la tranquilliserait sur le chemin de la pension. Faisant alors un dernier signe de tête en sa direction, Harper ne se fit pas prier pour l’accompagner sur le chemin qui la menait jusqu’à sa voiture à l’instant où Anna annonça son départ.

« Oh ça ? » Harper se retourna furtivement derrière la clôture pour jeter un œil à la cabane dans les arbres du jardin « C’est mon père qui l’a construite avant ma naissance. Elle a même un gouvernail de bateau pirate de l’autre côté. » Elle esquissa un sourire lointain tout en poursuivant « Il a imaginé les plans quand il était enfant mais il a attendu d’en avoir pour mettre tout ça à grande échelle. Il voulait faire une sorte d’escalier en colimaçon pour rendre ça plus accessible, l’échelle faisait peur à ma mère avant mais… » Harper fronça les sourcils, s’arrêtant en plein milieu de sa phrase. Elle se souvenait pourquoi il ne l’avait pas fait. Tentant de faire bonne figure, elle se redressa et tendit brusquement à Anna la boîte en carton qu’elle lui avait confié « Tu peux le garder. On n’en a pas besoin, il finira sans doute dans un vide-grenier. Autant que ce soit quelqu’un qui saura en faire bon usage qui l’ait. » Elle insista, l’invitant à la prendre d’un signe du menton « On a qu’à dire que c’est pour te remercier de m’avoir offert ce job à la galerie et pour tout ce que tu fais pour Jamie. Tu sais, il a besoin de stabilité et d’affection en ce moment. » Harper imita l’initiative de la jeune femme en plaçant d’autorité la boîte en carton entre ses mains, et après avoir fait un pas en arrière, elle ajouta « J’espère que ça s’arrangera avec… » Elle tendit l’index droit pour dessiner des motifs invisibles sur son propre bras gauche, histoire de ne pas prononcer le prénom de Timothy, puis elle lui fit un dernier sourire qui lui servit à dissimuler la tristesse qui avait assombri son regard au moment où elle avait parlé de son père.
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptyMar 18 Nov - 21:22

"Qu'est ce que ça veut dire "On ne sait jamais avec nous autres de la Pension ?" Je croirais entendre..." ...Tim qui ne s'empêchait jamais de se plaindre de manière exagérée de la vie en autarcie communautaire des habitants de l'ancienne maison de Granny Preston. Qu'est ce qu'ils y pouvaient cependant s'ils trouvaient plus intéressante leur propre compagnie plutôt que celle des autres ?
Anna s'était interrompue net, comme c'était devenu son habitude cet hiver quand quelque chose la ramenait à Timothy Ainsworth. Il fallait qu'elle change complètement son mode de fonctionnement et de pensée si elle voulait maintenant survivre à un été sans lui.

"Jamie fait partie intégrante de la Pension tu sais, alors tu peux le compter parmi les personnes susceptibles de réactions incongrues et de prises de décisions extraordinaires pour pour le reste du commun des mortels... Et personne de chez nous ne le blesserait qu'il n'aie blessé d'abord," jugea-t-elle bon d'ajouter, laissant planer une menace mystérieuse finalement inexistante, James Ainsworth étant incapable aux yeux d'Anna de faire sciemment du mal à qui que ce soit.

La photographe, qui avait déjà programmé son départ, se laissa donc entraîner dehors de bonne grâce. Dès que le jardin fut en vue, elle eut l'impression qu'Harper retrouvait de ses couleurs et de sa bonhomie habituelles et elle étudia la jeune fille de plus près. Elle reçut son compliment dans un demi-sourire. Elle aussi s'était trouvée magnifique dans cette robe. Magnifiquement c**ne par la suite, mais ce n'était pas le propos.

Harper ne lui tenait manifestement pas rigueur de ses élans lyriques et Anna ne pût s'empêcher de rire à la perspective d'un Jamie fugueur mais suffisamment poli pour revenir leur faire ses adieux. La vérité, c'est qu'elle s'était fait un sang d'encre, mais avait laissé Lexie gérer la situation jusqu'à ce qu'elle se lance dans son "intervention" récente. Elle espérait maintenant sincèrement qu'Harper, qui avait su ramener Jamie sur le chemin de la Pension, saurait également l'aider à choisir l'avenir qui lui convenait. Peu importe qu'il s'agisse d'entrer à l'université ou de rester au gîte Preston, tant qu'il était heureux, c'était tout ce qui importait à la jeune femme.

Alors que la lycéenne lui expliquait l'histoire de la cabane, Anna eut tout le loisir de faire le tour de la construction. Elle tourna des yeux ébahis de petite fille admirative vers Harper quand celle-ci mentionna le gouvernail, et elle étudia en effet l'absence d'escalier à proprement parler. "Dommage," commenta-t-elle d'une voix douce, "Cela aurait parfaitement collé." Elle avait posé son regard vert sur le visage rond de la jeune fille et s'abstint de plus de commentaires. Harper s'était interrompue aussi vite qu'Anna quand elle avait choisi de ne pas mentionner Tim, et son instinct signalait à la jeune femme que l'absence d'escalier en disait long sur le malaise provoqué par sa présence dans la demeure des Pritchard. Le sujet était manifestement sensible et douloureux.

"Peut être que tes frères pourraient poursuivre ce que ton père n'a pas eu le temps de finir ?" suggéra-t-elle. "Si j'en crois la façon dont tu t'adresses à celui que j'ai rencontré, je crois qu'il y a toute une bande de frères derrière. Ça pourrait les occuper pour l'été... C'est important de garder les garçons occupés. Enfin je dis ça comme si j'en savais quelque chose, mais je n'ai qu'une sœur... Et quelle sœur !" remarqua-t-elle en roulant des yeux.

Anna fut quelque peu déstabilisée par le poids de la boite qui se retrouvait à nouveau entre ses mains, mais elle ne voyait pas vraiment comment refuser ce cadeau décidément envahissant. Et elle s'imaginait déjà d'ici une bonne cinquantaine d'années, à prendre le thé avec Madeleine, quand elles auraient à elles deux épuisé toute la bonne volonté des hommes de Lima. Sa sœur serait casée avec un peu de chance, et c'est elle qu'elles recevraient pour le thé...

"Merci," soupira-t-elle devant la délicatesse des messages codés de la lycéenne. "J'espère aussi... Un peu plus que ça même," finit-elle par avouer.  Elle jeta un dernier regard vers l'arbre. "Sérieusement, je pourrais même missionner Jamie, et Aidan au besoin, pour la cabane..."
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptyVen 21 Nov - 17:58

Presque tout le monde dans le quartier connaissait l’histoire autour de la cabane dans les arbres des Pritchard, au point qu’elle était devenue une petite attraction dans le voisinage. Pendant la période estivale, il n’était pas rare de voir quelques curieux se risquer à escalader la clôture en vue d’y faire le tour, juste pour vérifier si elle était aussi jolie qu’on le racontait. Harper était habituée à cet intérêt soudain qu’on apportait à sa maison, ça ne voulait pas dire qu’elle l’appréciait pour autant, même quand ça venait d’Anna Preston. L’émerveillement qu’elle lut sur le visage de cette dernière propagea dans sa bouche un goût amer qu’Harper fit passer en roulant ses lèvres l’une sur l’autre, et elle détourna les yeux vers la cabane pour l’admirer sans véritablement la voir, car elle en connaissait le moindre défaut.
L’été était le seul moment de l’année où ceux qui ne leur accordaient aucune attention d’ordinaire se souvenaient que les Pritchard existaient. Ils prenaient des nouvelles des enfants à qui ils donnaient des prénoms erronés, apportaient un soutien hypocrite et inutile à la maman qui les accueillait avec une gentillesse instinctive, dépourvue de tous soupçons. Mariella allait jusqu’à leur proposer sa fameuse limonade, profitant de la météo clémente pour leur raconter des histoires dont elle seule avait le secret, attablée dehors sur la terrasse où il était agréable de se détendre à cause du jardin qu’elle continuait à entretenir sous l’insistance de sa fille aînée ; c’était une manière de l’occuper quand leurs réserves de médicaments manquaient, et ça fonctionnait admirablement bien.
Cette curiosité superficielle dégoûtait Lilibeth, mais ça redonnait du courage aux autres membres de la famille, car ils avaient l’impression que l'on compatissait à leur douleur ; qui après onze ans, avait eu le temps s’estomper, mais pas de disparaître. Harper aurait aimé que sa mère et ses frères aient une vue de l’opportunisme aussi éclairée que la sienne. Son mauvais caractère plus que son intelligence avait eu le don de lui fournir une conception avertie de l’indigence humaine ; n’avait-elle pas vu juste à propos de Violet ?

Cette construction était visible de loin, surplombant largement les arbustes et rosiers des alentours. Elle donnait de la singularité au pavillon traditionnel dans lequel Harper et ses frères avaient grandi. C’était cette cabane qui lui donnait du réconfort à elle, pas la fausse considération de ses voisins. Dans chacun des détails de l’assemblage, il y avait la signature de son père. Elle était aussi palpable qu’une main qu’on serre, ou qu’une épaule sur laquelle on pose sa tête après un gros chagrin. Égoïstement, Harper ne supportait pas que quelqu’un s’intéresse à cette cabane plus qu’elle-même s’y intéressait, et même quand ses frères allaient y dormir ou s’amuser, elle trouvait toujours une excuse pour qu’ils ne s’y attardent pas. L’application avec laquelle elle s’entêtait à entretenir ce cabanon à l’orée du printemps virait parfois à l’obsessionnel.
C’était son refuge, il avait été construit pour elle. Voilà pourquoi elle n’admettait pas qu’on la convoite, qu’on s’y invite (Jamie étant l’exception – à ce stade, Jamie faisait cas d’exception à toutes les règles qu’elle s’imposait), ou qu’on lui souffle des idées d’aménagement. Ses paupières se plissèrent sous les rayons vifs du soleil, la voix d’Anna lui parvenant du côté gauche. En levant lentement la tête vers le sommet de la maisonnette, elle protégea ses yeux avec sa main droite qu’elle positionna en visière. Elle préférait se concentrer sur la cabane plutôt que sur Anna, car elle sentait monter en elle un sentiment qu’elle connaissait bien ; la colère. Harper fronça sensiblement les sourcils quand elle s’aperçut qu’elles dérivaient dans une direction qui la pousserait à lui dire que ce n’était pas ses affaires, et qu’il valait mieux qu’elle rentre à la pension. Elle retint sa respiration, sursautant discrètement lorsqu’une bestiole à plumes s’échappa de l’une des branches pour partir loin dans le ciel, puis elle relâcha la pression une fois qu’elle fut sûre de réussir à maintenir l’effort de bonne volonté qu’elle faisait. Ce serait dur, mais elle avait connu plus périlleux. Pour la première fois depuis des années, Harper se résout à la servitude.

« C’est une mauvaise idée, ma mère ne le supporterait pas. » avoua-t-elle, les mâchoires suffisamment serrées pour qu’on les devine. Harper croisa brusquement les bras sur sa poitrine, ne lâchant pas la devanture de la cabane du regard. Elle appréciait tellement les Preston. Et pas seulement à cause de Jamie et de ce qu’elles faisaient pour lui ; elles avaient toujours été délicates avec elle, l’accueillant à la pension et à la galerie avec une bienveillance à laquelle elle n’était définitivement pas habituée. Pourtant, Harper jouait avec elles le même jeu de dupe qu’avec tout le monde. Peut-être étaient-elles au courant de la mort de son père – ce n’était pas un secret  –, mais du reste, elles n’étaient assurément au courant de rien ; et Harper le regrettait. Car elle avait l’impression de ne pas jouer franc-jeu avec les sœurs, alors qu’elles lui accordaient en retour une confiance qu’elle ne méritait certainement pas.
Cette pensée eut l’effet d’une décharge électrique. Elle continua d’une traite.

« Elle est maniaco-dépressive. » Réprimant l’envie de tourner la tête vers Anna, Harper continua à regarder devant elle, inclinant doucement la tête «  Avec mes frères on essaye de garder les choses telles qu’elle les a toujours connues pour qu’elle ne soit pas désorientée. Elle l’est déjà assez. » Estompant un baume invisible sur ses lèvres, Harper les pinça un moment avant de tourner définitivement la tête vers Anna « Je sais que tout fini par se savoir à la pension… c’est pas une critique ! » se hâta-t-elle d’ajouter, une main tendue devant elle, lorsqu’elle se souvint que son interlocutrice avait semblé mal prendre sa réflexion sur ses colocataires quelques instants plus tôt – aussi insupportables étaient-ils quand ils lui lançaient des regards lourds de sous-entendus quand elle quittait les lieux un peu trop tard, elle leur trouvait à tous des qualités, même à JJ. L’idée de les désavouer volontairement ne lui aurait jamais traversé l’esprit ; involontairement en revanche… elle espérait de fait que  son impropriété de filtre avait fait le tour de la pension comme sa préférence pour les cookies aux trois chocolats de Lexie.
Elle se recula d’un pas sécuritaire, comme si elle craignait qu’Anna  ne soit tentée de faire un geste qui l’aurait mis mal à l’aise ; Lexie était bien du genre à faire des câlins aux inconnus, c’était peut-être héréditaire après tout.

« J’aimerais que ça, ça reste entre nous ; ou entre nous et Lexie.  C’est dur d’avoir des secrets quand on est proche de ses frères et sœurs, je suis au courant. » conclut-elle alors, et elle s’arrêta à une distance qu’elle jugea sans danger. En même temps, les conséquences de sa petite confidence lui parvinrent par bride devant son regard qui se mouilla. Comme tout être humain normalement constitué, Anna serait désolée, et elle le lui dirait ; Harper ne saurait pas le gérer, elle ne s’y était jamais préparée. Du coup, elle laissa échapper un rire, secouant la tête de droite à gauche, et repoussa une mèche de cheveux qu’elle cala derrière son oreille. Enfin, pour échapper à la scène qui n’allait pas tarder à se jouer en direct de son jardin, elle pivota sur ses pieds et se dirigea d’un pas lent, mais qui à mi-chemin se transforma en petite foulée, vers la porte d’entrée.
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Anna L. Preston
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptyJeu 4 Déc - 0:21

En matière de confidences, les sœurs Preston étaient complémentaires... Lexie y poussait par son naturel enjoué et volontaire, et Anna les attirait par son sérieux et sa discrétion. La mise en commun des secrets des uns et des autres était souvent inévitable, mais les deux sœurs restaient généralement muettes comme des tombes une fois sorties des chambres respectives de l'une et de l'autre.
Malgré cette attraction naturelle des épanchements, la jeune femme était loin d'imaginer qu'elle ouvrirait la boîte de Pandore en rapportant un simple service à thé cet après-midi là, mais puisque tout ce qui touchait à Ainston semblait irrémédiablement maudit, elle n'était finalement pas si étonnée que cela.

La révélation d'Harper lui fit tout de même l'effet d'une douche glacée.
Anna s'amusait régulièrement des dépressions à répétition d'Emilia Preston, causées par des motifs aussi futiles qu'une dispute avec son époux, l'annulation d'une exposition de ses sculptures, voire même la mort de la princesse Diana quelques années plus tôt, mais Mariella Pritchard semblait souffrir d'un mal bien plus palpable et destructeur.
La mère d'Anna et Lexie était fonctionnelle, hormis sa volonté de laisser libre cours à ses angoisses, rien ne l'empêchait de vaquer à ses occupations quotidiennes et elle avait toujours pris soin de ses filles dans la mesure qui lui semblait artistiquement raisonnable.
L'ainée des Preston, malgré son caractère indépendant et surprotecteur, avait grandi et s'était construite en sachant que quoi qu'il arrive, ses parents étaient présents en arrière plan pour la protéger et la défendre, malgré leurs désaccords permanents. Harper, elle, semblait tout à la fois endosser la place et les responsabilités de pilier de famille.

Bien sûr que toucher à la cabane s'avérait impossible, tout comme perturber le moindre rituel du quotidien familial des Pritchard. La jeune femme se surprit à se demander comment la lycéenne justifiait ses nuits passées à la Pension, sa mère était elle même au courant?
Malgré le peu de reluisance de son état émotionnel du moment, l'instinct protecteur et protectionniste d'Anna était en alerte, le même qui la poussait adolescente à ne pas dormir tant que sa sœur n'était pas rentrée de ses épopées nocturnes.

L'employée des Preston ne semblait pas vouloir s'épancher sur le sujet, soit parce que cela ne lui ressemblait pas, soit parce que les deux anglaises étaient par déjà trop impliquées dans son quotidien professionnel et personnel.
La petite rousse refoula la compassion et la tristesse qui s'emparaient d'elle, et décida d'opter pour une attitude parfaitement et flegmatiquement britannique: aborder le problème en faisant comme si de rien n'était, pour éviter qu'un surplus d'émotions ne les submerge toutes les deux.

"Ça ne doit pas être évident tous les jours," se contenta-t-elle de remarquer, observant avec respect la distance de sécurité imposée par Harper. Elle avait conscience que le flot d'informations avait été déversé dans la douleur, à contre cœur, et presque en reprochant à l’aînée des Preston de l'avoir poussée à la confidence. S'il s'était agi d'une autre, Anna aurait probablement haussé les épaules et levé le camp, remportant son carton avec elle. Mais, tout comme une force l'avait poussée à venir en personne présenter ses remerciements, la même onde invisible lui imposait de rester sur place, à essayer de trouver les bons mots. Elle prenait mentalement note de faire discrètement partager à Lexie sa découverte. Elle ne rentrerait pas dans les détails, même si sa sœur essaierait certainement de lui tirer les vers du nez, mais elle s'assurerait que la petite Pritchard sache que son avenir à la galerie était garanti pour aussi longtemps qu'elle le souhaiterait. Employée modèle qui supportait les lubies des trois énergumènes qui dirigeaient les lieux, petite amie exemplaire de Jamie qui l'avait ramené au bercail... Elles lui devaient bien ça.
Anna sentait qu'Harper n'accepterait aucune forme de pitié, autant par fierté que par combativité. Mais si elle avait osé poser des mots sur la situation complexe dans lequel son quotidien prenait sa source, c'était peut-être pour se sentir épaulée, de près ou de loin. Parfois, même si elles semblaient insupportables à entendre, les paroles de réconfort et de soutien finissaient par toucher leur cible. Sans vouloir se montrer trop intrusive ou paternaliste, Anna se permit donc d'enfreindre la barrière de sécurité. "Si tu as besoin de quoi que ce soit... Comme tu le sais, même s'ils sont un peu fous, les membres de la Pension sont multiples, variés, et généralement, il y en a toujours un de disponible au moment on a le plus besoin d'eux, pour des démarches administratives ou de la garde d'enfant, en passant par le dépannage de voiture ou la construction de cabane. Et l'avantage, c'est qu'ils sont tous tellement tordus et coupables de quelque chose qu'ils ne posent pas de questions et s’exécutent sans sourciller et sans besoin d'explications, simplement par peur de représailles." Anna avait à son tour avancé vers la porte d'entrée pour ne pas perdre le contact avec Harper. "Quand on y pense c'est un peu effrayant en fait..." observa la jeune femme à voix haute en fronçant les sourcils. Elle écarta ce constat dramatique pour jeter un dernier regard pénétrant à Harper. Jamie devait ouvertement savoir ou bien clairement se douter, pas étonnant qu'il soit autant sur la défensive quand on mentionnait la jeune fille. "Je remballe le service à thé, c'est définitif ?" demanda-t-elle une dernière fois avec un sourire qu'elle voulait à la fois complice et encourageant. Le soleil tapait contre ses épaules dénudées et elle se dit qu'en repartant, elle ferait peut-être un détour par la plage. Et que si elle était très courageuse, elle se déciderait à parler de Tim à sa sœur en rentant. Peut-être.
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Harper E. Pritchard
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MessageSujet: Re: 06. [Pritchard's] Resending the invitation   06. [Pritchard's] Resending the invitation EmptySam 6 Déc - 14:53

Évident ça ne l’est pas, songea Harper. Mais elle ne s’attarda pas ouvertement sur l’observation d’Anna, elle préféra éviter son regard en lui tournant le dos, et emprunta le petit chemin bétonné qui menait jusqu’à la porte d’entrée. En onze ans, Harper  n’avait jamais clairement mis de mots sur l’état de santé de sa mère, comptant sur le bon sens des quelques privilégiés qui venaient rendre visite à sa famille de temps en temps. En général, ils s’apercevaient d’eux-mêmes que quelque chose n’allait pas ; car aussi douce et bienveillante que Mariella fût dans ses moments de lucidité, à l’instant où elle entrait dans de sévères périodes de dépression, même les plus habiles ne réussissaient pas à la tirer du lit pour la forcer à au moins s’habiller. Dans ce cas de figure, il fallait s’armer de patience et attendre que ses humeurs se rétablissent d’elles-mêmes, le traitement qu’elle prenait quotidiennement n’étant pas aussi efficace que les médecins le prétendaient. Ça pouvait durer des jours, voire des semaines entières. Quand ça arrivait, Harper faisait tout ce qu’elle pouvait pour que ses frères ne souffrent pas de l’indifférence de leur mère. Sans se poser de questions, elle endossait les taches ménagères, s’assurait de leur fournir de bons repas et vérifiait leurs devoirs, obéissant à son instinct protecteur pour ne pas les perturber. Souvent, c’était au moment où leur routine se mettait bien en place que Mariella se réveillait avec l’envie de faire la cuisine, et qu’elle partait faire des courses à l’épicerie du centre-ville pour dépenser sans compter l’argent que sa fille gagnait et épargnait dans sa vieille boîte à déjeuner qu’elle gardait encore sous la lamelle branlante du parquet de sa chambre. C’était devenu une triste habitude qui poussait Harper à ne jamais baisser sa garde, même quand il lui semblait que le ciel de Mariella était moins brumeux. On pouvait reprocher à la jeune fille d’être constamment sur la défensive, mais quand on connaissait l’imprévisibilité qui planait sur le foyer des Pritchard, les raisons qui l’entraînaient à agir avec autant de pugnacité devenaient toutes de suite plus compréhensibles.

Harper avait eu besoin de jouer franc-jeu avec Anna, cherchant sans doute à s’amender d’une culpabilité qui ne faisait que prendre du terrain à mesure qu’elle s’avançait vers la maison. La température lui parut augmenter tout à coup, et une pellicule de sueur se forma sous son crop-top, la faisant frissonner au contact de la brise chaude qui lui ébouriffa la frange. Elle n’encaissait pas l’éventualité qu’Anna puisse mal la juger. Jusqu’à maintenant, elle avait dissimulé son histoire et sa vraie personnalité à des gens qu’elle croisait presque tous les jours, et qui rentraient dans la définition même du livre ouvert. Harper avait des défauts, comme tout à chacun. Elle s’obstinait à les assumer, ne s’excusant pas d’être comme elle était. Mais si elle mentait pour protéger sa famille parfois, jamais elle n’avait trempé dans le faux-semblant ; du moins, c’était ce qu’elle avait toujours pensé, avant d’être mise devant l’hypocrisie latente de son attitude à l’égard des autres. L’idée même qu’Anna puisse se faire la même réflexion, prenant conscience du jeu qu’Harper avait joué au cours de ces derniers mois, la mettait particulièrement mal à l’aise ; parce que la rousse avait de l’importance pour Jamie et qu’inconsciemment, l’opinion qu’elle avait de sa petite amie s’avérait importante aux yeux de cette dernière, mais surtout parce qu’elle avait une tendresse maladroite et confidentielle pour la jeune femme. Assurément, elle gérerait mal sa potentielle déception face au masque qu’elle avait porté depuis leur première rencontre.
Sur le chemin qui la menait jusqu’à la porte de chez elle, Harper s’aperçut qu’elle ne réussirait plus à regarder Anna dans les yeux sans revivre la scène qui venait de se dérouler, et tandis qu’elle montait les premières marches du perron, elle songea déjà aux prétextes dont elle userait pour expliquer ses refus de se rendre à la pension pour passer du temps avec Jamie. Lentement, elle lança un regard en biais à la cabane en bois, se disant qu’elle ne deviendrait plus son refuge à elle, mais leur refuge à tous les deux, au moins jusqu’à la fin de l’été. Harper tenait à se laisser le temps d’avaler la pilule, et elle pensait qu’esquiver les pensionnaires pendant une durée indéterminée chasserait cette impression désagréable qu’elle avait d’avoir été démasquée par Anna. Elle ne lui lançait pas la pierre, mais si elle n’était pas venue jusque chez elle, rien de tout ça ne serait arrivé.

Aussi, elle n’était pas sans savoir que la persévérance était une condition sine qua non pour faire partie du rang des colocataires de la pension Preston. Elle en eut de nouveau la confirmation lorsqu’Anna reprit la parole, s’avançant à son tour vers l’escalier du perron. Harper aurait préféré qu’elle batte tout de suite en retraite, car elle ne voulait pas lire sur son visage la pitié qu’elle lui réservait à cause de la confidence qu’elle venait de lui faire ; ça faisait trop de choses à supporter d’un coup, et Harper sentit son cœur battre plus vite et ses yeux cligner frénétiquement, comme si elle chassait des poussières qui lui picotaient les yeux. Pourtant, rassemblant tout son courage et inspirant au passage une grande bouffée d’air atrocement tiède, Harper se retourna pour la regarder. Ses pupilles s’arrêtèrent partout sur le pourtour du visage d’Anna, mais elles ne rencontrèrent plus les siennes.

« On a pas besoin d’aide. » affirma-t-elle sur la défensive, mais le son de sa voix semblait un peu plus étouffée, donnant l’effet que quelque chose obstruait ses cordes vocales « Ca dure depuis des années maintenant, c’est comme ça, on fait en sorte d’y arriver. On va bien. » Harper haussa les épaules avec une nonchalance moins naturelle que d’ordinaire, puis eut un sourire timide quand Anna mentionna les taches que les pensionnaires étaient capables d’accomplir. Elle eut du mal à se sentir rassurée vis-à-vis de l’attitude de la jeune femme qui visiblement ne lui tenait pas rigueur de son erreur. Cependant, campée sur ses positions, Harper continua à se tendre lentement, bien qu’elle lui répondit avec légèreté « T’oublies que je travaille à la galerie de temps en temps. J’ai vu comment JJ organise les papiers, c’est pas joli à voir. Je préfère m’occuper des démarches administratives moi-même, sans vouloir l’offenser. » Ses yeux se déportèrent un peu plus sur la droite. Elle comprenait qu’Anna essayait de crocheter son regard, mais la blonde s’y refusa. Pendant que son sourire retombait, Harper fronça les sourcils en secouant la tête, et ses cheveux retombèrent devant son visage.

Elle balaya les propos suivants de l’anglaise d’un geste de la main. Dans l’état actuel des choses, elle était loin de pouvoir se lancer dans le procès des membres de la pension.
« Personne n’est parfait, ça se saurait sinon. » Anna prête à partir, Harper lui confirma qu’elle pouvait remballer le service à thé en opinant du chef, et avant qu’elle ne tourne les talons, elle se précipita en commençant « Anna ! » Harper ne mettrait plus les pieds à la pension Preston pendant un certain temps et de fait, elle n’aurait plus l’occasion de croiser Anna qui avait déserté la galerie depuis son faux mariage. Elle était prise de court. Toutefois, on lui avait toujours dit que c’était les mots les plus simples qui avaient le plus d’impacts, et s’intimant de faire preuve d’un peu de maturité, Harper se contraint à verrouiller son regard au sien. Sans savoir par où commencer, elle lui dit tout simplement « Je suis désolée. » Peu importe l’interprétation qu’Anna donnerait à ses excuses, Harper eut le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait. Pianotant un petit instant sur la colonne en bois blanc du perron, elle attendit que la jeune femme se détourne pour l’imiter en tournant elle aussi les talons.

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