Choriste du mois


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 04. You are the one

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I don't give a damn 'bout my bad reputation
Age : 25 ans
Occupation : Prof de guitare à domicile, travaille dans un foyer de groupe, chanteur du groupe Against The Odds
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MessageSujet: 04. You are the one   Mer 19 Aoû - 0:10

Quelques gouttes étaient tombées, tout juste revigorantes après des jours et des jours de chaleur intempestive. Bien moins qu'une bénédiction, elles étaient surtout un présage. Le soleil, qui n'avait cessé de briller pour autant, dessinait des couleurs vaporeuses dans le ciel. Il était exactement dix-huit heures quatorze. Sa guitare en bandoulière, Tim ajustait d'un geste nerveux le col de sa chemise, un peu trop soucieux de ne voir aucun pli perturber son apparence. Sa mère avait insisté pour la lui repasser elle-même, comme s'il était encore l'adolescent de seize ans négligé qui se fichait bien de porter des vêtements froissés. Il avait rapidement capitulé, conscient que Catherine voulait tout simplement contribuer à sa manière. Si seulement elle savait comme sa contribution était loin de se résumer aux va-et-vient d'un fer sur les vulgaires manches d'une chemise. Il avait fallu des années - et autant de cris, de disputes et de reproches - à Timothy pour réaliser à quel point sa mère était un modèle de courage et de réussite. En fait, elle était à l'image de toutes ces femmes célibataires qui s'échinaient à faire passer le bonheur de leurs enfants avant le leur, et ce malgré l'ingratitude avec laquelle elles étaient récompensées. Elle était de ces femmes qui se battaient jour après jour contre l'injustice de la vie sans la moindre reconnaissance. Mais elles savaient. Elles savaient qu'un jour ce travail allait payer.
Derrière Tim, le reste du groupe s'agitait en silence. Malgré leur air impassible, ils donnaient tous l'impression de réprimer un sourire béat. Un peu plus loin, Jamie testait religieusement la lumière de son appareil. Du moins c'était ce que pensait Timothy en observant son cousin photographier le ciel sous tous les angles. "Tu es prêt ?" avait naïvement demandé Alex. S'il était prêt ? Absolument pas. En revanche était-il terrifié, tétanisé et fébrile à la fois ? Sans doute. Ses jambes tremblaient d'impatience tandis que son cœur tambourinait au rythme de ses incertitudes. Ce qui semblait assez ironique, parce que le jeune homme n'avait jamais été aussi sûr de quelque chose. Il avait beaucoup douté, et certainement continuerait-il à douter encore longtemps, mais plus jamais à propos d'eux. Adossé contre le mur de la ruelle, Tim alluma une dernière cigarette de réconfort. Il allait peut-être puer le tabac froid mais c'était sa façon à lui de combattre le stress. A raison de cinq ou six cigarettes en plus par jour il avait même fini par arrêter de se ronger les ongles... au cours de la semaine passée. "Aussi prêt qu'on peut l'être." répondit-il en envoyant valser son mégot quelques mètres plus loin. La fumée à peine dispersée dans l'air moite de ce début de soirée, il inspira un bon coup avant de jouer les premiers accords. Aussitôt Jamie comprit qu'il devait se mettre à son poste, tandis que Robbie, Ryder et Alex se dirigèrent chacun un peu plus loin. Il ignorait ce qui se passait à l'intérieur du bar mais, lorsque sa montre afficha dix-huit heures vingt, il sut que c'était à son tour d'entrer en scène.

Tell me,
Tell me that you want me,
And I’ll be yours completely
For better or for worse. ♫


Spontanément, Tim avait abandonné sa guitare au sol pour entamer le premier couplet a capella. Ce n'était pas dans le script, et ce n'était pas l'expression déconcertée de Jamie qui prouverait le contraire. A reculons, le photographe avait troqué son appareil contre une caméra qui suivait la démarche assurée de Tim. Ils avaient fait le test encore et encore, et normalement à cet instant précis les images devaient être diffusées sur l'écran géant du bar. Chaque mot, chaque vers, chaque couplet résonnait dans la tête de Tim comme autant de souvenirs. Qu'elle était insupportable dans son uniforme trop large de football. Qu'elle était prudente, méprisante et rabat-joie. Et qu'elle était avisée, lucide et raffinée. Tout l'inverse de lui. Il ne l'avait pas immédiatement réalisé, mais Tim l'avait aimée dès ce moment. Il lui avait fallu au moins trois ans pour se rendre compte qu'on ne se souvenait pas avec autant de précision d'une rencontre anodine. Les visages qui ne comptaient pas finissaient par s'embrumer avec le temps pour finir par disparaitre totalement. Ceux que l'on distinguait dans une foule, des années plus tard, étaient destinés à rester graver dans les mémoires. Ils duraient.

I know,
We’ll have our disagreements,
Be fighting for no reason.
I wouldn’t change it for the world.

‘Cause I knew
The first day that I met you
I was never gonna let you,
Let you slip away.

And I
Still remember feeling nervous
Trying to find the words to
Get you here today. ♫


Bien sûr qu'il se souvenait de cette soirée banale, dans ce bar insipide de Londres. Il avait joué plusieurs soirs devant un public indifférent, jusqu'à ce qu'elle arrive. Curieusement, ce soir-là, il avait eu l'impression d'être écouté. Il avait eu l'impression d'être important. Et il l'avait abordée, non sans crainte qu'elle ne le chasse à coups de trous de mémoire. Son égo aurait souffert pour sûr, mais c'était la décision la plus intelligente qu'il ait jamais prise. Il n'y avait rien de mieux pour briser la glace que faire appel à la nostalgie et aux erreurs avec prescription. L'autodérision n'était mûre qu'au bout de quelques années. Avant, elle n'était qu'un gage de manque d'assurance.
Ryder avait fini par le rejoindre, accompagné de sa guitare. Ils avaient travaillé leurs harmonies, et le résultat était plus que satisfaisant.

You make my heart feel like it’s summer
When the rain is pouring down.
You make my whole world feel so right when it’s wrong.
That’s how I know you are the one.
That’s why I know you are the one ♫


D'un pas indécis, ils effectuèrent enfin leur entrée par la porte arrière du bar, ponctuée par les quelques notes de violon mémorisées par Alex. Un rideau masquait la scène sur laquelle ils s'installèrent : Tim au piano ; Robbie, Ryder et Alex à leurs instruments respectifs ; tandis que Jamie coupa sa caméra pour se poster à l'ombre d'un coin.
Tim aurait dû savoir dès le début qu'Anna était la seule lumière dans sa vie à une époque où tout était plongé dans le noir. Et tel un phare, elle l'avait guidé à travers ses inquiétudes, jusqu'à ce moment charnière où il étreignit son père après des années de désaffection. L'étreinte n'avait duré que quelques secondes, mais elle lui avait rappelé comme il avait de la chance de l'avoir elle. Parce qu'avec elle, rien n'était aussi éphémère.

Life
It’s easy to be scared of.
With you I am prepared for
What is yet to come.

‘Cause our two
Hearts will make it easy
Joining up the pieces
Together making one. ♫


Et puis il y avait eu les désillusions. Comme elles avaient pu être nombreuses. Mais les propos haineux n'étaient douloureux que lorsqu'ils étaient prononcés par les gens importants. Les vérités inavouées, inavouables, n'étaient tranchantes que lorsqu'elles étaient péremptoires. Et surtout, le flot des reproches n'étaient jamais aussi constant que lorsqu'il puisait sa source dans la mauvaise foi. Tim et Anna étaient les mieux placés pour le savoir. Ils n'étaient jamais aussi malhonnêtes que lors de leurs innombrables ruptures. Les amis, les supposés regrets, la famille, l'hypothétique impardonnable, rien n'avait eu raison de leur couple. Jamais. D'ailleurs ils n'étaient pas un couple. Ils étaient une entité. Unique. Indissociable. Immuable. Peut-être même pour toujours. Si tant est qu'elle le voulait.
Le rideau était tombé. Regarder Anna dans les yeux n'avait jamais été à la fois si simple et si compliqué. Les déclarations orchestrés, c'était tellement indigne de lui, pensait-elle sans doute. Ou alors peut-être que, pour une fois, il avait visé juste en lui offrant le genre de cérémonie qu'elle avait toujours fait mine de déprécier. Lui en voulait-elle de l'avoir propulsée au centre de l'attention ? En voulait-elle à Jamie de lui avoir mystérieusement donné rendez-vous dans ce bar ? En voulait-elle au serveur de l'avoir placée à cet endroit précis alors qu'elle préférait sans doute le coin plus tranquille, près des tableaux du fond de la salle ?

You make my heart feel like it’s summer
When the rain is pouring down
You make my whole world feel so right when it’s wrong
That’s how I know you are the one
That’s why I know you are the one ♫


Ces derniers mois avaient été décisifs. Tim se voyait déjà décrocher un travail à Columbus et, fidèle à lui-même, avait cédé à son impulsion en proposant à Anna de s'installer avec lui là-bas. C'était plus simple pour tout le monde, avait-il prétexté. Les offres seraient plus intéressantes pour elle, il aurait moins de trajet à faire pour se rendre à son stage tout en passant la nuit avec elle. Le plus dur était de l'annoncer à Lexie et au reste de la joyeuse bande. Comme si Lexie avait eu des scrupules à repartir au Royaume-Uni en abandonnant sa sœur et JJ à leur sort. Columbus n'était qu'à quelques centaines de kilomètres. Rien qu'un train ou même une voiture ne puisse surmonter.

When we are together you make me feel like my mind is free and my dreams are reachable, whoa
You know I never ever believed in love, I believed one day that you would come along and free me ♫


Tim abandonna son piano et, le sourire crispé, descendit de la scène pour se diriger vers Anna. Sa main droite agrippait fermement la poche de son pantalon où l'on devinait sans grande difficulté une boîte. Il n'arrivait pas encore à jauger l'état de la jeune femme. Était-elle embarrassée ? Ou au contraire tellement sous le choc qu'elle n'osait plus sourciller ?

You make my heart feel like it’s summer
When the rain is pouring down
You make my whole world feel so right when it’s wrong

That’s how I know you are the one
That’s why I know you are the one
That’s why I know you are the one
That’s how I know you are the one ♫


Avant que la musique ne se dissipe, il posa un genou à terre et dégaina enfin la fameuse boîte. Méthodiquement, il l'ouvrit, avant de prononcer les mots qu'il ne se serait jamais entendu prononcer : "Anna Lisa Emilia Preston, veux-tu m'épouser ?"
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MessageSujet: Re: 04. You are the one   Mer 19 Aoû - 18:56

Here she was again. Tous les chemins semblaient mener au piano bar ces derniers mois et Anna se demandait pourquoi ses connaissances et amis persistaient à vouloir lui donner rendez-vous dans cet endroit détestable. Si Jamie lui annonçait qu'il rejoignait une chorale à coup de tour de chant et de spectacle de danse improvisé, elle allait se mettre à hurler. A lui hurler dessus, oui. Mais il était impossible à Anna de refuser quoi que ce soit à Baby Ainsworth, comme il lui avait toujours été difficile de ne pas céder aux caprices de Lexie, et elle se retrouvait une fois de plus à pousser les portes du bar à contre coeur.
L'absence apparente des autres membres de la Pension lui laissait penser qu'il avait quelque chose d'important à lui dire... Ou qu'il voulait lui parler de son prochain déménagement et des conséquences que cela aurait sur son planning de travail. Vérifiant son téléphone pour s'assurer qu'elle n'y trouverait pas de messages des derniers locataires en date du gîte justement, elle s’apprêtait à s'installer au fond de la salle, à la même table qui avait abrité ses complots avec Tate quelques mois plus tôt, quand un serveur l'attrapa un peu brusquement par les épaules et la conduisit beaucoup trop près de la scène. "Non," protesta la jeune femme immédiatement, "J'ai rendez-vous avec quelqu'un, on ne va pas s'entendre avec la musique !". L'homme grommela quelque chose à propos d'une réservation et Anna allait objecter à nouveau, prétextant que rien ne l'indiquait, quand il sortit un petit panneau, griffonna un nom illisible dessus, et le posa sur la table de laquelle il venait d'éloigner la photographe.
"Waow, ça ne plaisante pas avec la discipline hein ? Et le bien être des clients alors ?!" grommela-t-elle en s'asseyant avec une moue boudeuse. Et évidemment, elle était la première arrivée, ce qui ne l'étonnait pas, Jamie ne se faisant généralement pas remarquer pour sa ponctualité.

Le bar était presque trop calme pour l'heure, les premiers commuters auraient déjà dû arriver après leur journée de travail, et Anna remarqua alors le rideau qui masquait la scène, et qui expliquait sans doute l'absence d'effervescence. Cela signifiait peut-être qu'elle allait échapper aux élucubrations artistiques des aspirants choristes de Lima et lui permit de commander une bière avec l'esprit un peu plus tranquille. Le même serveur qui l'avait déplacée sans vergogne lui apporta sa boisson presque immédiatement et Anna ne pût s'empêcher de noter sa fébrilité. Elle le remercia à voix basse, espérant qu'il s'éloigne au plus vite. Maintenant qu'elle y regardait bien, l'ambiance était électrique, et sans savoir pourquoi, elle commença à se sentir nerveuse. Pourquoi est-ce que Jamie ne lui avait pas  donné rendez-vous dans le jardin de la Pension ? Il faisait beau, il faisait chaud, et J.J aurait pu préparer un barbecue tandis qu'Anna se serait excusée une nouvelle fois de tous les abandonner, réexpliquant que non, ils n'avaient toujours pas trouvé d'appartement, et que non, cela ne changerait rien. Elle soupçonnait Lexie d'entretenir la rage des autres pensionnaires quant à son départ prochain et elle allait coincer sa soeur entre deux répétitions pour la rassurer une énième fois.

Essayant d'éviter de capter le regard des employés ou usagers du bar, elle empoigna la bouteille de bière et se recroquevilla sur son siège, commençant à tapoter nerveusement sur son téléphone pour passer le temps. Un éclair de lumière provenant de l'écran géant du bar la poussa à relever la tête. Elle reconnut la démarche avant de reconnaître la voix. Elle reconnaissait toujours la démarche.
Le premier couplet lui échappa complètement, toute occupée qu'elle était à tenter de comprendre ce qui se passait. On aurait dit un clip. ATO aurait tourné sa première vidéo sans qu'elle en soit informée ? De toutes les personnes de son entourage, Tim était la moins susceptible de lui faire des cachotteries. Plus depuis l'été précédent. Et la dernière à l'attirer dans un traquenard.
Elle examina la pièce et capta à nouveau le regard suspect du serveur. Elle reposa doucement la bouteille et le téléphone sur la table, mettant ses deux mains à plat sur ses genoux, désormais intimement persuadée que tout ceci la concernait directement.
La vidéo s'interrompit brusquement, mais pas le son. Anna sentit sa respiration se bloquer.
Elle avait reconnu Ryder, et ATO devait être au grand complet car il ne semblait manquer aucun instrument.
Anna essayait de suivre la mélodie et de comprendre toutes les paroles mais ce n'était pas évident avec son coeur qui battait à tout rompre. Quand le rideau s'écarta enfin, elle crut qu'il allait sortir de sa poitrine.
La scène était surréaliste. Enfin les conditions l'étaient. Tous les regards étaient braqués sur elle, ceux des musiciens comme ceux des personnes présentes dans la salle. Et surtout ses yeux à lui ne la quittaient pas. Anna sentit ses joues rosir en même temps qu'elle relâchait enfin un soupir. Si c'était ce qu'elle croyait que c'était, il allait falloir qu'elle retrouve la parole.
Maintenant qu'elle le voyait entièrement, elle comprenait mieux ce qu'il chantait. Chacune des paroles se détachait clairement pour venir imprimer tout leur sens dans l'esprit de la jeune femme.
Il se leva et par réflexe, elle faillit faire de même, mais ses jambes étaient de toute façon trop faibles pour la porter, et elle attendit qu'il se rapproche. Il lui arracha enfin un sourire avant d'arriver au refrain et elle se retint de l'interrompre pour lui dire ce qu'elle ressentait.
Quand il arriva près, tout près d'elle, elle regretta que Lexie ne soit pas à côté d'elle pour serrer sa main dans la sienne. Ou Maddie. Ou sa mère. Oui, elle était tellement bouleversée qu'elle aurait même supporté la présence d'Emilia à ses côtés et lui aurait volontiers broyé la main sous le coup de l'émotion.

Mortifiée et liquéfiée à la fois, Anna baissa les yeux pour ne pas regarder la boite, mais elle ne réussit pas à détacher son regard de celui de Timothy bien longtemps. Elle se mordit la lèvre quand il ouvrit à nouveau la bouche. Le visage du jeune homme était tendu et concentré, et elle sentit son cœur se pincer devant tous les efforts qu'il avait fait.
Elle réprima pourtant un sourire. C'était tellement drôle de l'entendre prononcer ces trois prénoms, ce titre si aristocratique qui détonnait dans sa bouche.
Elle adorait qu'il ait fait les choses aussi bien, avec autant d'application. De dévotion.
Toutes à ses réflexions, elle était restée silencieuse un peu trop longtemps, ce que le regard interrogateur de Tim ne manqua pas de lui faire remarquer.
"Tu attends une réponse peut-être ?" le taquina-t-elle à voix basse, avant de se laisser glisser de la chaise pour se retrouver inconfortablement à genoux contre lui. Elle effleura doucement le tatouage près de son œil gauche, soupirant d'aise, puis son air redevint grave.
"Tu es sûr de ton coup ?"
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MessageSujet: Re: 04. You are the one   Mar 13 Oct - 2:19

Timothy aurait aimé affirmer le contraire, mais les réactions d'Anna ne lui semblaient jamais évidentes. Une aubaine selon lui, car une vie entière à ses côtés n'aurait définitivement pas le même éclat s'ils étaient parvenus à s'apprivoiser. La complémentarité parfaite ne figurait pas sur la liste non exhaustive des arguments de leur couple. Il vivait pour la musique, elle vivait la peinture. Les plus optimistes diraient qu'ils avaient tous les deux des âmes d'artiste, mais l'un comme l'autre ne savait se plonger avec autant d'admiration dans leurs univers respectifs. Ce qu'ils savaient faire en revanche, c'était considérer leurs passions avec réserve et courtoisie. Quoiqu'ils fassent ils ne se comprenaient donc jamais totalement. Et cette incompréhension n'était jamais sans susciter quelques désaccords obstinés d'où ils puisaient les prétextes intarissables de leurs ruptures. Tim avait pourtant fini par apprendre que leur impulsivité était une douloureuse constante de leur relation. Les blessures à répétition portées à son égo et à ses sentiments n'étaient plus tant une fatalité qu'un rituel auquel ils devraient s'habituer. Il n'y avait qu'avec Anna qu'il avait du mal à apprendre de ses erreurs. Du moins les dix premières fois. Force était de constater qu'un peu plus de recul et mois de fierté venait toujours à bout de leurs différends. A l'avenir, Tim s'était juré de ne plus se résigner lors de leurs incessantes disputes mais plutôt à embrasser le fait qu'elles étaient les plus belles preuves d'amour qu'ils pouvaient bien échanger. Ils n'étaient jamais plus forts et unis que lors de leurs retrouvailles, et cette perspective suffisait à balayer toute la rancune qu'il nourrissait et dont il se nourrissait lors de leurs séparations. De fait, Timothy avait écumé ces derniers mois des dizaines et des dizaines de forums en ligne sur les relations maritales. Il avait beau être conscient que les diagnostics sur Internet étaient un poison pour l'esprit, les sirènes de Google étaient trop séduisantes. Curieusement, ces discussions étaient souvent égayées par les conseils avisées de grands-mères qui, dans la sagesse de l'âge, se voulaient rassurantes. Selon elles, il n'y avait rien de plus sain qu'une relation tumultueuse. La passion était une flamme indomptable, surenchérissaient-elles. Tantôt crépitante tantôt ravageuse, elle demeurait inexplicable. Les couples dans les catalogues de Noël n'étaient qu'une image de pub inventée par Coca Cola.

Cette vérité discutable avait su contenter Timothy. Derrière les sourires de façade se cachait toujours un malaise inexprimé. Lui et Anna ne faisaient pas semblant. Ils vivaient les choses. Ils étaient les inévitables victimes de leurs sentiments. Et c'était une bénédiction, avait-il finalement réalisé. Leur relation à fleur de peau était certes instable mais l'issue était toujours la même. Alors il avait su. Sa décision n'était pas aussi impulsive que le flot irréfléchi de paroles qu'il débitait à chaque fois qu'on activait ses mécanismes de défense. C'était une résolution qui avait mûrie des semaines, au même titre que les quelques économies placées chaque mois pour l'achat de la bague. Ce n'était rien de très tape-à-l’œil, mais Tim connaissait suffisamment Anna - ou alors il s'en était persuadé - pour savoir qu'elle préférait sans doute quelque chose de modeste, ne serait-ce que pour échapper à la curiosité intempestive de son entourage. Et si cela ne ressemblait pas à Anna, c'était de toute manière à l'image de Tim, qui avait grandi auprès d'une mère rayonnante d'humilité. Ce n'était sans doute pas assez clinquant pour les Preston, et Tim s'attendait à quelques brimades amicales de la part de Lexie, mais il savait au moins qu'Anna saurait apprécier et reconnaître l'effort financier.

Le temps s'était ainsi figé. Comme toujours lorsque l'enjeu était crucial et peut-être aussi pour lui faire payer son manque de pratique de la prière au chevet de son lit. C'était sans doute comme pour la couture, les genoux des plus pieux finissaient par s'enrober d'une couche protectrice. Difficile cependant de s'attarder sur la potentielle douleur de ses muscles tant son regard était vissé sur celui d'Anna. Il n'avait toujours pas réussi à déceler le moindre indice, et ce même si quelques fractions de secondes seulement s'étaient écoulées. Malgré lui il se surprit à repenser à leur mariage improvisé dans la grange, et il espérait qu'Anna aurait la présence d'esprit de le prendre à partie si jamais elle décidait de décliner son offre. Ce serait extrêmement embarrassant, et sans doute cet épisode le dissuaderait à vie de proposer qui que ce soit d'autre en mariage. Ce qui, après réflexion, était peut-être dans les intentions de la rousse. Lorsque la fraction de seconde se mua en seconde, le regard de Tim se fit de plus en plus pressant. Il demeurait extrêmement bienveillant, mais du genre insistant. Il hocha discrètement la tête lorsqu'elle souligna son attente de réponse, alors qu'elle se faufila à sa hauteur. C'était mauvais signe, pensait-il, comme si elle voulait se rapprocher de lui pour lui éviter un terrible embarras. A la place, elle lui demanda avec un air des plus sérieux s'il était sûr de lui. C'était tout Anna. Incapable de répondre simplement à une interrogation totale. Sa prévenance le toucha néanmoins, si bien qu'il esquissa un sourire amusé. Les mains dans celles d'Anna, il l'invita à se lever en même temps que lui tandis qu'il criait : "ELLE A DIT OUI !". Profitant de la clameur il ajouta : "Bien entendu que j'en suis sûr. Par contre si tu as des doutes, je crois qu'on en discutera plus tard." La foule ne tarda pas à se serrer autour d'eux pour les féliciter, et à ce moment Tim échangea un sourire entendu avec Anna. Il n'était pas encore au bout de ses surprises.
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MessageSujet: Re: 04. You are the one   Mer 14 Oct - 16:39

Maintenant que tout le monde s'attroupait autour d'eux, Anna regretta de ne pas avoir immédiatement répondu. Le doute n'avait pas sa place dans les effusions publiques, quelles qu'elles soient, Tim venait de le lui confirmer en leur épargnant à tous les deux des regards pleins de compassion et d'horreur. Ses yeux s'étaient d'abord écarquillés quand Tim l'avait attrapée par les poignets et forcée à se relever en même temps qu'il manifestait une joie et un soulagement feints, mais la jeune femme avait joué le jeu, trébuchant à moitié en peinant à reprendre son équilibre, mais hochant la tête quand il mentionna une éventuelle discussion prochaine, et souriant de toutes ses dents, à son fiancé auto-proclamé comme à leurs amis et aux personnes présents dans le bar. Soucieuse de préserver la vérité, elle fit un clin d'œil à Ryder alors que Robbie et Alex s'étaient rapprochés pour féliciter Tim, et elle donna l'accolade à Jamie, ce qui les laissa tous les deux interdits et maladroits. Les démonstrations d'affection n'étaient pas leur spécialité malgré les longues heures passées quotidiennement en la présence l'un de l'autre.
C'est quand un parfait inconnu se saisit des doigts d'Anna, les enserrant dans sa paume moite pour tenter d'accaparer un peu d'attention festive, que la jeune femme décréta en son for intérieur qu'elle en avait assez enduré.
Elle dégagea sa main prestement et la glissa plutôt dans celle de Tim, tout en le débarrassant de l'autre de la boîte qui contenait la bague. "Maintenant" lui chuchota-t-elle à l'oreille. "C'est maintenant qu'on discute !" Sa voix était sifflante, obstruée par les dents qu'elle gardait serrées pour ne pas se départir de son sourire. "Merci à tous..." Lança-t-elle avec une réelle gratitude, "Mais si vous voulez bien nous excuser..." Le ton était entendu, comme si tous les protagonistes présents se devaient de comprendre qu'un jeune couple ne demandait qu'à profiter d'un peu d'intimité après une telle déclaration. Sans attendre les réactions de leur public, elle pressa la main de Tim et le tira vers l'extérieur du bar aussi hâtivement que si elle fuyait une scène de crime.

Anna ouvrit les battants de la porte avec une telle force qu'un craquement sinistre se fit entendre. Ralentissant le pas maintenant qu'elle sentait l'air frais sur son visage, elle lâcha enfin Timothy et s'arrêtant au bout de plusieurs mètres, à l'abri des indiscrets, enserra l'écrin de ses deux mains. Évitant soigneusement le regard de son compagnon pour le moment, elle prit appui contre le mur du bar et ouvrit précautionneusement la boîte pour enfin mieux observer son contenu.
Une bouffée d'émotion l'envahit et ses yeux bleus se troublèrent. La jeune femme n'aurait jamais cru Tim capable d'une telle chose.
La bague, la préparation secrète, la mise en scène. La demande en mariage tout simplement. Anna savait qu'il l'aimait, il le lui avait suffisamment fait comprendre ces derniers mois, écartant le spectre de la trahison et pourfendant les sirènes du doute. Elle avait de son côté accepté de céder du terrain en renonçant à sa vie de bohème à la Pension, malgré toute l'appréhension et les regrets que cela faisait naître. Mais c'était comme si Tim avait lu à travers ses doutes cette fois, et avait souhaité prévenir une nouvelle crise en lui donnant la preuve ultime que leur avenir se construirait ensemble, même si cela ne leur semblait parfois pas si évident. Cela n'avait rien à voir avec l'épisode malheureux de la grange. Rien à voir.

Elle releva les yeux et espéra que Tim saurait y lire l'océan de tendresse qui s'y trouvait. La bague était simple. Discrète. Épurée. Elle était parfaite. Nombreuses étaient les fiancées qui masquaient leur déception  et filaient se plaindre du choix malheureux de leur désormais promis à leur mère ou leur meilleure amie selon la légende. Anna avait remarqué ce motif dans de nombreux films que Madeleine et Lexie se plaisaient à regarder en les accompagnant de chocolat et de crème glacée, et la jeune femme avait toujours trouvé ces passages ridicules avant que cela ne la frappe à ce moment précis : c'était tellement représentatif de la complicité du couple en question.
Tim n'avait rien choisi de trop voyant et avait misé sur l'élégance. Anna se prit à penser que c'était comme cela qu'il la voyait.

"Je crois que j'ai besoin d'une cigarette" annonça-t-elle, surprise que Tim n'ait pas pris l'initiative d'en allumer une. Elle réalisait cependant qu'elle ne lui avait toujours pas donné sa réponse et que cela le freinait peut être pour reprendre un rythme de vie "normal".
"Il me semble que c'est au fiancé de le faire, normalement, mais depuis quand faisons-nous les choses comme tout le monde, hein ?!" Anna joignit le geste à la parole et, se rapprochant du jeune homme, sortit la bague de son écrin. Refermant ce dernier d'un claquement, elle le tendit à Tim pour enfiler le bijou sur son annulaire gauche. Elle étendit sa main devant elle et la contempla longuement. Le sourire radieux qu'elle arborait quand elle déporta son regard sur Tim ne laissait pas la place au doute.
"J'aime assez... L'idée je veux dire, la bague, je l'aime tout court, comme son acquéreur." C'était le oui le plus tordu du monde, mais c'était digne d'Ainston.

Anna fronça soudainement le nez en sentant des gouttes perler sur sa peau. Elle porta discrètement la main à sa joue pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas de larmes, mais ce n'était rien d'autre que de la pluie d'été. Le résultat parfait de l'équation décrite dans la chanson.
Elle poussa le jeune homme sous le porche le plus proche pour s'abriter et alluma enfin la cigarette qui apaiserait leur émotions. Elle aspira la première bouffée, puis la passa à Tim tout en entremêlant ses doigts dans la main libre du guitariste et en posant sa tête sur son épaule.
"Alors... Comment est ce qu'on s'y prend maintenant ?" Ils allaient avoir des milliers de choses à faire et à penser, à commencer par l'annoncer à leurs familles, et elle n'osait même pas songer aux imbroglios administratifs qui les attendaient déjà avec l'appartement. Mais Anna avait retrouvé son air taquin et elle comptait bien laisser à Tim la primeur des joies de l'organisation nuptiale.
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