Choriste du mois


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 01. The New Romantics

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nothing but sunshine and rainbows
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MessageSujet: 01. The New Romantics   Sam 10 Oct - 16:36

Le gong frappa au bout des sept minutes réglementaires, laissant à peine le temps à Spencer Finch de terminer de noter son numéro de téléphone sur une serviette en papier. Une main négligemment posée sur sa propre épaule, l’autre soutenant son menton, Cat l’observait avec une nuance d’effroi dans le fond de ses iris. Elle se demandait s’il pensait sérieusement qu’elle allait l’utiliser, ce numéro de téléphone, alors qu’il venait tout juste de lui annoncer qu’il aimait quand ça faisait mal. Tandis qu’elle priait pour une seule chose – à savoir qu’il déguerpisse  –, une ombre imposante vint s’abattre sur la table que Spencer et Cat occupaient. Un autre prétendant attendait de pouvoir s’installer en face de la jeune femme pour la questionner sur ses attentes. Physiquement parlant, il était plus charmant que Spencer, mais il avait un tic nerveux fort intrigant qui consistait à se frotter l’entrejambe à tout ce que son bassin avait le malheur de rencontrer sur sa route. Dans ce cas précis, il s’approcha du poignet que Cat avait laissé retomber au bord de la petite table. Comme tout être humain digne de ce nom, elle eut un mouvement de recul instinctif, et raclant brusquement le sol avec les pieds de sa chaise, elle ne chercha pas à comprendre, et quitta l’espace qu’elle occupait depuis trois quarts d’heure histoire d’aller se dégourdir les jambes, et pourquoi pas s’arrêter quelques secondes au bar de l’hôtel ? Étonnement, elle qui pourtant ne buvait pas une goutte d’alcool, avait très envie d’un verre.

Chez New Match, on prenait le speed-dating très au sérieux. Ce matin-là, lorsque Cat avait reçu une alerte sur son téléphone portable, elle n’avait pas daigné la consulter. Occupée à démêler les clauses de son nouveau contrat avec la faculté de Lima, elle n’avait même pas entendu son téléphone sonner ; elle était très occupée depuis le mois de juin dernier, et son cerveau avait tendance à se couper de tous les éléments extérieurs pour mieux travailler efficacement. Puis 13h00 était arrivé, et en sortant de la nouvelle bibliothèque universitaire pour rejoindre Charlie avec qui elle avait prévu de déjeuner en ville, elle s’était aperçue qu’elle était chaudement invitée à se rendre à un meeting qui se déroulerait le soir même au Hilton de Columbus, là où tous les célibataires de l’Ohio se réuniraient pour faire plus amples connaissances. Ecaterina avait grimacé. Depuis son inscription sur ce site de rencontres, elle n’avait fait aucun effort pour rencontrer ne serait-ce qu’un membre masculin qui était entré en contact avec elle via son profil dûment rempli par Charlie. Elle n’en avait pas eu le temps. Ce n’était pas son transfert à Lima qui l’avait détourné du droit chemin, mais les Nationals. Elles lui avaient pompé toute son énergie, et les projets de Megan suite à la victoire de sa chorale lui avaient demandé d’accorder davantage de temps à la déception ressentie par ses camarades Awesome Voices de qui, depuis la semaine de l’humiliation, elle n’avait plus aucune nouvelle ; Ryder et Tate mis à part.
Surtout, elle avait passé une majeure partie de son été à se battre (gentiment, qui l’eut cru) avec Tate concernant les derniers détails à régler avant la sortie de leur livre. L’impatience de la jeune femme à ce sujet lui donnait des insomnies, et pour ne pas perdre définitivement la tête, elle tachait de s’occuper l’esprit en augmentant son implication dans les préparatifs du mariage de Wyatt et Charlie. En vérité, son emploi du temps bien chargé n’était qu’une excuse toute trouvée à son inactivité sur New Match, car si en effet, elle n’avait pu approfondir ses cherches au cours des derniers mois, elle n’en avait pas non plus eu l’envie. Son entreprise pour avoir de quoi amortir les questions sur sa vie amoureuse avait été un échec, et d’une mauvaise foi extraordinaire, elle le vivait plutôt bien, au final. Jusqu’à ce que Charlie lui rappelle que la cérémonie de son mariage était imminente, et qu’elle devait à tout prix venir accompagnée si elle ne voulait pas se faire refouler à l’entrée – c’était une blague, mais elle avait eu le don de redynamiser la jeune femme qui, dans la seconde, avait confirmé sa présence au meeting en question.

Et voilà qu’en voulant faire des efforts, elle se retrouvait à vouloir échapper à tout prix au seul pervers sexuel qui avait eu assez de cran pour sortir du sous-sol de sa mère, et qui se retrouvait en présence de vraies femmes sans doute pour la première fois de sa vie. À l’aise sur ses escarpins, bien que l’ourlet de son fourreau pourpre fût trop étroit pour lui donner une mobilité totale, Cat en profita pour slalomer entre les tables rondes dans le but de mettre le plus de distance possible entre Spencer, l’agité du pelvis, et elle. En tournant précipitamment à l’angle de la grande salle, pressée d’arriver jusqu’au bar, elle rentra en collision immédiate avec un corps étranger. Aussitôt, elle s’excusa :

« Je suis désolée. » se contenta-t-elle de dire, et elle leva les yeux pour croiser ceux de son interlocuteur qui la regardait déjà en souriant. La bonhomie sur le visage du grand blond qu’elle avait percuté la fit sourire à son tour, et elle éclata finalement de rire en secouant subtilement la tête, exaspérée par sa précipitation à vouloir fuir la situation « A qui essayez-vous d’échapper ? » lui demanda le jeune homme. Le regard de Cat se déporta de lui-même sur la table qu’elle venait de quitter, et il s’inclina discrètement pour se faire une idée de la situation qu’elle était en train de vivre. Cat remarqua qu’il plissait les yeux pour se retenir de rire à son tour. Si ça l’agaçait en temps normal, elle choisit pourtant de ne pas prendre la mouche à ce moment-là « On peut rencontrer des spécimens rares dans ce genre de soirée, mais on fini par s’y faire. » lui assura-t-il en reportant toute son attention sur elle. Il était le premier à ne pas s’intéresser à autre chose qu’à son visage – qu’il donnait l’impression de trouver à son goût, vu l’intensité avec laquelle il la dévisageait.

Il en fallait beaucoup à Cat pour être déstabilisée par un homme, mais sur l’instant, elle se sentit inexplicablement embarrassée. Mais dans le bon sens, comme si elle était sincèrement flattée par l’intérêt que cet inconnu accordé aux traits de son visage. Reprenant sur elle cependant, elle lui répondit en chuchotant doucement, imperturbable quant aux nombreux participants qui évoluaient autour d’eux  « Vous êtes le premier spécimen de type normal que je rencontre ce soir. » Le jeune homme écarta les bras devant lui en empruntant une mine faussement surprise. Fléchissant les genoux, il lui attrapa la main par la même occasion – Cat la récupéra, il ne fallait pas lui en demander trop. Il cligna brusquement des yeux, détachant ainsi ses pupilles du chemin qu’elles s’étaient mises à tracer le long de la mâchoire de Cat, et s’exclama avec éloquence, ne semblant pas du tout vexé par les réticences évidentes de la jeune femme à se faire toucher « Quelle coïncidence, vous êtes le premier spécimen de type normal que je rencontre ce soir, vous aussi ! » Il reprit son sérieux, et ajouta « Ça doit sûrement vouloir dire quelque chose. Je vous propose qu’on se penche tous les deux sur ce joyeux hasard autour d’un verre, c’est moi qui offre. » Il se hissa sur la pointe des pieds, et claqua des doigts, appelant un serveur qu’il sollicita davantage grâce à un clin d’œil. Cat arqua suspicieusement un sourcil, et courba tout doucement la tête en lui répondant sur un ton diverti « Les consommations sont gratuites pour les membres de New Match. » Le jeune homme ouvrit grand les yeux en, de nouveau, écartant largement ses bras devant lui, et lui cédant le passage pour qu’elle s’engage dans la grande salle « Merveilleux, après vous ! »

Charmée par l’attitude de son interlocuteur, Cat n’hésita pas, même pas une seconde. Comme elle lui avait avoué, il était le seul homme qu’elle avait rencontré ce soir qui semblait un tant soit peu normal. Et comme il y avait fort à parier qu’elle devrait faire un résumé complet de la soirée qu’elle venait de passer à sa meilleure amie, et qu’elle ne tenait pas à se retrouver à devoir se reposer entièrement sur son imagination d’écrivain pour la rassurer quant au bon déroulement de l’opération « A La Recherche Du Plus One Parfait », elle sortit de sa réserve. Roulant brièvement ses lèvres l’une sur l’autre, elle estompa le rouge à lèvres qui flattait son teint, puis opéra plusieurs pas pour rejoindre une table inoccupée. Talonnée par le jeune homme qu’elle venait de rencontrer, elle lui accorda un bref regard par-dessus son épaule, et échangea un autre sourire avec lui, avant de se sommer de regarder devant elle pour ne pas se prendre un mur. Pendant qu’elle glissait une mèche de cheveux derrière son oreille, ils arrivèrent dans le coin qu’ils convoitaient, et il se chargea de reculer sa chaise pour qu’elle puisse s’asseoir. Cette démonstration de bienséance la fit sourire de plus belle. Finalement, la fin de sa soirée adoucirait le fiasco du début.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 1 Jan - 20:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Sam 24 Oct - 3:08

« Le premier tirage des épreuves sera lancé à treize heures, demain. Nous avons besoin de votre réponse le plus tôt possible. » Tate offrit une expression impassible à la caméra. Après une courte minute de réflexion, il acquiesça avec lenteur : « Très bien. À demain. » La vidéo-conférence s’interrompit sur une tonalité caractéristique et ses épaules retombèrent d’un coup. Il poussa un profond soupir, et se laissa couler contre le dossier de son fauteuil, les maintes jointes au-dessus de sa tête, à travers ses boucles indisciplinées. Il avait passé la dernière heure à lutter face à Phillip Alderson – l’imprimeur – pour repousser de quelques jours les premiers tirages de la version éditée du journal de son père. Alderson lui avait opposé une résistance peu commune, arguant qu’ils ne pouvaient pas perdre de temps là-dessus maintenant que les étapes préliminaires du projet étaient derrière eux. Ça l’avait contrarié, évidemment, mais Alderson avait raison et Tate le savait depuis le début – c’était sans doute la raison pour laquelle il n’avait pas jugé nécessaire d’informer Ecaterina de ses intentions. Elle et lui avaient travaillé sans relâche au cours des quatorze derniers mois. Ça n’avait pas été facile tous les jours mais, aujourd’hui, ils étaient prêts. Mais alors, pourquoi cette sensation d’inachevé ? Celle-ci lui plombait l’estomac depuis le début du mois de septembre et l’avait rendu plus pointilleux – si possible l’était – au cours de leurs dernières séances de travail.  Sans doute ne réussirait-il à se tranquilliser que le jour où il verrait l’ouvrage reposé sur l’étagère d’une librairie – et encore. Alderson lui avait envoyé trois échantillons de première de couverture par e-mail. Il aurait aimé rejoindre le palier inférieur et en choisir une avec Ecaterina, mais elle s’était absentée un peu plus tôt dans la soirée. Il le savait, parce qu’il l’avait croisée dans la cage d’escaliers, légèrement – mais efficacement – apprêtée. Il n’avait pas réussi à lui soutirer la moindre information concernant sa destination. Ses projets, quant à eux, étaient pour le moins évidents.

Tate avait un penchant évident pour l’indiscrétion. C’était d’ailleurs le seul défaut que ses proches pouvait qualifier d’attendrissant – quand ils n’en faisaient pas personnellement l’objet, cela va sans dire. Il vous suffit de demander son opinion à Peter Grayson en lui rappelant la fois où Tate s'était donné pour mission de donner un coup de pouce à sa vie sexuelle en envoyant un message cochon à celle qui, aujourd'hui, était la petite amie du neurochirurgien. Et s'il s'était donné cette peine avec Peter, n'allez pas croire qu'il puisse s'abstenir de faire de même – sinon davantage – avec Ecaterina.

« Je suis en retard, on dirait. » Il adressa un sourire à la réceptionniste postée derrière une grande table de bois vernie sur laquelle de nombreuses étiquettes avaient été disposées en début de soirée, à l’intention des membres de New Match. À présent, il n’en restait qu’une demi-douzaine inégalement répartie sur une nappe couleur crème, attendant l’arrivée de leurs propriétaires – qui, vraisemblablement, ne se déplacerait pas ce soir-là. Tant mieux pour lui. Tate s’approcha doucement de la table et, du bout des doigts, apprécia brièvement la texture cotonneuse qui la recouvrait tout en faisant mine de chercher son prénom – sachant pertinemment qu’il ne l’y trouverait pas. La majeure partie de son attention portait déjà sur la disposition de la salle qu’il pouvait distinguer dans un vaste miroir sur sa droite, et le nombre de célibataires impliqués. Il eût une grimace mentale en se remémorant sa dernière expérience du speed-dating et formula derechef une prière silencieuse destinée à repousser les cas sociaux que pouvait accueillir ce genre d’évènement. « Vous vous en sortez ? » s’enquit finalement la réceptionniste en s’approchant dans l’intention évidente de lui apporter son aide. Agacé, Tate harponna une étiquette au hasard et la brandit devant lui. « Oui, merci. Je me suis trouvé. » Il y récolta aussitôt une œillade suspicieuse. Sans se laisser démonter, il décolla l’autocollant, prit connaissance du prénom que le sort lui avait attribué, et le colla avec assurance sur la poche de sa veste. « Joaquín. J’ai été adopté. » Il eût un haussement d’épaules désinvolte, comme s’il avait eu l’habitude de recevoir ce genre de réactions en se présentant et la réceptionniste sembla se détendre. « Les consommations sont offertes aux membres de New Match. Vous pouvez rejoindre une table dès que vous entendrez le prochain signal. Je vous souhaite une excellente soirée… Joaquín. »

Tate emprunta le chemin du bar sans faire le moindre effort de discrétion. Il n’avait pas l’intention d’y passer la nuit : ses pupilles opérèrent un tour de salle rapide, et s’arrêtèrent très bientôt sur la silhouette aisément reconnaissable d’Ecaterina. Installée à l’écart, elle était évidemment accompagnée. Au milieu d’une soirée de célibataires, le contraire aurait été étonnant. Il commanda un verre de martini avant de pivoter sur ses talons, s’accouder au comptoir de service avec nonchalance, prenant soin de se mettre dans le champ-de-vision de la jeune femme – pour le peu qu’elle relève les yeux. Il plissa légèrement les paupières en scrutant attentivement l’arrière du crâne de son interlocuteur – c’était tout ce qu’il pouvait distinguer de là où il se trouvait. Clairement, ce n’était pas assez à son goût et il repoussa rapidement son idée première consistant à attendre la prochaine rotation pour rejoindre leur table.

« C’est quand même présomptueux de tenir ce genre de soirée dans un hôtel, vous ne trouvez pas ? » lança-t-il en arrivant à leur hauteur, tout en tirant une chaise derrière lui. « J’espère que tu n’as pas réservé de chambre Kevin. On est d’accord pour dire que ce serait fort pratique, mais pas très élégant si tu vois ce que je veux dire. » ajouta-t-il à l’intention du rencard d’Ecaterina, après avoir consulté l’étiquette qu’il avait collé de travers sur son t-shirt. Il attendit une courte seconde, puis sembla se rappeler le motif de sa présence : « J’ai besoin de savoir laquelle tu préfères. » Il fit glisser une pochette plastifiée sur la table en direction d’Ecaterina. Elle comportait les trois échantillons que lui avait envoyés Phillip Alderson. « Ne fais pas cette tête. Pour une fois que je prends la peine de te consulter. » Il inclina la tête sur le côté, comme si son intervention était légitime en tout point, avant de s’asseoir sur sa chaise. Il serra vigoureusement la main d’un Kevin manifestement troublé, avant de joindre les siennes autour du pommeau de sa canne. « Tate. Je travaille avec Ecaterina – enfin, Cat. Ne l’appelle surtout pas Ecaterina. » Il adopta un air grave en hochant la tête de droite à gauche, sans soulever le mystère, avant d’enchaîner. « Alors, vous vous êtes rencontrés en ligne ? Sur… The Network ? New… » Il simula un trou de mémoire que Kevin vint rapidement combler. « Newmatch.com. » Tate réprima un sourire goguenard. « Et qu’est-ce que tu fais dans la vie ? »


Dernière édition par Tate Bartowski le Ven 4 Déc - 3:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Sam 24 Oct - 18:55

Le pressentiment de Cat concernant une fin de soirée favorable se dissipa comme un joli rêve au réveil. Elle inclina la tête sur son épaule, et observa son interlocuteur. Le temps d’une minute, elle s’autorisa à lister les données qui entraient dans les critères de sélection qu’elle et Charlie avaient essayé d’établir au détour de son inscription sur New Match. Manifestement, la conclusion de sa première appréciation ne fut pas transcendante.
Kevin était blond aux yeux bleus. Grand et plutôt athlétique, à en juger par la façon dont les manches de son t-shirt épousaient la forme gondolée de ses biceps, il paraissait doux malgré tout. Par ailleurs, elle nota un flagrant manque de goût vestimentaire – quand on côtoyait les hommes des Awesome Voices, on s’attendait à ce que tout le monde soit attaché à l’allure, mais ce n’était pas toujours le cas. Davantage, Ecaterina inclina la tête. Il avait le genre de physique qu’elle connaissait par cœur, et si elle s’attardait assez longtemps sur son profil – ce qu’elle put faire lorsqu’il tourna la tête de l’autre côté pour annoncer leur commande au serveur –, elle se rendrait compte qu’il était une réplique quasi parfaite de Gale. Et, évidemment, elle s’en rendit compte, lui faisant marquer un temps d’hésitation. S’exaspérant du conditionnement incorrigible de ses instincts, son regard se détacha du visage, soudain moins intrigant, de Kevin pour mieux s’arrêter sur l’ombre d’un client du bar. Ecaterina perdit alors le fil de ses pensées.

Celui qui s’introduit dans son champ de vision lui fit plisser les paupières. Ce besoin de faire le point sur la silhouette qu’elle distingua au travers de ses longs cils ne traduisait pas l’urgence de prendre rendez-vous chez l’ophtalmo ; c’était la suspicion qui affectait lentement sa perception des choses, et qui la poussa à tout doucement se déporter sur la gauche pour adresser à Tate une œillade peu engageante. Accoudé au comptoir, il sirotait tranquillement le verre qu’il tenait devant ses lèvres, et bien que cette image fût charmante d’un point de vue scénographique, elle ne put s’empêcher de la trouver dérangeante.
Cat était prête à croire à tous les signes du Destin si ça pouvait empêcher son entourage de se mêler de sa vie sentimentale, mais quand ça concernait la présence de Tate Bartowski dans un endroit comme celui-ci, et ce au moment précis où elle s’y trouvait elle aussi, elle mettait sa naïveté de côté pour entrer directement dans la paranoïa. C’est-à-dire qu’elle avait de bonnes raisons de le faire, même si depuis plusieurs mois maintenant, les coups bas venant de la part de l’avocat s’étaient considérablement espacés, pour ne pas dire qu’ils faisaient partie du passé – apparemment, elle avait eu raison de rester sur ses gardes. Ecaterina avait assez pratiqué le jeune homme pour se douter qu’il préparait quelque chose – elle ne l’expliquait pas, il paraissait encore plus arrogant, et l’entrain qu’il mettait à fixer le crâne de Kevin ne lui disait rien qui vaille. De fait, elle le regarda pendant un bon moment. Les nombreuses fois où elle plissa et déplissa les yeux dans l’espoir de lui faire passer un message silencieux parurent s’étendre dans le temps, si bien qu’elle en oublia la présence de quelqu’un en face d’elle. Quand enfin, elle vit Tate s’agiter, elle sut tout de suite ce qu’il allait se passer.

« Tu es avec moi ? » Son Appletini avait été déposé juste devant son nez, mais Cat ne l’avait même pas remarqué. Ce fut à peine si elle s’inquiéta de la mine préoccupée de Kevin qui avait posé sa main sur la sienne. Ecaterina la retira avec une rapidité surnaturelle histoire de lui attraper la manche ; manche à laquelle elle s’accrocha comme si sa vie en dépendait « Quoi qu’il arrive, n’ouvre pas la bouche, même pas pour respirer. » Pour donner de l’impact à ses recommandations, elle verrouilla son regard au sien. L’incompréhension dans les yeux du jeune homme était aussi évidente que son incapacité à associer les bonnes couleurs, mais lorsque la voix de Tate se fit entendre, elle lui lâcha définitivement la manche pour boire la totalité de son verre, qu’une fois terminé, elle reposa vivement sur la table.
Ecaterina tapota ses lèvres – brûlant très légèrement à cause de la vodka – avec le dos de sa main « Charmant. » répondit-elle à la place de Kevin, et le fait que ce dernier se mette à se tortiller inexplicablement sur sa chaise témoigna de la justesse des propos de Tate concernant la chambre qu’il avait sans doute réservée. Cat fit semblant ne rien avoir remarqué, préférant accorder au nouvel arrivant une expression on ne peut plus circonspecte.

Prenant connaissance des documents que Tate lui présenta, c’est d’une voix sereine malgré les éclairs que lançaient ses yeux bleus verts, qu’elle lui dit :
« Ça ne pouvait pas attendre demain ? Je croyais pourtant t’avoir confirmé l’heure de notre rendez-vous. Ça t’était si insupportable de patienter moins de 24 heures ? » Elle eut un sourire goguenard lorsqu’elle ajouta « Comme c’est mignon. » Il se présenta à Kevin, lui indiquant qu’il travaillait avec elle « Plus pour longtemps. » répliqua-t-elle du tac au tac, piquant légèrement du nez pour s’intéresser aux maquettes qu’elle avait sous les yeux, pendant que Kevin répondait aux questions que Tate se faisait un plaisir de lui poser « Newmatch.com » Cat lança un regard par-dessous et plein de reproches à son rendez-vous qui saisit l’occasion pour briller. Elle l’avait clairement surestimé, car avec le sourire benêt qui éclaira son visage au moment où il lui indiqua sa profession, « Je suis stagiaire chez Brett & Bradford, le cabinet d’architectes. » il avait l’air d’avoir 12 ans. Sans le vouloir, Cat échangea un regard avec Tate, et secoua la tête de droite à gauche pour lui interdire de faire le moindre commentaire désobligeant à l’encontre de Kevin qui reprenait « Tu es donc bibliothécaire, comme elle ? » Il désigna Cat du menton. Cette dernière fut soudain interpellée par ses propos. Il en savait plus sur elle que ce qu’il n’avait osé admettre en mettant leur bousculade sur le compte de la coïncidence.

Mais de nouveau, elle préféra ne pas relever, sachant que Tate se délecterait de ce revirement de situation sans même s’en cacher. Indisposée par sa présence à leur table, Cat reporta aussitôt son attention sur Kevin « Non, Kev. Je peux t’appeler Kev ? » Elle ne battit pas des cils, mais c’était tout comme, et lui adressa un regard aussi furtif que condescendant – celui qu’elle reposa sur Tate l’était tout autant, sauf qu’il était interminable « Il est avocat, ça explique la cravate. » Tout à coup, elle abandonna les propositions qu’il lui avait apportées, sachant qu’elles n’étaient qu’un prétexte grotesque pour qu’il puisse mettre son grain de sel dans ses affaires personnelles. Elle posa son coude sur la table, et de l’index, elle fit signe à Tate de se pencher vers elle. Ecaterina l’imita, s’inclinant légèrement sur la table pour l’atteindre sans difficulté, et tendit les mains vers sa gorge ; tout en défaisant le nœud de sa cravate qu’elle l’accusait souvent d’avoir trop serrée, Cat lui murmura aussi bas que leur proximité le leur permettait « Tu violes la règle fondamentale de notre charte, tu t’en rends compte ? » Elle parlait bien entendu de celle qui disait : Cat Robertson et Tate Bartowski ne mettront pas le nez dans les affaires de l’autre.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 1 Jan - 20:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Mar 27 Oct - 3:46

« J’ai dû manquer le mémo. » prétendit-il en haussant les épaules, accompagné de son aplomb naturel. Comme si l’explication s’était suffi à elle-même, il s’installa à leur table sans attendre d’invitation – il serait resté debout toute la nuit, autrement – et se détourna rapidement d’Ecaterina pour s’intéresser à l’homme qui l’accompagnait, tandis qu’elle passait en revue le contenu de la pochette plastifiée qu’il lui avait donnée. Un bref silence flotta au-dessus de la table. « Je crois que tu as un type. » commenta-t-il en se penchant brièvement vers elle – sans quitter Kevin des yeux, et sans prendre soin de baisser le ton pour partager ses premières impressions. Croisant les jambes, Tate détailla attentivement le visage de Kevin : mais une simple œillade l’aurait mené à la même conclusion. Il n’avait rencontré qu’une seule des conquêtes d’Ecaterina – maintenant, il serait curieux de voir à quoi ressemblaient les autres – et Kevin en était le portrait craché. Du moins, si on faisait abstraction de l’air hébété qui ne l’avait pas quitté depuis que Tate s’était installé à leur table et la confusion qui donnait une teinte délicatement rosée à ses joues depuis qu’il avait mentionné la chambre d’hôtel – dont la clé pendait négligemment de la poche arrière de son pantalon. « Tout le monde a un type, inutile de jouer les effarouchées. » ajouta-t-il comme si toutes protestations de sa part auraient été absurdes – pour ne pas dire ridicules. « J’aime les rouquines, il aime les blondes d’un mètre de haut, et tu as un penchant vérifié pour les...  jeunes premiers. » … pas très vifs.

Tate récupéra le cure-dent qui l’attendait dans son verre et eût la mauvaise surprise de découvrir qu’il ne supportait qu’une seule olive – au lieu des trois traditionnelles. Il jeta un coup d’œil courroucé en direction du bar où l’employé poursuivait son service de mauvaise qualité. Secouant négligemment la tête, il cala l’olive entre ses dents avant de la déguster, sans émettre le moindre commentaire à ce sujet. Il doutait que Kevin et sa Corona y connaisse grand-chose.  « Brett & Bradford ? » Interrompre le rendez-vous d’Ecaterina n’avait pas grand-chose de divertissant en soi : c’était Kevin qui rendait la chose terriblement distrayante. À peine deux minutes s’étaient écoulées, et Tate prenait déjà un malin plaisir à le faire tourner en bourrique. L’exercice n’était malheureusement pas bien compliqué : « Jamais entendu parler. » Sans doute était-ce un cabinet local, sans grande envergure. S’il avait vécu en Ohio plus longtemps, le nom lui serait peut-être plus familier : mais c’est une mesure de diplomatie qu’il préféra garder sous sa langue. Il ne cherchait pas à flatter l’ego de Kevin – au contraire. Il échangea un regard avec Ecaterina, et celui-ci se voulait ingénu en tout point – elle verrait parfaitement à travers. Elle connaissait le numéro de charme qu’il sortait de sa manche dans ce genre de situation. Il l’avait répété à de nombreuses reprises au milieu des soirées de Gabreel auxquelles ils avaient sagement assistés au cours des six derniers mois afin de préparer le terrain pour la future promotion du livre qu’ils éditaient ensemble.

« Pardon ? » L’air de demander s’il avait une tête à classer des livres pour gagner sa vie, Tate haussa les sourcils très hauts quand Kevin lui demanda s’il était bibliothécaire, lui aussi. Comme s’il avait soudainement eu besoin de s’assurer du contraire, Tate baissa les yeux sur sa tenue – un costume Hugo Boss en laine gris foncé à la coupe régulière, qu’il avait dû néanmoins faire retoucher la semaine précédente. Rasséréné par ce bref examen, il ouvrit la bouche dans la ferme intention de tirer Kevin hors de sa méprise – mais fût devancé par Ecaterina. Il hocha la tête à ses propos, et eût un sourire satisfait quand elle eût terminé. Il réaligna machinalement sa cravate avec la couture de sa chemise à col Kent. Un sourire qui commença à disparaître quand elle lui fit signe de s’approcher. Jetant un coup d’œil à Kevin, comme s’il avait eu son mot à dire, Tate roula finalement des yeux. « Qui s’habille bien impressionne, Kev. Cogite là-dessus. » Il s’inclina vers elle et, devinant qu’elle en aurait encore une fois après sa cravate, il redressa le col de sa chemise pour lui faciliter la tâche.  « Je connais d’autres règles : le code pénal. » répliqua-t-il dans un murmure mesuré. Du coin de l’œil, il observa Kevin – qui semblait soudainement fort concerné par sa tenue vestimentaire que n'importe qui aurait jugée  trop décontractée pour ce genre d'occasions. Baissant davantage le ton, il darda ses pupilles claires dans celles d’Ecaterina : « Avoue que je te fais une faveur, il a l’air à peine majeur. Tu ne veux pas te prendre un procès. »

« Vous avez déjà été ensemble ? » La voix de Kevin, indéniablement suspicieuse, vint interrompre leurs messes basses. Tate se redressa avec lenteur en réajustant son col, et lui jeta un regard dédaigneux. « Non. C’est juste qu’elle aime collectionner mes cravates. Dieu sait ce qu’elle en fait après. » Il noya un sourire en coin et ses sous-entendus dans le fond de son verre, et l’incertitude quant à savoir s’il plaisantait ou non commença à se lire sur le visage de Kevin. Il récupéra son bien dans la main d’Ecaterina, et l’enroula soigneusement autour de la sienne avant de l’empocher sans un mot. En réalité, elle ne lui en avait embarqué qu’une seule – et ce, par erreur – mais s’il avait un penchant certain pour l’indiscrétion, il en avait un deuxième pour l’exagération. Il consulta sa montre avec attention, avant de reprendre la parole. « Tic-tac. Plus que trois minutes Kev. Je vais me prendre un verre. »


« Un Appletini, un Martini. Et n’oubliez pas les trois olives cette fois-ci. » Tate couvrit le barman d’un regard sévère, et celui-ci hocha la tête d’un air entendu avant de lui tourner le dos pour réaliser ses préparations. La clé de Kevin en main, Tate la fît tournoyer entre ses doigts déliés avec la satisfaction de celui qui a vu juste, se demandant distraitement combien de temps il faudrait à son propriétaire pour remarquer sa perte. Un nouveau gong finit par retentir et, les verres en mains, il entreprit de rejoindre la table qu’il venait de quitter – croisant Kevin, au passage, qui ne lui accorda aucune attention. Il claudiqua jusqu’à sa chaise et déposa son Appletini face à Ecaterina avant de reprendre place. « Tu lui as donné ton numéro ? » l’interrogea-t-il en calant sa canne contre le rebord de la table. « J’espère que non. Il comptait carrément t’emmener là-haut. » ajouta-t-il en laissant tomber la carte qui ouvrait la chambre 114 entre elle et lui.


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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Mar 27 Oct - 22:21

Du bout des doigts, Cat desserra la cravate de Tate. En entendant ses paroles, un sourire sardonique fendit son visage. Elle s’y était attendue à celle-là. Ca devenait de plus en plus facile pour elle d’anticiper les répliques de son collaborateur. Son sourire s’élargit, et elle fit glisser le nœud sans rompre le contact visuel. Elle s’y força pourtant, histoire de se pencher davantage sur lui, et de lui répondre, toujours en chuchotant, mais près de son oreille cette fois « C’est drôle, tu paraissais moins à cheval sur le Code pénal, la semaine dernière. Tu sais, quand je t’ai vu rentrer chez toi avec une fille à peine majeure pendue à ton bras ? » Elle marqua une pause significative, et ajouta encore plus bas « D’ailleurs, elle était bruyante, celle-là. » Ecaterina se redressa sensiblement, puis d’un geste souple, mais appliqué, vint parfaire son rituel visant à décontracter un peu la tenue de Tate en défaisant les deux premiers boutons de son col. Si au début, elle avait eu du mal à savoir sur quel pied danser lorsqu’il s’agissait de se confronter au bagou de l’avocat, depuis un moment, elle paraissait plus à l’aise à l’idée de le prendre à son propre piège. Ce n’était pas tout à fait désagréable de jouer ce genre de confrontation, à vrai dire. Elle s’appliquait simplement à ne pas le pousser trop fort dans ses retranchements, parce qu’elle se souvenait trop bien de la façon dont les choses s’étaient terminées quand tous les deux avaient atteint un point de non-retour, et elle n’était pas prête à réitérer l’expérience.

Descendant ses pupilles de quelques millimètres pour vérifier que tout était en ordre, elle fut interpellée par l’éclat d’une chaîne qui brillait autour du cou de Tate. Elle n’y toucha pas, mais dut brusquement se sommer de reconsidérer ce qu’il se passait autour d’elle avant de se redresser pour de bon, et de s’intéresser de nouveau à Kevin. C’était troublant avec quelle aisance elle pouvait oublier qu’il était en face d’elle, alors que quelques minutes plus tôt, elle avait comme qui dirait été séduite par ce qu’il dégageait. Pour la énième fois de la soirée, Cat inclina la tête sur le côté, et coula un autre regard à Tate pour l’observer une poignée de secondes supplémentaires avant de lui tendre sa cravate ; c’était un fait indéniable, à côté de l’avocat, le futur architecte faisait pâle figure.
La perspective d’être assez transparente pour que le duo qu’elle avait en face d’elle s’aperçoive qu’elle était entrée dans un comparatif inconscient fut tellement perturbante, que Cat revint définitivement dans le moment présent, et répandit son rire éraillé dans l’espace qui les entourait. Tate récupéra sa cravate, et le fait d’avoir soudain les mains vides l’a mis un peu mal à l’aise, mais elle reprit vite sur elle.

« Fais-moi une faveur, Kev. » Elle lui sourit en plissant le nez « Ne l’écoute pas. » Elle sourit un moment encore. Ses doigts trouvèrent enfin le pied de son verre qu’elle fit tourner sur lui-même, et Tate prit congé « Tu n’es pas obligé de revenir. » l’informa-t-elle en détournant les yeux de son verre pour suivre le trajet qu’il exécuta en sens inverse. Kevin se pencha sur la table « Qu’est-ce qu’il se passe entre vous ? » Cat rétorqua, sur la défensive « On travaille ensemble. » Le rire goguenard que lâcha Kevin eut don de faire se raidir la jeune femme. Elle lui lança un regard sans équivoque. Il ne sembla pas perturbé par le changement d’expression sur le visage de Cat, pourtant. En fait, il se leva lentement tout en secouant la tête, et en lui disant avec impolitesse « Ouais, c’est ça. À d’autres. » Cat entrouvrit la bouche et fronça les sourcils. Profondément dérangée par le sentiment désagréable qu’elle avait d’être jugée par un parfait inconnu qui avait un goût immonde pour les chaussures, et qui devait sans aucun doute se parfumer avec du déodorant d’ambiance, Cat ne tenta pas de le retenir. Cependant, son visage s’empourpra subtilement, rafraîchissant la nuance de blush qui colorait ses joues. Si seulement c’était la première fois qu’on lui attribuait ce genre de relation avec Tate, elle aurait pu en sourire. Mais ce n’était pas le cas. C’était pour cette raison qu’elle se trouvait dans cette position ; parce qu’Anna avait tenté de lui ouvrir les yeux au sujet de celui qui rejoignait encore une fois sa table. Cat évita de croiser son regard une seconde – sauf qu’il savait comment attirer son attention, et tandis qu’elle repoussait le verre qu’il avait posé devant elle, elle lui adressa un regard intrigué.

« Et c’est un problème, parce que… ? » Elle laissa sa phrase en suspens. Passant le visage de Tate au crible, c’est silencieusement qu’elle chercha à comprendre pourquoi ça lui paraissait si peu probable qu’elle ait cherché à se faire emmener ailleurs que dans la grande salle de cet hôtel – ce n’était pas le cas, mais pourquoi ne pouvait-il pas ne serait-ce que l’imaginer ? Se dandinant sur sa chaise pour venir appuyer ses avant-bras sur la table, et joindre ses mains entre elles, Cat murmura à son adresse « Dis-moi, Tate… » Elle pinça les lèvres, tentant de garder toute sa douceur, puis plissa les yeux en continuant de le regarder « Est-ce qu’on m’aurait menti ? Est-ce que le fait que nous travaillons ensemble te donne le droit de te comporter comme si tu étais mon père ? » Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, elle reprit sur le même ton – un mélange de sourires dans la voix et de tentatives vaines de garder son sérieux « J’ai une grande nouvelle pour toi : contrairement à ton type de femmes, je suis majeure depuis longtemps ! » Elle resta inclinée sur la table, les mains toujours jointes près de la carte poinçonnée du numéro 114. Quand enfin, elle laissa échapper un rire qu’elle étouffa en se reculant pour brièvement se cacher le visage dans les mains. Ecaterina remua la tête en signe de dénégation, et tout en retirant ses mains qu’elle occupa en glissant ses cheveux derrière ses oreilles, elle soupira. Un air désabusé vint éclairer ses traits – aussi étrange que cela puisse paraître, elle n’était pas en colère, plutôt divertie. Après avoir reposé un coude sur la table, elle vint cueillir le cure-dent qui supportait les trois olives dans le verre de Tate – il lui devait bien ça après avoir ruiné tous ses efforts pour avoir quelque chose de réel à raconter à Charlie « Quel hypocrite tu fais, en plus de ça. Tu te permets de remettre les intentions de ce garçon en doute, quand tu agis exactement de la même façon. » Elle stoppa ce qu’elle était en train de faire pour se reprendre de justesse – toutefois, elle abattit une main dubitative devant elle « Oh non, c’est vrai. Toi, tu les emmènes chez toi ! Quel gentleman, excuse-moi. » Cat retrouva toute sa mobilité, et vint glisser la pointe du cure-dent entre ses lèvres pour cueillir la première olive avec ses dents. Le menton légèrement levé, elle attendit un instant, scrutant un long moment le visage de Tate, avant de la croquer, et de lui faire savoir dans un furtif sourire « Je te déteste. » Finalement, elle abandonna les deux olives restantes sur la table, et attrapa son verre pour en boire une gorgée.


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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Lun 2 Nov - 3:34

« Parce que tu peux trouver beaucoup mieux. » répliqua-t-il d’un ton posé. Il tourna la tête, juste à temps pour voir Kevin s’installer à une autre table avec une grande brune élancée, et renifla avec dédain. Ce n’était peut-être pas une évidence pour elle, mais c’en était une pour lui : Kevin et elle ne jouaient pas dans la même catégorie. Si Ecaterina  avait trop de pudeur pour reconnaître ouvertement l’effet qu’elle produisait sur les hommes, Tate la fréquentait depuis assez longtemps en société pour savoir comment les hommes se comportaient dans l’espoir d’avoir un effet sur elle. Pendant un court moment, il se demanda ce qui avait traversé la tête de Kevin quand il s’était assis avec elle. Il baissa les yeux sur la table, et ses pupilles claires s’attardèrent une longue minute sur la carte de la chambre 114 qui commençait doucement à prendre l’allure d’un ticket gagnant. Repoussant aussitôt cette image déplaisante, Tate récupéra la carte, la glissa rapidement dans sa pochette plastifiée et, sans cérémonie, la jeta dans une corbeille placée à proximité. « Tu me remercieras quand Kev arrêtera de stalker ton profil. » reprit-il en ignorant délibérément son discours concernant son implication inappropriée. « Il te faut quelqu’un d’autre. » Les bras croisés sur la table, il se redressa de quelques centimètres pour sonder la salle. Certaines paires s’étaient séparées, d’autres poursuivaient leurs conversations avec un entrain admirable. Une moitié s’en était déjà allée. Par vagues successives, le reste s’était lentement dirigé vers le trio d’ascenseurs qui offraient l’accès aux étages du Hilton, prêts à enchaîner sur leurs after-parties individuelles. Du coin de l’œil, il vit un Kevin – manifestement très heureux – se lever, puis prendre la main de la jolie brune qui l’accompagnait dans l’intention évidente de se joindre au cortège. Tate frissonna mentalement à l’idée qu’Ecaterina puisse s’être retrouvée à sa place – sans doute parce qu’il n’avait pas apprécié Kevin, ou parce que ça ne correspondait pas à l’image qu’il avait d’elle. Prude n’était pas un mot qu’il utiliserait pour la décrire. Insensible, et indifférente non plus, d’ailleurs. C’est pourquoi il peinait à croire qu’elle soit venue dans l’intention de découcher. « Lui, par exemple. » lança-t-il en désignant du menton un homme d’une trentaine d’années, installé seul à une table, l’air un peu décalé – comme s’il n’était pas certain de savoir comment il s’était retrouvé dans celle salle, à cette heure précise. Il s’inclina doucement vers Ecaterina, et porta à nouveau son regard sur elle avant de chuchoter sur le ton des grandes révélations : « Il a de grandes mains. »

Interpelé, Tate plissa légèrement les paupières face à elle, quand elle souleva à nouveau le sujet de ses fréquentations – qu’elle désapprouvait, manifestement. Ce n’était pas la première fois qu’elle se laissait aller à commenter les affaires qu’il menait dans sa chambre à coucher, et il n’avait pas l’intention de laisser ce détail lui filer entre les doigts. « Pour quelqu’un qui n’est pas censé mettre le nez dans mes affaires, je te trouve bien au courant. » releva-t-il en se penchant légèrement sur la table pour rompre la distance que celle-ci leur imposait. Il glissa lentement son index sur le bord de son verre, avant d’ajouter : « Toi aussi tu brises les règles. Alors ne me blâme pas trop vite pour ta frustration sexuelle. » Il soutint son regard avec attention. Ils n’avaient jamais discuté des problèmes qu’ils pourraient mutuellement se causer si l’un d’entre eux en venaient à briser les règles qu’ils s’étaient imposées, ce soir-là. Sans doute parce que les enjeux de leur entente étaient bien plus évidents à l’époque : sans le respect des règles, leur collaboration n’aurait pas durée. Aujourd’hui, cependant, à quelques semaines de la publication de leur projet, il n’y avait plus grand-chose pour les dissuader de désobéir. Renonçant à poursuivre sur cette lancée, il inclina légèrement la tête sur le côté – comme s’il avait anticipé qu’elle puisse choisir de baisser les yeux. Il la dévisagea dans le détail un court moment, avant de reprendre : « Tu es jalouse ? » Cette fois-ci, il ne souriait plus. Un air mêlant attention et concentration avait remplacé sa goguenardise. Une nuance de curiosité s’y invita, et un moment passa.

Son sourire réapparut quand elle affirma qu’elle le détestait. « Je ne crois pas. » affirma-t-il en réussissant enfin à faire siffler son verre. Il s’empara finalement de celui-ci et le termina bien plus rapidement qu’il ne l’avait escompté. Il en contempla brièvement le fond avec une touche de regret, avant de le déposer devant lui. Ses doigts pianotèrent machinalement un lent air régulier sur le bord de la table. « Ou peut-être que si. C’est marrant, je n’arrive jamais à savoir. » La cloche sonna une nouvelle rotation, mais peu de célibataires prirent la peine de se lever pour entamer une nouvelle conversation. « C’est pour toi. » signala-t-il en levant vaguement le doigt pour référer au son de la cloche.


Dernière édition par Tate Bartowski le Jeu 31 Déc - 5:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Lun 2 Nov - 22:19

Tate avait interrompu son rendez-vous au bon moment. Bien entendu, Ecaterina n’aurait pas accepté de rejoindre la chambre que Kevin avait réservée. En revanche, elle aurait très mal digéré le bilan de cette chevauchée au cœur d’une soirée de célibataires. Si son collaborateur ne s’était pas imposé, elle se serait aperçue qu’elle accordait plus d’importance à sa pseudo-quête que ce qu’elle s’obstinait à faire croire, et ça ne l’aurait pas enchantée. Pour elle qui se complaisait dans sa solitude, se reposant sur l’indépendance qui l’avait toujours fait avancer, ce n’était pas tolérable. De fait, et ce dans l’ignorance totale, Tate lui permettait d’accueillir la fin de sa soirée avec plus de sérénité. Pour l’en remercier, elle refusa de se fâcher contre lui.
Cat avait passé tellement de temps à battre des cils et à sourire comme la dernière des cruches dans le seul but de rassurer l’orgueil de la dizaine d’hommes qui pensaient pouvoir la faire tomber à leurs pieds, que c’était incroyablement stimulant d’exploiter de nouveau toutes les facettes de son caractère de cochon. Tate, contrairement aux autres qui la caressaient dans le sens du poil, passait son temps à l’encourager dans cette manœuvre en contestant la moindre de ses paroles – ce soir pas plus que d’habitude, mais ça avait une saveur différente ; une saveur qu’elle se surprenait à apprécier à sa juste valeur, s’étant aperçue en direct du manque cruel de potentiel qui (dé) gonflait le rang, pourtant prometteur, des membres de New Match.

« Ce n’est pas la taille qui compte, tu devrais le savoir. » murmura-t-elle pour éviter de choquer les oreilles indiscrètes. Cat n’avait pas accordé le moindre coup d’œil à l’homme en question, trop occupée à observer la réaction de Tate. À cet instant, elle aimait leur échange, et ce pour une simple raison. Au cours des dernières heures, elle n’était tombée sur aucun homme avec autant de répartie, de quoi la frustrer davantage quant au bon déroulement des opérations. Ecaterina avait besoin qu’on la contredise, ça la tranquillisait ; elle avait moins l’impression d’être sollicitée à cause de son physique, dans ce cas. Elle était infiniment modeste, mais elle était loin d’être naïve pour autant, et elle savait que si on s’était si souvent bousculé devant sa table ce n’était pas par hasard, contrairement à ce que Kevin avait tenté de lui faire croire en lui rentrant dedans comme un malotru.

Bien avant de déguster l’olive qu’elle lui avait piquée dans son verre, elle laissa les sous-entendus apportés par sa réponse faire sens auprès du jeune homme. Tout en faisant mine de rien, elle repoussa les petits cheveux qui caressaient son visage sous le souffle léger de la climatisation de la grande salle « Comment on dit dans ton jargon ? Argument rejeté, maître. » Elle sourit graduellement, tout en dépiautant une autre olive de son cure-dents « Ce n’est jamais volontaire que je sache. » Avec un culot patenté et une expression de petite-fille prise sur le fait, elle haussa les épaules « Et puis ce n’est pas de ma faute si tu ne sais pas cacher tes secrets. » Elle fourra l’olive dans sa bouche, et en savoura le goût en posant un autre regard perçant sur lui. Cat marqua une pause et avala le reste de son olive, avant de lui souffler en imitant sa posture – penché sur la table, Tate avait réduit la distance qui les séparait « J’en sais encore plus que ce que tu peux imaginer sur tes petites affaires, et ce n’est pas joli-joli. » La mine qu’elle arbora en relevant la tête était victorieuse. Bien sûr, elle faisait référence à ce qu’Anna lui avait raconté sur le baiser qu’elle avait échangé avec Tate. Seulement, il n’avait aucun moyen de savoir que c’était ce dont elle parlait, et ça lui plaisait qu’il n’ait pas toutes les cartes en mains pour pouvoir jouer — appelez ça de la triche si vous voulez. Elle savait qu’elle ne cracherait jamais le morceau à ce sujet, qu’importent les méthodes qu’utiliserait l’avocat pour la faire plier. Cette partie, il la perdrait, quoi qu’il fasse ; elle avait fait une promesse. Et Cat, malgré tous les défauts qu’elle se reconnaissait, n’avait qu’une parole.

Elle se mit à sourire de plus belle, se reculant pour s’adosser plus confortablement à sa chaise. En temps normal, elle n’userait pas de tactique aussi vile pour s’en sortir à son avantage, mais il ne lui facilitait décidément pas la tâche. Cat pencha la tête, et ses yeux opèrent un chemin inconnu, s’attardant plus que d’ordinaire sur le visage de Tate.
Son expérience lui offrait une avance considérable quand il s’agissait de tenir tête à sa collaboratrice. Son insensibilité, feinte ou non, lui permettait de ne pas se laisser déstabiliser. Cat s’était plusieurs fois cassé les dents à vouloir essayer, mais ce soir elle se sentait en veine ; l’alcool avait cet effet-là sur elle, et à cette pensée, elle reprit vie pour reprendre une gorgée de son Appletini. Elle se félicita d’avoir opté pour cette solution histoire d’oublier que jusqu’à maintenant, cette soirée avait été une catastrophe. Sauf que son contentement se dissipa au moment où Tate lui demanda si elle était jalouse. Cat ne baissa pas la tête, elle affronta directement son regard. Sans ciller, elle le soutint. Au moins, ça avait le mérite d’être direct. Le verre suspendu à quelques millimètres de son visage, elle contempla les réponses qu’elle pourrait lui donner ; elle pourrait lui mentir, mais le mensonge n’était pas son fort ; elle pourrait nier, mais ça revenait à la même chose ; elle pourrait lui dire la vérité, mais elle n’assumerait pas d’avoir été aussi honnête. Cat posa son verre sur la table, et se soustrayant à l’attention soudaine que Tate lui accordait en glissant une mèche de cheveux derrière son oreille, elle réussit à reprendre sur elle.

« C’est ma soirée, c’est moi qui pose les questions. » Sans s’exécuter, elle baissa les yeux sur la veste de Tate, et remarqua l’étiquette avec un prénom différent du sien qui y était collée. Elle sourit intérieurement, mais sans rien ajouter de plus, préférant jouer la mauvaise foi en lui affirmant qu’elle le détestait.
Une fois encore, elle sirota son verre. Interpellée par les propos du jeune homme, elle avala sa gorgée en quatrième vitesse, et reprit à sa suite « Je pourrais dire la même chose. » Elle abandonna son verre, et planta son coude sur la table pour maintenir son menton à l’intérieur de la paume de sa main, tandis qu’elle retira discrètement l’un de ses escarpins, et que sa jambe s’étendit lentement sous la table – son pied se retrouva entre ceux de Tate « J’ai un point de vue te concernant. J’ai juste du mal à savoir s’il est positif ou négatif, et comme tu n’es pas coopératif, on est condamné à cohabiter entourés par cette tension sexuelle qui persiste entre nous. » Elle soupira exagérément, puis empruntant brusquement une fausse mine surprise, elle se redressa très légèrement sur sa chaise, comme si elle craignait de l’avoir incommodé « Je ne suis pas la seule à l’avoir remarquée, rassure-moi ? » La cloche sonna à ce moment-là, forçant la jeune femme à tourner la tête et à se redresser pour de bon.

Volontairement – bien qu’elle prétendit le contraire en détournant candidement la tête –, son pied frôla la jambe de Tate lorsqu’elle le ramena vers sa propre chaise pour rechausser son escarpin. Pendant qu’elle englobait les environs d’un regard très peu volontaire, c’est une seconde plus tard qu’elle adressa une brève œillade à Tate. S’arrêtant de nouveau sur l’étiquette qu’il portait sur sa veste, Cat pivota de nouveau vers lui « En théorie, tu es inscrit comme participant à cette soirée, Joaquin. » Elle reprit son verre quasiment vide pour le porter à ses lèvres, et frôla son bord avec, mais ne but pas. Cat fixa Tate au-dessus du cristal qui lui bouchait la vue, mais elle le reposa aussitôt, dérangée par ce filtre qui floutait les contours du visage de son collaborateur. Pour ne lui laisser aucune chance de s’apercevoir qu’elle appréciait sa compagnie, elle le désigna d’un geste du menton « Qu’est-ce qu’elle signifie pour toi, la chaîne que tu portes autour du cou ? » Cat roula des yeux, sachant qu’il râlerait probablement, et elle retrouva sa posture initiale ; son coude solidement posé sur le bord de la table, son menton immobilisé dans la paume de sa main – et ses deux pieds sagement joints « Joue le jeu, au moins pour cette fois. » Elle se tut suffisamment longtemps pour réprimer un sourire en se mordant la lèvre, puis elle se pencha à son tour sur la table pour chuchoter malicieusement « Sois mon rencard. Tu ne le regretteras pas, Tate. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 1 Jan - 21:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Dim 29 Nov - 19:33

« C’est ce qu’elles disent toutes, jusqu’à ce qu’elles tombent sur un type avec de très très très petites mains. » affirma-t-il d’un air faussement songeur, nullement embarrassé de tenir ce genre de propos en public. Tate souleva ensuite un sourcil dubitatif quand elle prétendit en savoir plus sur ses ‘petites affaires’ qu’il ne pouvait le soupçonner. « Qu’est-ce que ça veut dire ? » l’interrogea-t-il, méfiant. Dans une partie de devinettes, Tate avait l’habitude de battre les cartes – pas l’inverse. Il n’était pas certain d’apprécier le changement de rôle. Pendant un court moment, il considéra l’idée qu’elle puisse effectivement être en possession d’une information qu’il aurait préféré ne pas ébruiter. C’était possible : ils vivaient à douze marches d’écart, les murs s’étaient prouvés assez fins pour le trahir dans un moment inopportun. Seulement, il n’avait pas la moindre idée de ce à quoi elle faisait allusion. Ses sous-entendus savamment mesurés lui tournèrent lentement dans la tête, comme si se les répéter à un rythme plus lent avait pu révéler l’élément qui lui échappait. « Tu bluffes. » conclut-il en se redressant légèrement, avec l’air de celui qui a toutes les réponses. À présent, il en était certain, Ecaterina ne savait rien. C’était simple, comme deux et deux font quatre. Il n’avait strictement rien à se reprocher. Il étudia son visage avec une attention peu coutumière, s’attardant sur la moindre inflexion afin d’y relever une faille – un indice. Son air triomphal lui fît marquer un temps d’arrêt et ses certitudes s’ébranlèrent. « Accouche. » la pressa-t-il en frappant légèrement le plat de la table à deux reprises. L’attente était invivable. Il n’avait jamais supporté d’être laissé en suspens trop longtemps. Les réponses, il préférait les avoir en mains – pas brandies devant son nez comme une carotte devant un âne. Il fronça les sourcils, tâchant de se remémorer les dernières soirées qu’il n’avait pas passé seul, de relever le détail qui le mettait manifestement en porte-à-faux aux yeux d’Ecaterina. Sans succès. Ce n’était pas à propos de l’âge de ses « amies » : il rejeta rapidement cette piste. Elle avait déjà commenté ouvertement le sujet, et n’aurait pas fait autant de mystère autour de si peu – même pour le faire tourner en bourrique. Il lui adressa un regard appuyé, attendant qu’elle lève le voile sur cette histoire et claqua de la langue avec frustration quand il comprit qu’éclairer sa lanterne n’était pas sur sa liste de priorités. Ses lèvres s’entrouvrirent, et un souffle léger s’en échappa. Il eût l’impression d’avoir manqué la chute d’une « plaisanterie » dont elle seule connaissait le grand final. Tate se mordit l’intérieur de la joue, ayant conscience que sa frustration évidente ne parviendrait qu’à polir sa victoire d’une couche de satisfaction neuve et scintillante.

« Et on dit que je suis pénible. » Il hocha la tête en se composant un air désabusé, réprimant le léger sourire qui – une fois son agacement de ne pas avoir obtenu le fin mot de l’histoire dissipé – menaçait d’étirer ses lèvres, bien malgré lui. « Seulement en théorie. » l’interrompit-il – sans vraiment réussir à l’arrêter – baissant les yeux sur son veston où il avait collée l’étiquette de ce fameux Joaquin. Sans attendre, il saisit l’un de ses coins entre son pouce et son index et tira dessus comme il l’aurait fait sur un morceau de sparadrap : d’un geste vif et sec. Il la froissa tranquillement entre ses paumes, grimaçant mentalement en sentant la partie adhésive s’accrocher à sa peau. Une expression impénétrable s’installa sur son visage : c’était la satisfaction d’avoir obtenu un silence à sa question concernant la jalousie potentielle d’Ecaterina. À ses yeux, l’élude délibérée était bien plus révélatrice qu’aucune réponse qu’elle aurait pu formuler. Il la savoura, comme il avait dégusté son cocktail – avec délice et appréciation. Il interrompit finalement son geste quand elle l’interrogea à propos de la chaîne qu’il portait autour du cou. Ses lèvres se serrèrent inconsciemment, et il garda le silence plusieurs secondes consécutives avant de s’autoriser à reprendre la parole d’une voix parfaitement maîtrisée : « Règle numéro une des premiers rencards : ne pas poser de questions personnelles. Je dois tout t’apprendre ? » éluda-t-il à son tour en laissant tomber sa boulette de papiers sur la table. Elle roula sur quelques centimètres avant de s’immobiliser, comme une botte de foin qui passe entre les deux cow-boys d’un vieux western. Il fit la moue, naturellement peu disposé à offrir cette anecdote. Pendant un moment, il fût tenté de jouer la carte de la malhonnêteté. De ne pas « jouer le jeu » comme elle le lui demandait avec un accent pressant qui lui séduisait pourtant l’oreille. Rien du tout. Elle ne représente rien du tout, cette foutue chaîne. C’est qu’un accessoire, ça va avec la tenue, fût-il tenté de lui répondre avec toute la mauvaise volonté du monde. Sauf que, non seulement elle était loin de s’accorder à son costume, mais en plus de ça, ça crevait les yeux qu’il n’était pas du genre à s’embarrasser de bijoux comme celui-ci pour se mettre en valeur. À vrai dire, son apparence quotidienne en était absolument dépourvue – une montre de bonne facture, mise à part. Son apparence reflétait celle de son appartement. Quand on entrait chez Tate Bartowski, on découvrait un décor choisi avec goût. Il était toutefois difficile de déterminer qui vivait-là – excepté un grand amateur de littérature et de musique rétro. On n’y trouvait ni photos, ni cadres, ni cartes. Aucun indice sur la portée de ses affections, de ses affiliations familiale ou romantique.

Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle la remarque. Elle n’était sans doute pas la première à l’apercevoir, mais personne n’avait jamais émis le moindre commentaire là-dessus, si bien qu’il lui arrivait souvent d’oublier qu’il l’avait autour du cou. Ses doigts glissèrent entre les deux pans de sa chemise, égrenèrent machinalement quelques maillons avant de trouver la courbe métallique de son alliance. Son index passa familièrement sur la gravure des vœux qu’il avait prononcé quatre ans plus tôt. C’était une étape de sa vie sur laquelle il avait cessé de se retourner. Un peu comme si elle avait cessé de lui appartenir. Au point où il en était, Tate avait parfois l’impression de l’avoir lu quelque part plutôt que de l’avoir vécu. C’était le seul mémento qu’il avait gardé de son mariage ; il lui remettait les pendules à l’heure. Il poussa un bref soupir en relevant les yeux vers Ecaterina, qui attendait, et il se résolu à lui donner la réponse qu’elle voulait. Sans détours. Il avait tendance à la repousser dès qu’elle commençait à nourrir le plus sincère des intérêts pour sa vie privée. Ça avait commencé avec le journal de son père, et la barrière qu’il avait dressée ce soir-là ne s’était jamais réellement abaissée. Prenant sur lui, il ouvrit la bouche, eût l’air de chercher ses mots, puis reprit la parole : « Je suis marié. » Contre toute attente, il sentit une envie de rire lui remonter dans la gorge et dû serrer les lèvres pour ne pas y céder. « Enfin… Je l’ai été. C’est mon alliance. Oh mon dieu… » Il porta sa main à sa poitrine en adoptant un air affecté. « Est-ce que je viens de ruiner mes chances pour un deuxième rencard ? Malheur ! » Cette fois-ci, il s’esclaffa sans retenue, sans se soucier de lui laisser savoir qu’en définitive, il ne passait pas un si mauvais moment que ça. Il décida de passer la fameuse chaîne au-dessus de sa tête pour la déposer devant lui, lui cédant tout le loisir de l’observer de plus près si elle le souhaitait. « Tu t’y attendais pas, hein ? Il faut croire que je ne suis pas si mauvais pour garder mes secrets, finalement. »

« Pour en revenir à cette histoire de tension sexuelle… » reprit-il soudainement, franchement peu désireux de s’attarder inutilement sur le sujet de son mariage – ou plutôt, de son divorce. Il se pencha légèrement sur le côté, crocheta l’un des pieds de la chaise d’Ecaterina et l’attira fermement dans sa direction, la faisant pivoter de quelques degrés – de manière à ce qu’ils se retrouvent proches l’un face à l’autre, sans être séparés par une table devenue incommodante. Il pivota légèrement sur son propre siège et la couvrit d’un regard pour le moins inédit, scrutateur et lubrique. Il baissa les yeux jusqu’à ses chevilles et découvrit son talon mal rechaussé. Un mince sourire étira ses lèvres, et il s’inclina brièvement sur le côté pour « l’aider » à le remettre correctement en place. Seulement, sa tâche effectuée, sa main entoura sa cheville sans peine et avec une délicatesse insoupçonnée, traça une caresse sur sa peau nue. Son pouce dessina des cercles lents et réguliers sur le sommet de son genou et il releva les yeux vers elle, l’air indéchiffrable. Bien que ce fût inutile – personne ne les écoutait, ni ne leur accordait la moindre attention – Tate s’inclina vers elle pour murmurer à son oreille : « J’espère que tu n’es pas l’une de ces filles qui tiennent à ne pas mélanger le plaisir et les affaires. Si ? »



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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Lun 30 Nov - 22:39

« Tu es marié. » Ecaterina tenta d’assimiler l’information émise par Tate. Elle lui paraissait absurde, et d’ailleurs, c’est soupçonneuse vis-à-vis de ses intentions qu’elle fronça les sourcils « Tu l’as été, c’est ton alliance. » répéta-t-elle à sa suite, toujours aussi circonspecte devant l’hilarité soudaine du jeune homme. Déconcertée, elle pianota le cœur de sa bouche avec la pulpe de ses doigts, et enfin, elle se redressa pour mieux s’appuyer contre le dossier de sa chaise.

Cat observa Tate avec de plus en plus d’intérêt. Elle affronta son regard, soucieuse d’y décerner davantage de détails. Dans quel monde Tate Bartowski avait-il été marié ? Non pas qu’il n’était pas digne de trouver l’amour ; il était de bonne famille, instruit, séduisant et de par sa stature d’homme important, il lui arrivait même d’être réconfortant – bien que ce ne fût pas sa qualité première, mais qu’importe au final, puisqu’il avait de grandes mains. N’importe quelle femme saine d’esprit n’hésiterait pas une seule seconde avant d’accepter une demande en mariage de sa part. Seulement, il y avait comme un hic à ce propos.
Imaginer que Tate puisse s’essayer à un tel exercice la faisait sourire – narquoisement sourire. Qui plus est, ça lui démontrait encore une fois que bien qu’elle s’en donnait les moyens, elle ne réussirait jamais à cerner la personne qu’il était vraiment. Pourtant, Ecaterina avait eu le temps d’apprivoiser un minimum la bête curieuse qui se trouvait en face d’elle, et si elle avait appris une chose au cours de sa très longue phase d’observation, c’était qu’il éprouvait pour toutes les formes d’engagements possibles et imaginables, un dégoût plus que flagrant. Rien que l’idée même de signer un contrat lui demandait des semaines de réflexion – elle ne lui jetait pas la pierre, sur ce coup, car elle non plus ne se montrait pas toujours enthousiaste quand il s’agissait de sceller des serments ; celui du petit doigt mis à part. Alors en effet, elle ne s’y attendait pas. De ce fait, elle eut un instant d’hésitation avant de l’imiter en se déridant, et en amorçant un mouvement de la main en direction de la fameuse chaîne qu’il venait d’abandonner devant lui.

« Je peux la voir ? » Cat n’attendit pas qu’il lui donne la permission. Elle attrapa la chaîne par le fermoir, et la suspendit devant ses yeux qui se mirent à loucher. Intéressée par la gravure qu’elle discernait à l’intérieur de l’anneau qu’elle trouvait simple, mais très joli, elle plissa les paupières pour mieux faire disparaître Tate de son champ de vision, et faire le point sur l’inscription « Saoirse ? Une Irlandaise, ça explique ton fétiche pour les rousses. » Elle laissa échapper un sourire discret, et baissa la chaîne pour la placer dans le creux de sa main droite « Ca explique beaucoup de choses, en fait. » conclut-elle pour elle-même. Contemplant la ligne épurée de l’alliance qu’elle prit méticuleusement entre ses doigts, Cat se laissa tenter par l’envie de la passer à son annulaire gauche ; c’était un geste tellement impersonnel. Elle ne l’avait jamais fait auparavant, même lorsque Charlie lui avait présenté sa superbe bague de fiançailles. Elle ne comprenait pas qu’une tierce personne puisse se permettre d’enfiler à son doigt le témoignage d’une promesse aussi aléatoire que deux personnes qui s’aimaient, sincèrement ou pas, s’étaient faite ; ça dépassait son entendement.

Néanmoins, elle s’y risqua et ce, le plus prudemment possible – elle sentait le regard de Tate peser sur elle. Ecaterina connaissait plus que quiconque la valeur de l’attachement éprouvé à l’égard d’un objet ; le pendentif qu’elle portait elle-même autour du cou ne l’ayant quitté qu’une seule fois, mais pendant plus de cinq ans. Aujourd’hui, grâce à la belle-mère de Gale, elle l’avait récupéré. Elle renvoya un regard au jeune homme, tout en finissant de chausser sa bague qu’elle  n’eut aucun mal à faire passer. Elle était beaucoup trop grande pour elle, et le peu de temps qu’elle la laissa à son doigt lui donna la sensation très désagréable d’avoir été marqué au fer rouge. Si bien qu’après avoir confirmé qu’un pareil bijou ne lui seyait définitivement pas, elle voulut s’en départir aussitôt. Ce qu’elle fit, avec délicatesse. Chassant toutes les questions intimes qu’elle aurait aimé poser à Tate, elle lui accorda un autre regard, un peu trop long à son goût. Après des mois et des mois à le côtoyer, elle avait enfin appris un détail sur la vie personnelle de Tate Bartowski. Un détail qui le concernait lui, pas son père, ni l’histoire autour de sa famille, mais lui. Même si ce n’était pas grand-chose, ça l’enchantait dans le fond, et elle mit un terme à l’œillade insistante qu’elle échangea avec lui. Aussi, elle garda la chaîne au creux de sa main pendant quelques secondes encore, et quand elle voulut la rendre à son propriétaire, il la prit au dépourvu.

« Ne me regarde pas comme ça. » lui demanda-t-elle avec courtoisie, mais avec, aussi, une certaine détermination dans le ton. Un peu troublée par la poigne qu’il avait démontrée en la faisant évoluer jusqu’à lui, Cat ne broncha pas ; les circonstances étaient différentes de celles qui les avaient menées à s’emporter l’un envers l’autre à Toledo, pour autant, elle gardait une vision très nette de la force de Tate pour vouloir éviter de s’y frotter de nouveau.
En revanche, elle tenta avec discrétion de glisser son pied dans l’étroit escarpin qu’elle n’avait pas eu le temps de bien remettre. L’intérêt inédit qu’il lui réserva ne la mettait pas mal à l’aise. C’était atypique, pas embarrassant, et très franchement, elle pourrait s’y faire sans problème ; à ce regard, oui mais peut-être pas à la caresse qu’il traça sur sa jambe après l’avoir aidé avec sa chaussure.

Ecaterina se raidit sur sa chaise, et baissa les yeux sur la main de Tate qui atteignait déjà son genou « Je n’ai jamais eu besoin d’y réfléchir jusqu’à présent. » murmura-t-elle à son tour. Ses doigts n’étaient qu’à quelques millimètres de l’ourlet de sa jupe-crayon, cela n’échappa pas à Cat qui se glissa doucement jusqu’au bord étroit de sa chaise pour que sa main disparaisse complètement dessous ; ses doigts atteignirent la limite du bas en nylon qui recouvrait sa cuisse. Elle ne s’était pas demandée si elle le regretterait ou pas, elle avait juste ressenti le besoin immédiat de répondre à ce qu’elle considérait, très justement d’ailleurs, comme des avances.

Inévitablement, elle se retrouva un peu plus près de lui « C’est fascinant, l’intérêt soudain que tu me portes simplement parce que je pourrais ne plus être disponible bientôt. » Elle arqua un sourcil, pendant que la paume de la main de Tate répandait toute sa chaleur sur sa cuisse « Pas que je prenne cette histoire de site de rencontres au sérieux, mais qui sait, tout peut arriver ; la preuve. Non. » A ce moment, elle anticipa toutes ses tentatives de continuer sa progression sous sa jupe en effectuant une glissade dans le sens inverse pour l’obliger à retirer sa main. Cat lui attrapa doucement le poignet, pour l’empêcher de tenter quoi que ce soit d’autre, et le regarda fixement cette fois, sans lui donner le moindre sourire. Elle était émoustillée – comment ne pas l’être ? –, mais l’expression de son visage ne trahissait par l’effort qu’elle faisait pour ne pas flancher une nouvelle fois – ce que personne ne lui reprocherait, finalement. Elle marqua un temps d’arrêt durant lequel elle prit une inspiration très profonde, qu’elle relâcha en même temps que le poignet de Tate « Ca fait deux ans qu’on travaille ensemble, et c’est précisément au moment où j’envisage de m’occuper de ma vie amoureuse que tu me tends une perche – sans mauvais jeu de mots. » Elle sourit malicieusement, inclinant très légèrement la tête d’un même mouvement « Et c’est moi que tu accuses d’être jalouse ? » lui dit-elle en lui rendant le regard lascif qu’il lui avait accordé tout à l’heure. Pour retrouver un peu ses esprits, elle s’intéressa momentanément à la chaîne qu’elle tenait toujours dans sa main. Cat constata à quel point cette dernière était moite, mais elle ne s’en formalisa pas, et posa le bijou sur la table avant de claquer des doigts au-dessus de sa tête pour appeler le serveur qui apparut à leur côté « Un martini pour monsieur, merci. » Elle regarda le serveur faire volte-face, et tandis qu’elle se levait, elle ajouta à l’intention de Tate « Je crois que tu vas en avoir besoin. » Sous entendu qu’il lui fallait une bonne cuite pour accepter le fait que le plus jaloux d'eux dans l’histoire, c’était lui.


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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Jeu 31 Déc - 6:25

Tate lui confia son alliance sans lui opposer la moindre résistance. Plus tôt il céderait à ses demandes, plus tôt ils pourraient passer à autre chose. Loin d’être confortable, le silence qui accompagna les observations d’Ecaterina le fît se tendre sur sa chaise, imperceptiblement. C’est en la voyant se décider à passer le bijou à son propre annulaire qu’il se racla machinalement la gorge en repoussant légèrement les pieds de sa chaise, et joignit ses mains devant lui, tâchant de masquer son mal aise. Il commença à regretter l’initiative, et son effort d’honnêteté, craignant qu’au lieu de se contenter de sa révélation, elle choisisse de pousser son avantage, et le harcèle de questions le concernant. La dernière chose dont il avait envie de parler, c’était bien de son ex-femme. Pas seulement parce que les choses s’étaient très mal terminées entre eux. Mais c’était une règle universellement masculine, non ? Ne JAMAIS mentionner une relation passée en présence d’une autre femme. L’enfreindre – et c’était avéré – n’apportait rien de bon et le décevant ticket « interdit de séjour » dans la chambre à coucher. C’était une convention à laquelle il se pliait très volontiers. Il avait de toute manière bien trop besoin de compartimenter les différents aspects de son existence pour savoir se comporter autrement. Saoirse – qu’importe ce qu’ils avaient partagé dans le passé – vivait aujourd’hui dans une boîte dont il ne soulevait rarement sinon jamais le couvercle. Ça lui arrivait, mais seulement quand il était seul, sans perspective de compagnie dans les heures à suivre. En d’autres circonstances, comme celles-ci, c’était un « buzzkill » de compétition. Bien plus pour lui, que pour quiconque l’accompagnerait. Par chance, si Ecaterina eût envie de lui poser d’autres questions, elle n’en laissa rien paraître, et Tate lui en fût silencieusement reconnaissant.

« Pourquoi pas ? Est-ce que je t’embarrasse ? » Son calme intérieur retrouvé, un sourire joueur vint s’étaler sur ses lèvres pleines, et il la dévisagea attentivement sans se départir trop rapidement du regard qu’elle lui avait demandé d’abandonner un instant plus tôt. Des raisons de ‘ne pas la regarder comme ça’ il y en avait sûrement à la pelle, mais pour l’heure, Tate n’y accordait aucune importance. Sans doute parce qu’il était à présent convaincu qu’elles avaient toutes une date de péremption, et celle-ci approchait à grands pas. Bientôt, comme elle l’avait si justement souligné, ils ne travailleraient plus ensemble. Son timing ne pouvait donc pas être meilleur – selon lui, évidemment. Il laissa sa main disparaître sous sa jupe avec un ravissement contenu, suivant du pouce la dentelle qu’il pouvait progressivement deviner. Contrairement à ce qu’il avait laissé entendre en marquant son approche, lui n’avait pas pour habitude de mélanger les affaires et les plaisirs que pouvaient lui apporter la compagnie d’une femme aussi séduisante qu’elle. À ses yeux, c’était beaucoup trop de complications pour en valoir la peine. Tate avait son lot de défauts rédhibitoires, mais il était très sérieux vis-à-vis de son travail et des projets qu’il menait en parallèle. Il était hors de question d'avoir la moindre ambiguïté sur ses différents lieux de travail. De quoi aurait-il l’air à se disputer – parce qu’ils se disputeraient, inévitablement – avec sa dernière conquête entre la photocopieuse et la machine à expresso ? Sans parler des divagations mentales impromptues à base de sous-vêtements affriolants et d’anticipations variées… C’était le genre de tentations et distractions auxquelles il évitait de s’exposer s’il pouvait l’éviter. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui l’avait encouragé à conserver une attitude – très relativement – professionnelle avec Ecaterina au cours des derniers mois. Ça, et le fait qu’elle lui ait longtemps tapé sur le système. Après tout, leur entente – toujours très relativement – cordiale était encore jeune.

« Je ne vois personne de qui être jaloux. » répliqua-t-il sans se donner la peine de détourner les yeux pour sonder la salle. Alors, pourquoi t’es venu ? Sa propre réflexion le prit au dépourvu. Ce n’était certainement pas pour s’enquérir de son avis concernant la couverture qu’ils utiliseraient pour les épreuves du lendemain – ils auraient largement le temps de faire leur choix autour d’une bonne tasse de café quand ils se retrouveraient aux alentours de midi pour préparer une dernière fois leur rendez-vous avec Alderson. Ce n’était pas non plus pour tourner les services de rencontre en ligne en dérision – même si l’activité s’était révélée bien plus amusante qu’il ne l’aurait imaginé en se rangeant sur le parking du Hilton une petite heure plus tôt. C’est parce qu’il avait relevé sa participation à l’évènement en consultant son profil NewMatch après l’avoir croisée dans la cage d’escaliers, qu’il s’était décidé à empocher ses clés de voiture à l’issue de son entretien avec l’imprimeur. Il n’était pas jaloux, mais il était quand même là : une main plongée sous sa jupe avec une idée bien précise de comment il voudrait voir se terminer la soirée. Tate pouvait très bien se l’imaginer ; et le film qui avait commencé à lui tourner dans la tête écourtait sa respiration d’une manière très singulière et ne l’aidait pas à garder la tête froide. Le film s’interrompit brusquement, comme si la bande avait sauté, quand elle referma sa main sur son poignet – déterminée à ne pas le laisser aller plus loin, alors qu’il en mourrait d’envie. Il s’humecta lentement les lèvres, trahissant malgré lui son mécontentement et récupéra sa main à regret avant qu’ils ne soient rejoint par le serveur qu’elle venait de héler.

« Tu ne vas quand même pas te plaindre parce que je m’y prends seulement maintenant. » lâcha-t-il alors qu’elle se levait dans l’intention évidente de prendre congé. Un réflexe de bienséance le poussa à se lever à son tour, tandis qu’elle s’adressait au serveur pour lui commander un nouveau verre de martini auquel il ne toucherait probablement pas : ce n’était pas d’un verre dont il avait besoin, c’était d’une douche froide. Tout échappait soudainement à son contrôle, s’enchaînait trop rapidement à son goût : à commencer par son départ, qu’il n’avait pas su prévoir. « Tu t’en vas, comme ça ? » Il plissa légèrement les paupières, comme si son expression avait eu le pouvoir de l’attendrir. Ce n’était pas le cas. « Tu sais qu… » Le retour prématuré de l’employé lui ôta la possibilité d’étoffer ses tentatives. « Votre martini, monsieur. » Abandonnant son numéro de charme, Tate lui adressa un regard noir. Pour la première fois de la soirée, il regretta de s’être déplacé jusqu’au Hilton. Ce n’était pas dans un hall aussi fréquenté que celui-ci qu’il voulait avoir Ecaterina. Réprimant l’envie de lui indiquer où il pouvait se carrer son ‘verre de martini monsieur’ Tate poussa un court soupir éloquent. « Merci. » répondit-il avec une raideur caustique – s’il ne pouvait pas le malmener verbalement, Tate était déterminé à lui faire comprendre que son interruption l’incommodait. Il attendit que l’employé ce soit éloigné pour abandonner sur la table le verre qu’il lui avait servi sans y tremper ne serait-ce que les lèvres. Il avait assez bu. « Où est-ce que tu es garée ? Je t’accompagne. » décréta-t-il sans se soucier de déterminer si l’initiative l’incommodait ou non. Il empocha sa chaîne sans y accorder un coup d’œil, et suivit Ecaterina d’une démarche pressante.

« T’as l’air pressée, alors je vais aller droit au but. » lâcha-t-il pour rompre le silence qui s’était installé entre eux, le temps qu’ils quittent l’hôtel et rejoignent la voiture d’Ecaterina. Tate – qui avait marché à deux pas derrière elle jusque-là – s’avança vers elle avec une lenteur calculée. Pendant un bref instant, il crut la voir reculer. Intrigué, il s’approcha davantage, sans la toucher, jusqu’à ce qu’elle se retrouve adossée à la carrosserie. « Si tu trouves mieux ailleurs, je te laisserai tranquille. Mais en attendant, il n’y a pas de mal à profiter. » Il prit son menton dans sa main gauche et ses yeux, brûlants, cheminèrent le long de son visage, de l’angle de sa mâchoire qu’il caressa distraitement de l’index. Être direct n’avait jamais été un problème pour lui ; aussi ne marqua-t-il aucune hésitation quand il s’inclina vers elle pour l’embrasser. Ses lèvres s’entrouvrirent, rapidement déterminées à approfondir leur baiser. Il s’empara d’une de ses mains à elle pour la mener jusqu’à sa propre nuque avant de glisser un genou entre les siens, désireux de bien se faire comprendre. Il s’interrompit brièvement, sans prendre de recul : « Tu n’es pas d’accord ? »  
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Ven 1 Jan - 21:05

« Je ne me plains pas. » tint-elle à clarifier, et ce pendant qu’elle rectifiait le maintien de ses boucles sur son épaule. Cat remua les jambes, sentant l’empreinte que Tate avait laissée sur sa cuisse la consumer en secret, quand un petit rire, aussi caustique que le ton qu’il employa pour remercier le serveur, s’échappa de ses lèvres. Tournant la tête dans sa direction, elle lui dit « Je trouve juste ça particulièrement ironique que tu fasses exactement ce que tu m’as reproché tout au long de notre collaboration. » Qui n’était pas terminée, alors il valait mieux rester sur ses gardes, lui rappela sa conscience.

Cat lui adressa alors un regard insistant. Il lui avait dit qu’elle pouvait trouver mieux que Kevin. Trouver mieux, qu’est-ce que ça signifiait ? À en juger par la tripotée d’initiatives dont il l’avait allouée, Tate avait une idée précise du profil qui convenait à sa partenaire, et visiblement, c’était le sien. Et s’il savait que son type ne ressemblait en rien à celui de Kevin, il aurait toutes les raisons de s’en féliciter, mais Cat n’était pas prête à lui déclarer que c’était son physique à lui qui l’attirait ; cela dit, peut-être qu’il l’avait deviné. Tout à coup, elle marqua une pause dans sa contemplation sévère du jeune homme : était-elle la seule à être passée à côté de l’évidence qui semblait pourtant avoir convaincue plusieurs membres de leur entourage que leur collaboration était, d’après ce même entourage, bien plus qu’une collaboration ? Son esprit de contradiction était-il aussi aiguisé pour que ça l’empêche de concevoir qu’elle avait ressenti quelque chose au cours de ces derniers instants ? Ecaterina se mit à rire de nouveau, ne comprenant pas pourquoi elle était si en colère, et se déplaça sur sa droite dans l’idée de rompre leur contact visuel.

« Une seconde. » Elle retint le serveur en posant une main sur son épaule, et détourna son attention de Tate, pour  empoigner sa  pochette de laquelle elle sortit un billet qu’elle lui fourra dans la main « Navrée pour sa muflerie, il gère très mal la frustration. » Si elle s’était montrée aimable avec le serveur – il lui montra sa reconnaissance en opinant du chef –, il n’en fût rien à l’encontre de Tate à qui elle répondit avec fermeté « Tu permets que j’aille chercher mon manteau ? Et je n’ai pas besoin que tu m’accompagnes, profite de ton verre. » Elle aurait très bien pu émettre une exclamation courroucée pour parfaire le retourné-pub-pour-shampoing qu’elle exécuta avant de prendre son chemin vers le hall de l’hôtel, mais elle était trop fâchée pour faire preuve d’immaturité.

Sortie du Hilton, et talonnée par Tate, Cat soupira de mécontentement. Il était à bonne distance d’elle, pas plus de deux pas derrière, mais elle aurait aimé qu’il soit plus loin encore. Elle avait besoin d’être seule, troublée par les moqueries de son esprit qui la narguait en tirant sur la corde sensible. Cat s’était échinée à donner tort à Anna et à Charlie, mais la vérité c’était que, si elle s’était fait violence pour s’occuper de sa vie sentimentale, c’était parce qu’elle ne pouvait pas intégrer l’idée que l’état de profonde exaspération dans lequel Tate la mettait était le fruit d’une affection on ne peut plus claire à son égard. Une affection qu’il l’avait contrainte à étouffer dès leur première conversation, se faisant un devoir de se comporter le plus hostilement possible avec elle dans le but qu’elle abandonne tout intérêt pour l’individu qu’il était. C’était pour cette raison qu’elle était en colère ; jusqu’ici, Tate l’avait empêchée de l’apprécier.
Enfilant son manteau, Ecaterina se hâta de chasser ses cheveux du col, tandis que le voiturier lui indiqua la place sur laquelle il avait parqué sa Mini en lui tendant les clefs qu’il avait conservées ; à lui aussi, elle lui donna un pourboire. Tate marchant dans son dos, elle se somma de ne pas le faire, mais elle ne put s’empêcher de lui lancer un regard par-dessus son épaule ; et elle s’aperçut qu’il n’essayait même pas de la rattraper. Il avait consciencieusement choisi de ne pas la dépasser, même si à cause de la taille de ses jambes, et malgré son handicap, il était plus que capable de la devancer s’il le voulait. Cette preuve exceptionnelle de délicatesse aurait dû la rasséréner, mais elle eut le don de la faire presser le pas – ce qu’il remarqua.

« Je ne suis pas pressée, je veux te semer. » Elle arriva à hauteur de sa voiture. D’un pas plus rapide encore, elle s’avança vers la portière côté conducteur, sa pochette sous le bras, et l’anneau de ses clefs autour de son index. Avant d’actionner l’ouverture automatique, elle se retourna pour le regarder une toute dernière fois, et eut la surprise de le trouver plus près d’elle qu’elle ne l’avait imaginé. Par réflexe, Cat recula jusqu’à que ses omoplates cognent contre la carrosserie, et avant qu’il ne la touche, elle agrippa sa main à la boucle de sa ceinture, sans savoir ce qu’elle cherchait à faire dans le fond ; l’arrêter ou le rapprocher d’elle.

La façon dont il prit son menton dans sa main lui fit prendre une inspiration qu’elle relâcha de manière saccadée au moment où ses yeux cheminèrent le long de son visage, et que son index frôla la ligne de sa mâchoire. Il la regardait de la même façon que tout à l’heure, mais cette fois-ci, ça l’intimidait. On l’avait déjà regardé sous toutes les coutures, pourtant. Dans diverses circonstances, parfois intimes, parfois moins, mais jamais comme ça : la chaleur qu’elle lisait dans ses yeux, elle pouvait la ressentir à travers l’épais tissu de son manteau, et celui plus fin de sa robe fourreau. Captivée par le soin qu’il mettait à l’examiner, elle ne put anticiper le baiser qu’il lui donna ; ça ne l’empêcha pas d’y répondre avec la même intention.
Sa pochette glissa de sous son bras lorsqu’il s’empara de sa main pour la mener à sa nuque qu’elle étreignit aussitôt – celle qui ne lâchait pas la boucle de sa ceinture se raffermit au contact du genou de Tate entre les siens. Cat se laissa envahir par la chaleur qu’il diffusait à travers son baiser, et hissa lentement sa jambe droite pour immobiliser son propre genou dans le creux de la hanche de Tate. Elle se pressa contre lui, alors qu’il s’interrompait – elle saisit l’occasion, qui était trop belle, pour reprendre le dessus.

« Règle numéro deux des premiers rencards, Tate… » La main sur sa nuque glissa jusqu’à son visage, tandis qu’elle descendait progressivement la jambe qui lui permettait de le garder aussi proche d’elle. Ses doigts se desserrent autour de la boucle de sa ceinture, même si sa bouche resta toujours aussi proche de celle de Tate ; elle l’effleura avec son pouce. De nouveau sur ses deux pieds, Ecaterina ne dit rien de plus sur le moment, mais elle l’embrassa du bout des lèvres, et tout en le faisant reculer doucement, faisant immanquablement rompre ce dernier baiser, elle ajouta dans un murmure « Jamais le premier soir. » Cat accompagna sa marche à reculons, et les doigts frôlant la poitrine de Tate, elle conclut avec espièglerie, la tête penchée sur le côté « Je dois tout t’apprendre ? »
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Occupation : Avocat de la défense auprès d’une firme située à Columbus, et lecteur de droit à l’OSU. Collaborateur d’Ecaterina Robertson. Choriste/musicien chez les Awesome Voices.
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MessageSujet: Re: 01. The New Romantics   Dim 24 Jan - 17:15

Ecaterina trouvait ironique qu’il s’intéresse à elle maintenant, après avoir enduré les reproches dont lui, Tate, l’avait accablée pour l’intérêt qu’elle lui avait porté dès leurs premières rencontres. Un intérêt qu’il avait toujours estimé excessif et qui, à ce jour, continuait de l’interpeler aux moments les moins opportuns. Ce n’était pas une information nouvelle, il avait des difficultés à cerner cet aspect de sa personnalité. Il doutait de réussir à mieux le comprendre un jour, aussi veillait-il à réagir le moins impulsivement possible quand celui-ci se manifestait. C’était ironique, elle n’avait pas tort – et d’une certaine manière, ça le dérangeait de l’admettre. S’ils avaient une chose en commun, c’était d’aimer avoir raison – sinon, le dernier mot. Et cette fois-ci, Tate n'avait ni l’un ni l’autre. Il serra les lèvres pour ravaler sa mauvaise foi – il aurait bien volontiers contourné le problème si celui-ci n’avait pas été si étendu. Non, il garda le silence, et se contenta de lui emboîter le pas, ignorant le verre qu’elle lui avait conseillé de savourer. Si Tate avait conscience d’une chose, c’est qu’il était temps d’appeler un cessez-le-feu. L’heure n’était plus à ses rebuffades systématiques. Comme beaucoup de choses, il n’était pas prêt à le reconnaître ouvertement – par pudeur, ou par soucis de crédibilité. Son instinct lui ordonnait pourtant de maintenir la politique à laquelle il l’avait habituée. Se cantonner à leur relation professionnelle, bannir toutes dimensions personnelles, et adopter une attitude aussi distante qu’humainement possible. Sauf que l’acharnement d’Ecaterina rendait la chose difficile – voire pénible. On ne pouvait pas dire qu’il l’ait encouragée : il l’avait exposée à ses pires défauts et aux versions les plus détestables de lui-même sans sourciller. Ça n’avait pas pris. Elle lui avait déjà tourné le dos, et il avait eu le droit à la guerre du silence à plusieurs reprises – une lutte qui, il avait été forcé de le concéder, ne savait être gagnée que par les femmes. En définitive, c’était l’été qu’ils avaient passé au milieu des Awesome Voices, et l’avancée de leurs travaux d’édition, qui avait étouffé sa nature méfiante et passé le baume sur les rancunes qu’ils s’étaient infligées. Tate avait passé des mois à la répudier pour ses bonnes intentions et sa tendance chronique à vouloir instaurer un climat plus personnel entre eux. Aujourd’hui, il pouvait enfin poser sur elle un regard qui avait troqué le ressentiment pour de la convoitise. Peu lui importait l’ironie de la chose, au final. Il n’avait jamais prétendu être cohérent en toutes situations. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

« Jamais entendu parler. » prétendit-il quand elle invoqua, fort pratiquement, une nouvelle règle spéciale rencards. Le cou douloureux, Tate redressa sa silhouette et s’accrocha aux pans de son manteau quand elle lui imposa une marche arrière, la forçant à accompagner le mouvement malgré elle. « Tu veux juste me punir pour avoir ruiné ton speed-dating. Je dois promettre de ne plus jamais le faire ? » Il leva la main droite à la hauteur de son visage, feignant de prêter serment : « C’est juré. » Il lui servit l’un de ses meilleurs sourires en coin, sobres en malice ; avant de se mordre la lèvre inférieure pour retenir un grondement d’impatience quand il comprit qu’elle était absolument sérieuse dans ses propos. Ce ne fût pas assez pour réprimer un soupir mêlant inassouvissement et dure résignation. Ce ne serait pas pour ce soir. Il aurait dû se sentir frustré – il l’était sans doute, dans une certaine mesure – mais il n’en était pas irrité pour autant. Il était seulement… désappointé. « Me laisse pas trop longtemps sur le carreau, d’accord ? Il paraît que je gère mal la frustration. » Il soutint son regard un court instant, comme si leur tendance à se fixer droit dans les yeux avait, cette fois, le pouvoir de sceller un accord tacite. Après un moment, il relâcha son emprise sur le manteau d’Ecaterina et après avoir jeté un dernier coup d’œil à sa robe, il le referma consciencieusement comme s’il avait eu besoin de la soustraire à son regard pour s’en aller plus sereinement. Il se détacha finalement d’elle, à contrecœur. « À suivre. Je n’attendrai pas trois jours pour te rappeler. » Il la dépassa, de sa démarche chaloupée, et se pencha pour lui ouvrir la porte de sa voiture. Il attendit qu’elle eût ramassée sa pochette et qu’elle fût installée sur le siège conducteur pour ajouter : « Et je ne dis pas ça parce qu’on se voit demain. » À cette idée, un rictus éloquent flotta sur ses lèvres et il réprima une envie de s’esclaffer en claquant précautionneusement la portière derrière elle.

Il aurait dû lui demander de ne pas ébruiter leurs affaires. Il ne tenait pas particulièrement à faire l’objet de ragots, et l’idée qu’elle puisse décider de passer un coup de téléphone à Charlie une fois rentrée chez elle pour lui faire un résumé complet de sa soirée lui traversa tardivement l’esprit. Ses mains se refermèrent plus étroitement autour de son volant, et il se pencha légèrement en avant pour guetter le feu rouge. Contrairement à Ecaterina, Tate n’avait jamais été ennuyé vis-à-vis de la relation qu’il entretenait avec elle. Sans doute parce qu’il n’acceptait pas qu’on puisse lui donner des directions dans ce domaine. Il avait déjà été obligé de mettre les barres sur les T avec Anna, il y a quelques temps. Lui affirmant qu’il n’était pas le genre d’homme à se poser avec une même femme, ou à planifier sur le long terme. C’était l’une des seule fois où ils avaient abordé leurs vies sentimentales librement. Peu de temps après, elle avait retrouvé les bras de son petit-ami et lui avait continué à marquer des croix sur son tableau de chasse. Il n’avait pas envie d’entendre l’opinion de quiconque à ce sujet – et il savait que si la fin de soirée d’Ecaterina remontait aux oreilles de Charlie, elle remonterait inévitablement à celles de Wyatt qui n’hésiterait pas à le chambrer pendant des semaines. Le feu passa au vert, mais il resta immobile. Il profita de l’absence de trafic pour s’accorder une minute de réflexion. Au bout d’une minute, il respira plus librement. D’une manière ou d’une autre, il soupçonnait qu’Ecaterina aspire au moins à moitié autant que lui à une mesure de discrétion. Il n’avait pas matière à s’inquiéter.

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