Choriste du mois


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 [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians

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MessageSujet: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Jeu 15 Oct - 17:09

"Félicitations les losers, vous êtes officiellement admis chez les Alpha Bêta Epsilon... sauf toi Terry, on a encore besoin d'un Éros pour faire le service ce soir. Considère ça comme ton premier honneur." Les nouveaux membres de la fraternité étaient alignés sur le perron de la bâtisse des Alpha, le corps souillé par l'initiation de la veille. Un curieux mélange de farine, d'œuf pourri, de lait caillé et d'autres substances non identifiées avec lesquelles ils avaient dû réaliser leur propre dîner. Henry avait rongé son frein toute la semaine pour ne pas perdre son calme. Lui qui avait une si haute estime de lui-même avait dû faire face à des égos aussi titanesques que le sien, et surtout avait été forcé de s'avilir le temps de quelques épreuves. Son leitmotiv avait été "keep calm and carry on", un meme astucieux qu'il avait retweeté à l'époque pour motiver les Titans de McKinley. Captain America était définitivement né pour être leader : sa photo avant et après illustrait le meme, et Henry avait cru se souvenir avoir entendu cette citation dans un des 83 000 films de la franchise Marvel. Le ton avait été donné dès leur arrivée, mais Henry était prêt à enterrer sa fierté quelques heures si cela lui permettait de régner plusieurs années sur le campus. Abraham Lindon - aka Abe - avait créé Alpa Bêta Epsilon - aka ABE - en 2003, lassé avant l'heure par l'apogée des boys bands. ABE regroupait donc des étudiants un peu moins superficiels que les autres, en croisade contre la culture populaire et férocement attachés aux valeurs sportives. En gros, ABE regroupait l'intégralité de l'équipe de football et quelques-uns de leurs cheerleaders, pour donner un peu de poids à leur identité progressiste. Ce qui ne les empêchait pas d'émettre des jugements très stéréotypés du genre "tous les gars cheerios sont gays donc on va quand même les mettre dans la même chambre, histoire qu'ils ne fantasment pas trop au-dessus de nos têtes de lit la nuit". La maison des Alpha avait été jumelée avec celle des Kappa. Autrement dit, les membres de la fraternité acceptaient de sortir uniquement avec les filles des Kappa en l'échange de quelques services domestiques. Alpha se retrouvait avec un intérieur bien tenu et Kappa bénéficiait d'un boost de popularité. Tout le monde y trouvait son compte.

Gabe Jakobson, le président de la fraternité, ordonna aux rangs de se rompre et assigna les chambres aux nouvelles recrues. La semaine avait été longue, et le dos d'Henry lui faisait atrocement mal après une semaine d'inconfort dans une tente miteuse partagée avec 5 autres personnes. Une tente initialement prévue pour 3 personnes. Comme tous les ans, les nouveaux étaient soumis aux Douze travaux du bizu. Une initiation qui portait très mal son nom, parce que les épreuves étaient au nombre de 10. Mais les Alpha n'étaient pas réputés pour leurs compétences en mathématiques, et personne n'avait jamais noté qu'il suffisait d'ajouter une journée d'initiation pour avoir le bon compte. Quoiqu'il en soit, la semaine comportait  des épreuves plus dégradantes les unes que les autres, dont le nettoyage des gradins du stade à la brosse à dents - toute ressemblance avec les écuries d'Augias serait bien évidemment fortuite -, ramener Ginger, la soi-disant poule mascotte des Buckeyes et dormir une nuit dans le légendaire marronnier du campus. Autant dire que lorsqu'Henry aperçut son lit, il poussa un soupir orgasmique. Son colocataire en fit de même, un héritier surnommé Abba - de son nom Abbadelli.

Il était à peine 10h et déjà les étudiants s'affairaient comme des fourmis aux préparatifs de la soirée. Les meubles précieux étaient déménagés tandis que le jardin était décoré de colonnes antiques en marbre surplombées de statues fidèles des anciens présidents d'Alpha, tous capturés dans des positions divines. Le thème était bien entendu la Grèce Antique. Tous les ans l'université honorait le système grec en organisant des Olympiades communément appelées God of War. Une série d'épreuves sportives voyait différentes équipes s'affronter pour le titre éponyme, censé apporter chance et prospérité. Compétiteur dans l'âme, Henry avait trouvé l'idée des plus alléchantes. Il avait alors anticipé la soirée, jusqu'à préparer son costume sans avoir à courir dans tous les sens une fois l'initiation terminée. Personne ne voulait traîner dans son équipe un boulet mal fagoté. Après une sieste bien méritée, il s'enferma des heures dans la salle de bain, ses muscles ressuscités au contact de l'eau chaude. Il ne lui fallut pas très longtemps pour enfiler son costume : une cape et une couronne de lauriers dorées, un pagne en toile minimaliste qui exhibait ses cuisses, une paire de sandales et des bracelets aux motifs dorés autour de chaque biceps. Un véritable Apollon. Sorti de la salle de bain, il se contempla avec satisfaction un instant dans le miroir de la chambre avant d'approuver son propre bon goût d'un signe de tête. Depuis la fenêtre Henry voyait déjà affluer la foule d'étudiants depuis la route principale du campus. La musique battait déjà son plein - électronique bien évidemment - et le vin pas cher coulait à flot.

Fin prêt, Henry daigna se mêler au concert de drapés et de torses huilés. Il n'était encore personne dans cette université, mais bientôt ses entrées seraient remarquables et remarquées.  A la volée, il faucha un verre du plateau que ce pauvre Terry promenait à bout de bras, le gratifiant au passage d’un sourire compatissant. En plus du plateau, le proclamé serveur devait se trimbaler un arc d’une taille démesurée tout en évitant d’assommer quelqu’un à coups d’ailes. De toute évidence l’aspirant Alpha avait contrarié Gabe ou un de ses acolytes au cours de la semaine. Ou alors était-ce lié à la petite bouée de graisse qui n’avait pas encore fondu malgré les séances intensives d’abdominaux. Une fois en possession de son verre, Henry se dirigea vers le groupe des nouvelles recrues. La misère avait au moins le don de rapprocher les gens. Rapidement la conversation vira au combat de coq et avant même d'avoir pu dire ouf Henry se surprit à chercher une proie pour valider son défi. Une fois sa cible verrouillée, il échangea un regard entendu avec Abba du genre "c'est dans la poche mec". Il s'approcha donc conquérant vers sa victime, sous les yeux inquisiteurs de la troupe. "Excusez-moi mademoiselle, ça vous dirait de jouer un peu de lyre ?" demanda-t-il avec un ton salace en tapotant l'épaule retournée de son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Dim 18 Oct - 15:07

« Tu te fous de ma gueule, Jamie. » Ce n’était pas arrivé depuis une éternité, et pourtant lorsqu’elle s’aperçut que l’excitante soirée déguisée à laquelle Jamie l’avait suppliée de participer en sa compagnie, n’était en réalité qu’une ruse vers l’immersion au sein du monde très fermé des fraternités étudiantes, la douce main baguée d’Harper s’abattit soudain sur l’arrière du crâne du jeune homme. Elle descendit furibonde de la Jeep en lui adressant un flamboyant doigt d’honneur – flamboyant à cause des fins anneaux qui ornaient ses doigts, et de l’éclat des bracelets qui habillaient ses bras –, puis elle s’arrêta nette devant la voiture pour attendre qu’il en descende. Elle lui prit la main, et même si Harper donnait toujours l’impression d’être fâchée, ils s’engagèrent dans l’allée qui menait au perron des Alpha Bêta Epsilon.
Harper avait trouvé ça très étrange qu’il insiste pour qu’elle choisisse un costume en rapport avec l’antiquité, mais elle n’avait pas cherché à creuser, se disant qu’il avait sûrement vu l’un de ces péplums testosteronés, ceux où la force de l’homme antique, tous muscles bandés, était davantage mise en avant que la subtilité de l’intelligence de leurs épouses aux mœurs légères – une coutume locale, à cette époque –, et que ça l’avait inspiré. Elle n’avait même pas râlé quand elle avait vu la couleur bleu pâle de la robe longue, ceinturée à la taille et armaturée au niveau de la poitrine, de la robe qu’elle avait dénichée avec Lexie dans une boutique spécialisée – ça aurait tout aussi bien pu être une réplique d’un costume de Game of Thrones qu’Harper n’aurait pas été capable de faire la différence. Maintenant qu’elle était forcée de déambuler au milieu des représentations plus ou moins fidèles des Dieux de l’Olympe, elle comprenait mieux pourquoi il avait tenu à lui placer lui-même l’espèce de couronne de laurier en or sur sa tête récemment allégée de quelques cheveux blonds qu’elle avait tressés elle-même. Clairement, elle devait avoir l’air d’une attardée, mais ce qui la rassurait, c’était que Jamie non plus n’avait pas l’air très normal dans son costume.

C’était nouveau pour elle, l’université. Sa rentrée n’avait pas encore eu lieu, mais elle avait eu le temps de se familiariser avec le fonctionnement du département des Sciences de la faculté de Lima. C’était une surprise pour elle d’avoir été autorisé à postuler dans le programme qu’elle convoitait. Il avait fallu qu’elle mette sa fierté de côté et qu’elle ressasse un évènement qui s’était déroulé plus d’une année en arrière. Quand Sunny lui avait présenté la bourse au mérite qu’elle avait réussi à lui obtenir, Harper s’était braquée – rien d’étonnant quand on la connaissait. Elle n’avait pas cherché à comprendre les arguments que la jeune femme lui avait apportés, sachant que son destin était tout tracé et que l’avenir dont elle rêvait depuis toute petite ne se réaliserait jamais. Sauf qu’en un an, les choses avaient changé. Sa mère allait mieux, vraiment mieux. La faveur qu’Anna et Lexie lui avaient faite en acceptant qu’elle apporte son aide à l’équipe du Gîte avait eu un effet curateur sur elle. Depuis l’été dernier, elle avait remis officiellement la main à la pâte, et travaillait pour le compte de la mairie de la ville – le secrétariat avait toujours été dans ses cordes, et l’organisation précise dont elle faisait preuve était une de ses plus grandes facultés, une faculté dont sa fille aînée avait hérité. Sa place de maman, Mariella l’avait reprise, forçant Harper à battre en retraite et à prendre des décisions qui la concernait qu’elle, et elle seule. Ça n’avait pas été facile. Il lui avait fallu du temps avant de se montrer un peu égoïste et d’envisager de reprendre – de prendre  – sa vie en main. Ça avait commencé avec ses démarches pour entrer à l’université. Intriguée par l’implantation d’un campus plus important à côté de chez elle, elle avait appris que l’Ohio State University de Columbus offrirait aux jeunes intéressés par un parcours dans le domaine de la santé une possibilité de se préparer à l’école de médecine. Voyant les progrès de sa mère, et se donnant le droit de rêver pour une fois, Harper avait fait ce qu’il fallait pour avoir gain de cause auprès de la l’organisme qui lui avait proposé une aide financière dès sa sortie du lycée. Il s’était passé un an depuis et elle n’avait postulé nulle part ; elle avait donc dû démarcher en secret pour optimiser ses chances d’obtenir ce qu’elle voulait, mais l’attente de la réponse avait insupportable, si bien qu’elle avait convaincu Jamie de quitter Lima pour rendre visite à Andie.

Ils ne devaient pas partir longtemps, juste le temps de passer voir la texane, et visiter un peu les environs. Seulement, ils ne l’avaient pas trouvée. Harper avait tenté de la contacter par tous les moyens possibles, fouillant toutes les écoles de danse de Nashville pour la voir, mais ils avaient fait chou blanc. Frustrés de devoir rentrer si tôt, ils avaient décidé de migrer là où il y avait la mer. Ils y étaient restés un peu plus de deux mois – Harper n’était pas la seule à fuir quelque chose, Jamie avait eu besoin de prendre du recul sur la présence de ses parents à Lima, et même si ça ne lui plaisait pas de tourner le dos à ce genre de soucis, Harper lui avait apporté un soutien indéfectible. Finalement, il n’étaient rentrés à Lima que lorsqu’Harper avait avoué à Jamie pourquoi elle aussi tenait autant à ne pas rester en Ohio. Le jeune homme avait démontré un enthousiasme communicatif au sujet de l’entrée d’Harper à l’université, et il avait bien fait, car lorsqu’ils étaient rentrés chez les Pritchard, une lettre de confirmation à propos de sa bourse l’attendait. De fait, elle n’avait pas chômé depuis, et son inscription s’était faite dans la foulée, car elle savait que si elle traînait, elle serait tentée de repousser l’échéance et d’abandonner le droit qu’elle avait de faire quelque chose de bien de sa vie.

Et ce quelque chose ne comportait pas de se prendre des cuites avec des abrutis habillés en gladiateurs – Russell Crowe était définitivement le seul à pouvoir revêtir une jupette sans avoir l’air ridicule. Visiblement, il y avait une compétition sportive qui se déroulait au cœur de la fête. Aussitôt, l’intérêt d’Harper s’intensifia. Jamie n’étant pas intéressé, elle le laissa vadrouiller comme il savait si bien le faire, et pris la tangente pour aller s’informer sur ce qu’il se passait. Lexie lui avait dit de faire attention à l’ourlet de sa robe qui traînait derrière elle, et dans un geste bien trop féminin pour être Pritchard, elle dut remonter très légèrement son jupon fluide pour dévaler la volée de marches qui se présentait devant elle, puis elle se dirigea d’un pas serein vers un groupe qui semblait tout aussi perdu qu’elle. Elle s’y mêla, avant qu’une pression sur son épaule ne la fasse doucement se retourner. Le désespoir s’étala soudain sur son visage, et ses yeux soulignés par un subtil trait d’eye-liner doré toisèrent la silhouette qui s’était flanquée derrière elle.

« Pourquoi je suis même pas étonnée de te voir ici ? » Henry Watson-Brown lui avait fait des avances du ton le plus salace qu’elle n’avait jamais entendu de sa vie – et venant de quelqu’un qui avait travaillé au Cabaret de Lima, c’était quelque chose. Harper arqua un sourcil et s’arrêta sur les détails de la tenue du jeune homme ; elle n’eut pas besoin de faire un tour complet de sa stature de dieu grec, le minimalisme de son costume était flagrant. Elle roula des yeux en disant « Tu dois être content du thème de la soirée, ça te donne une bonne raison de t’exhiber. Je peux ? » Comme un vieil automatisme, elle tendit la main pour venir, du bout de l’index, tâter l’un des pectoraux du jeune homme – leurs rares conversations via Twitter l’avaient informé des efforts qu’il faisait pour s’entretenir. Impressionnée par la fermeté qu’il avait gagnée depuis leur dernier échange, elle s’exclama avec spontanéité « Youhou, quel progrès ! »


Dernière édition par Harper E. Pritchard le Ven 1 Jan - 22:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Sam 7 Nov - 1:09

Henry n'avait jamais besoin de planifier ses approches. Son naturel présomptueux n'était un secret pour personne, sauf pour les rares chanceuses vers qui l'amenait le doux vent des provocations. Paré de son sourire le plus charmeur, il se fiait au pouvoir éprouvé de son charisme. Les mots étaient superflus, il n'avait qu'à laisser agir les explosions hormonales suscitées par sa simple présence. Et autant dire que ce soir, sa nudité partielle pouvait transformer ses accroches les plus sexistes en répliques de contes de fées. Lui-même était conscient d'être un terrible goujat, mais ce défaut était le propre des hommes qui exerçaient un irrémédiable pouvoir d'attraction. Ainsi, l'ironie faisait que ces mêmes hommes aux manières indélicates n'apparaissaient aux yeux de certaines femmes que comme des objets sexuels pour qui la parole n'était qu'un luxe. Un objet pour un objet : tout le monde y trouvait son compte et Henry remportait son défi haut la main. Jamais encore il n'avait séduit quelqu'un par ses réflexions philosophiques ou grâce à la profondeur inattendue de ses sentiments. Les femmes se fichaient de ses opinions et il leur devait une fière chandelle, parce qu'elles étaient aussi creuses que le sillon de ses abdominaux. Quoiqu'il en soit, cette fille était sans doute comme toutes les autres auprès desquelles il avait baratiné pour obtenir une futile et éphémère attention. C'était triste à dire, mais les personnes qui fréquentaient ce genre de soirées devaient leurs présences dans l'université à leurs compétences sportives ou au portefeuille de leurs parents. Celles qui étaient condamnées à financer leurs études à la sueur de leur intelligence laissaient déjà l'empreinte de leur postérieur sur leur chaise de bureau et subissaient, avec agacement et une pointe de jalousie, l'insouciance du reste du campus portée par le vent nocturne. De fait, Henry n'aurait qu'à compter sur l'impact inexistant de ses mots et l'apparat de son costume pour décrocher un rire niais - il avait le don de déclencher ce genre de réaction auprès des filles qui se demandaient encore pourquoi ça frétillait dans leurs culottes - et repartir avec un numéro de téléphone qu'il s'empresserait de refiler au premier péquenaud le plus offrant.

Sa proie se retourna enfin. Il n'avait pas immédiatement réalisé, trop occupé à jauger du coin du regard les expressions fébriles de ses nouveaux compagnons de fortune. Mais lorsqu'elle lui fit face de tout son aplomb, Henry ne put contenir un sourire ravi. Oh il ne doutait pas qu'elle allait lui rendre la tâche compliquée. Mais Henry adorait les défis. Et il savait surtout foncièrement que son passif avec Harper, couplé à des mois et des mois de nouvelles à rattraper, lui vaudrait une bonne quinzaine de minutes en solo en sa ravissante compagnie. La seule et l'unique. Qui aurait pu la reconnaître, habillée en fille et avec une coiffure digne de ce nom ? Même pas Henry, qui avait examiné sa poitrine et son postérieur sous tous les angles, n'avait été capable d'identifier la propriétaire de ces hanches à la féminité exacerbée par une ceinture de corde. Mais surtout, que diable faisait Harper Pritchard sur le campus de Lima ? Il n'y avait que dans un univers alternatif qu'Henry aurait pu faire le rapprochement entre ce derrière bombé et la brute qui lui avait torturé les tétons, lui avait asséné un coup de coude dans le ventre et l'avait giflé. En vérité, Harper lui était apparue comme une bouée de secours dans cet océan de visages inconnus. Il avait bien besoin de s'accrocher à un passé glorieux, et de toute évidence elle ravivait en lui les souvenirs épiques de son statut déchu. "Ça alors, Attila parmi les dieux de l'Olympe ! Si t'étais pas aussi élégante, je t'aurais cru perdue." railla-t-il en feignant une expression de surprise excessive. Yeux écarquillées et bras ballants à l'appui. La jeune femme ne tarda pas à faire grimper son score auprès des autres recrues d'ABE en renouant avec ses vieux automatismes. D'une main experte et habituée, elle vint effleurer du bout de l'index les muscles de son buste. "Sois pas frustrée parce que les tiens ont fini de pousser. Tu connais déjà mon point de vue sur la question de toute manière." répondit-il en fronçant le nez, le regard furetant en un éclair dans le décolleté de son interlocutrice. Même si Henry aurait adoré parler soutien-gorge avec Harper - c'était un sujet de conversation inévitable entre eux - il jugea bon de signifier les véritables raisons de sa présence ici. Surtout pour lui arracher à son tour quelques confidences. De fait, si Harper n'était pas étonnée de le voir ici, Henry ne pouvait s'empêcher de se demander si sa présence à elle était le fruit du plus grand hasard ou si elle avait finalement fait la paix avec la vérité : elle ne pouvait se passer de lui.

"Figure-toi que j'habite ici." confia-t-il en levant les bras au ciel pour souligner la magnificence de son rang. C'était en effet la première fois qu'il recevait Harper chez lui. En quelque sorte. "Mais tu me vois obligé de te poser la question : qu'est-ce que toi tu fiches ici ? Tu es venue avec Jerry ? Oh non t'es plus avec lui ! T'en fais pas, les amours de lycée ça fonctionne rarement. Et je crois me souvenir qu'il avait des soucis érectiles."
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Dim 8 Nov - 12:12

Ce qui était plaisant dans la relation qu’Harper entretenait avec Henry, – aussi anecdotique fut-elle, n’en déplaise au principal intéressé qui croyait sincèrement qu’elle rêvait de le chevaucher, même lorsqu’elle était éveillée –, c’était qu’avec lui, elle n’était pas obligée de faire de civilité. Depuis qu’elle s’était construit une vie sociale, les efforts qu’elle abattait pour paraître un tant soit peu polie lui étaient pénibles. Devoir se mordre la langue pour utiliser un vocabulaire décent, et cacher toute l’ironie qui animait ses instincts de sauvageonne indélicate était devenus la croix qu’elle devait porter si elle voulait que son entourage proche ne se sente pas constamment déprécié. Être confrontée à Henry, c’était la promesse de ne pas avoir à réfléchir avant de s’exprimer, et si naturellement, elle était déjà agacée par l’air suffisant qui animait ses traits, elle devait reconnaître qu’elle était enchantée par le parfum de liberté qui pointait en vue des prochaines minutes qui s’écouleraient en sa compagnie. S’il y avait bien une personne autour d’elle qui se fichait pas mal d’être avilie, c’était Henry.

Ils se n’étaient pas côtoyés depuis plusieurs mois, bien qu’Henry s’était fait un plaisir de lui rappeler qu’il était devenu un ami plus ou moins proche de Julian – une relation qu’Harper ne comprenait pas, tant ils étaient différents, et qu’elle ne voyait pas vraiment d’un très bon œil non plus, connaissant le rythme de vie qu’Henry menait, ainsi que les vices qui le poussaient à se considérer lui-même comme un dieu vivant –, et pourtant, leurs vieux réflexes se rappelèrent à eux à la seconde où ils s’étaient aperçus de la personne qu’ils avaient en face d’eux. C’était rassurant d’une certaine manière. Au cours des mois qui avaient passé, tant de choses avaient changé, au point qu’à un moment donné, Harper n’avait plus su qui elle était. Croiser Henry, c’était réconforter l’idée désagréable qu’elle avait de se perdre dans un univers qui, disons-le franchement, n’avait rien à voir avec la personne qu’elle avait toujours été.
Harper s’était tristement habituée à son quotidien de galérienne, alors quand la lumière au bout du tunnel l’avait aveuglée, l’impression d’être une autre personne l’avait contrainte à l’introspection. Et si elle n’était pas aussi présomptueuse qu’Henry, elle avait tout de même une estime d’elle assez haute, si bien que ça l’avait toujours empêchée de se lancer dans ce genre de processus – un processus qu’elle avait d’ailleurs très mal vécu. Elle avait passé quelque temps à errer sans savoir exactement comment elle supporterait les nombreux changements qui s’apprêtaient à chambouler toutes les certitudes concernant l’avenir morose qu’elle avait appris à accepter, malgré la difficulté, qu’elle avait ressenti le besoin de s’éloigner de la source de son angoisse ; l’université de Lima, alors qu’elle représentait aujourd’hui tous ses espoirs d’une vie meilleure, avait, pendant un temps, été le pire cauchemar d’Harper. Et échapper à l’imminence de l’arrivée des parents de Jamie à Lima n’avait pas été la seule motivation du couple en ce qui concernait leurs longues vacances en tête-à-tête, il y avait aussi le déséquilibre certain qu’Harper avait ressenti en s’apercevant qu’elle était à deux doigts de pouvoir s’occuper d’elle-même – qu’enfin, on l’autorisait à rêver. Pour quelqu’un qui avait passé quasiment toute sa vie à s’occuper de sa famille, s’oubliant parfois pour maximiser leur chance de vivre la vie qu’il méritait, avoir la possibilité de reprendre son destin en main, c’était aussi enivrant que tous les ersatz d’hydromel qu’ils servaient au bar de la confrérie des ABE.

Elle réussissait à faire illusion cependant. Et le temps qu’ils discuteraient, Henry l’aiderait à puiser dans ses ressources et à renouer, le temps de quelques heures du moins, avec sa nature profonde – qui était bien loin du faste de la mythologie grecque. Tandis qu’elle replaçait le serre-tête doré qui maintenait sa coiffure, Harper se ficha d’un sourire goguenard lorsqu’Henry lui indiqua qu’il vivait ici. La jeune femme jeta un regard circulaire à l’endroit ; la confrérie des ABE était la réplique exacte de toutes celles que l’ont voyait dans les teen-movie traitant du sujet. Elle s’attarda sur les personnes qui se trouvaient à leur proximité, toutes à s’exciter devant des challenges sportifs qu’aucun d’entre eux ne seraient capables de réussir, avinés jusqu’à vomir sur les marches impeccables qui menaient jusqu’à la maison. Harper grimaça intérieurement. Elle ne serait pas étonnée de trouver, au sol-sol de cette grande bâtisse, un tableau blanc sur lequel était collé les photos de toutes les étudiantes de premières années que ces pauvres sexistes primitifs se défieraient de culbuter pour faire monter le score d’un compteur qui n’avait de sens qu’à leurs yeux. Son attention se reporta sur Henry. C’était un univers dans lequel elle faisait définitivement tache, mais dans lequel lui avait sa place tout indiquée.

« Si tu voulais savoir si j’étais de nouveau célibataire, il fallait me le demander au lieu de tourner autour du pot, Barry. » Avant de le contourner à moitié histoire de migrer vers la maison, Harper fit une halte à ses côtés pour lui tapoter plusieurs fois la joue « Sois pas jaloux, va. Quand tu décideras d’être moins con, toi aussi ça t’arrivera. Je parle de trouver quelqu’un, pas des soucis érectiles. » Elle marqua une pause « Quoi que t’as besoin de personne pour ça. » Pendant qu’elle essayait de se rappeler des fois où ils avaient partagé l’étroitesse d’un placard sans que l’anaconda qu’il se vantait d’avoir entre les jambes ne se mette à gigoter, Harper ajouta « Prends pas ton cas pour une généralité, ça s’arrangera quand tu sauras comment faire. » Une toute dernière fois, elle lui tapota la joue, puis elle lui fit signe de la suivre. Tout en relevant légèrement le bas de sa robe pour ne pas se prendre les pieds dedans en marchant, elle poursuivit « Ça te surprendra sans doute, j’ai réussi à décrocher une bourse pour étudier ici. Je savais pas qu’on venait ce soir, c’est Jamie qui m’a emmenée. » Elle commença à monter les petites marches du perron, adressant à Henry un regard neutre, mais un sourire sincère « T’occupes quel poste chez les Buckeyes ? » Elle roula des yeux « C'est bon, pas besoin d’être brillant pour deviner que t’as le profil de la recrue parfaite. T’étais le seul à valoir le coup chez les Titans. » En arrivant en haut des marches, et donc près de la porte, Harper s’arrêta nette, et se retourna pour barrer la route à Henry qu’elle empêcha d’avancer en carrant les épaules, et en lui plaquant une main sur le torse. Ses paupières se plissèrent, et d’un ton menaçant, elle lui ordonna « T’avises pas de prendre ça pour un compliment. » Elle verrouilla son regard au sien pour être sûre qu’il ne soit pas tenté de croire qu’elle s’était ramollie, et après un très bref hochement de tête, elle tourna de nouveau les talons pour entrer dans la maison.


Dernière édition par Harper E. Pritchard le Ven 1 Jan - 22:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Lun 28 Déc - 23:10

Réflexion faite, Henry aurait dû finir par s'habituer à croiser Harper dans des endroits insolites. Et lorsqu'on connaissait un tant soit peu le personnage, la présence de l'ex championne d'athlétisme à une soirée étudiante était à peu près aussi surprenante que celle de Lindsay Lohan sur les bancs de l'église. D'ordinaire, les rencontres des désormais deux jeunes adultes impliquaient un placard et de l'alcool. Si Henry avait eu la surprise de découvrir Harper recroquevillée dans le cagibi de l'entrée - un autre mot pour réserve d'alcool -, il aurait probablement été moins choqué que de la voir se fondre dans la masse d'étudiants costumés. Mais de toute évidence Harper Pritchard était un véritable caméléon en société, à partir du moment où elle se gardait d'ouvrir la bouche. Elle dirait sans doute qu'il lui suffisait de débrancher son cerveau, mais Henry était plutôt du genre à saluer l'effort de sa transformation physique. Ne pouvait pas s'improviser déesse grecque qui voulait. Il fallait du caractère. Il fallait de l'assurance. Et il fallait surtout assez de matière pour combler les plastrons et autres bustiers qui composaient les traditionnelles tenues olympiennes. Par chance, Harper avait presque autant de confiance à revendre qu'elle n'avait de poitrine. Autrement dit beaucoup. Une - deux - montagne de confiance. Mais il y avait une chose qu'elle n'avait pas : des amis. Les yeux hagards, elle faisait sans doute mine de chercher quelqu'un comme une pauvre fille assise seule à une table au Starbucks, trop embarrassée à l'idée d'admettre qu'elle n'avait personne avec qui partager son Pumpkin Spice Latte. En véritable super-héros Henry avait volé à son secours - il avait déjà la cape -, même si le hasard avait joué un énorme rôle dans l'histoire de leur rencontre fortuite. Il voyait bien dans ses yeux qu'elle bénissait autant que lui la perspective de partager avec un visage familier des vacheries à des années lumières des mondanités que se réservaient les inconnus dans l'espoir de briser la glace. Entre eux le réchauffement climatique avait déjà fait fondre toute la calotte glacière des civilités.

Le sourire narquois qu'elle esquissa avait des airs de confrontation. Il rappelait tristement à Henry les efforts qu'il avait dû déployer pour augmenter sa moyenne et obtenir cette satanée bourse. Mais dans un sens, l'ancien quarterback des Titans se sentait fier de pouvoir se vanter d'avoir intégré l'université sans détours comme ç'avait de toute évidence été le cas pour Miss Pritchard. Jusque-là, il avait effectué un parcours sans faute. Sous son masque de sarcasmes, Harper dissimulait sans doute une surprise teintée de respect. Mais elle était bien trop fière pour admettre qu'elle honorait les exploits accomplis par un pauvre sportif sans l'aide précieuse de son petit trafic cérébral. Chaque regard inquisiteur d'Harper sentait le mépris mais Henry savait que foncièrement elle contenait une pointe de jalousie. Personne ne dirait non au privilège d'intégrer une prestigieuse institution du système grec universitaire. Les insinuations à peine subtile sur la potentielle impuissance du jeune homme glissaient sur lui comme un kart de Mario sur une peau de banane. Il n'avait rien à prouver à Harper Pritchard, même s'il devinait que ses vaines provocations n'étaient pas tout à fait désintéressées. Harper n'était pas idiote, elle savait qu'en s'attaquant à la virilité d'un garçon ce dernier se ferait un devoir de lui prouver le contraire. "Tu devrais essayer sur Jacky la psychologie inversée, parce que c'est peine perdue avec moi. J'irai pas te prouver ce que je peux faire avec ça." rétorqua-t-il en fendant l'air de sa main droite pour signaler son entrejambe. "Tu t'en remettrais jamais ma chère. Quand tu goûtes à la cuisine épicée tout le reste te semble fade."

L'heure des révélations avait enfin sonné. Contre toute attente, Harper n'était pas ici pour lui déclarer sa flamme. "Ça te surprendra sans doute mais je suis pas surpris. Arrête de jouer les fausses modestes Harper, on sait tous les deux que tu es une fille brillante. Faut bien compenser ton incompétence flagrante pour les relations sociales. C'est pour ça que Jamie prend ce genre de décisions à ta place." admit-il en la rattrapant sur le perron. "Est-ce que tu es même au courant de l'intérêt de cette soirée ? Tu vois, parmi tous ces gens que tu méprises il y a de remarquables athlètes qui composent leurs équipes pour les épreuves des jeux universitaires. Tu t'en doutes les affinités jouent beaucoup, mais pour avoir observé pendant quelques temps je peux te dire que des centaines de dossiers ont été étudiés. Le God of War c'est une institution par ici."
Harper se figea soudain pour lui barrer le passage, comme pour retenir avec elle les compliments qu'elle lui avait soufflés à demi-mot. Parce que oui, quoiqu'elle en dise il s'agissait de compliments. Il fit néanmoins semblant de lui accorder raison en opinant du chef, même si ses yeux fermés et ses sourcils haussés le contredisaient. "Halfback. Je suis évidemment pas encore capitaine mais c'est en progression. A McKinley tout le monde jure par le poste de quarterback mais en ligue universitaire j'ai pas le gabarit. Cela dit c'est un poste assez complet et respectable parce qu'on la joue à la fois en passe et en offensive." se défendit-il. Loin d'être de mauvaise foi, Henry avait au contraire appris à estimer ses nouvelles responsabilités. Il n'avait pas le pouvoir décisionnaire d'un quarterback mais c'était grâce à lui que l'équipe pouvait gagner du terrain. Et marquer, accessoirement. Une fois à l'intérieur, Henry empoigna deux gobelets sur la plateau d’Éros avant d'agripper le poignet d'Harper. C'était drôle comme cette situation lui rappelait avec exactitude la première fois qu'il l'avait entraînée dans le placard de Brittany. Fendant la foule, il gratifia ses camarades d'un regard lubrique avant d'ouvrir la porte du cagibi. "Comme au bon vieux temps." dit-il en faisant signe à Harper d'entrer la première.
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Ven 1 Jan - 23:02

Harper avait fait une habitude de se moquer des piques lancées contre elle, par Henry ou par qui que ce soit d’autre, d’ailleurs. Sa peau était une cuirasse faite en peau d’animal légendaire ; seule une arme particulièrement affûtée et venimeuse pouvait la transpercer pour atteindre le cœur, plus mou qu’il n’y paraissait, qui se cachait dessous. Il y avait peu de personnes qui réussissaient à toucher la jeune femme, mais lorsque son camarade de placard la mit devant le fait accompli en lui dévoilant le véritable intérêt de cette grande fête costumée, elle éprouva un sentiment singulier de vexation. Ça ne faisait que quelques jours qu’elle évoluait au sein du campus de L’Ohio State University de Lima, mais déjà, elle savait qu’elle ne rentrerait pas dans le moule purement académique sur lequel étaient faits les élèves qui étudiaient ici. Ca n’avait rien à voir avec son tempérament turpide ni même à la classe sociale de laquelle elle faisait partie – de toute façon, personne à Lima ne pouvait vraiment se vanter d’être né avec une cuillère en argent dans la bouche, si ce n’était les quelques vedettes qui avaient élu domicile aux alentours de la ville, attirées par le miel d’une certaine reconnaissance liée au sport local ; les concours de chorales.

Durant tout son parcours scolaire, Harper Pritchard n’avait fait aucun effort, bénéficiant de facilités qu’elle avait transformées en un business florissant – business auquel elle avait dû mettre un terme, menacé par les langues un peu trop pendues qui l’entouraient à l’époque, et qui ne lui voulaient pas que du bien. À McKinley High, il n’était pas bien difficile de briller ; elle avait beau avoir un quotient intellectuel très élevé, ironiquement, ce n’était pas ça qui lui avait permis de tirer son épingle du jeu : la moitié des élèves de son lycée étaient des abrutis congénitaux sans ambition, démissionnaires et obsédés par la popularité. Harper n’avait jamais eu besoin de faire ses propres devoirs, elle n’avait jamais eu besoin d’étudier pour assurer dans toutes les matières de son emploi du temps, entourée par les maîtres du crétinisme. Mais à la fac, c’était une autre paire de manches ; pour asseoir ses ambitions de devenir quelqu’un, elle devrait jouer des coudes, et se donner du mal pour arriver la première – ce qui, en définitive, lui était arrivé que quand elle faisait partie de l’équipe d’athlétisme –, car des gens intelligents, il y en avait un paquet ici.

Le regard de merlan frit qu’elle lança à HWB lorsqu’il lui apprit l’importance de cette fête fût aussitôt balayée par sa tentative de faire la conversation avec lui. Harper devait cacher sa confusion, et c’est par un compliment détourné, et non-assumé, qu’elle introduit le sujet du sport avec habileté. En plus d’un ego en or massif qu’il n’en finissait plus de polir, sûrs tous les deux d’être nés de la cuisse de Jupiter – ils étaient totalement dans le thème de la soirée, finalement –, ils avaient en commun un intérêt certain pour le sport. Bien qu’Henry ne fût attiré que par le prestige que lui apportait l’exercice d’une discipline aussi rigoureuse que le football, et les groupies qui allaient avec, et que la course était une échappatoire pour Harper, toujours est-il qu’ils aimaient suer. Curieuse de voir les athlètes qu’il avait décrits en action, ressentant soudain un enthousiasme sincère à l’idée de remettre un pied dans un univers qu’elle avait adoré, en ex-championne plus que prometteuse qu’elle fût alors, Harper faillit faire une pirouette dans l’autre sens du perron pour jeter un œil aux jeux qu’elle distinguait de loin maintenant, mais Henry agrippa son poignet, la ramenant dans le moment présent.

« Tu me réserveras des billets pour la prochaine saison. » Elle ne tenait pas à ce qu’il pense encore une fois que son entreprise était influencée par un quelconque intérêt à son égard, alors qu’elle voulait clairement assister à son premier match de championnat universitaire, connaissant l’importance de ce genre d’opportunité dans une ville aussi sous-estimée que Lima, elle ajouta en élargissant son regard, et en plongeant le nez dans le gobelet qu’il lui tendit « J’adore le football, OK ? » précisa-t-elle, sur la défensive, avant de boire une longue gorgée de sa boisson. Se laissant conduire par le jeune homme sans se demander ce qu’il avait derrière la tête, c’est seulement quand elle remarqua la porte du cagibi de l’entrée qu’elle arqua un sourcil, et que la tête inclinée sur son épaule, elle minauda « Aww, t’es tellement amoureux de moi. C’est presque embarrassant. » Prenant le signe de tête d’Henry pour un défi, elle regarda derrière elle, et jeta un dernier coup œil à la foule. Harper s’enquit de la présence de Jamie dans les parages, mais il était toujours aux abonnés absents. Reprenant une gorgée de son gobelet en pivotant sur ses chaussures, elle accentua l’arc au-dessus de son sourcil en regardant Henry, et entra la première dans le cagibi.

Lorsqu’il referma la porte, derrière lui, c’est déjà adossée au mur du cagibi qu’elle lui demanda avec un sourire en biais « Combien de fois t’as rêvé de ce moment depuis la dernière fois ? Tu peux me le dire, je le répéterai à personne. » Son gobelet devant sa bouche, Harper remua les sourcils plusieurs fois, profitant qu’il ne la voit pas pour se la jouer séductrice de pacotille. Ne laissant pas le temps à ses pupilles de s’acclimater à la pénombre, elle chercha à tâtons la ficelle de l’éclairage, et tira dessus pour éclairer l’habitacle qui était plus encombré qu’elle l’avait cru. Ni une ni deux, elle posa son verre sur le sol, et sans craindre d’empiéter sur la vie privée de quelqu’un, elle souleva le dessus du premier carton qu’elle trouva sur son chemin.
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Lun 14 Mar - 22:56

De ses têtes à têtes inopinés avec la Pritch, Henry avait hérité des goûts de luxe en matière de placard. Chez la tristement riche Brittany, leurs 7 minutes in Heaven - ou Hell, si l'on voulait pinailler - s'étaient déroulées dans un cadre plutôt chaleureux, quoiqu'étriqué. Mais Henry soupçonnait surtout les airbags de l'adolescente de donner une impression de miniaturisation aux pièces, objets, voire personnes qui l'environnaient. Chez la prétendument enceinte Candace, la pièce avait davantage l'allure d'un dressing bordé de rideaux de poils d'animaux en tout genre - et définitivement pas ceux du jeune homme, qui n'hésitait jamais à honorer les dictons comme quoi il fallait souffrir pour être beau. Henry n'échappait pas aux standards esthétiques de leur siècle : il faisait ces critères. Et lorsque Harper tira sans ménagement sur la ficelle de l'ampoule, Henry ne put contenir une expression d'effroi, sans doute très fortement liée au fait que cette lumière était aussi naturelle qu'un poisson nourri à l'uranium. Machinalement, il porta sa main devant ses yeux, juste assez longtemps pour laisser à sa rétine le temps de digérer la quantité d'informations qui luisait dans le tout petit cagibi. On aurait pu croire qu'en tant que nouvelle recrue Henry aurait déjà eu le temps de visiter le moindre recoin de cette pièce, mais il n'avait pas fait partie des chanceux comme le proclamé Eros qui, tandis que lui se réchauffait sur sa branche d'arbre au contact de ses malheureux camarades, avaient passé des nuits au chaud dans ce nid douillet. Le tour du propriétaire était vite fait, et quelques vestiges du passage de certains aspirants ABE demeuraient, comme une forte odeur d'urine à peine masquée par des quantités de javel. Mais Henry savait qu'Harper n'était pas le genre de fille à se formaliser d'un tel élan de mauvais goût, et il ne doutait pas que ce taudis lui rappellerait avec nostalgie son premier rencard avec Jamie. Retenant un hoquet de dégoût, il entreprit de s'asseoir consciencieusement sur un fût de bière encore vierge de toute débauche.

"Si seulement tu savais Harper, ce moment transcende le rêve." dit-il avec un sérieux déconcertant. Il ne doutait pas que la jeune femme saurait déchiffrer l'ironie dans ses paroles, pour la simple et bonne raison qu'ils n'usaient jamais d'autre répartie que le sarcasme dans leurs conversations. Ce qui, il devait l'avouer, était parfois extrêmement frustrant. Et il ne doutait pas par ailleurs qu'elle noterait la facilité avec laquelle il avait débité un mot de trois syllabes qu'on trouvait seulement dans les livres, héritage de discussions presque constructives avec la consciemment intelligente Whitney Pierce. Elle le défiait toutes les semaines de caser un nouveau mot dans son vocabulaire quotidien, ce qu'il faisait souvent à très mauvais escient sans que personne ne lui en tienne rigueur : l'inconvénient de fréquenter des muscles et non des cerveaux. Quant à lui, ce qui le marquait était l'application avec laquelle Harper essayait d'éluder toute conversation qui pourrait la concerner de près ou de loin, à commencer par l'origine de sa valeureuse bourse. Une bourse qu'elle avait de toute évidence dans la poche avant même la dissolution du club d'athlétisme. A ce niveau, Harper ne jouait plus les fausses modestes. Elle jouait simplement les hermétiques. Pire qu'un bento plein à craquer de soupe, de sauce et de lentilles fumées. Et peut-être même de fromage français. Peut-être qu'elle avait peur qu'il parvienne à l'ouvrir et ne défaille sous le coup de toutes ces odeurs mélangées. Pire encore, il avait à peine aperçu une lueur d'intérêt lorsqu'il avait évoqué les jeux, alors que du peu qu'il la connaissait, Harper était une compétitrice dans l'âme. "Arrête ton cirque Harper, pourquoi est-ce que tu n'as pas intégré la fac tout de suite après ta graduation ? L'athlétisme c'était que du bonus pour toi. Tu me prends pour un idiot mais je suis un idiot lucide. Je savais que le foot était ma seule porte d'entrée alors j'ai foncé. Et j'ai augmenté ma moyenne de trois niveaux pour arriver ici." Grâce à Whitney, mais c'était un détail.

Henry porta son gobelet à ses lèvres, comme pour se protéger du venin qu'il s'attendait à voir jaillir des serpents sur la tête de sa vieille connaissance. Il la connaissait, Harper allait se braquer et l'envoyer balader. Mais peut-être qu'il en avait envie. Peut-être qu'il avait envie de la défier de s'allier à lui pour cette compétition. Ou de se ranger contre lui. "Tu sais il y a une épreuve d'athlétisme aux God of War. Je dis ça..." avisa-t-il en levant les mains en l’air comme pour se décharger de ses aveux, laissant tomber au sol quelques gouttes de son précieux hydromel. "Et si en plus tu adores le football… Tu m’en vois pas étonné d’ailleurs, t’es plus virile que ton copain. Et en plus on gagne le double de points quand une fille marque un touchdown. C’est incroyablement sexiste mais ça fait les affaires de tout le monde. Les gens se battront pour t’avoir dans leur équipe. Tu veux pas que je t’introduise dans le cercle pas si méprisable du système grec ? Harper Pritchown, l’athlète déchue qui conquiert le sport universitaire américain. T’es le cliché du rêve américain. On fera un film sur toi et Sandra Bullock gagnera un nouvel Oscar." conclut-il en mimant un gros titre dans le vide trop illuminé du cagibi.
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MessageSujet: Re: [ABE] 01. Harry Pritchown and the Olympians   Ven 25 Mar - 23:38

Déceler l’ironie, Harper, en bonne ambassadrice du sarcasme, savait faire. Ce fut donc sans se formaliser du peu de diplomatie du jeune homme qu’elle se mit à rire grassement, enchantée par la réponse sardonique qu’il lui avait apportée. Il y avait des choses qui ne changeaient jamais. Comme un vieux doudou qu’on retrouve dans des cartons poussiéreux abandonnés dans le grenier de la maison familiale, cette situation était réconfortante. Ça l’était toujours de se plier à de vieilles manies, à des rituels… Partager un placard avec Henry Watson-Brown était devenu un des siens.

Aveuglée par l’éclairage cru de l’ampoule, Harper plissa un moment les paupières. Accordant à Henry un coup d’œil distrait, elle s’appliqua à lisser le jupon de sa longue robe de déesse pour ne pas la déchirer, puis s’agenouilla non loin de lui. Sans attendre de répondre à l’effet de la gnole qu’elle avait sirotée, elle ouvrit le premier carton mal refermé qu’elle trouva à portée de bras. Elle n’y trouverait sans doute pas son vieux doudou, mais ça l’intriguait qu’un endroit aussi petit soit aussi encombré, alors que la maison dans laquelle la fête se déroulait était aussi grande que la pension Preston. Elle plongea ses deux mains sous le rabat qu’elle souleva, ne se souciant guère des horreurs qu’elle pourrait trouver à l’intérieur, et à tâtons, encore une fois, caressa les contours d’un objet dur et froid. Elle arqua un sourcil dubitatif, surprise par la matière qu’elle palpa, tandis qu’Henry se lançait dans ce qu’il savait faire le mieux – en plus de contracter ses muscles comme un culturiste, s’entend : l’analyser.
La preuve en était, il y avait des choses qui ne changeaient jamais ; mais en même temps, tant de choses avaient changé depuis qu’Harper avait rejoint la fac. Absolument pas étonnée par la brutalité sereine avec laquelle Henry entamait son procès, Harper tourna la tête vers lui.

« Et depuis quand ça t’intéresse d’avoir de vraies réponses ? Mieux, depuis quand ça te concerne, la façon dont je gère ma vie ? » Elle se redressa lentement, soudain pleine de condescendance, mais ses mains, toujours plongées dans le carton, se refermèrent sur des anses en ferraille auxquelles elle s’accrocha fermement. Elle était capable, pour protéger sa dignité, de se servir de l’objet mystérieux qu’elle tenait. Henry avait beau avoir une mâchoire taillée dans le béton, elle n’était pas d’acier, et la lui fracasser représenterait l’accomplissement d’un rêve refoulé. Harper retint brusquement sa respiration, et rentra le menton, pendant que son regard s’assombrit du venin qui montait en elle.

Elle se braquait, et quand on la connaissait, c’était d’un prévisible. Toutefois, elle n’était pas la seule à l’être ; Henry pouvait se targuer d’être un feinteur exceptionnel, méritant tout les éloges qu’on lui avait faits lorsqu’il était encore quaterback dans l’équipe du lycée, lorsqu’il ne s’agissait pas de sport, ses intentions étaient aussi criantes que les soucis de comportement de son interlocutrice. Et le fait qu’il la provoquait poussa cette dernière à prendre la tangente – ça lui faisait mal à la poitrine d’envisager de ravaler sa colère ; mais elle aussi avait changé.

« C’est Sunny qui m’a obtenue une bourse quelques mois avant la fin du lycée. » Elle expira, et sa respiration se saccada. Harper n’avait jamais fait savoir à Sunny qu’elle avait finalement utilisé le passe-droit qu’elle lui avait décroché ; Jamie l’avait peut-être fait, ils n’en parlaient jamais. Leur inimitié était une chose, mais l’ingratitude en était une autre. Et bien qu’elle lui en voulait toujours d’avoir dépassé les limites de leur relation, elle penserait à lui écrire pour la remercier. Même si, en ces temps difficiles, elle avait parfois le sentiment que cette bourse n’était rien d’autre qu’un cadeau empoisonné.

Harper extirpa l’objet qu’elle avait toujours au bout des doigts, et fût déconcertée en voyant son image se refléter sur la coupe dorée qu’elle brandit devant son nez ; un trophée d’athlétisme. À ce stade, l’ironie devenait presque insultante. Elle reprit, après avoir fait claquer sa langue sur son palais et en secouant la tête « J’avais pas envie d’aller quémander moi-même en sachant que je la méritais, alors j’ai laissé tomber. » Elle coula un regard, un peu honteux, en direction d’Henry « Tu vois, sur l’échelle de la médiocrité, McKinley se situe au même niveau que tes capacités intellectuelles. Mes résultats étaient excellents, mais moins que les élèves au tableau d’honneur de Carmel High qui DÉCHIRE au niveau de sa réputation. Par contre, avec l’athlétisme, je les aurais tous laminés. Sauf que… » Elle haussa les épaules, ne tenant pas à revenir sur la dissolution du club. Ça lui faisait de la peine, parce que ça lui manquait, et qu’elle savait qu’elle aurait eu un avenir dans cette discipline. Elle n’en aurait pas fait son métier, mais elle en aurait profité pour faire les choses bien et pour s’assurer un futur prospère. C’était douloureux de se rendre compte que, presque toute sa vie, elle avait passé du temps à courir pour rien. Elle soupira de dépit « Pourquoi tu te sens toujours obligé de mentionner Jamie ? » le coupa-t-elle, agacée, et elle tourna la tête pour lui lancer un regard féroce. Finalement, elle roula des yeux, et vrilla sur ses genoux pour s’asseoir sur son illustre derrière. En tailleur, Harper releva sa robe pour libérer le triangle formé par ses jambes, et posa la coupe entre ses genoux « Haha. » s’exclama-t-elle d’un ton monocorde « Je m’en fous des oscars. Tu sais ce que j’aurais bien aimé ramener chez moi après la remise des diplômes ? » Elle pencha la tête en soulevant la coupe en or de quelques centimètres, et en la remuant pour la désigner de façon silencieuse « Les miennes. On nous donne que des cocardes en guise de souvenirs quand on gagne. Les coupes sont la propriété du lycée, t’y crois ça ? »
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