Choriste du mois


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 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]

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MessageSujet: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Lun 28 Déc - 17:19


Measure twice but cut once.


Un écouteur fixé dans son oreille, June finissait de reprendre l'ourlet de sa robe en coulisse. Perchée sur de hauts talons, sa longue perruque tombant en une cascade de boucles blondes, elle chantait un classique de Noël, une aiguille coincée entre les dents. « Ding dong merrily on high, In heav'n the bells are ringing. Ding dong! verily the sky Is riv'n with angel singing. » Le mois de Décembre avait toujours eu le don de le mettre dans tous ses états et son alter-égo féminin ne dérogeait pas à la règle.

Sa robe courte en sequins dorés trônait sur un mannequin tandis que June tournait autour en chantant, reprenant une manche légèrement trop large, ajustant le décolleté pour parfaire son illusion du genre. « Pray you, dutifully prime. Your matin chime, ye ringers. May you beautifully rime, Your evetime song, ye singers. » La voix flûtée qu'il prenait lorsqu'Alexi revêtait l'identité de June fut coupée par le régisseur qui souhait faire une dernière répétition avant la soirée. Chanter en live était rare pour une drag-queen comme June et nécessitait quelques aménagement comme le complément d'une bande-son et de chœurs intégrés. Mais rien n'effrayait la jolie blonde qui enfila sa robe, passa une main distraite sur ses longues jambes hâlées pour ensuite s'installer sur scène.

Le temps lui jouait encore d'étranges tours. Si la fin d'après-midi passait lentement, organisé autour d'une douche et de quelques vérifications esthétiques, le début de soirée filait à une allure délirante. Les derniers essayages avaient eu lieu, et une rapide répétition avait précédé l'ouverture du cabaret et de sa scène. Derrière le rideau, June entendait les spectateurs discuter, rire, tandis qu'elle sirotait tranquillement un verre de tequila sunrise. Si Alexi était d'un naturel angoissé, June prenait le dessus lorsqu'il enfilait quelques faux-cils et une paires de talons pour se transformer en blonde incendiaire et confiante. La même blonde qui passa une jambe fuselée à travers le rideau lorsque les premières notes de son show retentirent. Les pans de tissus s'ouvrirent sur la blonde, un micro à la main, reprenant plusieurs tubes américains, aguichant un homme au premier rang, prenant des poses lascives sur scène.

Si la plupart savait que June était travesti, la jolie blonde savait les troubler et semer le doute. L'illusion était quasi parfaite, et sa voix de fausset assez aiguë pour concurrencer celles de certaines chanteuses à la radio lui permettait de jouer sur ces incertitudes. Mais si June aimait se produire et se jouer du public, la jolie blonde aimait encore plus l'après. Sortir de scène sous les applaudissements des spectateurs lui permettait de mesurer la qualité de son travail. June traversa le rideau, un sourire éclatant illuminant son visage. Elle passa rapidement en loge pour se repoudrer et effacer les traces que la chaleur des projecteurs avait laissé sur son teint, puis rejoignit le bar de cabaret pour profiter de la gente masculine. La blonde savait l'effet que son corps délié, sa taille moyenne rassurante, ses talons hauts et sa jupe courte pouvaient faire sur les hommes. Son regard bleu azur lança une œillade à un client tandis qu'elle se propulsait sur un des tabourets et commanda  une pina colada qu'elle remua ensuite doucement, ses yeux fixant ceux d'un homme assis un peu plus loin dans la salle.

Oui, elle aimait l'après, les regards admirateurs de ceux qui avaient apprécié le spectacle, le sourire de celles, souvent célibataires, qui jaugeait ses artifices et en relevaient la qualité, et les moues dégoûtées des rares femmes en couple, souvent jalouses ou inquiètes sur l'effet que cet homme en robe pouvait faire sur leurs compagnons. Cette attention lui plaisait. Mais pas toute. La brune qui la fixait, assise à une table, l'inquiétait. Elle avait ce côté inquisiteur et curieux qui avait le don d'irriter June et d'angoisser Alexi. Ce genre de regard assuré qui ne souffrait aucune contestation. Mais ce soir, la blonde avait le dessus. Elle avala une longue gorgée de sa boisson alcoolisée, lui faisant monter légèrement le feu aux joues, et sauta de son tabouret pour se diriger à coups de grandes enjambées vers la brune. I hope you bitch is ready.

De sa voix perchée teintée d'accent anglais, elle lui lança : « Hey. Puisque tu semblais me fixer, te demandant sans doute de quel grand couturier je tenais ma robe, j'aurai voulu en profiter pour te poser une question. S'aider entre filles quoi. » June s'assit au bord de la table de façon ostentatoire, croisant élégamment ses longues jambes pour mettre en valeur sa silhouette, et lui adressa un large sourire ironique. « Je n'ai rien entre les dents ? »

Les yeux bleus fixaient la brune qui ne semblait pas se démonter, sans doute nullement impressionnée. June avait l'habitude que son personnage perturbe son auditoire, maniant l'humour et le sarcasme pour malmener son public. La suite allait être étonnant et détonnant, quelque chose d'épicé, de quoi plaire à June.





Dernière édition par June Evers le Sam 19 Mar - 19:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Mer 30 Déc - 0:23

Les nouvelles étaient mauvaises. Megan laissa s’exprimer sa rage en lâchant un bougonnement guttural, alors qu’elle raccrochait sans ménagement au nez d’Anna. Pieds nus sur la moquette, elle pivota avec majesté vers l’un des gigantesques miroirs de son dressing, son portable étroitement serré dans la paume de sa main, et le visage empreint d’une expression douloureuse à cause de la crispation de ses mâchoires qui retenaient un second grommellement. Ce n’était pourtant pas la faute de son assistante toute désignée si le Karma avait décidé de se retourner contre la directrice des Awesome Voices. Ah, qu’il lui paraissait loin son grand rêve de gloire ! Pas moins de sept mois après la révélation de la deuxième victoire consécutive de la chorale préférée de Victoria Meyers, tout semblait tourner à leur désavantage.

Il y avait bien sûr eu le désastre impromptu de la Tournée de la Victoire qui avait visiblement placé la rentrée des violets sous de très mauvais auspices. À croire que tous les méfaits accomplis par l’ex-Fairy Dust s’étaient rappelés au bon plaisir de la fatalité qui n’en finissait plus de s’amuser avec la patience fictive de la jolie fée. Ainsi, Peter avait ensuite annoncé son départ de la ville, laissant derrière lui ses coéquipiers qui s’étaient aussitôt attristés de ce désistement improbable – et Megan aussi, malgré l’inimitié évidente qui la liait au neurologue. De bonne foi, elle lui avait souhaité une bonne continuation, le suppliant de ne surtout pas lui envoyer de photos de la brioche qu’il ne tarderait pas à faire dorer dans le four de sa niaise de Second Chance. Il y avait des limites à sa sensiblerie, et elle ne tenait pas à se retrouver à devoir mentir sur la beauté d’une patate puante estampillée Graysberg.
Ce soir, Anna lui apprenait en plus que le fonds des Awesome Voices était presque vide. À vrai dire, la comptabilité n’avait jamais été le fort de MM, et sa tendresse assumée pour le grandiloquent l’avait poussée à faire des choix stratégiques dans le but d’offrir la meilleure publicité à ses choristes. Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort aurait pu devenir leur slogan officiel tant la surenchère d’arguments spectaculaires apportée par la fortune de Megan  avait accompagné le parcours sans fautes de sa chorale. Du moins, jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, ils ne pouvaient même plus se permettre de passer devant l’objectif d’Anna dans des tenues hors de prix ni d’évoluer dans des décors faussement simplistes, où les tentures onéreuses et les détails raffinés sublimaient le talent des chanteurs qui étaient restés.

Levant soudain le menton pour affronter son regard vairon à travers le miroir devant elle, Megan relâcha la pression de ses doigts autour de son téléphone portable. L’une des choses qui lui permettaient de bien prendre toute cette guérilla invisible menée contre son génie artistique, c’était la rumeur concernant le tournage imminent d’une série musicale dans les environs. D’après ce qu’elle avait entendu dire dans les couloirs étroits de la WOHN NEWS qu’elle avait innocemment visités pour promouvoir la chaîne YouTube des Awesome Voices, les auditions ne tarderaient pas à battre leur plein : avait-elle besoin de s’y présenter, ou cet idiot de Roman Helldridge viendrait à elle tout seul ? Elle préférait laisser cette question en suspens, tout de même préoccupée par la mauvaise nouvelle qu’elle venait tout juste d’apprendre. Davantage encore, Megan se redressa. N’aimant pas la lueur de désespoir qu’elle lisait dans ses yeux, elle se somma de la faire permuter en un rictus qui rehaussa ses pommettes redessinées par le blush. Rien ne l’avait jamais fait flancher. Bientôt, elle trouverait une idée pour asseoir sa réputation, et sortir de nouveau les Awesome Voices de cette impasse. Mais en attendant, elle avait besoin d’un verre.

Il n’y avait plus rien à boire dans son luxueux duplex. De fait, Megan se rendit en voiture dans le seul endroit de la ville qui méritait son approbation d’artiste-née : le Cabaret. Vêtue de noir de la tête aux pieds, le cheveu souple, et la semelle rouge claquant sur les pavés crasseux de la ruelle dans laquelle elle s’engouffra après avoir garé sa voiture, elle passa par l’entrée des artistes. Habituée à se rendre au Cabaret ne serait-ce que pour jeter un coup d’œil aux numéros qui se jouaient sur la scène intimiste de l’établissement, Megan n’attendit pas qu’on l’escorte, déterminée comme à son habitude. S’installant sans attendre à sa place attitrée, elle passa commande par un regard échangé avec le barman qu’elle gratifia d’un clin d’œil mutin, et attrapa au vol le verre que le serveur vin, quelques secondes plus tard, déposer devant elle. Ni une, ni deux, elle siffla son remontant, et tout en gardant le liquide alcoolisé dans sa bouche pendant un instant, elle s’intéressa distraitement au spectacle qui était en train de se terminer.

« Oh, chérie, ce n’est vraiment pas le bon soir. » la prévint-elle avec une considération inédite. Megan avait subitement avalé tout l’alcool qu’elle avait gardé dans sa bouche lorsque la meneuse de revues se dirigea vers elle avec un cran incroyable ; même si c’était un scandale, elle ne devait pas savoir à qui elle s’adressait. Megan tourna la tête vers elle, et la toisa de toute sa grande taille, et pendant qu’un sourire goguenard se dessina aux coins de ses lèvres, elle se risqua à passer ses doigts manucurés sous le rebord de sa robe duquel dépassait un fil mal recousu qu’elle remarqua tout de suite, même sous l’ éclairage tamisé « Si tu veux faire croire que tu portes de la Haute-Couture, fais en sorte de mieux travailler tes ourlets. » lui dit-elle sans lever le ton plus haut qu’un murmure, puis elle tira sur le fameux fil avec une poigne sèche, trahissant le calme qu’elle souhaitait donner à la réponse qu’elle venait de lui accorder. Megan arqua un sourcil, et prit l’autre verre que le serveur lui tendit, avant de le lever vers son interlocutrice, comme si elle portait un toast « Mais je dois reconnaître que c’est une bonne copie, alors sans rancune. »
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Mer 30 Déc - 11:48


Measure twice but cut once.


June ne manquait jamais de se féliciter de se maquiller avec autant de virtuosité. Ou autant tout court. Tout d'abord puisque son talent lui permettait de vivre correctement et d'entretenir l'illusion du genre qu'elle aimait jeter à la face du monde. Comme une de ces chanteuses qui aimait hurler dans un micro pour étaler ses talents vocaux, elle s'amusait à jouer avec les palettes et les pinceaux pour toujours être la plus crédible. Une façon d'exister dans la différence. Ou de répondre à un appel plus intime, allez savoir. Ensuite parce que le maquillage corrigeait beaucoup d'imperfections qui la dérangeaient. La mâchoire masculine d'Alexi était gommée, floutée par un contouring habile, ses yeux étaient agrandis par un fin trait de liner blanc et les irrégularités de son teint étaient estompés par l'association presque magique d'un correcteur et de pas mal de poudre. Et après la remarque acerbe de la brune qui avait percé à jour son assurance de façade en quelques secondes, June sentit le feu de la gêne se propager sur ses joues. Puis se rasséréna rapidement en se rappelant qu'elle était assez maquillée pour que ça passe relativement inaperçu sous les éclairages indirectes du cabaret.

Le pire ennemi du travesti : la lumière directe des projecteurs. Ou la lumière du jour, ce qui expliquait le rythme de vie assez particulier d'Alexi.

Comment avait-il pu laisser un fil dépasser de son ourlet ? C'était là le genre d'erreur qu'il ne commettait jamais. Avant une scène, il vérifiait les moindres détails de sa tenue, de son apparence, passant au crible les imperfections qui pouvaient faire se briser le charme de sa prestation. Tout ne tenait qu'à un fil et ses représentations étaient de véritables numéros d'équilibriste. Sa gène passagère dissipée, June détailla rapidement de son œil habitué de couturier la tenue somme toute sobre mais élégante de son interlocutrice. Tout en elle respirait la confiance de celle qui avait l'habitude d'obtenir ce qu'elle désirait et du pouvoir. Mais June n'ayant jamais été fin psychologue, elle garda bien pour elle ses impressions pour lancer un sourire éclatant à la brune. « C'est vrai ? Elle te plaît ? Je suppose que venant d'une personne s'habillant avec goût, c'est un compliment. » Mais le travesti s'était bien gardé de préciser s'il pensait effectivement que la brune savait bien se vêtir, affectant la fausse naïveté qui lui seyait tant.

Passant une main délicate dans ses boucles blondes, elle se pencha pour se rapprocher de la jeune femme, flirtant avec la gêne que pouvait occasionner une telle proximité. « Tu peux l'emprunter, si tu veux. Bien sûr, il faudra faire quelques retouches... » dit June en lui lançant un regard qui ne faisait aucune concession. « … mais ça pourrait être sympa sur toi. Je crois. » Après lui avoir lança un sourire contrit, la blonde laissa un silence lourd de sens s'installer avant de partir d'un rire franc. Laisser son personnage exploser pour reprendre le contrôle était parfois le meilleur moyen de désamorcer tout affrontement. June tendit sa main ornée de faux ongles en direction de la brune. « Je m'appelle June. June Evers. Et je suis nouvelle ici. Et si j'en crois le petit manège qui s'est joué au bar, tu ne l'es pas, toi. A qui ai-je l'honneur ? »

June se fit rapidement la réflexion que sa dernière assertion pouvait être prise comme soulignant les habitudes alcoolisées de son interlocutrice. Et donc complètement déplacée. Mais elle préférait ne pas s'y attarder. Au pire des cas, la brune l'envoyait balader et June reprenait le cour normal de sa soirée, sirotant des cocktails et s'amusant en coulisse avec ce spectateur du premier rang décidément vraiment charmant. Au mieux elles commençaient une conversation philosophique sur la couleur noir, les rayures horizontales et la faim dans le monde de la mode. Il ne fallait pas exagérer, la faim dans le monde était trop déprimant comme sujet de conversation, mais les mannequins anorexiques, ça c'était une vraie plaie.



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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Dim 3 Jan - 12:56

Une seule discipline avait appris la rigueur à Megan, et c’était la danse. Elle en avait passé des soirées à repriser ses chaussons tout neufs, les tordant dans tous les sens, et leur faisant subir d’atroces coups de ciseaux pour les assouplir, et lui assurer de resplendir, telle une étoile, sur le parquet des nombreux cours qu’elle prenait à l’époque. Elle savait reconnaître les ajustements apportés à n’importe quel tissu, et les heures de travail que ça représentait pour arriver à un résultat comme celui qu’elle avait sous les yeux. La coupe de la robe était admirable. Même si le style de l’ensemble était vulgaire et clinquant, à l’image des tenues de scène de Christina ou de Mariah – Regan, paix à son âme corrompue, aurait sûrement été d’accord avec elle sur ce point –, il n’en était pour le moins évident que la qualité du gréement était tout simplement époustouflante. Megan adorait les paillettes, mais pas sur les vêtements, aussi regretta-t-elle l’amoncellement de sequins qui diffusaient une lumière chatoyante autour de la créature qui s’adressait à elle.

Le respect que Megan avait pour les artistes était immuable, car elle en était une, elle aussi. Elle savait par quoi il fallait passer pour que, le temps d’une chanson, d’une danse, ou d’un gala de charité, on ressente toute l’effervescence d’être traité comme un astre. L’intransigeance qu’elle avait acérée grâce à sa passion pour la danse aurait dû se rappeler à elle lorsqu’elle constata qu’un malheureux fil s’échappait de l’ourlet, pourtant parfait, de son interlocutrice. Sauf qu’à la place, elle se remémora, en passant, les multiples erreurs qu’elle aussi avait commises au cours de sa carrière. Personne ne lui avait fait de cadeaux. Rétrospectivement, elle savait qu’elle en avait souffert, et que le caractère qu’elle avait choisi d’honorer pour se défendre dans la vie était directement lié au bashing dont elle avait été victime après son éviction des Fairy Dust. Un fil, ce n’était rien comparé aux multitudes de commentaires outrageants, de photos volées, et de mauvaises publicités – c’était une erreur, mais elle était réparable, contrairement au reste. Pendant qu’elle l’invitait d’un geste de la main à s’asseoir en face d’elle, Megan décida de se montrer magnanime – du moins, à sa façon. Mutine, elle lui répondit :

« D’une personne comme moi, c’est un compliment, tout simplement. » La simplicité, revue et corrigée par Megan Morgan « Je t’en prie, commande ce que tu veux, c’est moi qui offre. » Elle se laissa tomber en arrière, et s’appuya contre le dossier de sa chaise recouverte d’un velours aussi grossier que les sequins qui accentuait les contours fardés de son interlocutrice. Manifestant son amusement en réagissant en même temps que la chanteuse, elle rit légèrement à ses propos. Ce soir, Megan n’était pas la seule à avoir du caractère « Quant tu rempliras ton décolleté avec autre chose que du coton, tu pourras te permettre de me jauger comme tu viens de le faire, mon cœur. » Elle l’accompagna dans son explosion de rires – plus hypocrite, tu meurs –, et avant de siroter son verre du bout des lèvres, elle le leva devant son visage. Éclatant d’un « Cheers ! », Megan savoura l’amertume rassurante de l’alcool qui se déposa sur sa langue.

Il était inconcevable qu’une personne sur cette planète ne reconnaisse pas Megan Morgan. Après tout, elle avait longtemps fait les choux gras de la presse à scandales, et même aujourd’hui, alors que l’intérêt autour de son indécent personnage s’était quelque peut effrité, il arrivait qu’elle refasse son apparition dans les colonnes des blogs de potins. Souvent, on s’inquiétait seulement de savoir ce qu’elle était devenue, son absence dans les soirées mondaines ayant été remarquée. Megan pouvait largement s’en contenter, ça lui donnait l’impression qu’on se languissait d’elle – se languir, non ; se moquer de son alliance avec une sous-catégorie de chanteurs, assurément.
Du coup, quand June s’enquit de son identité, Megan grinça des dents, n’étant plus habituée à décliner son identité ; l’affront était clair et limpide. Car si Hollywood l’avait plus ou moins oublié, il en était autrement en ville : Megan était à la tête de LA chorale vedette de Lima, comment June ne pouvait-elle pas savoir ça ?

Oh, elle était nouvelle. Megan leva un sourcil en accent circonflexe « Megan Morgan. » dit-elle très sobrement, même si en vérité, elle était déjà prête à lui dérouler tout con curriculum vitae. Elle serra, une petite expression de dédain épinglé sur le visage, la main que June lui présentait « Blake aurait été ravie de te rencontrer. Blake Hillyard, l’ancienne propriétaire des lieux. Quelqu’un de bien. Une légende. » Dans l’univers des films pour adultes, nulle part d’autre. Megan sourit à June « Comment est le nouveau, d’ailleurs ? Je n’ai pas encore eu l’honneur de le rencontrer, mais il doit savoir ce qu’il fait, étant donné qu’il t’a engagé. » Pas très généreuse en matière de compliments, Megan venait toutefois de lui en faire un deuxième en peu de temps. Son verre dans une main, Megan l’avança vers sa seconde pour faire mine d’applaudir, puis penchant la tête sur le côté, elle plissa les paupières, et ajouta « D’où vient cet accent, June ? »
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Lun 11 Jan - 23:11


Measure twice but cut once.


Si June était un être de la nuit complètement éphémère, qui, à l'instar du monstre du Docteur Frankenstein, vivait à coup de perfusions de maquillages et de gloss, Alexi, lui, tentait de vivre le jour. Et occupait ses journées désœuvrées grâce aux documentaires animaliers. Son petit cœur se serrait parfois lorsque dans un accès de rage Maman Hippo piétinait Bébé Hippo, ou lorsqu'un faon ne courrait pas assez vite pour échapper à ses prédateurs canins. Mais s'il avait regardé la soirée de June au cabaret de Lima, son cœur se serait sans doute aussi serré pour la petite créature blonde et clinquante, sans défense face au prédateur averti et sans pitié qu'était Megan Morgan. Le regard bleu de l’imitation féminine s'agitait intérieurement face à celui, d'un calme impérial, de la brune qui savait qu'elle maîtrisait son environnement et la conversation. Courage June, ce n'est qu'un mauvais moment à passer.

La jeune femme ne semblait pas se déconsidérer, et au contraire, avait une haute estime d'elle-même. Mais ce qui inquiétait le plus June était que cette confiance en elle qu'avait la brune pouvait être légitime. S'était-elle attaqué à plus gros qu'elle ? Un lion s'était plus d'une fois retrouvé en piteux état après avoir essayé de s'attaquer à un troupeau de gnous. Et June n'avait rien d'un lion, ni Megan d'un gnou d'ailleurs. Elle était le prédateur, mais la blonde comptait bien lui montrer qu'elle aussi avait sa place dans la terre des lions. Hakuna Matata. La femme avait décidé de jouer avec elle et elle ne serait pas déçue. Remontant doucement sa fausse poitrine pour la remettre en place, June adressa un clin d'oeil à Megan. «  [color:4fb3=cc99cc]Le coton, c'est pour les amateurs, darling. Ce sont des prothèses en silicone, et un soutien-gorge ajusté que je porte. Avec un peu de contouring, on dirait presque des vrais. Tu devrais essayer. » lui lança-t-elle avant de trinquer avec la jolie brune. Si Alexi était prostré dans un coin de la tête June, la blonde s'amusait follement, montrant les griffes. Elle ne savait pas encore si elle aimait cette Megan, mais une chose était sûre : c'était une femme comme elle qui faisait avancer les choses. Et June aimait ces figures de femmes de pouvoir.

Le boisson commandée et offerte par Megan brûla agréablement la gorge de June, se répandant en fluide épais dans sa bouche avant de se diffuser dans son ventre en ondes chaudes et épicées. Voilà ce qu'aimait la drag-queen dans l'alcool : la sensation de bien être et de liberté. Elle sentait les verrous de son esprit se desserrer petit à petit tandis que son égard pour la brune grandissait. L'autre lui annonça son nom comme une vérité absolue, une vérité que sans doute elle aurait dû connaître. June ne connaissait qu'en surface l'histoire de Lima, ayant surfé rapidement sur le net pour se renseigner sur sa destination. Elle avait retenu quelques noms, dont celui de la mairesse qui faisait la Une de certains tabloïds locaux, loin des choux gras impitoyables de la presse londonienne ou new-yorkaise. June n'avait lu qu'en travers les histoires de chorales pour se concentre sur l'université dans laquelle elle s'était inscrite, aussi le nom de Megan ne lui dit rien et elle se contenta de prendre notes.

La brune enchâinait déjà, lui parlant de l'actuel propriétaire du cabaret. June haussa les épaules. « Tu sais, je viens d'arriver et je ne l'ai pas vu plus de deux fois, je crois. Et encore, je ne suis pas certaine que ce soit lui. Je confonds tout le monde ici. » Rire. « Mais il a été assez gentil pour me recevoir un après-midi et me laisser ma chance, ce qui n'était pas gagné vu la … nature de mes prestations. » Faisant tourner le liquide de sa boisson avec l'extrémité de son agitateur, elle observait les glaçons sombrer dans l'alcool avant de remonter. Elle continua : « Je suis assez surprise par Lima. C'est une ville étonnante. » , lança-t-elle plus pour elle-même que pour Megan. Étonnante, tout autant que son interlocutrice. Qui était-elle ? La fille de la mairesse ? La papesse des potins du coin ? La reine de l'université ? L'entrepreneuse locale ? Sérieusement, cette fille l'intriguait, ce qui était assez rare chez un homosexuel qui portait des robes.

Mais déjà la chasse reprenait. Tapie dans l'ombre, Megan Morgan repassait à l'attaque, questionnant June sur son accent. Un moment, la blonde hésita à prétendre que cela faisait parti de son personnage avant de singer l'accent putassier de certaines filles du coin démesurément vulgaires. La côte Est des Etats-Unis regorgeait d'accents typiques intéressants à mimer. Mais il se fit la réflexion qu'il n'était peut-être pas intelligent de jouer avec la potentielle fille de la mairesse, qu'elle pensait transgenre au demeurant. La mairesse, pas la fille. Mais là était une autre histoire. « Je viens de Londres, ça doit expliquer mon accent de fausse bourgeoise en robe pailletée. »

La blonde se pencha légèrement en avant, oubliant son verre à moitié vide. Par dessous sa paire de faux-cils habilement collés, elle fixa la brune. « Dis moi Megan, explique moi pourquoi j'ai l'impression que je devrais te connaître. Tu es quelqu'un d'important ici, mais j'ignore pourquoi. » Tous guettaient le moindre des gestes de la brune et y répondaient avec ferveur, c'en était flippant. Se redressant, la blonde s'enfonça contre le dossier de sa chaise et croisa ses jambes campées sur de hauts talons. « Tu peux me le dire, tu es la fille cachée de la mairesse. Ou alors tu diriges en secret un groupuscule catholique qui fait pression sur la politique locale. » Non, décidément, elle voyait mal Morgan se mettre à genoux pour prier. Même si l'image eu le mérite de faire sourire la blonde.



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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Sam 23 Jan - 11:02

La tolérance n’était inéluctablement pas le fort des habitants de Lima, aussi Megan opina-t-elle scrupuleusement du chef en observant June d’un œil curieux, et en écoutant, tout aussi intéressée, le récit de son embauche au Cabaret. Il ne fallait pas en attendre beaucoup des beaufs des environs ; le seul pas de géant qu’ils avaient fait ces dernières années, c’était d’accepter de cohabiter avec les différentes chorales de la ville. Megan était arrivée après la bataille, mais elle s’était renseignée sur le combat qu’avait mené William Schuester en son temps, et ce pour faire entendre la voix des jeunes qu’il avait pris sous son aile. Non, Megan n’avait jamais eu beaucoup d’affection pour ce mouton échappé de la bergerie, mais elle saluerait toujours les efforts qu’il avait accomplis pour faire entendre la voix de ses élèves-chanteurs ; il avait fallu que des amatrices reprennent le flambeau, et enterrent définitivement la légende qui entourait les New Directions, tout premier Glee Club de la ville à avoir détrôné les prodigieux Vocal Adrenaline. Quel gâchis ! Même si dans le fond, l’abandon des New Directions avait servi les intérêts des Awesome Voices.

Il ne fallait pas croire qu’à l’époque de Schuester, il ne s’agissait que de moqueries spécifiques à l’univers sans pitié du lycée. Megan avait lu, se terrant dans un coin de la bibliothèque municipale pour consulter les archives, comme une héroïne de roman noir, la mise en plis et le porte-cigarette en moins, et avait appris qu’absolument tout le monde en ville avait pris en grippe les Glee Glubs… La mairesse en particulier – quelle ironie, elle qui l’avait propulsée à la tête des Awesome Voices ! Personne n’avait jamais pris les chorales au sérieux, jusqu’à ce que ça devienne le sport local, et que des personnalités importantes, telles que des avocats, des médecins, ou des ex-gloires comme elle, viennent apporter un peu de liant à l’étiquette décollée qu’on leur attribuait. Les victoires consécutives des Awesome Voices lors des derniers championnats y étaient sans doute pour beaucoup également, car elles offraient à la ville une visibilité dans les médias locaux, et reboostait l’intérêt autour de cet endroit qui demandait à être connu – malgré la tempête de l’an dernier et les dégâts qu’elle avait causés, l’économie avait repris, et les petits commerces poussaient comme des champignons aux quatre coins des rues. Comme le disait si bien June, Lima ne payait peut-être pas de mine au premier abord, mais elle était étonnante – et c’était probablement pour cette raison que Roman Helldridge avait décidé d’y siéger dans le but de préparer son tout nouveau projet.

« Tu te feras des amis, ici. Il y a beaucoup d’expatriés. » répondit Megan, éclairée quant à l’accent qu’elle avait décelé dans la voix de June. Elle disait vrai, à croire que les British avaient tous le rêve enfoui de venir s’enterrer dans la campagne profonde de l’Ohio. Intriguée, mais se réservant le droit de garder ses interrogations pour plus tard, Megan posa sur June un regard encore plus curieux. La tête penchée sur son épaule, elle l’observa, ses yeux vairons se faisant une joie d’avoir un nouveau profil à étudier. Elle fit danser le liquide qui restait dans son verre, et le pied qu’elle tenait à deux doigts tangua dangereusement entre ses griffes acérées.

Elle ne pouvait s’empêcher de trouver le choix de destination de son interlocutrice curieux. Une nouvelle fois, elle se fit la réflexion que Lima n’était pas un endroit où il faisait bon être différent. Un personnage comme June ne trouverait son salut qu’en devenant un oiseau de nuit, et tandis que Meg cessait son analyse pour jeter un regard furtif à l’endroit dans lequel elles se trouvaient ce soir, elle se dit que June l’avait déjà compris.
Les questions de June firent sourire Megan. Brusquement, elle siffla les dernières gouttes de son verre, et jouant le mystère, elle l’imita pour se pencher sur la table qui les maintenait à distance, et lui murmura avec un plaisir qu’elle ne prit même pas la peine de dissimuler « Je suis mieux que ça encore. »

C’était comme si tout était prévu. Megan se leva de sa chaise, et défit les boutons de sa veste cintrée pour l’entrouvrir sur un corsage ouvragé, de qualité, à en juger par l’agencement de la dentelle qui recouvrait les formes qu’elle avait fait remodeler à sa guise. Le noir se fit autour d’elle, et un faisceau de lumière qui la mettait à son avantage tomba sur sa silhouette qu’elle tendit pour mieux cambrer ses reins. Juchée sur ses talons hauts, c’est une main posée sur le cadre de la chaise derrière laquelle elle se flanqua, et l’autre restructurant les boucles qui lui tombaient sur les épaules, que Megan laissa l’agitation qui provenait des clients plongés dans le noir trouver racine en elle. Elle ne montait pas sur scène avec les Awesome Voices lors des compétitions, tenant à rester dans l’ombre pour mieux accueillir les lauriers, et elle avouait parfois que ce sentiment lui manquait. Pleine d’allégresse face à l’enthousiasme général, elle commença à claquer des doigts en rythme, le regard planté dans celui de son interlocutrice :

« Everyday is payday
Swipe my card, then I do the nae nae
You talking to a lady
I want a Kanye ye not a Ray J »


La main fermement agrippée au cadre de la chaise, Megan la décolla légèrement du sol pour en claquer les pieds, et après un mouvement de la tête durant lequel ses longs cheveux bruns fendirent l’air comme un fouet effilé, elle y installa son talon aiguille.

« So that's a no no
I'm a Maybach and you's a Volvo
This convo's beat like Dre aye
I already know what you trying to say hey »


Elle se hissa, debout sur la chaise, et commença à remuer les hanches, sans craindre de tomber malgré la hauteur de ses talons, et la cadence des mouvements qu’elle exécutait comme une professionnelle. Sans lâcher June du regard, elle continua, et entama son refrain :

« You say that you a baller
And I see you trying holla
But that ain't how I was brought up-next
Working for the money
'Cause that what my momma taught me
So yo ass better show me some re-spect »


Dans un même enchaînement, elle fit tomber sa veste de ses épaules, et pendant qu’elle savourait la tiédeur de la salle sur ses épaules nues, c’est en s’obligeant elle-même à relever la tête, une main frôlant son menton, qu’elle descendit de la chaise pour aller rejoindre la scène d’un pas bondissant. Le faisceau de lumière que le responsable de la mise en scène lui avait réservé la suivit dans son déplacement, et le reflet de ses cheveux valsa dans la pénombre sommaire du cabaret.

« Boss
Michelle Obama
Purse all heavy
Gettin' Oprah dollars »


Megan monta les quelques marches menant jusqu’à la scène, gardant une attitude fière, et un maintien impeccable de sa posture qui inspirait le respect – elle ne regarda personne, concentrée sur le chemin qu’elle emprunta. Une fois qu’elle progressa sur le plateau qu’elle rejoignit en quelques enjambées sautillantes, elle attrapa le micro qu’elle toucha avec ses lèvres vermeilles. La scène entière s’illumina soudain, permettant à l’assemblée d’avoir une vue complète sur l’allure de la chanteuse, et la musique retentit enfin :

« C-O-N-F-I-D-E-N-T
That's me, I'm confident
Don't want yo compliments
Use common sense
I'm on my Michelle Obama-shhhh »


Megan sépara le micro de son pied, et le fit tomber d’un coup de pied gracieux. Tout en pointant June du doigt, elle reprit :

« Shut yo mouth
Boy I think you know who run this house »


De loin, elle lui fit un clin d’œil.

« I ain't thirstin for no bae...
'Cause I already know what you trying to say hey ! »
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Sam 23 Jan - 22:35


Measure twice but cut once.

June avait toujours aimé la nuit. Par force d'habitude. Si au début Alexi avait été forcé et contraint d'exercer son « art » lorsque les boîtes de nuits et autres bars ouvraient, le jeune homme y avait pris goût. Tout était foncièrement différent de nuit. Les lumières étaient moins franches, plus colorées, plus denses. Et les gens étaient étrangement plus heureux, réunis pour passer un bon moment. Boire, manger, regarder un film dans une salle obscure, danser sur les derniers tubes que crachaient boucle les radios. Le blond qui avait ciré les bancs des écoles de son joli postérieur le jour avait finalement apprécié d'enfiler une paire d'escarpins et de se déhancher sous les projecteurs brûlants des discothèques. Mais si à New York ou à Londres il était facile d'être soi, d'être différent, étrange, comme un garçon blond, fin à la voix haut perchée qui aimait porter des robes et chanter sur scène en faisant la tête de hommes, les choses étaient un peu différente à Lima.

Alexi avait renoué douloureusement avec ces regards en biais qui jugeaient sa composition frêle et ses vêtements trop colorés, pas assez masculins assurément. Il avait retrouvé ces chuchotements au coin d'un rayon d'une grande surface, cette gêne qu'il avait quand il s'imaginait sortir en ville, affronter le jugement du monde entier. Aussi avait-il poli son image, adopté des tenues plus conventionnelles et sans originalité qui lui faisait l'effet d'un costume. Et June n'avait jamais été aussi vivante qu'à cet instant. Il en rêvait, mordillant l'extrémité de son crayon lors de ses cours à l'université de Lima, imaginant sa tenue du soir, les gestes qui allaient étirer le maquillage qui recouvrirait son visage, créant une image mentale de la femme qu'il allait faire vivre quelques heures plus tard. Elle était son échappatoire, sa carapace, sa raison de fermer les yeux sur les murmures qui s'entassaient derrière son dos. Lima n'était pas la gentille bourgade de l'Amérique moderne et libre. C'était encore un royaume à conquérir pour ceux qui se sentaient différents, et June était prête à mener sa croisade, armée de son sourire parfait, de ses boucles dorées et de ses hauts talons.

Mais le demi-sourire de Megan avait réchauffé le cœur du garçon qui sommeillait derrière la robe brillante et une paire de faux-cils. Il savait qu'il avait une raison de se battre, une raison d'exister sans se cacher. Bien sûr, que pouvait-elle en savoir de vivre la différence, elle qui semblait si normale, avec son teint hâlé, ses grands yeux vairons et sa confiance inébranlable. Elle semblait maîtriser son monde. Non. Elle le maîtrisait réellement. Elle était mieux encore que tout ça.

Il avait suffi d'un regard, ne manquait plus que le claquement de doigts. La brune s'était levée, guerrière, arrachant son haut pour dévoiler un corset que la drag-queen jalousa immédiatement. Et le spectacle ne faisait que commencer. Elle n'était plus belle, plus sensuelle, avec ses lèvres pleines et son regard fiévreux. Elle était sexuelle, la cambrure de ses reins soulignée par un jeu de lumières irréel, les jambes interminables réhaussées par une paire de talons à faire pâlir les débutantes. Si June apprécia la mise en scène, elle ne put retenir un sifflement admiratif. Elle était belle, la garce, et savait chanter. Mais qui était cette fille qui semblait diriger l'univers d'un murmure, écrasant doute et médiocrité sous ses talons vertigineux ?

Le cabaret retrouvait ses lettres de noblesse avec La Morgan. La voix suave et maîtrisée lâchait les phrases comme autant de mises en garde et d'affrontements, comme autant de promesses de batailles. Elle semblait mettre au défi le public d'oser revendiquer sa place sur scène, de la lui reprendre. Et June était d'humeur taquine. S'imaginant comme dans l'une de ces séries qui programmaient des battle de chansons qui s'orchestraient avec autant de naturel qu'une octogénaire sur un skate-board, la blonde adressa un signe au programmateur musical avant de marcher sur le territoire oh combien défendu de la Miss Megan. Le thème allait être girls-band ce soir mes chéris. Qu'une énième leçon de Schuester commence !

Le pont musical se fit en douceur, se terminant sur les notes de la brune. Un des projecteurs gardé éteint pendant la prestation de Megan se ralluma doucement, englobant June dans un halo lumineux. Le rythme qui reprit, légèrement plus rapide, servit d'introduction à la blonde qui se leva lascivement de sa chaise, une main flirtant avec la courbe de sa cuisse fuselée. Son regard azur pointé vers la brune sur scène, elle commença, son menton volontaire narguant Megan.

«  Hey baby
Tell me your name
I got a fever for you
I just can't explain. »


S'avançant lentement vers la scène, elle laissa quelques secondes sa main effleurer l'épaule d'un homme de l'assistance pour ensuite continuer sa route, ses jambes se croisant au rythme calculé de ses pas, sa robe montant et descendant habilement à chacun de ses mouvements. Le public semblait intrigué, sans doute par l'affrontement musical qui se jouait sous leurs yeux. Arquant un sourcil en direction de Megan, elle lui tourna à demi le dos, faisant mine de l'ignorer. Si avec cette prestation elle n'avait pas un Oscar, elle voulait bien se faire appeler Léo DiCaprio le reste de sa vie.

« But there's just one problem
I'm a bit old school
When it comes to lovin'
I ain't chasing you »


Mais déjà le rythme s'accélérait. Et la voix de June qui touchait à peine les mots pour les délivrer à son assistance se fit plus insistante, prouvant qu'en plus de jouer, elle savait chanter. Léger vibrato contrôlé, notes flirtant avec le jazzy, regard intense en direction de la brune, tout y était pour montrer à l'occupante de la scène que la partie n'était pas gagnée d'avance.

« Oh
You know that I've been waiting for you
Don't leave me standing all by myself
'Cause I ain't looking at no one else »


Ses pas l'avaient amenée sur scène, face à Megan Morgan. Les contrastes s'y mêlaient et s'affrontaient, désormais illuminée par les deux projecteurs des deux femmes, plongeant le reste du cabaret dans une obscurité relative. Avançant vers la brune, June, mutine, ponctua le nouveau rythme que prenait la chanson en ondulant sur ses hauts talons, comme une dernière provocation.

« Hey
Get your back off the wall
Don't you get comfortable
Looking so hot
I think that I might fall (Woo!) »


Le jeu ambiguë que jouait June semblait émoustiller et faire réagir une partie du public qui osa même un sifflement appréciateur. Mais que le public se tienne prêt, le mashup ne faisait que commencer.



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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Mar 2 Fév - 21:15

Les yeux vairons de Megan s’écarquillèrent, et sa bouche pulpeuse s’ouvrit avec la même détermination que si elle s’apprêtait à dégobiller sur les planches lustrées du Cabaret. Bien heureusement, elle n’ingérait plus rien de solide depuis l’automne 2010, les dégâts ne seraient donc pas déplorables si elle expulsait toute l’aigreur cheminant en sens inverse le long de sa trachée. La bougresse, c’est qu’elle allait la rejoindre sur scène, et lui voler son moment en se déclarant meilleure chanteuse de tous les temps.
Personne au monde ne l’avait jamais Kanye Westiser. De fait, un réflexe de survie poussa la starlette à jeter un coup d’œil alarmé droit vers les backstages. C’était là-bas qu’elle avait l’habitude de débusquer les curieux qui aimaient immortaliser l’imprévu. Sauf qu’il n’y avait personne en coulisse, à l’exception des danseuses de l’établissement, et ces dernières n’oseraient jamais diffuser les preuves de l’humiliation imminente de l’ex-leader des Fairy Dust. Toujours flanquée derrière son micro sur pied, Megan, après avoir tourné la tête pour s’intéresser au spectacle qui se jouait devant elle, plissa tout doucement les paupières. Telle une sentinelle sur le champ de bataille, elle fit le point sur la silhouette de déesse qui se déhanchait lascivement au rythme d’une chanson qu’elle connaissait bien pour l’avoir entonnée dans l’espoir que la braguette de Carter se baisse toute seule, et ce, rien qu’au son de sa douce et mélodieuse voix. Ce qui, soit dit en passant, avait failli arriver s’il avait été doué avec sa clef de douze – no pun intended. La rage d’être prise pour Taylor Swift et pas pour Beyoncé fit apparaître dans ses pupilles singulières une lueur bien funeste : June avait tout intérêt à battre en retraite si elle ne voulait pas se faire plomber les fesses par le fusil d’assaut visuel de Megan Morgan.

Elle autorisait ses poulains des Awesome Voices à lui voler la vedette simplement parce qu’elle y gagnait l’immense satisfaction d’être reconnu comme le Cerveau du moindre des mouvements qu’ils exécutaient sur scène. Mais, à moins d’avoir oublié, June ne faisait pas partie de sa chorale – dans un ralenti digne des meilleurs effets spéciaux, la bouche de Meg se referma, et tandis qu’elle s’accrochait au pied de son micro comme si sa vie en dépendait, elle imagina à la vitesse de la lumière les exploits qu’ils pourraient accomplir si elle recrutait un personnage comme le sien. Car à un moment de son parcours à la tête des Awesome Voices, Megan avait tenu à faire dans la diversité. C’était tendance de hisser cette  juste cause en Top Trends sur Twitter, et comme les Awesome Voices avaient besoin de publicité et de nouvelles recrues, elle n’avait pas hésité une seule seconde à déployer des trésors d’inventivité pour titiller l’opinion publique, et ouvrir les auditions à toutes les catégories de personnes possibles. Parfois en le regrettant, d’ailleurs. Ainsi, Liberty Boyle, la baleine échouée d’Australie, n’avait pas cédé à son chant harmonisé par ses bonnes attentions à l’égard de tous les obèses d’Ohio. Mais Tate Bartowski avait auditionné pile à temps, et le séant volumineux de la surveillante la plus célèbre de la ville avait vite disparu de son champ de vision ; encore que.

L’avocat étant, certes, le genre d’individu à qui elle proposerait des cours particuliers de rumba sans aucune hésitation, il n’en restait pas moins un handicapé qui attirait l’attention. D’abord, parce qu’il avait un charme évident et une arrogance étourdissante – il avait du talent aussi, et un ego qui n’avait pas besoin qu’elle le lui répète à longueur de temps, ce qu’elle avait fini par beaucoup apprécier chez lui, en dépit de sa tendance à la contredire. Ensuite, parce qu’il ne pouvait se déplacer qu’à l’aide d’une canne qui avait tapé dans l’œil de Victoria Meyers – no pun intended (bis). Démontrer une tolérance à l’égard des différences en général, et s’autoriser une palette variée de personnalités avaient vraiment réussi aux Awesome Voices… Un peu plus, et Megan pourrait rejoindre Cassandra dans sa lutte contre l’inégalité et l’acceptation de son prochain. Peut-être pas si elle ajoutait June à sa brochette de choristes, cela dit.

Même si jouer sur le côté Caitlyn Jenner de la personne qui l’avait rejointe sur scène était une tactique maline pour faire parler de sa chorale dans les colonnes des médias locaux, Megan parierait le peu d’économies qui lui restait sur le fait que ça attirerait surtout les foudres des culs bénis des environs. L’un de ses sourcils s’arqua de lui-même, traduisant que l’assemblage de toutes ses idées venaient de se terminer, et qu’elle s’apprêtait à les mettre en action. Échauffer les esprits, elle adorait ça. Son visage se fendit d’un sourire calculateur.

« T’as entendu parler des Awesome Voices ? » Bien que les applaudissements éclataient dans le public du Cabaret, June ayant terminé son tour de chant, Megan ne détourna pas son attention d’elle. Elle la regarda plus sereinement, mais toujours aussi fixement. Elle avait baissé les armes, mais ça ne voulait pas dire qu’elle avait abandonné le combat, et après un autre regard fixe à l’adresse de June, Megan roula ses lèvres l’une sur l’autre pour estomper le rouge qu’elle avait sur les lèvres. Reprenant vie, elle cligna des yeux avec exagération, comme si elle sortait d’un songe, et elle amorça sa descente de scène tout en lui disant « Suis-moi, j’en n'ai pas terminé avec toi. »
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Mer 10 Fév - 13:11


Measure twice but cut once.

La scène. June aimait cette scène, et ce qu'elle y ressentait. La chaleur des projecteurs qui réchauffaient ses épaules légèrement dénudées, son sang qui bouillonnait dans ses veines et diffusait dans tout son corps des doses d’adrénaline mêlées d'alcool. La blonde aimait les regards qu'elle parvenait à capter dans le public, et ça n'avait jamais changé. De Londres à New York, les yeux bleus de June fixaient les spectateurs pour les attirer, pour s'accaparer leur attention, les faire siens, et n'être plus que la chose la plus importante à leurs yeux. L'espace d'un instant, d'un battement de cœur, d'un sourire.

Au cabaret de Lima, ce n'était plus un duo qui se jouait, mais bien un duel, une bataille rangée entre deux forces qui se jaugeaient. Et si le travesti ondulait sur scène pour s'attirer le désir et la ferveur de l'assemblée, c'est bien vers Megan que son esprit était tourné. Pourquoi la brune ne répondait-elle pas ? Muette, ses yeux vairons faisaient des vas et viens inquiétants entre les coulisses et June. Un instant, la confiance en soi de la blonde s'écroula comme sous les coups d'un enfant impétueux, bien décidé à ne rien laisser derrière lui. Alexi revenait à la charge, rempli des doutes qui s'étaient immiscés en lui insidieusement, prêt à se mettre en retrait, terrifié à l'idée d'avoir fait un faux pas, d'avoir voulu ébranler un ordre préétabli, une hiérarchie que nul ne devait remettre en cause. Mais déjà June reprenait les rênes pour terminer la chanson sur une note haute et impressionnante pour un homme. Chanter, elle savait le faire, et c'était là un repère qu'elle se refusait de perdre.

Les applaudissements n'attendirent pas les dernières notes de l'étrange mashup, et June salua le public d'un geste de la main, faussement gênée et intimidée, avant de s'esquiver pour laisser Megan profiter des acclamations. Mais le masque souriant et enjoué de la blonde se figea quelque peu lorsqu'elle se rendit compte que la brune la fixait de son regard de prédateur. Le travesti ne pu se retenir de déglutir tandis que Megan s'approchait de lui, de tout son calme olympien. Elle était la reine de cette ville, du moins, elle en donnait l'impression. Et June, sortie de nulle part, venait de lui piquer la vedette. Pire, elle avait osé l'espérer, avait osé partager la scène. Sa scène. Certains devaient avoir été guillotinés pour moins que ça en France. Une vague histoire de pain et de brioche lui trotta un instant dans la tête, peu rassurante. June était trop jeune pour finir sur l’échafaud, et Megan semblait trop intelligente pour se débarrasser de ses ennemis aussi facilement. Autant partir en courant tout de suite, mais sur des talons d'une dizaine de centimètres c'était mission impossible. June se voyait déjà faire la Une des journaux locaux, mais sûrement pas pour les bonnes raisons.

Pourtant, l'air de rien, Megan s'approcha de June tandis que les applaudissements continuaient en lui parlant d'Awesome Voices. Et June n'avait strictement aucune idée de ce que ça pouvait être. Une secte locale ? Le travesti avait entendu parlé de fraternités étranges dans les lycées de la campagne américaine. Peut-être passaient-ils un bizutage en faisant une représentation sur scène. Ou pire, en chantant nu l'hymne national sous le drapeau du campus. Mince, ça commençait par quoi, déjà, l'hymne américain ? Docile, June suivit Megan en direction de leur table, celle que la brune avait partagé un peu plus tôt avec la blonde. Ça commençait à devenir une habitude, finalement. Qui n'allait sans doute pas plaire à Miss Morgan. Prudente, June décida de s'asseoir en face de sa collègue de chant, croisa les jambes, et avala le reste de son verre pour le placer en bout de table. Elle allait en avoir besoin d'un autre, surtout après la dernière assertion de la brune. Bien sûr, elle avait retenu un gloussement lorsque Megan lui annonça ne pas en avoir terminé avec elle, pensant à sa dernière conquête qui lui avait lancé la même menace, dans des circonstances toutes autres et tellement plus agréables. Mais dans le doute, elle s'était retenue. On ne savait jamais.

Replaçant une de ses boucles blondes, June lança un sourire éclatant en direction de Megan. « Et bien quelle prestation. Tu as été formidable, une vraie bête de scène. » Tapotant sa lèvre inférieure avec son index, le travesti scrutait de son regard bleu le visage lunaire de Megan, à la recherche du moindre indices sur ses motivations. Mais rien. Un vrai mystère qui ne le rassurait guère. « En tout cas, tu chantes vraiment bien. Tu en fait ton métier ? On croirait que tu as passé ta vie avec un micro à la main. » tenta-t-il avant de partir d'un rire faux et stressé. Il lui fallait se calmer. Si Alexi n'était qu'une boule d'angoisses et de doutes qui fuyait à la moindre complication et attendait que les problèmes se calment, June savait se défendre. Et plutôt bien, en général.

Le blonde se racla légèrement la gorge avant de lancer : « Sinon, tu as parlé des Awesome Voices. Mais j'avoue ne pas connaître. C'est un groupe américain ? Si tu souhaitais un duo sur un de leurs titres, je suis désolée, je ne te serai d'aucun secours. » Mais Megan ne semblait pas être de celles qui avaient besoin d'être secourues. Et le titre qu'elle avait choisi était assez révélateur, elle était la boss ici. Avait-elle seulement une faille, une faiblesse, un défaut dans son armure impénétrable ? Le travesti adressa un clin d'oeil à la brune. « Et puis, je crois que tu m'as assez supporté pour ce soir. » ironisa-t-il.



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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Mer 17 Fév - 18:17

« Je le sais. » répondit, toujours très modestement, Megan aux compliments de June. Le meilleur moyen de déstabiliser quelqu’un, et un homme plus particulièrement, c’était d’appuyer copieusement les éloges qu’il vous faisait dans l’espoir cynique d’arriver à ses fins. C’était une façon comme une autre de garder le contrôle, et Megan Morgan était passée maîtresse en la matière. Elle avait depuis bien longtemps tourné l’admiration masculine à son avantage. L’auto-gratification était devenue sa seconde nature. À vrai dire, elle s’aimait tellement qu’elle n’avait pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour se trouver toutes les qualités du monde. Quand on naissait parfaite, il n’y avait pas besoin de se creuser la tête pour réussir à se mettre en avant. À cette idée, la directrice des Awesome Voices bomba la poitrine.

Elle ne s’embarrassa donc d’aucun sourire pour accompagner sa réponse audacieuse, n’ayant besoin de la faire passer pour une farce, tant elle était toujours sérieuse à propos des nombreux dons qu’elle avait en sa possession. Droite comme un i, Megan contourna la petite table ronde à laquelle elle restait fidèle – plus qu’à ses conquêtes –, et vint replacer convenablement la chaise sur laquelle elle avait commencé son improvisation. Après un jeté de cheveux par-dessus son épaule, maintenant dénudée, elle s’y réinstalla avec majesté, faisant en sorte de bien exposer la cambrure de ses reins aux regards des clients du Cabaret, toujours sous le choc du duel qui venait de se jouer sous leurs grands yeux ébahis. Bien sûr, avant même que son royal fessier n’eut le temps de toucher l’assise de son siège, elle claqua des doigts pour que le personnel s’active à sa demande. Megan avait drôlement soif.

« Installe-toi, trésor. Je vais tout t’expliquer. » Là encore, elle claqua des doigts, mais en direction de June cette fois, histoire de l’astreindre à reprendre sa place en face d’elle « Passons sur le souci que je me fais à ton sujet. » Elle n’en revenait toujours pas que June soit incapable de la remettre. C’était pourtant Megan qui avait fait la une des magazines à sensation du monde entier pendant plus de deux ans grâce à son talent inné pour le scandale ! L’Angleterre était à un océan des États-Unis, ça n’avait cependant pas empêché les One Direction de venir picorer dans l’assiette des sœurs Kardashian-Jenner – qu’Harry Stiles se soit attiré les faveurs de Kendall n’était pas une surprise ; dans le noir, elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à Megan, de quoi raviver de bons souvenirs chez la popstar qu’elle se vantait régulièrement d’avoir défloré. June n’avait donc aucune excuse. Aussi la soupçonnait-elle d’avoir vécu dans une grotte pendant un certain temps, ou bien de ne pas être très physionomiste. Mais ça, c’était trop anecdotique pour qu’elle consente à se ranger du côté de cette supposition.

Leur commande fût servie au moment où Megan reprit avec emphase « J’ai passé ma vie avec des chaussons de danse aux pieds, mais comme je ne fais jamais les choses à moitié, j’ai rapidement ajouté le chant à la liste de mes nombreuses capacités. J’ai fait partie des Fairy Dust. » Elle leva un sourcil, comme si elle défiait June de lui demander de quoi elle parlait au juste, et ajouta « Hélas… » Elle soupira poussivement, et sa main droite vint chasser une mèche brune de son visage avec une grâce telle qu’on aurait dit qu’elle venait de se caresser la joue « Toutes les bonnes choses ont une fin. Tu mettras ça sur ma note. » dit-elle sévèrement au serveur, indiquant d’un signe de menton les boissons qu’il venait de déposer devant elles.

Elle se mit aussitôt à rire en entendant June réagir à sa mention des Awesome Voices  « C’est que c’est une petite marrante en plus. Tu as tout pour plaire, June ! » Megant attrapa son verre par le pied, le portant à sa bouche sans en boire une goutte « Après mon départ des Fairy Dust… » Après son éviction plutôt « Je suis revenue aux sources. J’ai de la famille dans le coin. Par un concours de circonstances… » Par une magouille signée Sue Sylvester surtout « Je me suis retrouvée à la tête d’une chorale. Tu as bien entendu, les Awesome Voices m’appartiennent ! » Elle rit de nouveau, puis trempa ses lèvres vermeilles dans son breuvage alcoolisé, avant de reposer son verre pour mieux continuer « Ici, le chant est le sport local. Les chorales sont aussi importantes que l’équipe de football du lycée, qui soit dit en passant, est d’une médiocrité. » Elle roula des yeux en secouant la tête, ce qui traduit tout le mal qu’elle pensait des Titans de McKinley. Megan plissa alors très brièvement les paupières. Elle posa son coude sur le bord de la table, et réfléchissant à un moyen subtil d’attirer la curiosité de la blonde à qui elle s’adressait, elle lui annonça d’un ton mielleux, teinté de faux mystère « Si tu veux  t’intégrer, tu dois à tout prix t’y intéresser. »
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Jeu 25 Fév - 13:51


Measure twice but cut once.

June survola du regard la salle avant de s'installer devant la brune. Toute cette situation était étrange, et la blonde avait l'amère impression qu'une mâchoire invisible s'abattait sur elle. Voilà ce qu'était Megan Morgan. Un crocodile qui pleurait ou souriait faussement pour avoir ce qu'elle voulait. Un crocodile qui attendait sagement dans les méandres d'une rivière stagnante avant de fondre sur sa proie. Mais le travesti se demandait bien ce qu'elle lui trouvait, à elle, à lui. La jolie chanteuse agissait comme une femme de pouvoir, invitant June à sa table comme l'aurait fait un parrain de mafia avant d'ordonner une mission à son agent. Ou de se débarrasser d'un concurrent un peu trop présent.

Le claquement de doigts de la brune fit revenir à lui le travesti qui arqua un sourcil épilé en direction de Megan avant de considérer la chaise et de s'y asseoir. En espérant que cette habitude n'en était pas une, sinon la brune allait être reçue. Et cette dernière commença le récit de sa biographie, sans doute enjolivé, de sa vie parfaite digne d'une série télé, comme l'aurait fait un vilain de comics avant de mettre en exécution son plan diabolique. Décidément, June n'arrivait pas à imaginer la brune dans un rôle positif et héroïque. Pourtant, à la mention des Fairy Dust, le regard bleu de June s'illumina. Bien sûr, elle avait du en entendre parler. Même si sa culture musicale américaine se résumait aux groupes indépendants des boîtes de nuit et aux albums confidentiels de drag-queen qui ne se vendaient que dans le monde LGBT, elle avait du lire un article sur ce groupe. Assez pour reconsidérer la réputation de Megan qui s'étendait donc à l'extérieur de Lima. A moins que sa réputation locale soit justement due à son passé de star de la chanson. Mais déjà les habitudes de la brune reprirent le dessus lorsqu'elle aboya sur le serveur quelques ordres. June remercia Megan avant de la laisser poursuivre.

Et encore une fois on lui parlait des chorales. Mais qu'avait cette ville avec les groupes d'adolescents chantant a cappella des classiques somnolents américains ? Ils s'ennuyaient tant que ça pour s'y intéresser de près et créer une compétition ? Qu'ils se mettent au football américain comme tout le monde. Le compliment de Megan, qui n'en était sans doute pas un, lui tira un sourire. Oui, elle savait rire et avoir de la répartie. Si vous comptiez vous attaquer à une proie facile, vous allez vite déchanter, miss Morgan. June s'empara de son verre et engloutit un longue gorgée d'alcool avant de fixer son attention sur la brune. « Je m'y intéresserai. Aux chorales. » Enfin, entre deux biscottes lors d'un petit déjeuner. Rien de plus. « Et je ne doute pas que l'une d'entre elles tenue par une ancienne Fairy Dust puisse faire des merveilles. » Mais de là à écouter des concerts ou même à y participer ? Non, June était trop vieille d'au moins une bonne dizaine d'années pour ce genre de choses. « Mais je ne comprends pas où serait mon intérêt à étudier le monde des chorales adolescentes d'une ville comme Lima. »

Croisant les bras sur sa fausse poitrine, la blonde se cala dans son siège. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette ville. Pourquoi une directrice de chorale – disait-on directrice de chorale ? June n'en savait fichtrement rien- s'intéressait à une drag-queen à peine débarquée ? En général les travestis et les parents d'élèves faisant de la chorale, et donc conservateurs, ne faisaient pas bon ménage. Megan allait se retrouver avec une montagne de réclamations et une remise en cause de ses décisions. June avait décidé d'opter pour la franchise et d'aborder le sujet sous-jacent à la conversation de façon brutale. « En quoi une anci... une star comme toi verrait son intérêt à ce qu'un travesti comme moi s'investisse dans sa chorale. Je doute que la population locale voit d'un bon œil un travesti entouré d'adolescents chantant un classique de Noël ou une reprise de gospel. »

June passait un entretien d'embauche. Mais elle s'en était rendu compte que tardivement. Il lui fallait mettre ses atouts dans sur la table, enfin ceux que la décence lui permettait de montrer, et voir comment elle pouvait tirer son épingle du jeu. « Bon, c'est vrai que mon carnet d'adresse new-yorkais pourrait aider d'une façon ou d'une autre, même si le tien doit être infiniment plus utile. Je sais chanter, je sais danser, animer les foules, mais tu n'es pas en reste et je dois dire que tu n'as rien à m'envier. » Toujours faire l'éloge de son adversaire avant de conclure un marché. Règle numéro un des coulisses des spectacles de drag-queen. La blonde se baissa en direction de Morgan et adopta un ton plus bas que sa voix de fausset qu'il utilisait habituellement rendait un peu éraillé. « Mais surtout, j'y gagne quoi, moi ? » June avait le cabaret, ses revenus lui permettaient de vivre dans son appartement sans compter ses sous à la fin du mois et elle bénéficiait encore de l'aura que ses représentations live avaient créé à New-York. De quoi pouvoir se retourner en cas d'échec. Si Morgan la voulait, elle allait devoir allonger les arguments. Même si June se savait terriblement excitée à l'idée de voir la brune en action dans un monde de chant. On ne côtoyait pas tous les jours une star de la chanson !



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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Dim 28 Fév - 11:44

« Le monde des chorales adolescentes ? » La voix basse de Megan fit une ascension remarquée dans les aigus, tandis que ses sourcils, arqués par les épilations au laser et les coups de crayon discrets, se haussaient à l’unisson, donnant à son visage une expression de consternation désobligeante. Elle qui pensait que June était une créature sortie de la cuisse grasse de la modernité, s’apercevait qu’elle n’avait absolument aucune idée de ce qui l’attendait si elle s’attardait dans le coin. Que pensait-elle exactement, que Megan Morgan s’abaisserait à faire du baby-sitting ? C’était le travail des petites gens, pas d’une personnalité à la réputation retentissante comme la sienne. Certes, elle s’était essayée à recruter au berceau, et ce fut une monumentale erreur. Elle avait réalisé que l’ego adolescent ne faisait pas bon ménage avec le sien. Et qu’on se le dise, Megan n’avait pas le temps de polir la confiance des enfants, encore moins de les guider dans le monde cruel de la reconnaissance publique. Elle préférait traiter avec des adultes, des vrais, et de préférence, des adultes qui n’avaient pas besoin d’être rassurés sur leur compétence. Autant dire qu’elle avait trouvé le Graal en engageant des individus tels que Wyatt, Tate ou Carter. Rien qu’à eux trois, ces hommes représentaient parfaitement la confiance en soi, gommant les doutes exprimés par les personnalités plus nuancées de Peter, Cat ou Ryder.

En pensant à ses choristes, Megan eut un sourire attendri, qu’elle changea rapidement en un roucoulement moqueur à destination de June. Elle hésita un moment avant d’éclater de rire, puis finalement, son visage se fendit d’un rictus inquiétant, chassant toutes traces de l’air consterné qu’elle avait emprunté face à la naïveté émouvante de son interlocutrice. Sweet Junie, se dit-elle, et la pitié contrefaite qu’elle éprouva à son égard, la poussa à tendre la main pour venir harponner la sienne. D’un même chef, Megan pencha le haut du corps au-dessus de la table en susurrant :

« Oh, chérie. T’es si mignonne, laisse-moi te montrer. » Une dernière fois, elle serra férocement les doigts de June dans un signe de soutien, comme on serrerait aimablement la main d’un malade en fin de vie histoire de l’accompagner dans sa douleur, et se tourna de trois quarts pour récupérer la pochette qu’elle avait suspendue par l’anse dorée à sa chaise. À l’intérieur, elle y récupéra son téléphone portable qu’elle déverrouilla, puis repoussant son verre, déjà vidé, pour libérer le centre de table, elle posa horizontalement son écran sur lequel une photo prise par Anna était projetée.

Tirée lors du photoshoot organisé pour compléter le livret de l’EP enregistré par sa chorale, ce cliché reflétait le caractère singulier des Awesome Voices ; la présence masculine y était dominante, attrayante et sexy. Séduisants et mis en valeur dans leurs vêtements bien taillés, ils respiraient la distinction et le professionnalisme. Au milieu, la blondeur de Cat diffusait la note féminine qu’il fallait, vêtue d’une robe qui l’avantageait. Ryder, Robbie, Tate et Peter formaient un joli quatuor sur ce cliché. Anna n’avait pas souhaité participer à cette séance photo sous un autre statut que celui de photographe, et Carter n’était pas encore parmi eux à ce moment-là – ce qui lui fit penser qu’il lui faudrait, lui aussi, passer devant l’objectif d’Anna ; ils devraient organiser tout ça, et ce, avec le soutien de ses autres choristes s’il le fallait. Ruby et Wyatt étaient déjà partis à cette époque, laissant un vide qui avait rapidement été comblé par l’investissement de ses nouvelles recrues. Les Awesome Voices étaient peu, mais ils étaient pros, et c’était ce qui faisaient leur succès. En les voyant aussi sublimes, flattés par l’éclairage d’Anna et en cohésion les uns avec les autres, on ne pouvait deviner qu’ils étaient amateurs.

« Tate, Ryder, Robbie, Peter, Cat et Anna… Qui n’est pas sur cette photo, c’est elle qui l’a prise. Quel talent, n’est-ce pas ? » Avec une fierté non dissimulée quant à l’effet de surprise dont elle avait usé pour contraindre June à s’intéresser à sa chorale en lui mettant sous le nez la nouvelle promotion de The America’s Next Top Model, elle sourit de toutes ses dents, trop, blanches « Peter, juste ici. » Elle montra Peter avec son index en pressant doucement sur son écran. Megan agrandit son côté de la photo pour qu’elles aient une meilleure vue sur le visage délicat du neurologue, et elle continua, déplaçant le curseur invisible pour faire le point sur le visage de tous ses charmants choristes « Est parti très récemment, mais on a gagné une nouvelle recrue, et pas des moindres. » Elle fit disparaître la photo professionnelle en glissant son doigt sur l’écran de son téléphone. Une autre, un peu moins professionnelle, mais non moins appétissante, surgie : Carter, dans toute sa splendeur – elle datait de l’époque où tous les deux étaient au sommet de leur gloire, les forçant à copuler pour respecter le système de caste qui incitait les demi-dieux à s’accoupler pour préserver l’équilibre de l’univers, ou qu’importe « Carter Coolige. J’imagine que tu ne t’intéresses pas au sport non plus. Dommage, tu devrais. » Elle accorda au cliché de Carter un regard sans équivoque, lubrique diront certain, avant de lever les yeux vers June, et d’ajouter « Moyenne d’âge des Awesome Voices ? Entre 26 et 31 ans. Inutile de préciser qu’ils sont tous sortis du lycée depuis très longtemps, et pourtant. » En éteignant l’écran de son téléphone par une pression du petit bouton sur le côté de l’appareil, elle fit onduler ses longs doigts manucurés au-dessus de sa tête, propageant sa bonne parole muette dans l’atmosphère indécente du Cabaret. Et quand June lui demanda ce qu’elle avait à gagner à s’intéressant aux chorales de Lima, Megan rit une nouvelle fois « Tu ne réalises pas encore l’impact de la compétition, tu ne sais pas par quoi tous ces gens sont passés pour réussir à se démarquer des, comment tu as dit, déjà ? » Elle posa son coude sur le bord de la table, faisant mine de fouiller dans sa mémoire « Ah oui, des chorales adolescentes. » Rancunière, Megan ? Absolument, et pendant qu’elle se préparait à se lever, empoignant son téléphone portable et sa pochette, qu’elle ouvrit pour en sortir un flyer avec son nom inscrit en grosse lettre dessus, elle poursuivit « Tu devrais venir pour te faire une idée du niveau. Ce n’est pas agréable à admettre, mais si celui des Awesome Voices est aussi élevé, c’est parce que la concurrence est rude. » Elle pensait notamment aux Second Chances. Au milieu de la table, Megan ficha le tract en question, celui qui déroulait l’organisation de la soirée caritative qu’elle avait organisée en association avec les petits commerces du coin, et se levant pour de bon, ce fut avec un sourire vicieux qu’elle conclut « Laisse-toi tenter. En plus, c’est pour la bonne cause. »
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MessageSujet: Re: 03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]   Dim 13 Mar - 20:20


Measure twice but cut once.

Comment avait-elle pu se tromper aussi lourdement ? En général, June se targuait d'être fine psychologue, assez pour pouvoir percer à jour les intentions d'un homme ou faire preuve d'une oreille faussement attentive pour répondre à l'attente de son interlocuteur. Mais l'image que la drag-queen avait de Lima venait bel et bien de se transformer. Adieu les Noël interminables à batailler pour faire partir une bande de gamins qui chanteraient faux des titres insupportablement stéréotypés, et bonjour à la ville aux milles beaux garçons qui sauraient chanter et être assez attirants pour faire danser les hormones du travesti.

Le portable de Megan faisait défiler devant les yeux de June un ensemble de photos de jeunes adultes prenant la pose dans des tenues similaires et élégantes, sans doute pour une représentation ou des affiches. Et l’œil du couturier apprécia les tenues différentes et pourtant similaires à l’œil, répondant aux mêmes préoccupations esthétiques du détail. Ils étaient moins d'une dizaine, et le travesti fut perturbé par la beauté qui irradiait des clichés. De vrais portraits de famille américaine, parfaits, lisses et lumineux. Rapidement, l'esprit de la blonde divagua en observant les garçons qui composaient majoritairement le groupe. Ils étaient à tomber, dans des styles très différents mais il ne faisait aucun doute que plusieurs d'entre eux auraient pu figurer sur les pages mode d'un magazine. Ou devenir mannequin sous-vêtements pour le plus grand plaisir de la blonde.

Tout semblait parfait sur l'écran qui continuait à faire défiler plusieurs clichés. Le fond uni, les lumières qui mettaient en valeur la blondeur des uns, le teint des autres. Même leur façon de se tenir relevait du professionnalisme. Et June ne savait que trop bien que bien se tenir sur une photo pouvait faire des merveilles. Se cambrer permettait de feindre un derrière plus rebondi et d'allonger ses cuisses fines en de parfaites jambes féminines et hâlées. Les mains sur les hanches permettait de resserrer la taille tout en créant l'illusion de courbes pleines tandis qu'une épaule avancée affinait le haut du corps et qu'un visage légèrement baissé agrandissait le regard tout en cachant un éventuel relâchement du cou. Et June retrouvait dans ces photos tous les codes qui faisaient des modèles des personnes d'une beauté artificielle et pourtant captivante.

Mais pourquoi donc Megan lui montrait-elle ces photos ? Bien sûr, elle lui démontrait l'étendue de son erreur tout en soulignant sa maîtrise du marketing et du monde des chorales pour adultes. De quoi bien faire comprendre à son interlocutrice qu'elle gérait sa carrière à Lima d'une main de maître et qu'elle ne permettrait pas à une petite blonde fraîchement arrivée d'en douter. Soit. Mais après ? Pourquoi vouloir rajouter à son tableau de modèles parfaits une drag-queen qui dénotait complètement ? Trop blonde, trop exubérante, trop déshabillée. Trop fausse peut-être. Lorsque June jeta un coup d'oeil sur les femmes pour jauger la concurrence, il ne lui faisait aucun doute que toutes semblaient sages, sexy sans trop en faire, naturelles ou distinguées. Mais loin du modèle provoquant qu'était la drag-queen. Megan donnait l'impression de tout contrôler et de savoir où elle allait, mais ajouter un électron libre comme June pourrait s'avérer être un challenge d'une toute autre taille. Mais elle s'en moquait, ce n'était plus son problème si Megan souhaitait prendre ce risque tant qu'elle pouvait profiter du voyage. Le travesti se racla la gorge avant de lancer un large sourire, en parti feint, en direction de Megan. « Je dois avouer que j'étais loin de m'imaginer ce genre de chorale. Tu les engages au physique ? Ils sont tous à tomber. »

Mais lorsque le doigt de Megan flirta une énième fois avec son écran pour faire apparaître un beau brun au visage taillé à la serpe, le blond ne put que rester bouche-bée. Il était parfait, avec ce physique avantageux, son regard perçant et ce côté « bad-boy » qui plaisait tant à June. Sympa le petit nouveau. Megan savait s'entourer, il ne fallait plus en douter, et il était certain qu'ils devaient être aussi talentueux que beaux. Mais la même question tournoyait dans l'esprit du travesti. Alexi, dans un coin de la tête dominé par June, était assailli par une multitude de questions que June décida de balayer d'un revers de la main manucurée. Tandis que Megan continuait sa publicité de la chorale parfaite, la blonde s'adossa un peu plus contre sa chaise, croisa les bras sous sa poitrine factice avant d'afficher un léger sourire. « N'en dit pas plus Megan, tu t'épuiserais pour rien. »

Elle s'empara de son verre pour siroter lentement le reste de son cocktail avant de regarder par dessous ses faux-cils la brune et de lui lancer : « Je signe où ? » Inutile de se pointer à une répétition pour juger du talent de la chorale. June était certaine qu'avec une directrice tyrannique, talentueuse et téméraire, elle ne pouvait qu'avoir un haut niveau de chant et de chorégraphie. Et puis si elle pouvait en profiter pour se faire connaître et se rincer l’œil gratuitement, comment pouvait-elle décemment refuser ? Quelque part, Alexi soupira en baissant les bras dans un geste dramatiquement théâtral avant de laisser June mener la soirée à son aise. Lorsqu'il enfilait une perruque et une paire de talons, il ne répondait décidément plus de rien.



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03. Measure twice but cut once - Megan Morgan & June Evers [terminé]

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