Choriste du mois


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 03. Happy Christmas Eve Eve !

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MessageSujet: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Mer 13 Jan - 17:24


03. Happy Christmas Eve Eve !

L’ambiance à l’intérieur du piano-bar était propre à la fête. En association avec les petits commerçants du coin, et sous le commandement de Megan qui, comme à son habitude, avait agi en parfaite cheftaine, le propriétaire des lieux avait entièrement repensé et redécoré son bar pour coller au thème de la soirée qui était en train de se dérouler. Personne ne fêtait le 23 décembre, si ce n’était les choristes des Awesome Voices et leurs invités. Tout le monde en ville, sans exception, avait été convié à ce récital mis en place pour une bonne cause. Bon, Ecaterina ne se souvenait plus exactement quelle était la bonne cause qu’elle avait à défendre ce soir, ayant l’impression qu’à chaque fois qu’elle demandait à ses comparses violets ce qu’elle devait dire pour expliquer les sollicitations financières de leur coach, chacun lui donnait une explication différente de la première. Ainsi, Robbie lui avait dit que les fonds récoltés ce soir viendraient remplir la cagnotte de la LPA – ce qu’elle avait trouvé suspect, étant donné que Megan n’irait jamais faire l’aumône pour une cause défendue par Cassandra –, quand Tate lui avait baragouiné tout un laïus sur le manque de ressources des étudiants des Arts de la Scène du campus de l’université de la ville – visiblement, Megan viendrait y faire son marché, et pour ça, il fallait qu’elle assure ses arrières en se montrant généreuse, d’où la collecte de fonds qu’elle avait rattaché à l’organisation de cette grande soirée. Elle l’avait à peine cru. Il lui arrivait de ne pas se montrer très attentive, surtout depuis que la promotion du journal de Pawel avait commencée, la plongeant dans une spirale de responsabilités qu’elle arrivait très bien à gérer, malgré quelques égarements de son fil de pensées, mais Cat était assez futée pour deviner que, tous autant qu’ils étaient, ils lui cachaient quelque chose. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi on l’avait fait venir, si personne autour ne lui faisait confiance pour garder un secret qui, lui semblait-il, les liait tous depuis plusieurs jours déjà. Pourtant, elle serait la première à proposer son aide pour enterrer un corps si l’un d’entre eux avait assassiné quelqu’un.

Un vieux standard de Noël résonnait au travers des baffles vintages disposés dans tous les coins du bar, répandant son rythme feutré au milieu des petits groupes qui s’étaient déjà formés. Des classiques qu’elle connaissait, mais qui n’avaient pour elle aucune signification particulière. Cat sortit du hall d’entrée pour s’enfoncer au milieu des invités qui en profitaient pour s’enquérir des derniers potins auprès de leurs amis, et s’enthousiasmaient de l’ambiance de fête qui régnait absolument partout dans l’endroit plein à craquer. Comme à chaque fois que les fêtes de fin d’année approchaient, Cat ne se sentait pas à sa place. Le décor était magnifique, néanmoins ; le rouge et le vert étaient prédominants, et le somptueux sapin de Noël, dont les ornements reflétaient les illuminations suspendues aux poutres apparentes, donnait une dimension féérique au bar. On se serait cru ailleurs… Au village du père Noël, peut-être. Le lait de poule était le breuvage de prédilection ce soir, et les cannes en sucre d’orge étaient en libre service, disposées dans des petits paniers sur chacune des tables soigneusement enguirlandées. Passant à côté de l’une d’entre elles, Cat en profita pour en chiper une, et sourit aimablement au couple qu’elle croisa en filant aussitôt.

L’effervescence qui régnait autour d’elle et les traditions qu’elle ne connaissait pas la rendaient, de façon tout à fait contradictoire, un peu triste. Mais Cat appréciait tout ce qu’elle voyait. Car tout le monde souriait, les yeux brillants d’excitation à l’idée de partager ce moment avec des proches ; elle pensa à Charlie et Wyatt qui s’étaient mariés quelques jours plus tôt, et qui devaient profiter de leur lune de miel, et regretta sincèrement qu’ils ne puissent être présents. Un peu perdue, et mise à l’écart des complots de ses camarades chanteurs, elle s’éloigna de la foule qui s’était amassée pour prendre place au centre de la salle, tous pressés d’assister aux premières prestations qu’on leur avait promises. Cat les observa, avant de s’accouder à la première table qu’elle rencontra, et suçota son sucre d’orge.

Chez elle, on n’avait jamais fêté Noël. Elle avait découvert les joies de ce genre de célébration bien plus tard, lorsqu’elle avait commencé à grandir et à côtoyer les familles de ses amis, et de ses petits amis, mais elle n’avait jamais eu la fièvre de Noël. Récemment, cependant, elle avait appris l’existence d’une fête hybride, joignant les deux cultures qu’elle était supposée connaître et célébrer, et qui portait le joyeux nom de Chrismukkah. Après maintes recherches sur internet, elle s’était dit qu’elle pourrait éventuellement y trouver un certain plaisir, et avait décoré son appartement de manière à faire comprendre à Dorian que cette fois, ils fêteraient la fin d’année. Sauf que les habitudes du jeune homme avaient la dent dure. Il avait râlé, lui coupant l’herbe sous le pied. Si seulement il lui avait laissé le temps de dessiner un modèle de kippa de Chrismukkah – avec pompon en prime.
Soit. Vu que personne ne semblait lui accorder le moindre crédit ce soir, de toute façon, Cat continua de faire son affaire à son sucre d’orge. Ses yeux coulèrent des regards imprécis à la foule, puis s’arrêtèrent sur la scène. Éclairée dans des tons assez doux, elle lut apparut comme le meilleur moyen de contribuer à l’enthousiasme général.

Sortant de sa forteresse de solitude, et renonçant à son sucre d’orge, elle s’avança vers la scène pour y monter. Elle testa le micro – vintage, lui aussi –, y frappant son index par deux coups, et l’intention des invités se redirigea vers elle. La musique qui jouait dans le bar s’éteignit alors, et tandis qu’elle échangeait un regard avec le pianiste – qu’elle connaissait bien, puisque les Awesome Voices passaient leur vie dans ce boui-boui –, c’est après les premières notes de son introduction, et terminant de lisser les plis de sa robe mi-longue en dentelle bordeaux, qu’elle commença :

« Maybe it's much too early in the game
Ooh, but I thought I'd ask you just the same
What are you doing New Year's
New Year's eve?

Wonder whose arms will hold you good and tight
When it's exactly twelve o'clock that night
Welcoming in the New Year
New Year's eve... »


Si les invités étaient venus ici dans l’espoir de retrouver l’ambiance des vieux films en noir et blanc, avec leur bande originale jazzy et leur douceur amère, Cat la leur offrait sur un plateau.
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Staring at the bottom of your glass hoping one day you'll make a dream last
Age : vingt-quatre ans • née le vingt-et-un décembre.
Occupation : a travaillé pendant cinq ans au hummel's garage. vient de demander des congés d'un ans pour aller étudier à new york la littérature. elle vient juste de passer son 'bac' en candidat libre. a étudié deux ans à new york. vient de se faire transférer à l'université de lima pour terminer son cursus. littérature, option cinéma. elle a fait quelques stages dans un journal en tant que pigiste.
Humeur : motivée pour avancer et prendre un nouveau départ (encore). in the end everything will be okay; if it's not okay, it's not the end.
Statut : célibataire depuis peu.
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Staring at the bottom of your glass hoping one day you'll make a dream last
MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Mar 19 Jan - 14:00

Lynn Scarlett Sawyer venait d'avoir vingt-quatre ans deux jours avant. Elle l'avait fêté à Manhattan, seule dans son petit studio sous les toits. Elle n'avait pas eu le coeur à sortir avec ses amis New Yorkais, d'ailleurs, elle n'était même pas certaine qu'ils connaissent sa date d'anniversaire pour dire vrai. Mais ça lui importait peu. Aujourd'hui, elle aurait du être au restaurant avec son copain, ou en picnic dans Central Park malgré les températures polaires qui s'abattaient sur la ville. Ils aimaient bien faire des expériences décalées comme ça. Malheureusement, cette période était terminée. Il l'avait laissée seule dans son chagrin et sa colère. Il l'avait bien dupée. Ne voulant pas imposer son humeur encore morose malgré le temps qui s'était écoulé depuis qu'elle était seule, elle s'était contentée d'un replay de sa série préférée sous la couette avec des popcorns. Oui, c'était un peu pathétique et elle le savait mais bientôt elle serait de retour à Lima, et elle avait décidé de mettre de côté ses humeurs pour n'être que joyeuse. Hum, dur challenge mais elle voulait le tenir.

La plus grande difficulté qu'elle ait eu à quitter New York cette fois ci fut de rendre son appartement. Elle avait eu de la chance quand elle avait trouvé cet endroit car les loyers tout autour étaient bien trop chers. Elle n'avait pas eu envie d'aller habiter à Brooklyn car le transport pour aller en cours lui aurait couté deux bras et s'aurait été bien trop loin. Quitte à dépenser un peu plus dans le loyer et moins en transports, elle n'avait cherché que dans l'Upper West Side et dans le sud d'Harlem. Elle logeait dans une auberge de jeunesse, cherchant tous les jours un logement, qu'un employé lui avait alors soufflé qu'il connaissait quelqu'un qui partait à l'étranger pour trois ans et qui avait besoin de louer son appartement rapidement. Aussitôt vu, aussitôt pris. La jeune femme qui partait à l'étranger avait accepté de lui louer pas trop cher, estimant que Lynn était sérieuse et qu'elle ne réduirait pas son appartement en miettes. Peut être le fait qu'elle ait travaillé pendant cinq ans en passant ses diplômes du lycée avait aidé ? Au moins elle savait qu'elle se débrouillerait pour payer le loyer.

Elle n'avait rien gardé de l'appartement, tout était déjà meublé et pour le peu qu'elle avait décoré, elle avait tout laissé. C'était avec deux valises qu'elle avait eu du mal à faire rentrer dans le coffre qu'elle était partie de la grosse pomme, mais le coeur un peu plus léger. Elle devait arriver à Lima pour la soirée organisée par la chorale de sa cousine. Elle avait calculé ses étapes sur la route pour en tous cas. Malgré la fatigue, elle avait fait les derniers kilomètres en chantant dans la voiture pour se donner du courage et rester éveillée. Rien de tel que du ACDC ou du Taylor Swift pour danser au volant ou chanter. Elle s'était dépêchée sur la fin de peur d'arriver en retard. Elle avait du déposer un covoitureur en faisant un détour plus tôt dans la journée.

Eteignant son moteur, elle souffla avant d'afficher un sourire. Elle était enfin arrivée. Peut être que cette soirée de Noël organisée pour elle ne savait quel organisme de charité allait lui remonter un peu le moral ? Elle attrapa son manteau qui était sur le siège passager et l'enfila avant de sortir de la voiture. Elle jeta un coup d'oeil dans la rue où d'autres personnes semblaient se diriger vers le même endroit qu'elle. Peut être qu'elle en reconnaitrait certains ? Elle allait peut être voir Finn ou Kurt aussi !

Avec un sentiment d'excitation mais aussi de peur, elle franchit la porte du Piano Bar. Si elle ne savait pas où chercher ses cousins, sa cousine lui avait facilité la tâche en étant sur scène. Elle sourit en entendant sa voix qui était simplement envoutante. Lynnette tenta de se frayer un chemin près du bar — elle mourrait de soif — d'où elle pourrait probablement mieux voir la scène vu le monde qui se tenait dans la pièce. Elle attendrait la fin de la prestation de sa cousine pour aller la voir. Elle ne voulait pas la perturber dans sa chanson. Elle commanda un Ice Tea avant de tourner le dos au bar et de scruter la pièce en quête de têtes connues.

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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Mar 26 Jan - 16:49


03. Happy Christmas Eve Eve !

   

   
Tout semblait respirer Noël chez Alexi. Le jeune homme avait allumé une des ces bougies à la mode qui coûtaient un bras, embaumant son salon d'un parfum subtile de gingembre, d'épices et de vanille. Tandis que sa chaîne hifi diffusait les classiques américains des fêtes de fin d'année, le blond ondulait devant sa fenêtre légèrement givrée, une tasse de chocolat chaud entre ses deux mains. Un coup d’œil glissé en direction de la pendule trônant sur l'un des murs de la cuisine lui indiquât qu'il était temps pour lui de se préparer pour la soirée au piano-bar. S'il en avait entendu parlé au cabaret, clients, habitués et artistes ventant à grands renforts de superlatifs les soirées organisées par Miss Megan Morgan herself, Alexi avait véritablement pris la mesure de l'événement musical à l'Université de Lima qu'il côtoyait de jour. La petite ville s'enthousiasmait donc pour une soirée organisée par Megan dans un piano-bar cosy mais qui ne payait pas de mine. Et pour l'ex new-yorkais, ce genre de réactions le dépassait. Il lui fallait sans doute changer son échelle d'analyse, il n'était plus dans l'immense métropole de la côté Est mais bien dans la bourgade de Lima. Deux poids, deux mesures.

Mentalement, Alexi compta le temps qu'il lui restait avant la soirée, assez pour se permettre de chanter sous la douche en se préparant et d'enfiler son trente-et-un. Pas de costume ni de nœud-papillon pour le jeune homme, mais un pull traditionnel de Noël, légèrement trop long, qu'il allait ajuster à la taille. La tenue agrémentée de cuissardes en daim  et d'un juste-corps noir rappelait la période festive grâce au pull vintage et pourtant étrangement à la mode tout en adoptant l'aspect sexy et provoquant qu'appréciait le garçon pour June.

Si le salon était baigné des derniers rayons du jour lorsque le garçon entra dans la salle de bain, il était désormais à peine éclairé par quelques bougies et une discrète lampe d'appoint lorsque la sulfureuse blonde en sortit. June inspecta une énième fois ses cheveux blonds, coiffés en un carré ondulé cette fois-ci, passa un dernier coup de laque sur les boucles dorés et enfila ses bottes en daim noir, bien décidée à étrenner plus d'un cœurs ce soir. Ses lèvres légèrement redessinées et teintées d'un rose brillant soulignaient ses yeux bleus surplombés d'une paire de faux cils qui achevaient de parfaire son illusion féminine. June était parfaitement prête, prête à enflammer les corps et la piste de danse. Ok, Noël n'était pas LA fête pour draguer. Mais il faisait froid, son lit était vide, et il fallait bien s'occuper pendant qu'une bande d'ados allaient occuper la scène et chanter tout leur répertoire de chansons festives. Quoique rien n'indiquait que c'était des ados qui allaient chanter. Mais une chorale, sérieusement, ce devait être des lycéens qui cherchaient à gagner un peu d'argent pour financer un voyage ou un événement quelconque. Genre un bal de fin d'année sur le thème de l'écologie ou de la diversité. Amen.

Lorsque la blonde poussa la porte du piano-bar, Noël lui fouetta le visage, comme un vilain rappel que la fête de fin d'année respirait la joie, le sucre et la bonne humeur. Les gens riaient, les yeux brillants. Et si June espérait un instant que cette flamme était due à la consommation de quelques verres prématurés, elle se rendit bien vite compte que l'ambiance et la décoration enflammaient les cœurs des grands enfants qui retrouvaient la magie du vert et du rouge, de la fausse neige et de la lumière tamisée d'un hiver entre amis. Soirée ronflante en perspective. La blonde ne pouvait le nier, la décoration, faite avec goût, était magnifique de sobriété et de perspicacité. Tout y était, en nombre agréable, et agrémentait poutres, plafond et murs d'une quantité admirablement bien dosée d'objets rappelant la fête des enfants. Rien ne manquait, un vrai magasine de décoration d'intérieur. Même les sourires enjoués des clients qui riaient et buvaient du lait de poule, laissant sur certains visages radieux une légère moustache blanche et mousseuse, étaient trop beaux pour être honnêtes. La blonde grimaça quelques secondes puis passa le pas de la porte pour filer directement au bar et sauter sur un des hauts tabourets en croisant ses longues jambes. « Un verre de blanc s'il vous plait. » Et elle allait en avoir besoin.

La musique d'ambiance s'atténua, la faisait se retourner sur son tabouret pour observer ce qu'il se passait, tandis qu'une blonde, encore une, s'installa sur scène pour commencer une reprise d'un tube jazz. Et elle chantait bien. Sa voix caressait les notes du classique américain avec la maestria de l'habitude. Ou étaient les ados en short rouge pour chanter Jingle Bells ? S'était-elle trompé sur toute la ligne ? Et tandis que sa voisine de bar commanda un ice tea oh combien sage et ennuyant, la blonde lâcha un « Et bien voilà qui est intéressant. Je n'ai peut-être pas perdu ma soirée. » Oui, elle chantait décidément bien, à croire que la mairesse faisait passer un casting aux habitants avant de leur donner le droit de fouler son royaume. L'esprit occupé par les notes que caressaient la chanteuse, June balaya la salle du regard du haut de son tabouret, à la recherche d'hommes qui pourraient la divertir. Après tout, c'était Noël et rien ne disait qu'on ne pouvait pas s'offrir de cadeau un peu en avance.

   

   
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Mar 26 Jan - 21:31

Anna n'était pas surprise de voir Ecaterina monter sur scène la première. Elle grimaça sans pouvoir se retenir. Le comportement de la voix féminine principale des AVs était parfois digne (et aussi agaçant) que celui des premiers de la classe à  l'école. Il fallait bien entendu exclure des requêtes auxquelles elle prêtait attention ce qu'on lui demandait dans l'intimité d'une chambre, un jour d'anniversaire, et avec un taux d'alcoolémie élevé dans le sang.

Anna détourna son regard de la scène et de la performance qui commençait pour se concentrer sur les spectateurs. La jeune femme avait fait de son mieux pour sourire à tous à leur arrivée sur les lieux, passant d'un petit groupe à l'autre avec une aisance démesurée dans son cas, comme si elle avait été possédée par l'esprit de Lexie Preston, ce que Carter ne manquait pas de lui rappeler en la fixant avec un mélange de surprise, d'incompréhension et de désapprobation. Elle avait néanmoins réussi à éviter Megan jusque là, se dissimulant derrière ses collègues et amis choristes presque à chaque fois que l'ancienne Fairy Dust apparaissait.
La directrice attendait quelque chose d'elle ce soir, quelque chose qu'Anna n'avait pas du tout envie de lui donner.

Les deux jeunes femmes avait néanmoins travaillé de concert avec le reste de l'équipe pour que la soirée soit une réussite. Il le fallait pour que les AVs retrouvent un peu de leur splendeur perdue, au cours de leur Victory Tour d'abord , mais aussi simplement parce qu'ils n'avaient pas vraiment les moyens d'être splendides. En réalisant que les finances de la chorale étaient au plus mal, Anna avait pensé être devenue la Cassandre des Awesome Voices, annonçant catastrophe après catastrophe à ses camarades.
Des décisions avaient été prises rapidement, et Anna n'arrivait pas à croire qu'ils avaient tous adhéré à l'idée d'une soirée de charité... Secrètement destinée à lever des fonds pour leur chorale, et leur chorale uniquement.
Elle admettait elle-même le procédé comme malhonnête et tordu, mais reconnaissait que c'était sans doute le seul valable compte tenu des circonstances. Une confirmation de la part de Tate que le secret serait bien gardé (tant qu'ils s'accordaient à ne surtout pas rentrer dans les détails avec Ecaterina) avait achevé de la convaincre.
A voir tout le monde qu'ils avaient réussi à rameuter pour l'événement, il fallait croire que la charité et le don de soi payaient plutôt bien, même avec une simple et vague mention "tous les bénéfices de la soirée seront entièrement reversés à une cause charitable" et le sourire (refait) de Megan sur la photo du poster pour cautionner l'authenticité de la chose.

Anna adressa un nouveau sourire légèrement forcé à un spectateur qu'elle identifia comme un habitué du piano bar, avant de se diriger vers Bob qui était chargé de garantir leur ébriété à tous les deux, suffisante mais joyeuse, pour le reste de la soirée. Elle se consolait de ce qui allait suivre en se disant qu'au moins, cela lui donnait l'occasion de porter son plus joli Christmas jumper pour l'occasion, celui qu'elle réservait aux soirées arrosées londoniennes ou qu'elle portait dans le salon de la Pension avec sa sœur pour seule compagnie, puisque tous leurs colocataires (sauf Jamie) étaient trop américains pour saisir la subtilité de la chose. Et tant pis si tout le monde la trouvait ridicule quand elle monterait sur scène.
Elle entama le verre que le plombier lui tendait au coin du bar et remarqua que la prestation d'Ecaterina touchait à sa fin. D'un mouvement rapide de la tête, elle scanna la pièce pour s'assurer qu'aucun de ses petits camarades choristes n'était prêt à prendre le relais. Sans rien dire, elle donna une petite tape sur l'épaule de Carter, en signe de reddition, et vérifia qu'elle n'apercevait pas la silhouette de Tim fendre la foule. Ils avaient convenu qu'il arriverait un peu après le début des festivités pour laisser aux violets le loisir de mettre un peu d'ambiance sans qu'il roule des yeux à chaque fraction de seconde.
Se faufilant en coulisses, elle croisa Ecaterina qu'elle snoba un peu plus que d'habitude, et elle laissa la musique d'ambiance prendre le relais de la choriste tandis qu'elle donnait ses consignes aux musiciens. Elle se mit à ronger nerveusement les ongles de sa main gauche avant que la vue de sa bague de fiançailles ne l'interrompe. Elle grimpa sur scène d'un seul élan et remercia l'ambiance feutrée du piano bar qui empêchait de distinguer complètement les visages des spectateurs depuis la scène.

"Bonsoir," se présenta-t-elle doucement, tirant un siège vers le micro pour s'installer, faisant plus de bruit qu'elle ne l'aurait souhaité et fronçant les sourcils, avant de se rappeler qu'elle se trouvait déjà face au public et de retrouver un visage le plus impassible possible. Elle attendit les premiers accords de guitare pour commencer.

Is it cruel or kind
Not to speak my mind
And to lie to you
Rather than hurt you

Well I'll confess all of my sins
After several large gins
But still I'll hide from you,
Hide whats inside from you
And alarm bells ring
When you say your heart still sings
When you're with me,
Oh please forgive me
I no longer hear the music,
Oh no no no no


Elle avait opté pour sa chanson préférée, celle qu'elle aurait dû choisir pour son audition. Elle avait conscience qu'elle ruinait l'effet jazzy qui collait à la peau des AVs mais si Megan la voulait sur scène, elle allait devoir s'adapter à sa personnalité musicale, loin des standards classiques et ronflants que les violets chérissaient d'ordinaire. C'était une chanson qui lui collait à la peau, lui ressemblait sans lui ressembler, lui rappelait des souvenirs tout en racontant une histoire complètement différente de la sienne. Une chanson qui la ramenait des années en arrière, mais qui ne l'avait jamais quittée.

And all the memories of the pubs and the clubs
And the drugs and the tubs we shared together
Will stay with me forever
But all the highs and the lows
And the to's and the fro's
They left me dizzy
Won't you please forgive me
I no longer hear the music
Oh no no no no no no

Alors qu'elle s'apprêtait à entamer les derniers couplets du titre, qu'elle avait volontairement choisi dans sa version acoustique, Anna se demandait si elle avait trouvé l'audace de monter sur scène à cause de ses altercations récentes avec Megan, pour se faire pardonner de sa participation jusqu'ici fictive aux tours de chant de sa chorale, ou bien parce qu'elle acceptait doucement qu'elle pouvait trouver satisfaction et manifester son goût pour plusieurs formes d'art à la fois, sans porter ombrage au talent de ses proches. Le goût amer dans sa bouche lui rappela néanmoins que Carter avait bien fait de veiller à assurer une  alcoolémie optimale pour la durée de sa performance.
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TATE ► don't play the odds, play the man
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Occupation : Avocat de la défense auprès d’une firme située à Columbus, et lecteur de droit à l’OSU. Collaborateur d’Ecaterina Robertson. Choriste/musicien chez les Awesome Voices.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Jeu 28 Jan - 18:08

Tate avait grimacé avec désapprobation quand le plan « tenir Ecaterina Robertson dans l’ignorance » avait été imposé aux choristes de Megan Morgan. S’il était le premier à cautionner que la fin justifiait amplement les moyens, il doutait que la méthode garantisse la cohésion de leur groupe déjà fragilisée par le déménagement de Peter. Lui n’y aurait probablement pas adhéré, d’ailleurs. Il se serait même peut-être excessivement indigné, à la plus grande exaspération de ses camarades, face à cette trahison. Pour sûr, il y avait bien plus de sens moral dans le petit doigt du docteur Grayson que dans la majorité des têtes de la chorale. Seulement voilà, Peter avait fait ses valises, et mettre Ecaterina dans la confidence mettrait leur projet en péril – qu’elle accepte de suivre le mouvement, ou non. Elle était incapable de mentir de manière convaincante, et c’était une chose qu’ils ne pouvaient pas lui apprendre d’un claquement de doigts. Qu’arriverait-il, si elle se retrouvait nez à nez avec l’une de ses copines des chorales adverses, et perdait la face ? L’idée de ne pas réussir à redresser la barre des finances des Awesome Voices au cours de leur soirée « caritative » l’avait aidé à tenir sa langue. Tate n’avait aucune envie de travailler avec un budget plus serré que le dernier cran de sa ceinture et s’il devait mentir pour s’en assurer, il ne se gênerait pas. Par ailleurs, il avait pris goût à l’espace qu’ils occupaient au moins une fois par semaine dans le centre-ville de Lima et l’idée de se retrouver à la rue du jour au lendemain l’enchantait encore moins que d’avoir à mentir à Ecaterina. Alors, ils avaient tous menti : impunément, droit dans les yeux, les doigts croisés dans le dos. Qu’importe, ce qu’il fallait pour soulager brièvement leur conscience. Quelque chose sonnait faux dans le discours qu’ils avaient pourtant répété avec soin avant de se séparer quelques jours plus tôt. Sans doute qu’il n’était pas le seul à avoir nourri des scrupules, le moment arrivé de servir leurs salades à la plus sincère d’entre eux. C’est en se promettant de rétablir la vérité un peu plus tard – et en chassant de sa tête la moue réprobatrice qu’il s’imaginait apparaître sur le visage de Peter – que Tate avait renoué avec son flegme habituel.

Adossé au comptoir de service, les coudes appuyés contre le bois vernis, Tate termina de pianoter un message à l’intention de Wyatt sur le clavier tactile de son téléphone : en premier lieu, il lui promettait un compte-rendu complet de la soirée qu’il était en train de manquer, le suppliait ensuite de reprendre sa place chez les Awesome Voices avant qu’il n’assassine un Morgan, et lui ordonnait finalement de profiter de sa lune de miel « comme il se doit ». Son mariage avec Charlie avait eu lieu la semaine précédente et, contre toute attente, Tate flottait encore sur un nuage d’allégresse. Ç’avait été, selon lui, le meilleur évènement de l’année – et c’était dire quelque chose, venant d’une personne aussi peu disposée à croire aux idées du mariage.

Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule en espérant découvrir le verre qu’il avait commandé une dizaine de minutes plus tôt, et poussa un léger soupir en constatant que celui-ci n’était toujours pas arrivé. Le Piano-Bar était littéralement pris d’assaut, et le service n’arrivait pas à suivre la demande. Après avoir glissé quelques billets dans l’urne servant à recueillir les donations dans l’espoir d’inciter d’autres clients à faire de même, Tate se décida à passer derrière le comptoir.  « Tout de suite ! » lança-t-il en claquant des mains avec énergie quand une jolie blonde lui commanda un verre de vin blanc. Il pivota sur lui-même, prêt à s’emparer des bouteilles qui s’alignaient sur le bar et n’attendaient qu’à être servies quand une main s’abattit sur son poignet.  Le propriétaire le dévisageait comme s’il lui avait poussé une deuxième tête. « Sérieusement ? On se voit toutes les semaines. C’est pas comme si je pouvais repartir avec la caisse. T’es surchargé. » Tate désigna l’affluence de la clientèle d’un hochement du menton. Après un court moment de flottement, le propriétaire libéra son bras et pointa un index inquisiteur sous son nez. « OK. Mais n’oublie pas d’encaisser. » Tate hocha la tête d’un air entendu avant de retrousser ses manches et de se mettre à la tâche.
Clairement, il n’avait pas prévu de se mettre au service d’autrui ce soir-là – encore moins de le faire bénévolement. Mais s’il y avait une chose qu’il pouvait faire sans avoir besoin d’y réfléchir à deux fois, c’était bien de préparer un cocktail. Il avait quatorze ans quand sa mère l’avait entraîné dans leur nouvelle cuisine pour lui apprendre à préparer un martini dry exceptionnel et lui avait chuchoté chaque étape dans le creux de l’oreille comme s’il s’agissait d’un secret de famille à mémoriser soigneusement. Évidemment, elle ne l’avait pas éduqué dans l’espoir de le voir devenir barman – l’idée lui aurait sans doute dressé les cheveux sur la tête – mais à l’heure actuelle, il y prenait un plaisir modeste.

« Tu ne veux rien de plus fort ? » lança-t-il à la brunette qui s’était installée au bar avec l’intention évidente de ne surtout pas faire de folies. « La soirée va être longue, et c’est pour la bonne cause. Nomme ton poison. » Il lui adressa un sourire enjôleur destiné à la convaincre avant d’hocher la tête en direction de la scène où se produisait une Ecaterina captivante. « C’est open-mic. Vous devriez tenter votre chance avant que la scène se transforme en karaoké de soûlards. » ajouta-t-il en s’adressant cette fois-ci aux deux jeunes femmes qui se tenaient l’une près de l’autre.

Tate s’interrompit en apercevant la silhouette d’Anna se frayer un chemin jusqu’à la scène. Ce n’était pas son – horrible – sweater de Noël qui retenait son attention, mais l’initiative elle-même : n’avait-elle pas passé l’heure précédente à esquiver Megan pour ne pas avoir à occuper la scène ? Même à cette distance, Tate pouvait apercevoir la bague de fiançailles qu’Anna avait commencé à porter au cours des semaines précédentes sans jamais aborder le sujet avec lui. Il eût un reniflement acerbe. Si la majorité des Awesome Voices avait reçu une invitation à la cérémonie, lui avait dû se contenter d’en entendre parler entre deux répétitions. Offensé, il avait attendu qu’Anna vienne à lui pour dissiper le malentendu – un malentendu inexistant. Il était donc voué à se tenir docilement à l’écart pendant que l’une de ses plus proches amies se mariait – à un homme que, lui, n’appréciait même pas.
« Je crois qu’on me joue un tour. » commença-t-il d’un air pensif quand Ecaterina se retrouva à portée de voix. « Je n’arrête pas de trouver ça dans mes poches. Je vais finir par le prendre de travers. » Il brandit devant lui une canne en sucre d’orge et lui adressa un sourire en coin.

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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Dim 31 Jan - 1:24

La porte s'était fermée sans le moindre bruit. Timothy aurait néanmoins pu jurer avoir entendu Anna murmurer un "j'y vais", certes inaudible, mais qui lui servirait sans doute d'excuse lorsqu'il l'accuserait de s'être dérobée. Ce serait très certainement la première fois que la rousse ne lui ferait pas une scène s'il en venait à oublier un événement. Et Dieu savait comme elle s'était appliquée à ne jamais lui rappeler la fameuse soirée caritative des Awesome Voices. Même lorsqu'il profitait d'une grasse matinée bien méritée Anna ne déployait pas autant d'efforts pour faire preuve de discrétion. Etendu sur le canapé du salon, une guitare sur les genoux, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire amusé face à la nouvelle passion secrète de sa moitié. Il en avait fait du chemin, depuis ce moment où elle lui avait confié son surprenant désir de devenir plus qu'une simple photographe pour la chorale de Megan. Il avait d'abord été offensé de constater qu'en plus de cinq ans il n'était jamais parvenu à la convaincre de chanter avec lui, alors qu'il avait fallu moins d'un an à cette satanée Megan. Oh et il n'était pas dupe, jambe de bois avait certainement joué un rôle là-dedans. Puis il avait fini par relativiser. Anna n'allait pas épouser les Awesome Voices, ni Tate. Elle l'avait choisi lui. Alors peut-être qu'elle avait le droit de le tromper musicalement, même si cela lui faisait extrêmement mal au cœur - dans le genre nausée provoquée à la vue de tous ses amis chantant en chœur autour de Miss Piggy, rien de mélodramatique. D'ailleurs, il avait un sale goût dans la bouche en apercevant un flyer oublié sur le table basse, où figurait une Megan à l'expression affectée. C'était affreusement drôle de voir l'ex starlette associée au mot "charité", d'autant plus lorsqu'on connaissait sa propension à l'égocentrisme. Mais Tim ne serait pas étonné de savoir qu'elle considérait le chantier de sa poitrine comme une oeuvre de charité. C'était un concept assez relatif finalement. C'était d'ailleurs sans doute la raison pour laquelle Anna n'avait jamais su le renseigner sur l'intention de cette soirée, ou que les mots choisis pour en faire la publicité étaient tous d'une incroyable superficialité.

Soufflant un bon coup, Tim chassa la vue perturbante de ce morceau de papier avant de reprendre ses occupations. Inspiré par le panoramique de la grande baie vitrée, il gratta les cordes de sa guitare.

"I should know
Who I am by now
I walk
The record stands somehow
Thinking of winter

Your name is the splinter inside me
While I wait

And I remember the sound
Of your November downtown
And I remember the truth
A warm December with you
But I don't have to make this mistake
And I don't have to stay this way
If only I would wait"


Les ordres d'Anna, quoique flous et lointains, lui avaient stipulé d'attendre une bonne heure avant de la rejoindre. Le connaissant, elle savait sans doute que sa curiosité le pousserait à lever les voiles au bout de 30 minutes, lui laissant ainsi le temps de s'affairer aux devoirs qu'elle espérait le voir manquer. Mais, tout comme Anna s'était montrée anormalement évasive, Tim avait décidé de faire preuve d'une ponctualité sans précédent. D'après sa montre et la porte qu'il avait cru entendre se fermer, cela faisait tout juste vingt minutes qu'Anna était partie. Il pourrait ainsi la surprendre.
Sans surprise l'intérieur du piano bar était d'un kitsch effarant. Mais c'était plutôt de circonstance, parce que Noël était kitsch selon lui. Les couleurs, les sentiments, le lait de poule - comment pouvait-on vendre un produit au nom pareil ? - tout était excessif et aussi désaccordé que la guitare de Phoebe Buffay. Anna ne savait évidemment rien de tout ça, elle qui chérissait ses pulls de la saison à peu près autant que le Super Bowl. De toute évidence Anna était à la fois assez Anglaise et assez Américaine pour eux deux. Dieu merci Tim avait échappé aux chants de Noël, remplacés par le répertoire jazzy d'Ecaterina. Lorsqu'il voyait ce qu'était devenue la chorale de Bryan Ryan, Timothy remerciait le ciel d'avoir pris la porte. Non pas qu'il méprisait le jazz, mais ce n'était juste pas sa cam. Ni celle de Megan d'ailleurs, malgré tous les efforts qu'elle déployait pour se défaire de son image de chanteuse de pop.
La foule se massait déjà le long du bar, sans doute pour oublier pourquoi ils avaient décidé de passer un 23 décembre à une soirée caritative organisée par et pour une chorale de snobs. C'était ce que Tim allait faire en tout cas. Du moins avant de voir Anna succéder à Cat sur scène. Cette vision le figea à l'entrée du bar, tandis que la porte ne cessait de s'ouvrir derrière lui pour laisser entrer un vent froid qui se dissipait rapidement dans une chaleur humaine et festive.

Timothy n'était pas habitué à cet envers du décor, et il se surprit à ressentir des émotions partagées. Une espèce de fierté mêlée à la déception de ne pas avoir été celui à lui inspirer l'envie de chanter. Elle était loin l'époque des sérénades massacrées au pied de sa fenêtre. D'un geste fugitif, il subtilisa une pinte de bière sur le plateau d'un serveur avant de se perdre dans la foule.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Lun 1 Fév - 0:01

Allongé sur le canapé du salon de son appartement, Robbie lisait un livre assez étrange. Il ne comprenait pas tout pour le moment, mais apparemment, c'était un classique qu'il fallait absolument avoir lu une fois dans sa vie. Parole d'Alex. Il fronça les sourcils et abaissa le livre sur son ventre. Je comprends toujours pas c'est quoi le délire de ce Billy. Au lieu de lui expliquer ce qui faisait la beauté de ce livre, elle avait réussi à le convaincre de se rendre à la soirée de récolte de fonds de Megan. Il n'était pas encore sûr de savoir comment elle avait fait mais le résultat était là.

A la suite de sa conversation avec Megan, Robbie s'était retrouvé dans une position étrange. Il ne savait plus quoi faire. Il ignorait s'il avait la moindre chance de réussir son casting sans l'aide de Megan et se demandait s'il ne fallait tout bonnement pas abandonner le projet au lieu de se ridiculiser. Il ignorait aussi quoi faire quant à la chorale. C'était une autre opportunité de faire de la musique, mais il était obligé de voir Megan et de l'écouter lui donner des directives. Un soir, alors qu'il n'arrivait pas à dormir, il s'était même surpris à penser à quitter la chorale. Plusieurs choses avaient motivé son choix ce soir là. D'abord, la chorale des Awesome Voices offrait une playlist de chansons qu'il ne connaissait pas la plupart du temps. Si Megan n'était pas sa cousine, il aurait très certainement finit dans une autre chorale.  En plus de ça, il n'avait vraiment pas envie de l'aider dernièrement alors qu'elle l'avait laisser tomber. Depuis plus d'une semaine, il avait ignoré ses messages, ses appels et même les répétitions qu'elle avait organisé pour mettre en place les détails de la soirée. Il ne voyait pas l'intérêt de se rendre au QG alors qu'il ne comptait pas aller à la soirée de charité. Ryder lui avait expliqué ce qu'elle leur avait dit, leur conseillant très fortement de préparer une chanson pour meubler la scène au début de la soirée. Elle avait probablement peur que les habitants ne soient pas assez imbibés d'alcool pour être désinhiber de toute pudeur. Evidemment, lui n'avait rien répété. Il ne comptait pas chanter.

Lorsqu'il fit son entrée dans le piano-bar, il essaya de localiser sa cousine pour éviter la zone dans laquelle elle se trouverait. Balayant la salle du regard du mieux qu'il pouvait malgré la foule amassée à l'intérieur, il remarqua quelques visages connus. Son regard se porta d'abord sur le bar, où Tate semblait jouer au barman. Cet homme était bizarre, il n'avait surement pas du comprendre que le rôle des Awesome Voices ce soir était de chanter et non pas de saouler tout le monde. Bref. Sur la scène, Cat chantait une chanson que Robbie ne connaissait pas mais qui collait parfaitement au thème musical de la chorale. Ecaterina était la seule choriste à ne pas savoir la vraie raison de ce rassemblement. Soudain, Robbie eut une idée. Suivant l'évolution de la soirée, il irait peut-être discuter avec elle, laissant un détail ou deux lui échapper. Cherchant sa cousine du regard, et ne la trouvant pas, il manqua la sortie de scène d'Ecaterina et ne remarqua le changement de chanteuse que lorsque le tabouret qu'Anna traînait sur la scène fit un bruit immanquable. Il continua de balayer la salle du regard quand il regarda une nouvelle fois la scène. Qu'est-ce qu'Anna faisait là haut? Il réfléchit un instant avant de se rendre compte qu'en manquant les répétitions, il avait surement laisser tomber Anna et Megan l'avait finalement contrainte à chanter. Leur pacte secret et démoniaque avait à peine eut le temps d'être mis en place que déjà, Robbie avait laisser tomber Anna. Bien joué Robbie, bien joué. Il s'inquiéta de ne toujours pas voir Megan et prit peur un instant. Il redoutait le fait qu'elle puisse arriver par derrière, ne lui laissant aucune issue pour lui échapper. Il devrait donc lui faire face et il n'était clairement pas encore prêt pour cela.

Avançant dans la foule pour croiser quelqu'un -n'importe qui, il était même prêt à aller voir Tate pour lui commander un verre, mais il n'était pas sûr de la manière dont le dit-verre serait servi- il se perdit parmi des visages plus ou moins connu. Au loin il vit Timothy, une pinte de bière à la main -quelle surprise- en train de regarder Anna se produire sur scène. Il se dirigea vers lui et lui tapa sur l'épaule en guise de salutation. Au moins en se tenant prêt de Tim, il était presque certain que Megan ne s'approcherait pas de lui. Tim se retourna vers lui et Robbie l'interrogea aussitôt. T'as réussi à la faire changer d'avis ? Si son compère d'Against The Odds était à l'origine de cet élan musical, il n'aurait rien à se reprocher quant au pacte qui l'unissait à Anna.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Jeu 4 Fév - 23:32

Workham lui avait mis une telle pression qu’il arriva au piano-bar avec une bonne vingtaine de minutes d’avance. Levi ne pouvait absolument pas se permettre de manquer le début et le discours de bienvenue, si discours il y avait. Par politesse d’abord, ensuite parce que son patron ne lui pardonnerait jamais un quelconque retard, surtout si Megan Morgan prenait la parole ou si son impulsivité parlait à sa place. Cet excès de précaution, le garçon comptait bien le réinvestir de la manière la plus bénéfique qui soit au lieu d’attendre l’heure fatidique dans sa voiture. Il se glissa à l’intérieur de l’établissement, espérant constater les petits ratés de dernière minute ou les gros couacs dus au stress — même s’il se doutât qu’il était du mauvais côté de la scène pour en être le témoin privilégié.

A l’entrée, le journaliste patienta un instant, comme un écolier qui attendait sagement que son professeur l’autorisât à s’approcher. Il scruta la pièce à la recherche de l’initiatrice de cette soirée. Il n’était pas le premier, quelques personnes avaient déjà fait le déplacement et commandaient leur boisson au comptoir. Néanmoins, nulle trace de la fameuse directrice des Awesome Voices, sans doute occupée ailleurs à peaufiner les détails ou motiver ses troupes. Conscient qu’il gênait le passage, il s’installa discrètement à une table, au fond de la salle, mal à l’aise. Son nom commençait à circuler à Lima — heureusement, pour le bien de son réseau et celui du journal ! — mais il avait toujours cette impression de jouer les rôles de juge et bourreau. Les articles signés en son nom propre n’étaient pas des critiques comme on pouvait le faire dans les pages « Cinéma » ; il s’agissait de simples comptes rendus informatifs de l’activité culturelle, musicale, divertissante de Lima. Somme toute, aucune volonté polémique dans ses propos. Malgré le soin qu’il prenait à écrire d’un ton neutre, Levi était de plus en plus tenaillé par une peur sourde, celle d’être attaqué pour des prises de position imaginaires. Il reconnaissait tout juste les chansons qui étaient interprétées, alors il était loin de discuter de la qualité des prestations, de la justesse des harmonies ou des choix de la direction artistique d'une chorale. Vibrato, canon, et tous les autres termes d'origine italienne, c’était une langue qu’il ne maîtrisait pas (encore ?).

Succombant à l’atmosphère du piano-bar, le nouveau venu attrapa un sucre d’orge et coinça la sucrerie entre ses lèvres, à la manière de Lucky Luke et de son brin d'herbe. Il sortit ensuite son carnet de note et après avoir noté ses premières impressions, enthousiastes, sur l’ambiance et la décoration, il chercha un programme de la soirée. En vain. Par contre, son regard tombait toujours sur les flyers ou affiches où cohabitaient une Megan Morgan rayonnante et le mot "Charité". C'était d'ailleurs la première question que Levi lui poserait, s'il avait l'occasion de la rencontrer — plutôt si elle souhaitait être interviewée par un petit journaliste local. A qui profiterait l'argent récolté au cours de l'événement ? Le garçon hésitait lui-même à glisser un billet dans l'urne pour une cause qui lui était inconnue.

Enfin, une jeune femme se présenta devant le micro. Aussitôt, il consulta le trombinoscope qu’il avait calé entre deux pages de son carnet. Son patron, quoique patibulaire, avait eu l'aimable attention de lui fournir ce précieux et indispensable sésame. Levi n’avait pas encore réussi à retenir les noms et visages de tous les choristes, tant il y en avait en ville. Aussi, c'était peut-être surestimer sa mémoire de croire qu'il pourrait un jour assimiler toutes ces informations. Ses craintes étaient fondées. Ecaterina Robertson, parce que c'était elle visiblement, interpréta une chanson totalement étrangère au garçon. Son seul recours pour retrouver le titre : écrire le premier couplet sous le nom de la choriste. Il ajouta un smiley souriant pour signifier que les notes jazzy méritaient une place dans ses playlists. Quelques minutes plus tard, une autre choriste — Anna Preston — prit place, avec une chanson tout aussi inconnue. Dans son coin, Levi souffla et conclut que la soirée allait être longue. Pas de We Wish you a Merry Christmas ou Carols of the Bell. La réputation des Awesome Voices était vraie ; ils ne faisaient pas dans la facilité. Encore moins pour quiconque dont la culture musicale se limitait aux chants traditionnels de Noël et aux musiques de Disney.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Ven 5 Fév - 21:23

« Oh. » Megan s’interrompit avec une brutalité progressive, tandis que ses grands yeux fardés, baignés d’une lueur affectée par la (fausse) cause qu’elle défendait auprès de deux hipsters qu’elle avait alpagués à l’entrée du piano-bar, appréhendèrent la vision qui s’imposait à elle, un peu comme une mauvaise blague s’imposait à celui qui se risquait à lire un emballage de Carambar. Anna venait de monter sur scène « Oh. » répéta la jeune femme, et sa poitrine, emmaillotée dans un chandail d’un rouge festif, se souleva au rythme de l’inspiration profonde qu’elle prit alors. Cette image aurait dû la ravir ; ce n’était pas tout à fait un ultimatum qu’elle avait posé à son assistante un peu plus tôt dans la journée, c’était juste une mise à jour impromptue du rôle qu’elle avait accepté de jouer en se rangeant du côté des violets. Les temps étaient ardus pour les vainqueurs de la saison dernière, cette soirée en était la preuve. En l’absence de nouvelles recrues, le renfort sur scène était le bienvenue. Depuis que Ruby était partie, et que Megan avait décidé de ne plus monter sur scène, équilibrer la représentation des hommes et des femmes lors de la compétition officielle était devenu un véritable problème. Pourtant, elle avait sous le nez une partie de la solution, et c’était de convaincre Anna de chanter comme tous les autres membres des Awesome Voices. Megan n’avait jamais insisté auprès d’Anna, lui étant sincèrement reconnaissante d’accomplir les tâches ingrates de l’administration des Awesome Voices, mais il y avait eu un moment où elle n’avait plus supporté le caprice évident de la jeune femme. Chez les AV, il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait se permettre d’être capricieuse, et ce n’était sûrement pas Anna Preston.

Au lieu de la ravir, donc, cette image lui donna au contraire envie d’aller chercher elle-même Timothy Ainsworth, et de préférence par la peau des fesses, pour l’obliger à admettre que le petit cirque d’adolescent torturé qui se jouait sur la scène du piano-bar était son idée. Son regard longea le hall d’entrée du pub, et la silhouette maigrichonne qu’elle distingua à travers les allers et venues des invités lui fit esquisser un sourire vengeur ; quand on parle du loup. Le sourcil en accent circonflexe, Megan reposa un regard dépité sur le spectacle d’Anna, et un nouveau soupir anima sa cage thoracique. Est-ce que le mémo concernant le thème de la soirée ne lui était pas parvenu ? À en juger par l’horreur qu’elle portait sur le dos, elle l’avait bel et bien reçu, alors pourquoi se la jouait-elle à la Amy Winehouse ? Certes, le filet de voix qui sortait de la gorge de la jeune femme n’avait rien à voir avec le coffre de feu la célèbre chanteuse, en revanche, elles partageaient toutes les deux une grâce digne des piliers de bar du vendredi soir – et cet accent à couper au couteau, seigneur. Megan roula des yeux, et cessant subitement ses cajoleries humanitaires, elle tourna le dos aux deux barbus à qui elle avait épinglé une cocarde mauve sur la poitrine, pour mieux s’insérer dans la masse colorée des clients du piano-bar.

Croisant Cat au passage, elle lui remit les cocardes mauves qui lui restaient, en garda une précieusement dans la paume de sa main, et lui ordonna de les distribuer contre une petite pièce. Après avoir progressé jusqu’à Tim – rejoint par Robbie –, elle s’exclama sur le ton d’une animatrice de télé-achat :

« C’est amusant comme les gens qui se ressemblent s’assemblent. Il ne lui manque plus que les tatouages pour faire illusion, vous pourriez presque faire partie de la même famille. Oh, mais quelle idiote, ce sera bientôt le cas ! » Elle se fendit d’un sourire pernicieux, ne pouvant s’empêcher de se dire que si les enfants de Tim et d’Anna naissaient hideux, ce serait de la faute de leur père qui n’avait vraiment rien pour lui, puis roula ses lèvres brillantes de gloss l’une contre l’autre. Elle se tourna vers Robbie, et son sourire faiblit, perdant soudain de son éclat « En parlant de famille. » ajouta-t-elle, et bizarrement, son regard fuit aussitôt pour s’égarer dans celui de son ennemi public n°1. Megan n’aimait pas beaucoup de monde dans son petit univers impitoyable, mais Grumpy Timothy, elle le détestait plus que n’importe qui « Je tenais simplement à te signaler que les consommations ne sont pas gratuites. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, c’est une récolte de fonds, pas une dégustation. » Elle le jaugea sans se priver, le jugeant en même temps à propos de son choix vestimentaire – encore quelque chose qu’il partageait avec sa moitié –, et sans prévenir, elle fit un pas dans sa direction. Megan ouvrit la main, et du bout des doigts, elle retira la cocarde mauve qu’elle avait conservée, reine de l’anticipation. Elle défit l’épingle à nourrice, et la fixa à la poche de la veste de Tim. Elle espérait bien le piquer au passage, mais les couches de tissus étaient trop épaisses « Et voilà. » Du plat de la main, elle tapota sur la poche qu’elle venait de décorer à l’honneur de la cause secrète que les Awesome Voices défendaient, et par-dessus son épaule, elle dit à Robbie « Je compte sur toi pour le faire payer. Je vais devoir vous laisser, on m’attend pour le speech. » Un charmant clin d’œil aux deux jeunes hommes, et Megan s’extirpa de là pour se diriger d’un pas tranquille vers la scène. Pendant qu’elle remontait sa poitrine pour faire meilleure impression, elle réceptionna Anna qui terminait son tour de chant. Posant son talon sur la première marche, droit vers la lumière, Megan l’arrêta en lui pressant le bras avec une poigne délicate avant qu’elle ne touche le sol, et lui chuchota dans le creux de l’oreille « Peux mieux faire. »
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Sam 6 Fév - 16:49

S’il n’y avait qu’une seule partie du corps massif de Carter qui avait envie de chanter, c’était la colonie de bactéries qui s’étaient confortablement installées dans ses poumons. Lovées sous l’arbre bronchique, comme de microscopiques enfants planqués sous le sapin pour guetter le père noël, elles célébraient déjà les fêtes de fin d’années dans une débauche de mucus. Résultat : entre les toux, les frissons et le nez rougi, le canadien se serait largement passé de cet esprit de noël microbien.

Quelqu’un avec un minimum de logique lui aurait dit qu’il n’aurait même pas dû se déplacer dans ces conditions.

Sortir dans le froid pour se confronter à la moiteur surchauffée d’un bar, tout pianesque fut-il. Probablement remplis de personnes en pleine incubation de germes tous plus variés et nocifs les uns que les autres. En y agitant ses cordes vocales malmenées par l’inflammation. Pour ensuite ressortir une nouvelle fois dans un froid encore plus froid qu’à l’aller. Que de bonnes idées il avait eu en ce soir givré.

Autant dire qu’il frôlait les cent cinquante pourcents de chance de voir une pneumonie se déclarer dès le lendemain. Un cadeau en avance, en quelque sorte. Et bonne année, bien sûr.

Mais qu’était une pneumonie face à un troupeau de choristes pauvres, avides et désespérés déterminés à prétendre une soirée complète être riches, généreux et engageants dans l’unique but de le redevenir ?

Hé bien le Carter Coolige d’il y avait deux semaines vous aurait répondu que c’était un argument parfait pour éviter la troupe désargentée. Le concept de cet évènement était après tout à peu près aussi tordu que le cerveau malade qui l’avait élaboré, ce qui n’était pas peu dire. Oui. Quinze petits jours auparavant, il aurait fuît autant que possible cette petite orgie de mensonges.

Mais le Carter Coolige d’il y avait deux semaines était apparemment bien plus raisonnable que le Carter Coolige actuel. Car ce Carter Coolige-là s’était mis en tête qu’il fallait changer sa vie. Qu’il fallait être heureux. Et stable. Et tout un tas de conneries du genre qu’il avait eu le temps d’assimiler à partir du livre « To Infinity… and Beyond ! ».Un remarquable ouvrage sur le bien-être écrit en dix jours dans un Centre de Rééquilibrage Spirituel californien par une prétendue cousine de Lindsay Lohan. Une véritable bible de la positivité qu’il avait eu le plaisir d’acquérir deux semaines plus tôt via à une « super offre exceptionnelle à ne pas manquer à stock limité» après s’être retrouvé hypnotisé devant les émissions du télé-achat de cinq heures du matin.

Si le principe d’acheter ce genre de produit pouvait paraître incongru pour une personnalité telle que celle de Carter, il fallait plutôt se dire que le vrai signal d’alarme était qu’il se soit retrouvé chez lui à une telle heure, éveillé, (presque) sobre, affalé dans son canapé, les yeux bouffis et le caleçon à têtes de rennes fièrement arboré.

Carter était un homme occupé. Un homme sociable. Un homme heureux. Du moins, il l’avait été. Il l’était redevenu. Après de longs mois passés dans cette bourgade insignifiante, il avait réussi à reconstruire cet homme enthousiaste et souriant que la semi-célébrité avait tordu dans tous les sens et laissé cabossé sur le bas-côté de l’autoroute du succès. Il y avait vraiment cru. Mais avec le départ impromptu de Warren, des appels préoccupants de son père, l’inconstance génétique de sa Preston et les absences d’Aaron, le sourire était de plus en plus difficile à trouver. Cette vie en Ohio si confortable et monotone semblait s’écrouler autour lui et les morceaux éclatés fracturaient sans remord son petit bonheur à peine reformé. Il le pensait bien plus solide. Il s’était manifestement trompé.

Oh, sa vie n’était pas un désastre. La salle de sport était encore ouverte et les vegans n’avaient pas encore réussi à rendre les steacks marinés illégaux. Mais elle était un peu nulle depuis quelques temps. Un peu plus moche qu’avant. Et c’était apparemment déjà trop. Les nuages gris sale de la dépression étaient revenus squatter le haut de son crâne. La pluie avait repris. Il avait préféré faire quelque chose, n’importe quoi, avant qu’il ne se retrouve une nouvelle fois noyé.

On ne pouvait pas lui en vouloir de chercher des solutions. On devait le comprendre. Et si « on » n’en était pas capable, une petite série de contraction de ses trapèzes saillants devrait suffire à remettre des esprits en place et langues dans des poches.

Le livre était une réaction saine, une envie de changer sa situation, un pas en avant. Un pas probablement très stupide mais quand même.

Et puis franchement, à 9,99 dollars américains le lot, il n’y avait vraiment pas de quoi se priver.

Depuis quatorze jours, le canadien suivait donc scrupuleusement les recommandations du TIAB, allant jusqu’à chronométrer ses rythmes de respiration sur les indications de l’auteure pour assurer une oxygénation optimale de son cerveau. « Des neurones bien aérés, et une bonne journée peut commencer. ». S’il lui arrivait d’éclater de rire devant certains paragraphes, d’autres se révélaient relativement convaincants et parvenaient même à froncer ses sourcils de réflexion.

Le bouquin présentait ainsi une longue partie entièrement dédiée à la vie communautaire et au travail d’équipe.

La théorie de la prétendue Lohan était que si le Petit Soleil (c’était ainsi qu’elle appelait ses lecteurs, pour « qu’il n’oublie jamais qu’il faut rayonner tous les jours pour que son jardin intérieur se porte bien », inutile de préciser que c’était un des textes qui lui avaient arraché un rire hystérique) ne pouvait trouver de satisfaction dans son travail, c’était dans sa vie associative qu’il pourrait trouver de quoi « illuminer le ciel de sa vie, sans mélanome collatéral hihihi».

Oui. « Hihihi». Sic. L’auteure semblait trouver approprié et thérapeutique de retranscrire toutes ses émotions et onomatopées. Ca n’en rendait certains passages que plus gênants.

Toujours était-il que c’était précisément le cas dans lequel se trouvait Carter, qui ne brillait manifestement pas par sa folle passion pour la plomberie.

Si ces paroles flairaient la marijuana de fort basse qualité, Coolige y avait miraculeusement trouvé du sens. Et aussi saugrenu que cela paraisse, il en était parvenu à la conclusion que s’impliquer dans les Awesome Voices lui apporterait sérénité et joie de vivre.

Grimace

Il pouvait toujours essayer.

Cette résolution d’entre-aide musicale (et l’alcool ingurgité plus tôt) avait donc amené sa gorge irritée au bord de la petite scène du piano bar. Il avait abandonné Anna au bar, lui laissant la garde attentive de la tequila. Il avait la très nette certitude qu’il en aurait besoin après son passage.

Il repensa à la qualité des performances qui avaient précédé son passage.

D’un geste viril affirmé, il déplia les petits bois de cerf monté sur serre-tête qu’il avait enfoui dans les poches de son jeans noir et les planta sur son crâne avec tout le sérieux du monde. Oui. Ca aussi, c’était dans le bouquin. C’était festif. Il se sentait festif.

Et c’était viril.

Si.

Etonnamment, Megan n’avait pas (encore) crié au fashion scandale, elle pourtant si attachée à l’image de marque de sa très chère chorale. Probablement que le prétexte de charité de la soirée devait l’avoir incitée à ne pas déverser sa bile grammaticale profuse à la seconde où elle avait aperçu son accoutrement.

Elle-même était en quelque sorte déguisée, après-tout. Derrière son sourire douceâtre et ses mimiques presque humaines, la tigresse aux griffes acérées ressemblait à un de ces chatons emmêlés dans le pull de leur propriétaire qui faisaient fureur dans les vidéos de fin d’année sur Youtube. Le genre de contenu inoffensif et émouvant, qui, à force de clics, devait rapporter plus d’argent à leurs monteurs que le département cocaïne de mafia russe sur la côte est. Exactement l’effet financier recherché par les AV, en soi.

Carter soupira et leva les yeux au ciel.

Penser positif, respirer positif, vivre positif.

Il était venu ici pour se changer les idées. Toutes les idées. Ne garder en tête que les compliments et les mots doux, mêlés dans des effluves alcoolisées forcément réconfortantes. Certes, le bouquin de développement personnel ne mentionnait pas l’alcool dans ses cinq étapes vers le bonheur et le succès, mais Carter était profondément convaincu que ça ne pouvait pas faire de mal.

De toute façon, s’il voulait vraiment parvenir à positiver dans cette ville sans géant blond préféré avec qui discuter, c’était carrément un élément indispensable, songea-t-il en jetant un regard blasé à la foule joyeuse.

Il secoua la tête. Non. Positif. Il devait avoir un regard positif sur les choses. Et sur les gens.

Timothy qu’il apercevait du coin de l’œil n’était pas « taciturne », il était « pensif ». Robbie à ses côtés n’était pas « détestablement dramatique », il était « investi ». Ecaterina qui se baladait avec ses cocardes n’était pas « un lutin », elle était « une personne de petite taille très talentueuse ». Tate, on ne savait trop pourquoi, derrière le bar n’était pas « Tate », il était «un individu respectable ».

Satisfait par ses exercices sociaux, Carter afficha un sourire vacillant à quelques clientes pas très loin.

C’était à lui.

Il inspira à fond. Et défit un bouton de sa chemise qu’il avait fait l’effort de choisir d’un violet sombre.

Il fallait bien ramener des fonds, non ?

Hochant la tête, il reprit une démarche assurée, un pied déjà dans l’arène.

Mais il se stoppa, hésitant. Geez. Levant les yeux au ciel, il défit un deuxième bouton.

Ils avaient vraiment besoin de ces maudits fonds.

Le poitrail musclé suffisamment exposé pour s’assurer une bonne rentrée d’argent (et une triple angine), il s’installa un peu fébrilement sur siège haut de la scène. Il jeta un coup d’œil nerveux vers les musiciens qui lui avaient assuré qu’il aurait droit à un arrangement sobre et élégant qui conviendrait à ses maigres compétences artistiques et à l’exigence jazzy de la Morgan. Des sourires engageant le rassurèrent. Il y avait au moins quelques professionnels sur scène.

Face au micro, il toussota un peu et pria sincèrement pour ne pas commencer à convulser en plein milieu du numéro. Seul face aux projecteurs, il se sentait si maladroit, si pataud. Les articulations de ses épaules craquèrent. Le siège était si petit. Il cala une fesse et demi dessus, stabilisant le reste avec l’appui ses jambes. Tentant pendant toute l’opération de garder un air décontracté, il songea qu’il aurait définitivement du apporter la bouteille avec lui.  

Okay.

Stop.

C’était bon. Il était bon. Tout était bon.

Okay.

Christmas night,
Another fight,
Tears we cried,
A flood
Got all kinds of poison in, of poison in my blood

Du haut de la scène, le public ressemblait vaguement à une convention de tatoueurs. Il fallait croire que le look post-modern punk tumblr aesthetic était également festif. Pourquoi pas.

Les genoux écartés et les pieds joints, il laissait ses mains prendre entre ses cuisses, l’attitude détachée, le menton un peu relevait, comme s’il n’avait pas besoin de se triturer les méninges pour se rappeler des paroles.

When you're still waiting for the snow to fall
It doesn't really feel like Christmas at all

Les gens avaient l’air heureux, cela-dit. Un champ de pull en laine, de ruban violet et de sourires plus ou moins faux. Les bulles scintillaient presque autant que les décorations des lieux. Quelques portefeuilles sortaient même déjà des manteaux. Qui l’eut cru.

Up above candles on air flicker
Oh they flicker and they flow
And I am up here holding on to all those chandeliers of hope

Si la situation n’était pas complètement ridicule et hypocrite, Carter se serait totalement laissé attendrir par ce spectacle de générosité et d’esprit de famille.

And like some drunken Elvis singing
I go singing out of tune
Singing how I've always loved you, darling, and I always will

Sa voix sur le point de s’enrouer donnait une intonation plus grave, un peu étonnante à sa performance toute en basses.

Oh when you're still waiting for the snow to fall
It doesn't really feel like Christmas at all

Ce n’était pas mauvais. C’était même bien. Comme prenant seulement conscience de ce qu’il faisait, Coolige réalisa que la sensation n’était pas abominable. Alors qu’il se relachait totalement, il osa quelques contacts visuels plus appuyés dans la foule. Une jolie blonde au bar. Anna pas très loin. Un bellâtre dont le regard scannait l'assistance avec intérêt. Il égrenait les visages, n sourire creusant les fossettes dispersées dans sa barbe.

Those Christmas lights light up the street
Maybe they'll bring her back to me
Then all my troubles will be gone
Oh Christmas lights, keep shining on

Son timbre devint plus velouté, plus ronronnant (probablement le résultat de son penchant pour les cigares) sur le dernier couplet, accompagnant la descente des notes.

Oh Christmas lights light up the street
Light up the fireworks in me
May all your troubles soon be gone
Those Christmas lights keep shining on

Tout sourire, il finit doucement la dernière phrase en acapella et expira à fond une fois l’exécution finie. Clignant Déglutissant, la tête qui lui tournait encore un peu, il se hâta à quitter son siège avant de faire une syncope. Hors de scène, il reboutonna précipitamment le haut de sa chemise, intervertissant deux boutons dans le processus. Le système nerveux survolté, il grommela à voix basse en revenant vers la masse des très naïfs mécènes.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Dim 7 Fév - 11:54

Sa performance était passée à la vitesse de la lumière, ne lui laissant pas le temps de ressentir les premiers signes du malaise qui l’émouvait lorsque tous les regards étaient tournés dans sa direction. Ecaterina n’avait pas fait la paix avec ses angoisses, même si ses crises s’étaient considérablement espacées, et que ses premières armes dans le monde impitoyable de l’édition l’avaient contrainte à prendre admirablement sur elle pour ne plus réitérer le gênant incident de Toledo. Elle avait appris à dompter ses attaques de paniques par l’intermédiaire de la brutalité formatrice de Tate, mais pas seulement. L’enthousiasme de ses camarades Awesome Voices avait été le vrai remède miracle pour soigner le détraquement de ses émotions ; car Cat n’était pas sensible à la brusquerie, ce qui la marquait, c’était la douceur et la bienveillance, comme en témoignait celle que Peter avait toujours démontrée à son encontre.

Pour la seconde fois de la soirée, elle regretta que l’un de ses amis ne soit présent pour constater le parcours qu’elle avait accompli. La bouderie qu’elle avait laissée au bas des marches de la scène du piano-bar, vexée de ne pas être tenue au secret comme tous les autres membres de sa chorale qui, elle le savait, lui cachaient quelque chose, eut du mal à retrouver sa place sur son visage rayonnant. À la fin de sa chanson, ce fut sous des applaudissements feutrés qu’elle se mit à pouffer. Puis, encourageant Anna d’un timide signe de tête quand elle la doubla en coulisse, à la croisée des planches et de la grande salle bondée à craquer, elle disparut de scène. Megan l’attendait en lui tendant des cocardes violettes – le choix de couleur lui parut carrément osé, rendant les contours de la cause défendue par les Awesome Voices encore plus flous. Néanmoins, Cat abandonna la moue renfrognée qu’elle avait arborée depuis son arrivée sur les lieux de la soirée, et gratifia son coach d’un clin d’œil entendu, avant de s’enfoncer au milieu de la marée humaine formée par les clients du pub. En passant au travers, elle adressa aux propriétaires des mains qui lui tâtèrent chaleureusement les épaules des sourires authentiques.

S’autorisant à désobéir aux ordres de Megan, Cat se dirigea droit vers le bar, où un drôle de spectacle la fit sourire davantage. Elle s’inséra à côté d’une grande blonde qui avait joué le jeu de la tenue festive, et après lui avoir souri, appréciant visiblement son effort vestimentaire, elle tourna la tête vers Tate. Ecaterina lui dit sur le ton de la plaisanterie :

« Vision intéressante, j’ignorais que tu avais un côté Tom Cruise. » Elle considéra l’image qu’elle avait devant les yeux tout en appuyant ses avant-bras sur le bar, et décolla ses pieds du sol pendant une fraction de seconde. Tate ne portait pas de cravate, il avait les manches retroussées, et son assurance en maniant les bouteilles qui se trouvaient à sa portée avait quelque chose d’attirant. Cat pinça les lèvres en tachant de détourner les yeux, soucieuse de ne pas se faire prendre en train d’apprécier la vue, et ses pieds retrouvèrent le sol – au sens propre, mais pas au figuré. Pour se donner bonne contenance et faire durer la plaisanterie, elle fila un petit coup de coude à sa voisine, et ce en continuant de s’adresser à Tate « Quoi, tu ne connais pas Cocktail ? » Elle soupira, amusée « Ta culture populaire est abominable, on ne regarde pas de films à la Maison-Blanche ? » Elle gloussa intérieurement et attrapa le sucre d’orge qu’il lui tendait, et qu’elle tendit à son tour à la jolie blonde à ses côtés. Elle demande au jeune homme « On peut parler une seconde ? Mademoiselle gardera un œil sur tes bouteilles. » Elle pressa le poignet de la blonde avec délicatesse et invita Tate à faire le tour du bar en lui montrant le chemin qu’elle convoitait de l’index. Elle ne remarqua pas sa cousine, qu’elle dépassa  pourtant, pendant qu’elle se dirigeait vers un coin inoccupé du piano-bar.

Arrivée derrière le grand sapin qui éblouissait tout l’espace, scintillant grâce aux illuminations habilement disposées, Cat s’enquit de la présence de Tate derrière elle.
« Viens par ici. » Elle fit en sorte de choisir un angle où les décorations de saison étaient les plus condensées et une fois satisfaite de la distance qu’elle avait creusée entre ce recoin perdu et le reste du bar, elle pivota entièrement vers Tate « Baisse-toi. » lui intima-t-elle avec gentillesse, tandis qu’elle sortait son téléphone portable de la poche de sa robe rouge foncé, et qu’elle s’excitait mentalement sur sa subtile tactique d’approche. Elle s’empêcha de sourire, mais elle échoua, et finalement, elle laissa échapper un rire. Cat pianota sur l’écran tactile de son appareil quelques secondes, puis s’approcha de Tate en le brandissant devant leurs nez. Elle posa un bras sur son épaule, et secoua la tête pour replacer ses longs cheveux blonds et ondulés tout autour de son visage. Souffrant toujours d’une différence de taille qu’elle tenta de combler en se hissant sur la pointe de ses escarpins, elle réduit l’écart qui les séparait pour qu’ils puissent entrer tous les deux dans le cadre du viseur, et s’approcha davantage de lui. Cat murmura à son oreille « C’est pour Peter, c’est un truc entre nous. » lui indiqua-t-elle quand le flash s’activa et qu’elle sourit juste au bon moment.

Elle ne vérifia pas l’image qui apparut sur l’écran de son smartphone. À l’abri de tous les regards, Cat attendit que Tate tourne la tête vers elle, et le nez frôlant le sien, elle pencha doucement la tête pour l’embrasser du bout des lèvres. Avant qu’il ne puisse réaliser ce qu’il venait de se passer, tant ce fut vif et spontané, elle fit un brusque, mais élégant, tour sur elle-même en pépiant un rapide « Merci, Tate ! » Puis quitta l’endroit d’un petit pas pressé pour rejoindre la grande salle bondée, ravie de son effet, et surtout du message qu’elle venait de lui faire passer. Aussi, elle n’eut pas le temps d’envoyer la photo à Peter pour lui montrer ce qu’il était en train de rater – en avait-elle seulement eu l’intention ? Et alors qu’elle s’émerveillait du choix de chanson de Carter, chanson qui lui fit penser à Charlie, encore une fois, son regard rencontra celui de Lynn qu’enfin elle remarqua.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Mer 17 Fév - 17:37

La brunette s'était résignée à ne pas boire de la soirée. Du moins, pas avant d'être rentrée dans un hotel ou chez Ecat' si cette dernière voulais bien l'héberger pour la nuit. Oui c'était l'un des mauvais côtés de faire des surprises, on ne savait jamais si la personne voudrait bien de nous pour la nuit. Mais ça n'était pas grave, Lynn avait prévu le coup le temps de retrouver un logement ici. Avec sa bourse d'études, ça lui permettait de ne plus travailler autant qu'avant quand elle était au garage Hummel. Non, l'alcool n'était pas une bonne idée ce soir, elle était bien trop fatiguée pour et si elle commençait, ça ne terminerait pas bien pour elle, c'était certain. Elle ne releva pas le regard de la jeune femme qui s'était postée à côté d'elle et se concentra sur son appel au barman.

C'est alors qu'il se mit a essayer de négocier sa boisson. On se serait cru avec les taxis parisiens, on leur demandait de nous amener à un endroit et personne ne voulait vous prendre parce que vous n'alliez pas assez loin pour leur course. A croire que le jeune homme ne voulait pas non plus la servir, du moins rien sans alcool. Elle fit un large sourire en pinçant les lèvres d'un air qui ressemblait fort à Ecaterina lorsqu'elle aussi le faisait — elles n'étaient pas cousines et n'avaient pas habité un certain temps ensemble pour rien ! ❝ Mhmmm c'est gentil mais je vais commencer sagement. Je pense que la fatigue et l'alcool ne vont pas bien ensemble. ❞ Si ça continuait elle allait se sentir presque obligée de prendre de l'alcool. Elle détestait dire non. Lynn posa ses coudes sur le bar et tourna la tête pour regarder la scène que lui montrait le jeune homme. Elle se mit à rire en regardant la jeune blonde à ses côtés. La jeune femme était bien du genre à monter sur une scène contrairement à elle. Elle n'avait pas aimé sa réflexion qu'elle avait prise pour sa cousine d'ailleurs. Lynn ne monterait pas sur une scène. Elle avait bien trop de mauvais souvenirs. Elle essayait d'oublier cette partie de sa vie qu'elle avait laissé à New York et voulait juste redevenir la Lynn qu'elle était avant de partir. Sans musique dans sa vie et sans traitres. Elle se contenta d'ajouter ❝ Ma cousine est celle qui a hérité de ce don, je ne voudrais pas lui faire honte ❞. Tate ne devait pas savoir que quand elle parlait de cousine, elle parlait bel et bien de celle qui chantait en ce moment même mais elle s'en fichait. Elle restait incognito encore un peu comme ça.

Elle applaudit avec grand enthousiasme quand celle-ci termina sa chanson et descendit de scène. Lynn était assez impressionnée par sa cousine. Elle savait que même si elle paraissait à l'aise sur scène, cette dernière ne devait pas l'être le moins du monde. Alors qu'elle se rapprochait du bar, Lynn baissa la tête pour chercher dans son sac le livre qu'Ecaterina lui avait envoyé. Elle avait été l'une de ses premières lectrices et était l'une de ses plus grandes fans. Elle n'eut pas le temps de le trouver qu'Ecaterina avait embarqué le barman dans une autre pièce. Sans la voir ! Elle se mit sur la pointe des pieds en s'aidant du bar pour tenter de voir où elle était partie mais sans grand succès. Elle posa alors le livre sur le bar avec son marqueur puis regarda les performances qui se déroulaient.

Cela faisait longtemps qu'elle n'était pas allée à un open mic comme ça. La dernière fois c'était avec... Non, elle se refusait de penser à son nom. Les mois avaient eu beau passer, la douleur de la trahison était toujours là. Elle fronça les sourcils en sirotant son ice tea que le barman lui avait servi juste avant d'être embarquée par la blonde fougueuse. Elle se mit à applaudir à la fin de la chanson de Carter et, tournant la tête pour voir si Ecaterina était de retour, son regard se posa dans celui de sa cousine. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres. Elle remit son sac sur son épaule et attrapa le livre avec le marqueur en se dirigeant vers sa cousine. ❝ J'ai le droit à un autographe ? ❞

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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Mer 17 Fév - 21:05


03. Happy Christmas Eve Eve !

   

   
Tout était mièvre et Noël flottait dans l'air comme un parfum trop sucré dont on ne pouvait pas se débarrasser. June était tentée d'engloutir un dernier verre, de sauter de son tabouret et de s'enfuir de cet antre de la joie de vivre et de la communion. A vomir. Mais Dieu arriva sur Terre sous l'apparence d'un beau brun aux yeux gris. Si son cœur avait cessé de fonctionner à la seconde où elle le vit, ses reins eux palpitèrent à mesure que ses yeux détaillaient la musculature de l'homme et son visage parfait. La blonde avait trouvé une raison de rester au bar ce soir et de se saouler l'esprit avec des images de cet ange déchu qui prenait place en face d'elle. C'était à devenir croyant et pratiquant, ce genre de miracle. Pas besoin de résurrection avec June pour créer une religion, un sourire mutin et une ceinture abdominale entretenue faisaient amplement l'affaire.

Et l'ange ouvrit sa bouche. Occultant complètement la brune qui avait commandé une boisson que l'on ne trouvait plus que dans les menus enfants de certains fast-food, June buvait les paroles prononcées d'une voix suave et profonde. Il aurait pu réciter sa liste de course ou la composition des plaques isolantes écologiques qu'elle serait comblée. Mais les mots frappèrent son esprit. Open-mic ? Scène ? Projecteur ? Il en fallait moins pour convaincre la drag-queen de se produire sur scène et d'enflammer les corps. Elle se voyait déjà onduler sur scène dans sa robe-pull courte et ses jambières noires, le regard du barman fixé sur son corps longiligne. Oui, la soirée allait être bonne.

Mais Satan prenait parfois des apparences trompeuses pour voler au Seigneur ses plus beaux anges. Et ici, il avait revêtu le corps d'une plantureuse blondinette qui s'inséra à côté de June en lui adressant son plus beau sourire diabolique avant de s'accaparer l'attention dudit ange terriblement bien foutu. La vie était décidément injuste. Mais le destin dans sa grande bonté avait propulsé une autre beauté virile sur scène. Elle vit à peine la blonde partir avec le barman et leur accorda une demi-seconde d'attention lorsque que Satan lui demanda de garder sa consommation. Le regard fixé sur la montagne de muscles saillants qui s'était produite quelques instants plus tôt et sortait désormais de scène, June s'adressa à l'autre type du bar. « Gardez aussi mon verre, s'il vous plaît. J'ai une participation à l’œuvre caritative à honorer. »

Se rapprochant à grands pas en direction de la scène, June se plaça, sous couvert d'une coincidence feinte, devant Carter qui semblait se diriger vers la foule des spectateurs conquis. Lui adressant son plus beau sourire, et replaçant une de ses boucles blondes, elle lui lança avant de monter sur scène : « Choix de chanson intéressant, et tellement bien interprété. C'est tellement sexy un homme qui chante pour aider les autres. » La blonde ponctua sa phrase d'un léger clin d’œil et grimpa les quelques marches de la scène. S'emparant du micro, la drag-queen prit rapidement ses marques et commença avec ses habitudes du cabaret. «  Hi everyone !  J'espère que vous passez tous une bonne soirée. Je pense que nous pouvons applaudir tous ces talentueux chanteurs qui se sont produits pour vous et pour la cause qu'ils défendent. »

La main sur la hanche, soulignant au passage sa taille fine et ses hanches remarquables, elle attendit quelques secondes que les applaudissements ne se tarissent avant de reprendre. « C'est à mon tour de chanter pour vous. Et j'aurai une attention toute particulière pour ceux qui donneront pour l'association défendue par ces charmants chanteurs. » Quelle association d'ailleurs ? Elle n'en avait aucune idée. Il ne lui semblait pas que les affiches ou les flyers distribués indiquaient quoi que ce soit. Sans doute un truc pour les gamins du coin. Quand on voyait que certains étaient obligés de chanter pour payer leurs études, c'en était déprimant. Bref, elle s'en moquait, tout ce qui l'intéressait était de chanter, et de se faire remarquer par Musclor. Baissant légèrement la voix pour capter toute l'attention de son auditoire, elle annonça le choix de sa chanson. « Je vais vous interpréter Dear Santa, Bring me a Man, des Weather Girls. » Thème simple, loin de l'audace des prédécesseurs. Au moins, avec sa tenue et son choix de chanson, elle était dans le ton. Et si le message ne passait pas auprès des mâles de la salle, elle allait s'assurer que son interprétation ne laissât aucun doute.

Un batterie si fit entendre pour frapper le rythme tandis que June débuta sur un enchaînement de notes en voix de tête dans une imitation parfaite véritable diva. Maria Carey n'avait qu'à bien se tenir. Fixant Carter, elle murmura au micro :

« Ooh, yeah
Come on, santa
Won't you bring me a man?
 »

Déjà le rythme accélérait et les hanches de la blonde suivait le tempo. Tout y était. Les mouvements lascifs de ses mains dans ses cheveux, son regard azur qui caressait les spectateurs, ses lèvres qui frôlaient le micro, Noël n'était présent que dans la chanson.

« The fire's out
The chimney's clean
No fishnets stocking hanging but it don't mean a thing
Place him under my tree
And let it snow
This christmas
 »

Bien sûr, lorsqu'elle chanta le couplet sur la cheminée nettoyée, elle ne put s’empêcher de se dandiner devant le micro. Et que dire de placer un homme "sous son sapin". Les allusions pleuvaient et si la chanson pouvait être lue au premier degré comme le texte d'une femme attendant désespérément que le Père Noël ne lui apporte un homme, June avait décidé d'en faire une invitation d'un tout autre genre. Mais habituée au public du cabaret, seul son jeu permettait la double lecture, assez avisée pour ne pas choquer les pauvres petits couples vomissant leur bonheur à la face du monde.

« Oh bring me a man
I need a man
Please santa
Bring me a man
I need a man keeping me warm
 »

Pourtant, dans sa robe qui lui couvrait à peine le haut des cuisses, qui pouvait sérieusement croire qu'elle avait froid ? Bon, le bar était surchauffé, ce serait son excuse. Elle qui avait l'habitude de se produire devant un public plus ou moins au courant de son « petit secret » , elle attendait avec impatience la fin de sa chanson pour étudier les réactions de l'assemblée non avertie. Et avec un peu de chance, Musclor allait se prendre au jeu et lui promettrait de vouloir la réchauffer.

«  I've been a good girl all year long
I've done my best right or wrong
Come on santa won't you please
Look at me I'm on my knees
Oh bring me a man
 »

Sérieusement, la femme suppliait à genoux ce bon monsieur rouge de Noël de lui apporter un homme. A genoux ! Pourtant cette chanson datait de … de quand ? 1980 ? Un truc du genre. Et ça n'avait choqué personne, ou June était la seule à voir dans ce texte toute une relecture perverse et carrément portée sur la chose. Au moins si ça pouvait donner des idées à certains ...

«  Bring me a man
I need a man
Please santa
Bring me a man !
 »

La dernière note, elle n'avait pas foiré sa dernière note. Rien d'extraordinaire lorsque l'on chantait aussi bien comme ses prédécesseurs, mais pour un homme habillé en femme, une note aiguë comme celle qu'il venait de produire relevait du talent. Ou de la chance. L'alcool l'avait peut-être aidé, en réchauffant ses cordes vocales ou un autre truc du genre. Elle se promit de regarder sur Google et de checker sur Youtube. Adressant un immense sourire à l'assemblée, elle les remercia, leur rappela que l'important était de donner ce soir, et sortit de scène afin de retrouver le Don Juan qui s'était produit juste avant.
   

   
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Jeu 18 Fév - 21:40

Anna profita du départ de Carter pour descendre de son tabouret de bar. Tandis que son coach d'un soir se levait pour préparer à son tour une performance délivrée à contre cœur, la jeune femme avait détourné la tête et repéré la présence à la fois nerveuse et nonchalante de Timothy. S'appuyant du plat de la main sur le comptoir pour accompagner sa descente de son perchoir, elle plissa les lèvres en une moue de dégoût au contact poisseux du bois. Se rappelant des expériences similaires pendant ses dernières années londoniennes, elle songea en attrapant une serviette en papier dans le distributeur à disposition que tous les comptoirs du monde se ressemblaient, anti-hygiéniques au possible, mais impossible à contourner. Une pointe de culpabilité perça son estomac. Elle n'avait pas imaginé que Tim arriverait aussi tôt, ni qu'elle ne le remarquerait pas à son entrée dans le piano bar. Il ne lui avait pas envoyé de message pour signaler sa présence et ne semblait pas la chercher du regard. Est ce qu'il l'avait vue sur scène ? Est ce qu'il avait croisé Tate ?

Malgré sa promesse à Carter, Anna ne pouvait pas décemment se trimbaler à travers la pièce avec la bouteille à la main pendant la performance du choriste. Tate avait disparu de la circulation, ce qui empêchait la jeune femme de lui confier la mission de garder la tequila à l'abri de la convoitise. Elle profita donc d'un instant d'inattention de la part du barman pour passer à son tour brièvement derrière le comptoir et cacher sa précieuse cargaison, qu'elle avait estampillée d'un énorme "Anna et Carter" à l'aide d'un stylo qui traînait sur le bar. Plus elle vieillissait plus elle ressemblait à Lexie. Du moins avec un peu d'alcool dans le sang.

Quand elle releva la tête, Carter entamait tout juste sa prestation. Elle le fixa une minute pour s'assurer qu'il démarrait correctement, puis elle se décida à fendre la foule en direction de Tim et de Robbie qu'elle venait de remarquer à ses côtés.
Elle freina brusquement en réalisant  que Megan se tenait à une distance peu sécurisée de son fiancé. Elle aurait pu jurer qu'elle leur avait fait une remarque désobligeante à voir l'air animé des musiciens alors qu'ils échangeaient des propos encore inaudibles pour elle.
Peut être la directrice des AVs s'était-elle arrêtée auprès d'eux avant de venir lui glisser à l'oreille son avis sur sa performance. Les mots de Megan, "Peut mieux faire", lui chauffaient encore les oreilles, même s'ils avaient laissé derrière eux une agréable sensation de travail accompli.

Elle chassa toute pensée liée à ce qui l'attendait aux prochaines répétitions en passant son bras autour de la taille de Tim, se glissant entre les deux garçons alors qu'elle parvenait enfin à leur niveau.
"Ding dong, the wicked witch... Is gone !" Nota-t-elle simplement en fixant encore un peu son attention sur Megan à quelques mètres de là.
Sa main gauche s'était naturellement  posée sur l'épaule de Timothy, de sorte qu'elle l'enserrait dans un geste aussi possessif que tendre.

Elle fit un petit sourire à Robbie, comme pour s'excuser de ne pas l'avoir prévenu qu'elle allait faire une entorse à leur pacte, et désigna Carter : "Il s'en sort bien... La sorcière ne pourra pas nous reprocher de ne pas donner de nous-mêmes ce soir..." Elle se demandait si Lexie aurait apprécié l'effort vocal de son petit ami autant que l'audience majoritairement féminine du piano-bar, et notamment une blonde apprêtée assise au bar, qui ne quittait pas le choriste des yeux.
Probablement, sa sœur ayant la capacité d'oublier en temps de réjouissances les aléas de la guerre des chorales qui régnait à Lima. Tim, lui, ne serait peut être pas aussi conciliant, mais pour d'autres raisons.
La chaleur du corps de ce dernier et les battements de son cœur contre sa main la rendaient ultra consciente de la présence du jeune homme et de la maladresse dont elle avait peut être fait preuve en insistant sur sa venue ce soir là, sans lui révéler tous les tenants et aboutissants de la soirée. Elle masquait ses doutes en se concentrant sur Carter et en affichant un sourire éclatant plutôt que des applaudissements quand il eut terminé son tour de chant. Elle agita la main suffisamment haut et fort pour qu'il la repère dans la foule et lui indiqua de les rejoindre.

"Vous êtes les prochains à monter sur scène, c'est ça ? Rock the boat, etc." Anna avait lancé sa dernière phrase sur le ton de la plaisanterie. "Elle le mériterait presque..." Marmonna-t-elle en pensant à Megan, mais c'était la blonde audacieuse du bar, pas ATO, qui prenait le relais et avait l'air bien décidée à faire chavirer le navire (ou Carter), justement.
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MessageSujet: Re: 03. Happy Christmas Eve Eve !   Dim 6 Mar - 11:53

Alors qu’elle s’apprêtait à monter sur scène, ce fut à la dernière seconde que Megan tourna les talons. Laissant Anna rejoindre son fiancé, non sans lui accorder un regard saturé de jugements inexprimables, elle battit en retraite. Déployant ses bras pour présenter la scène à qui voulait bien la prendre, elle se composa d’un sourire éclatant de bonne volonté. Carter se dirigea vers les planches. Elle pouvait toujours compter sur lui, et de fait, elle l’encouragea vivement en l’applaudissant. Son attention rivée sur la silhouette robuste qui peinait à trouver une position confortable sur le siège positionné devant le micro, elle vérifia que tout le monde lui accordait autant de sollicitude qu’elle, puis lorsqu’il commença à chanter, elle se détourna de la scène pour mieux s’enfoncer dans les allées boisées, et élégamment décorées l’après-midi même, du piano-bar. Avant de faire son entrée sur la scène, il lui fallait revoir le speech mental qu’elle avait préparé pour remercier l’assistance en leur rappelant que la générosité était le miel de l’humanité. Elle était si fière du coup qu’elle avait monté avec ses choristes qu’elle en avait, partiellement, oublié sa querelle avec Robbie, ainsi que la lutte sans merci qui faisait rage en ville pour se faire remarquer des directeurs de casting. Megan Morgan n’avait pas besoin de se faire remarquer, et c’était là tout le problème ; sa réputation la précédait, faisant sans doute craindre le pire aux responsables de la série qui n’avaient pas encore daigné lui passer ne serait-ce qu’un coup de fil pour la supplier de signer. Évidemment, il en fallait plus à Megan pour perdre confiance en elle, et ce snobisme intolérable de leur part n’avait fait qu’accroître son envie irrépressible d’en être, et bientôt, elle n’hésiterait pas à écraser quiconque se mettrait sur son chemin.

Se soustrayant à la vue des invités, la majorité étant maintenant suspendue aux lèvres de June, qui prit la suite de Carter, et qu’elle salua d’un aimable salut de la main, Megan s’assit sur un tabouret haut installé tout près d’une fenêtre à travers laquelle elle contempla les rues de Lima. Bordées de lampions de saison, ces lumières donnaient au macadam une apparence magique, un peu comme si les fées avaient déversé leur poussière miraculeuse ; Fairy Dust. Ce nom surgit en capitales pailletées dans son champ de vision, et le regret de ne plus en faire partie la frappa de plein fouet. Ça ne lui était jamais arrivé avant. Ce sentiment inédit la fit cligner des yeux, et ses longs cils factices fendirent l’air de façon très peu naturelle. Megan n’avait jamais été une fée. Elle avait donné l’illusion de pouvoir voler, s’élevant au-dessus de sommets que personne ici – Carter mis à part – n’avait jamais atteints, même dans son imaginaire. Elle avait fait croire à sa famille, à ses fans, à la presse qu’elle possédait de vraies ailes, et quand on lui demandait si elle voulait bien les montrer, elle refusait, prétextant, en empruntant le sourire obligé des bons menteurs, que le secret de leur apparence majestueuse devait perdurer, et que les déployer à la vue insignifiante des autres ne ferait que les briser. Cependant, elle n’avait eu besoin de personne pour les briser, elle l’avait fait toute seule, asseyant son simple statut de mortelle dont elle essayait tant de se défaire. Ça faisait mal de s’apercevoir qu’on est banal et qu’on ne vaut rien de mieux qu’une manchette dans un magazine à scandales – alors, aussi peu que ça représente, on s’y accroche farouchement, et on fait tout pour ne pas retomber dans l’oubli. En d’autres termes, on survit. Megan se redressa, le visage figé dans une expression neutre qui, malgré le contouring et les brillants, paraissait plus jeune et fragile. Dehors, le ciel lui apparut blanc, et ce fut à ce moment qu’elle se rendit compte que la poussière qu’elle avait distinguée au-dehors était finalement une fine couche de neige qui blanchissait le pavé.

« Toi, viens par là ! » Elle alpagua un serveur qui passait tout à côté de sa table, et tandis qu’elle descendait de son tabouret haut, elle s’accrocha à son bras qu’elle devina maigrelet « Débarrasse la neige devant le bar. Ça doit glisser, c’est dangereux. » Le garçon lui lança un regard surpris, mais le sourire qu’il lui lança était si pur et sincère, qu’il effaça toutes traces d’incompréhension sur son visage « Mais c’est que de la neige, et puis c’est Noël. Il neige toujours à Noël ! » Megan lui rendit son regard – un regard triste – et tourna la tête pour de nouveau le perdre à travers la vitre ; les flocons, elle pouvait les voir dégringoler du ciel, comme des paillettes au bout d’une baguette magique invisible. Sa gorge se serra, et un picotement soudain lui chatouilla le dos – au milieu de ses omoplates, à l’endroit exact où elle avait toujours imaginé que ses ailes naissaient. Elle prit une grande inspiration, et d’une voix sans nuances, elle lui répondit tout en le lâchant « Fais ce que je te dis. » Elle lui serra le bras, cherchant à bien se faire comprendre, et le contourna avec détermination pour rebrousser chemin vers la scène du piano-bar ; elle n’avait peut-être pas d’ailes, mais elle avait une chorale. Et ce soir, elle avait besoin de Megan – ou n’était-ce pas plutôt Megan qui avait besoin d’elle ?

Scénario terminé.
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03. Happy Christmas Eve Eve !

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