Choriste du mois


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 03. The tree isn't the only thing getting lit this year

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MessageSujet: 03. The tree isn't the only thing getting lit this year   Mer 27 Jan - 23:10

-C’est incroyable ce que photoshop peut faire de nos jours, marmonna-Carter, les syllabes enrobées par un rhume naissant, alors qu’il fixait, un peu hébété, le visage irréellement lisse de son éminence Megan Morgan placardé sur la porte d’entrée du piano bar.

Son vague sourire en coin s’estompa bien vite au profit d’un éternuement aussi discret que ce dont Coolige était capable (comprenez : tonitruant). Un frisson contracta ses épaules alors qu’il enfonçait, avec plus de difficulté que prévu, les poings dans les poches ridiculement petites de son pantalon noir.

Carter Coolige était malade.

Carter Coolige était malade et de mauvaise humeur.

Carter Coolige était malade et de mauvaise humeur et ça n’allait certainement pas s’arranger en restant planté devant la porte, le visage griffé par un petit vent glacial dont le décembre de Lima avait le secret.

Mais malgré tous ses efforts, il n’était pas encore totalement persuadé que pénétrer les lieux où on l’attendait améliorerait particulièrement sa condition. On aurait pu croire, connaissant un peu l’homme, qu’une soirée passée le fessier enfoncé dans le cuir lustré des sièges d’un piano bar, à écouter le-supposé piano déverser ses notes jazzy en discutant avec une bande d’amis serait approximativement son image du paradis. Hé bien que nenni. Premièrement parce que le cuir en question devait sans doute être du simili, puisque le bar en question se situait à Lima Ohio. Ensuite parce que les « amis » en question était une horde chantante dont les us et coutumes lui paraissaient encore bien étranges. Enfin parce qu’il avait été « aimablement » invité à faire lui-même chauffer ce cher piano. Et Carter n’était tout fait sûr de sa capacité à performer une chanson quand son état d’ébriété lui permettait d’épeler correctement son prénom.

Positif. Il devait rester positif.

Une nouvelle bourrasque et le souvenir glacial d’une certaine tempête de neige douze mois auparavant le décidèrent à choisir la mauvaise humeur à la pneumectomie.

Grommelant un peu, le plombier se glissa dans l’atmosphère feutrée des lieux. Du vert, du bois, du velours. Tout était laqué, tout était vieux et classe. Des gens à gauche, des gens à droite, des inconnus, beaucoup d’inconnus. Des regards se promenaient sur lui, parfois tranchants, parfois plus doux. Après quelques secondes de ce traitement, il se racla bruyamment la gorge et décida d’aller chercher au choix de la nourriture, une boisson forte ou quelqu’un qu’il connaissait. Le choriste se glissa fébrilement entre les groupes de personnes, sentant déjà poindre en lui ce léger malaise que lui inspiraient traditionnellement les pièces à la décoration chic, et donc remplies de petits objets combinant trois caractéristiques essentielles à son angoisse : grande valeur, grande fragilité et beauté toute relative. Le scintillement familier des bouteilles ambrées au loin calma bientôt ses appréhensions.

Se dirigeant d’un pas qu’il voulait nonchalant vers son abreuvoir, il laissa un regard détaché parcourir l’assistance, s’attardant sur les partenaires de chorale qu’il pouvait reconnaître dans la masse, plus dense qu’il ne l’aurait cru, de curieux. Les violets se déplaçaient comme une ruche d’abeilles. L’ensemble de leurs mouvements semblait à la fois totalement individuel et désordonné mais étonnamment synchrone, connectés. Robbie et sa moue, Tate soutenu par sa canne et son arrogance, Anna qui papillonnait des uns aux autres, visiblement très volubile, ce qui fronça un peu les sourcils du trentenaire. Quelques minutes d’observation lui indiquèrent finalement que l’itinéraire de la Preston semblait tout à fait opposé à celui de la reine des abeilles en personne. Levant ses sourcils fournis, le canadien resta encore quelques instants fascinés par cette espèce de tango à distance, de corrida en talons aiguilles, puis croisant un regard vairon, décida qu’il méritait définitivement de finir son chemin jusqu’au bar.

Il s’écroula lourdement sur un siège qui craqua sous son poids, tentant de renifler discrètement dans la manoeuvre. Derrière lui un ronronnement alto lui indiqua qu’Ecaterina s’était mise à chanter.  

D’un geste un peu trop habitué, il réclama deux scotches, demandant au barman se déjà se tenir prêt à le resservir.

-Damn…

Un coude sur la plaque lustrée, il plissa ses yeux, savourant les notes qui semblaient sinuer dans la salle comme des bouffées de cigarette recrachées cinquante ans auparavant. Carter ne savait pas grand-chose sur cette blonde mais son talent était indéniable. L’aigreur de l’alcool semblait chasser la maladie et en même temps que la piqûre diffuse dégageait sa gorge enrouée, elle décongestionnait son cerveau gonflé par les pensées négatives. A l’entendre si parfaite, si adulte, dans son interprétation, Carter ne comprenait pas vraiment pourquoi l’entièreté des Awesome Voices s’était décidée à la considérer comme une enfant et lui épargner les véritables motifs de leur petite mascarade. Les gens étaient complexes. Mais pour les choristes, ça relevait carrément de la pathologie. Carter finirait probablement par trouver ça attachant. Une fois qu’il aurait dépassé le stade de scepticisme avancé. Faisant rouler le liquide trouble au fond de son verre, il laissa un petit sourire peut-être mutin décorer sa barbe de quelques jours.

Une présence menue se matérialisa à ses côtés et, sans départir de sa rangée de dents étincelantes (dont deux étaient fausses), il fit glisser le deuxième verre commandé vers Anna.

-Miss Preston…

Son regard avait hésité sur la bague de la jeune femme, posant quelques microsecondes de plus pour se décider à l’appeler par ce qui était encore son nom. Elle semblait pourtant ailleurs. Coolige étouffa un rire face à l’air pincé qu’arborait une Anna visiblement tendue et agacée.

D’une voix basse et rieuse, il se tourna vers la longiligne britannique et marmonna :

-Difficile de passer après ça, hein...

Un silence concentré accueilli sa remarque.

-Oh ! Tu… Well…

La mine surprise de Coolige s’effaça et le sourire initial s’étendit d’une oreille à l’autre.

-Mais on sait tous les deux que tu peux le faire.

La phrase s’était précipitée hors de sa bouche alors qu’il agitait la tête avec vigueur.

En vérité, Carter ne le savait pas à proprement parler. Anna n’était pas exactement la Beyoncé de la chorale. Et Anna non-plus ne le savait visiblement pas vu l’expression profondément tragique qu’elle arborait. Ou était-ce une resting british face ? A force de cotoyer Lexie, les subtilités du déchiffrage des expressions faciales étaient devenues un art auquel il était devenu familier quoique pas encore totalement formé.

Quoiqu’il en soit, ils pouvaient prétendre savoir. Il devait prétendre savoir. C’était son rôle. En tant que petit ami de sa soeur, en tant que professeur de menus travaux d’entretien de maison, en tant que personne nouvellement positive et, avant tout, en tant qu’ami.

Une tape sur son épaule l’extirpa de ses pensées.

Elle s’avançait.

Ohlala.

Elle avait bu et elle s’avançait.

-Préparez une tequila., lança nerveusement Coolige vers le barman.

Si ça se passait bien, elle boirait. Si ça se passait mal, elle boirait. Et ça serait bien.

Que pouvait-il arriver de négatif ? La boisson n’avait jamais fait de mal à personne pendant un concert. Enfin si, peut-être, mais là c’était différent. Au mieux, elle serait fantastique, un recruteur de talent d’un grand label Hollywoodien serait présent dans la salle et la signerait sur le chant, et Megan Morgan se mordrait probablement à tout jamais les doigts d’avoir poussé quelqu’un d’autre dans la lumière. Au pire, elle vomirait sur scène. Et fondrait probablement en larmes. Et réclamerait du thé. Ils pourraient inventer une histoire de maladie de l’estomac. Associée à des délires psychotiques. Ca leur ferait une bonne cause pour la prétendue charité. Ca attirait la pitié, les gens qui vomissaient. Le dégoût aussi, certes, mais un dégoût empathique. Ca sensibiliserait l’assistance. Surtout si quelqu’un était éclaboussé.

C’était du win-win.

Si.

-Un bouteille de tequila., corrigea-t-il alors que ses rapides calculs des probabilités que la situation finisse positivement s’écrasaient pathétiquement.

Il voyait la silhouette définitivement trop maigrelette se couler entre les ombres très design du Piano Bar. Il avait l’impression d’être un père angoissé observant sa petite dernière à son premier récital de danse où elle interpréterait le célèbre rôle du buisson numéro deux dans une version à petit budget du lac des cygnes. Autant dire qu’il aurait voulu se mettre des baffes en temps normaux. Mais l’alcool aidant, il embrassa son côté paternel vaguement dérangeant avec philosophie. Retenant cependant des instincts d’hardcore cheerleader refoulés aux tréfonds de sa carcasse musclée, il s’abstint de former les lettres du prénom d’Anna avec son corps dans une chorégraphie déhanchée pour se contenter d’un poing non-ironiquement jeté en l’air, soutien peut-être un peu trop rock pour des lieux si cosy. Mais c’était l’intention qui comptait.

Ca y était. Elle attrapait le micro.

Elle pouvait le faire. Elle pouvait le faire. Elle pouvait le faire. N’est-ce pas ?

Il avala ses questionnements d’une longue gorgée amère qu’il déglutit difficilement.

La lumière changea, un « Bonsoir » jaillit et la mélodie démarrait.

Carter expira longuement, tentant une méthode yoga approximative pour purger ses envies de hurler hystériquement. Elle démarra. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Carter ne s’attendait pas à ça.

Preston Senior avait amené tout Londres avec elle. Sa pâleur, ses tatouages, les accords sobres des guitares, en y ajoutant le mal-être, les drogues et l’alcool évoqué par la chanson, sa performance était un city trip immédiat. C’était sans artifices. C’était avec accent. Carter aimait. Il aimait beaucoup. Et le cocon silencieux et approbateur qui l’entourait lui disait qu’il n’était le seul dans ce cas.

-Anna Preston, did you just PeteDoherty on us ?

Agitant sa mâchoire nerveusement de gauche à droite, il tapait du pied à mesure que les notes de la chanson défilaient. Elle s’en sortait. Elle le faisait. Ils grandissaient si vite.

La chanson prit fin. Les lumières retrouvèrent leur place. Les discussions reprirent.

Des secondes passèrent bien trop vite, comme si le temps, suspendu pendant la chanson, décidait de rattraper le retard. Sans trop savoir comment, Coolige se retrouvait avec la Preston en face de lui. Mécaniquement, il lui tendit la bouteille qu’il avait agrippée.

-Hé ben. « …the pubs and the clubs and the drugs and the tubs ». J’aime ton esprit de Noël.

Petit sourire et sourcillements.
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MessageSujet: Re: 03. The tree isn't the only thing getting lit this year   Dim 31 Jan - 18:54

Comme sur un nuage, Anna ne marchait pas sur la moquette miteuse des coulisses du piano bar, elle flottait, un sourire un peu béat (ou un peu bête) sur les lèvres. D'un air distrait, elle remercia les musiciens et s'excusa auprès des prochains à monter sur scène qu'elle bousculait en sortant, toute absorbée par sa première performance seule en public. Elle espérait que Carter (et Megan) avaient profité de la vue. Une Anna plus jeune se serait précipitée sur la directrice des violets pour lui apprendre à trouver mieux à faire que de remettre sa loyauté en question, mais la photographe avait grandi et elle se contenta simplement d'aller retrouver son sponsor et coach vocal improvisé pour la soirée, Carter Coolige.

Les tabourets du bar étaient trop bas pour que la jeune femme se retrouve au niveau de Bob en s'asseyant, aussi tritura-t-elle la manivelle pendant quelques secondes, rageant un peu au passage et rompant le charme du voile de coton qui l'entourait depuis cette performance vocale (presque) parfaite. Elle attrapa la bouteille (contenant qui semblait décidément marquer toutes leurs conversations) et se laissa aller à un petit sourire de fierté rayonnant.

"Je crois que je ne m'en suis pas trop mal sortie, hein ?" Demanda la jeune femme avant d'attaquer la tequila. L'alcool brûla sa gorge irritée par ce tour de chant inattendu et elle réclama un verre d'eau pour se ménager encore un instant. Et est-ce qu'elle rêvait ou bien Tate était passé de l'autre côté du bar, plus occupé à dragouiller qu'à servir correctement ces demoiselles ? Elle se massa les tempes en fermant les yeux, espérant qu'en les rouvrant elle sortirait de ce rêve éveillé. Elle n'avait même pas pensé à chercher Tim du regard dans la foule ou à vérifier son téléphone. Elle tourna son visage vers la porte, sentit un vertige la saisir et elle se rattrapa au comptoir et à l'épaule de Carter. Elle expira lentement et s'amusa enfin de la remarque du plombier : "Lexie ne t'a pas expliqué que ça se passait comme ça chez les Preston ? On est plus "Étrange Noël de Mr Jack" que "Miracle sur la 34ème rue"..." Bob avait encore beaucoup à apprendre sur les us et coutumes de la famille de sa petite amie et malgré quelques cours en accéléré avant qu'il ne se décide enfin à déclarer sa flamme à sa cadette des mois plus tôt, Anna estimait qu'ils avaient encore beaucoup de pain sur la planche. "Et puis qu'est-ce que tu veux, j'ai un faible pour les rockeurs ingérables" confirma-t-elle en agitant son annulaire gauche sans cesser de fixer le bar. La terre avait enfin arrêté de tourner sous son tabouret et elle estima qu'elle pouvait boire une gorgée d'alcool sans risques.

"J'espère que tu as aimé le choix du groupe en tout cas, c'était ça ou les 1D, mais je vous les laisse, ça ira mieux au boys band de choristes que vous êtes..." Elle donna un petit coup de coude dans les côtes de Carter, tout à fait consciente que les garçons n'avaient absolument pas prévu une prestation de groupe pour la soirée, et à en juger par les endroits stratégiques dans lesquels ils se cachaient, ils espéraient tous que l'open mic attirerait d'autres talents que les leurs sur la scène.

"Tu sais que tu es le prochain sur la liste de Megan. A passer à la casserole..." Anna coula à Carter un regard en dessous. Elle n'était pas sûre de l'attitude que Carter souhaitait adopter vis à vis de son statut de choriste. "Au pire des cas, tu peux toujours te lancer dans une chorégraphie torse nu en playback... J'ai entendu que c'était ce que Warren faisait chez les SC..." Elle vida un peu de la bouteille de tequila dans le verre de Carter : "True story."
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