Choriste du mois


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 03. Retrouvailles nocturnes [pv]

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MessageSujet: 03. Retrouvailles nocturnes [pv]   Jeu 4 Nov - 9:27


feat. Ashley & Téo

« Et voici Téo qui nous interprète aujourd’hui : Still ! »


    Les lumières du café se baissèrent de nouveau. Dans une douceur caressante, l’ambiance colorée et bruyante du karaoké bar se teinté d’une arôme tamisée et un silence on ne peut plus respectueux, pour ne pas dire religieux. La musique se mit à résonner sous de premiers accords de guitare sous le regard d’une Téo gardant la tête baissée. Une main posée sur le micro, elle semblait calme, posée, prête à démarrer à tout instant. C’est de cette délicatesse aussi forte que légère que notre amie laissa entendre les premières volutes de sa voix se répandant majestueusement au sein de toute la salle. Une première sonorité manifestée sous l’accueil d’un public l’applaudissant une fois de plus ! Téo en était-elle coutumière ? Assez bien oui, on pouvait le dire ! Présente comme serveuse en ces lieux, il lui arrivait souvent, pour ne pas dire tout le temps, de terminer son service en venant pousser une dernière petite chansonnette. Selon elle, cela lui permettait de conclure définitivement la journée passée et le travail présentement effectué. Un petit plaisir, un besoin de légèreté qui lui offrait cette possibilité de balayer d’un simple revers de la main tous les moments négatifs de ladite journée. Plus qu’un besoin, une véritable nécessité dont elle ne pouvait se passer, support de cette harmonie qu’elle tentait maintes et maintes fois de retrouver depuis l’année dernière. Tout occasion était bonne à prendre, n’est-ce pas ?

    Environnant quatre minutes de chansons… Quatre minutes durant lesquelles la vie s’était arrêtée. Il n’y avait plus de joie, ni de malheur. Il n’y avait plus de problèmes ou d’autres solutions. Il n’y avait plus de Téo, plus de personnes, plus de proches ou d’inconnus. Rien que la musique, rien que les instruments, rien que sa voix… Trois ingrédients pouvant paraître tellement futile et qui se voulaient pourtant être les piliers d’un tout autre univers que trop peu de personnes s’accordaient à atteindre. Une nouvelle vie, un autre soi. Difficile d’imaginer l’ampleur de ce phénomène si nous ne l’avions jamais vécu, ne fut-ce qu’une seule fois ! Mais elle, elle le vivait plusieurs soirs par semaine, pour ne pas dire tous les soirs. Cela pouvait être ici, sur la scène de ce bar, au même titre que chez elle, dans son salon, en train de chanter au dessus du volume de la radio ou bien même, lorsqu’elle se perdait des heures durant, qu’elle se réfugiait derrière sa batterie, totalement coupée du monde… C’était ça être amoureux de la musique, être amoureux d’une seconde vie, être passionné et vivre pour sa passion ! Sans doute que bon nombre d’entre vous n’envisageraient pas cela d’une telle manière… Mais Téo s’en moquait éperdument ! Sans vouloir tomber dans les excès de l’égoïsme, lorsqu’il s’agit de penser à son bien être, qu’importe l’avis et le jugement des autres. Tel était le leitmotiv qui continuait de diriger son esprit depuis toujours.

    Laissant tout son cœur et toute son âme s’exprimer sur l’enchaînement des notes et de la mélodie, cette évasion musicale prit toutefois fin, non sans une certaine pointe de regret dans le petit cœur de Téo. Elle n’était pas la plus grande chanteuse du monde et, ce, même si on lui répétait souvent qu’elle possédait un timbre de voix riche et agréable. Cela ne la poussait pas pour autant à se lancer dans la carrière de chanteuse, ou, encore, de participer à l’une des deux chorales de son lycée. Elle se moquait de la célébrité et du travail que cela pouvait apporter… Un hobby devait rester un hobby et rien de plus ! Sinon, où se trouverait réellement le plaisir, vous pourriez me le dire ? Tel était dés lors le problème récurrent de toutes ces passions devenant une occupation professionnelle. Telle était cette aliénation par laquelle l’image d’un rêve atteint et touché de ses doigts ne faisait que ternir l’image idyllique que s’en était faite notre imagination… Il faut avoir des rêves, il faut les entretenir… Mais il faut faire en sorte de ne jamais les gâcher ! Etait-ce donc de la peur qui poussait Téo à ne pas chanter d’avantage ? Etait-ce cette même crainte qui la retenait quelque peu dans son désir de devenir une batteuse, une musicienne professionnelle ? Certainement, oui… Et quand on vient de passer une année comme celle qui fut la sienne, croyez-moi que la peur n’en n’est pas moins humaine et logique !

    Quittant dés lors son lieu de travail après quelques salutations à gauche et à droite, notre charmante adolescente vint s’enfouir dans l’obscurité de ces rues et de ces trottoirs déserts. Elle jeta un petit regard à sa montre : le cadran affichait 23h30. Cela lui arracha un léger sourire. Elle se souvint encore de son arrivée au lycée ce matin, discutant avec une copine de classe tout en lui expliquant qu’elle prendrait des mesures pour aller se coucher plus tôt, s’accorder du temps pour se reposer… Une déclaration bien louable mais qu’elle ne pouvait tenir quoiqu’il arrive ! Le temps de rentrer chez elle, il serait très certainement minuit passé… D’autant plus que ses pas ne la guidèrent pas vers son domicile proprement dit ! Selon un rituel se manifestant de manière aléatoire au fil des jours, notre brunette opta pour s’offrir une petite errance nocturne vers le parc de Lima ! Il n’y avait rien d’exceptionnel s’y produisant, ni une quelconque rencontre prévue, non. Téo avait simplement envie d’y aller, simplement envie de s’y asseoir sur l’un des bancs en présence et simplement de profiter de ce calme qui l’entourerait ! Une autre de ses libertés, un autre de ses plaisirs qui n’aurait pu être sien si elle était restée chez ses parents, elle le savait ! Comment, alors, ne pas rester convaincue de sa décision et de son choix de s’assumer seule et de vivre en totale indépendance ?

    Les pas s’enchaînant lentement mais sûrement, le parc fit plus amplement son apparition. Théâtre de verdure, refuge de nature et de beauté, il égayait par sa fraîcheur et apaisait par cette bienveillance inconsciente que sa simple image parvenait à véhiculer à la perfection. Aucune âme, aucune personne à l’horizon… Ce serait donc une nouvelle fois en solitaire que Téo viendrait se perdre quelques minutes, ou quelques heures en ce lieu pleinement choisi. Trouvant refuge sur l’un des bancs aux abords d’un grand chêne, notre ami vint prendre place sur le sommet du dossier de ce dernier. C’est vêtue d’un jean’s bleu, d’un sous pull noir et d’un petit gilet assorti que notre miss serra ses bras l’un contre l’autre tout en se penchant légèrement vers l’avant. Elle ne dit, ni ne fit rien. Elle restait là, laissant ses iris bleutés parcourir l’horizon qui s’offrait à elle en toute simplicité. Le calme, la plénitude, la sérénité… Trois mots qu’elle découvrait seulement aujourd’hui et, à son grand étonnement, elle n’aurait jamais pensé que cela pouvait se montrer aussi agréable d’une certaine façon… A croire que la vie y allait toujours de sa petite surprise !
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MessageSujet: Re: 03. Retrouvailles nocturnes [pv]   Dim 7 Nov - 19:46




Ashley ouvrit la porte du frigo et en sorti une bouteille de lait. Elle l’ouvrit puis apposa directement ses lèvres sur le goulot de la bouteille. Une goutte trouva le moyen de chuter sur son débardeur blanc. Sa mère aurait trouvé à redire au niveau des manières de la jeune-fille en son absence. Après tout elle ne l’avait pas éduqué ainsi. Seulement quand le chat n’était pas là les souris dansaient. Du revers de sa main, elle s’essuya rapidement la bouche en remettant l’arme du crime dans le frigo. Elle soupira et passa une main sur son visage.

La jeune-fille commença à fixer un moment la porte de la boite de métal blanc. Le badge d’infirmière de sa mère y était aimanté. Ash fit une petite moue, sa mère était supposer le prendre avec elle pour aller travailler… Bof si elle n’avait pas appelé depuis son départ, c’est qu’elle pouvait bien s’en passer… Le téléphone se mit alors à sonner. Ashley arqua un sourcille puis se décida à répondre… Finalement le badge était important.

Elle soupira quand sa mère lui demanda de lui ramener rapidement son badge, et encore plus lorsqu’elle s’aperçut avoir oublié ses affaires de rechanges. Décidément, Diane Sainclair était tête en l’air ce soir. Ashley raccrocha et regarda sa tenue. Un simple petit short gris qui montrait ses longues jambes galbées, avec un débardeur. Son pyjama pour ce soir. Elle venait à peine de se changer, ses devoirs étaient fait pour les prochains jours, son épisode de Big bang theory et Grey’s anatomy venaient de finir de charger, il ne manquait plus que sa présence pour finir sa soirée programmée un peu plus tôt. La blonde hésita à enfiler juste un manteau et se rendre à l’hôpital rapidement.

-Mouai…

Elle retourna dans sa chambre et enfila un jean, et un sweat-shirt gris à capuche pardessus son débardeur. Ash passa une main dans ses cheveux, les recoiffa rapidement et descendit dans le salon en dévalant les escaliers.

-J’vais ramener le badge de maman, elle l’a oublié.

-Ne tarde pas trop, tu as cours demain
, répondit son père en terminant de lire son journal.

-Tiens j’avais oublié que j’allais encore en cours, à se demander pourquoi je prends la peine de faire mes devoirs…

-Ne fais pas trop de bruit en rentrant.


*C’est que je ne voudrais en aucun cas perturber le sommeil de sa seigneurie…* pensa Ashley. Elle serra la mâchoire, ne voulant pas démarrer une dispute inutile avec son père. Ciel qu’il lui tapait sur les nerfs parfois.

-Je prends Duke avec moi. On sait jamais si je tombe sur un serial killer, il pourra toujours mordre mon meurtrier, et les « CSI » pourront le retrouver grâce l’adn résiduelle sur ses crocs et sa fourrure.

Comme pour appuyer ses paroles, Duke aboya en passant entre les jambes de la blonde.

-Oui, c’est vrai que Lima est connu pour sa grande criminalité. Cette ville sent le vice dilué au crystal meth…

Son père referma le journal et se leva, alors qu’il passa devant elle, Duke se mit à grogner.

-En attendant j’espère que tu tomberas sur un serial killer de chien…

-Je te rappel que c’est toi qui l’a acheté cet été.

-C’était toi qui voulais un chien, maintenant qu’on a une propriété à nous c’est possible.

-Je voulais un chien quand j’avais 11 ans, de la même façon que je voulais une licorne
, rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel.

Il soupira. Il avait acheté ce satané chiot sans se douter qu’il deviendrait un véritable cauchemar pour lui. Marcus Sainclair avait acheté ce labrador à poil court en pensant regagner des points auprès de sa femme et de sa fille. Après tout, un chiot était plus mignon que des fleurs. Duke s’était effectivement mis dans les bonnes grâces de sa femme et de sa fille, seulement le chiot l’avait prit en grippe, mangeant et cachant ses chaussures ou chaussettes, grognant quand il parlait... Il n’aurait pas du écouter les conseils de son fils.

Ash attacha la laisse de Duke et l’embarqua dehors après avoir claqué la porte. L’hôpital était à une demi-heure à pied de chez eux. En temps normal, la blonde aurait prit la voiture, seulement sa mère l’avait déjà prise pour se rendre à son lieu de travail. Le chiot de 7 mois prenait en tout cas plaisir dans la promenade nocturne. L’air était frais en cette nuit de fin d’octobre. La jeune-fille croisa les bras, se réchauffant ainsi un peu, puis commença un peu à méditer.

Elle ignorait combien de temps elle pourrait encore vivre avec son père. Combien de temps encore pouvait elle encore se voiler la face. Cette sensation de suffocation n’était pas nouvelle. A Lima les choses semblaient tout de même s’améliorer un peu, même si son frère lui manquait affreusement. Il n’y avait que lorsqu’elle se trouvait en présence de son père qu’elle semblait cruellement manquer d’oxygène. L’école était un peu plus supportable, malgré les piques de stress que pouvait lui faire subir Santana. Peut-être était-ce le fait qu’il ne lui rester qu’un an à y passer. Dans tout les cas Duke était devenu un bon prétexte pour passer quelques minutes seules le soir. Ces moments de paix où elle n'avait pas à sourire...

Ashley était tellement prise dans ses pensées qu’elle ne remarqua pas de suite qu’elle était enfin arrivée à l’hôpital. Elle déposa les affaires oubliées de sa mère, qui la gratifia rapidement. La jeune-fille regarda l’horloge de l’établissement, il était quasiment 23h30. Elle avait ce pressentiment que le cours de sport serait particulièrement fatiguant demain matin. Elle se remit en chemin sous l’impatience de Duke qui sautait sur les jambes de sa maitresse afin de la mettre en marche de nouveau. Elle lui caressa le haut de la tête et l’entraîna avec elle.

Ashley n’avait pas envie de rentrer de suite chez elle. Elle n’était pas pressée, loin de là. Maintenant qu’elle était dehors elle voulait profiter de la nuit. Son chien aboya lorsqu’ils passèrent devant le parc, la tirant comme il pouvait pour l’inciter à rentrer dedans.

-Ok, ok, du calme. Bon sang va falloir surveiller ce que tu manges maintenant… s’exclama-t-elle devant la force grandissante du chiot, encore deux mois et il aurait sa taille adulte. Pour l’instant il lui arrivait au niveau des genoux. Ashley doutait de sa capacité à le maintenir en place s’il restait aussi énergique d’ici deux mois.

Les deux têtes blondes entrèrent donc dans le parc. Ashley laissa Duke se balader un peu à sa guise grâce à la laisse rétractable. Le parc était désert, éclairé majoritairement par le clair de lune, une légère brise faisait voler ses cheveux blonds. Alors que la new-yorkaise commença à distinguer une silhouette sous un chêne, son chien tira d’un coup sur sa laisse en se précipitant vers l’inconnu. Ashley parvint à l’arrêter de justesse, l’empêchant ainsi de prendre d’assaut la personne.

-Désolée, finit-elle par lâcher un peu essoufflée alors que son chien gémissait en cherchant des caresses à sa cible. Duke, stop !

Ashley releva les yeux vers l’inconnu et se figea un instant en la reconnaissant. Téo. Ashley avait rencontré la jeune-fille au bar karaoké. Elles avaient flirté ensemble un moment. Puis les choses avaient un peu… comme qui dirait « déraillé » à cause d’Ashley. Ou du moins Ash n'avait pas était très correcte envers elle. La blonde avait revu Téo au lycée et s’était montré un peu froide. Pourquoi ? Par simple panique. Elle ne souhaitait vraiment pas que qui se soit, soit au courant de ses penchants et voir un « élément » de ses désirs, apparaitre d’un coup sans préparation, dans ce compartiment restreint qu’était son attitude au lycée, l’avait plus que déstabilisé.

Ash se mordit une seconde légèrement la lèvre inférieure. Elle avait eut quelques regret à agir ainsi. De la même façon qu’elle regrettait son attitude exécrable avec Brittany. Ash avait même fait l’effort de se rendre de nouveau sur le lieu de travail de Téo, mais n’avait pas vraiment eut l’occasion de lui parler. Elle avait l’impression que quoi qu’elle choisisse de faire, elle s’y prenait mal en permanence dans sa vie sociale.

-Salut, finit-elle par oser dire. Excuse le il est encore jeune.

Son visage se para d’un sourire un peu gêné. Elle remit l’une de ses mèches de cheveux en arrière. C’était la première fois qu’elle voyait Téo en dehors de son boulot, et surtout en dehors du lycée.
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MessageSujet: Re: 03. Retrouvailles nocturnes [pv]   Mer 10 Nov - 8:24

    La solitude reste un phénomène pleinement courant et plus que connu dans notre vie à tous. Quiconque essaye de démentir ce fait, cette réalité, se mentira à lui-même. Les excuses peuvent pourtant fuser : je ne suis jamais seul(e), je suis sans cesse entourer d'amis, mes journées sont remplies de rencontres en tout genre... Tant d'évasion face à ce problème récurrent que se trouve être la véritable solitude. Car être seul ne se limite pas seulement à la présence ou l'absence d'une personne à vos côtés. Dans ce cas précis, on peut dés lors parler de notion basique en terme de solitude proprement dite. Mais la seule, l'unique, la vraie, celle qui se perpétue dans les notions la plus absolue n'est autre que la solitude de notre personne, de notre être, de notre conscient, de notre âme... On se sent seul à l'intérieur de nous-mêmes. Le vide est grand, le vide s'étend et nous sombrons de plus en plus jusqu'à en perdre totalement pied. On tente de se raccrocher à la moindre branche qui passe, on s'époumone en criant après quiconque mais personne n'arrive à nous entendre. On désire se faire remarquer, on va jusqu'à réaliser toutes les frasques possibles et inimaginables mais, finalement, personne ne vous remarque un tant soit peu. Un fait s'illustrant par l'exemple on ne peut plus connu de cette personne enfermée dans une salle remplie de monde qui ne cesse de hurler cependant, toutes les personnes en présence ne l'entendent pas, préférant accorder leur attention sur les propres discussions et conversations qu'elles mênent dans leur coin. Oui, la solitude existe bel et bien et quiconque lira ceci s'accordera certainement pour dire qu'au moins une seule fois dans sa vie, autant cet instant a-t-il pu être fugace, qu'il a effectivement ressenti cette solitude poignante et tonitruante face à laquelle nous ne pouvons lutter. Force aliénante et dévastatrice amenant, à son bon vouloir, un lot de réconfort ou de chagrin aléatoire...

    En ce soir, Téo se voulait elle-même en être un exemple concret et pertinent. Dans le calme et la fraicheur de cette fin de soirée du mois de Novembre, la jeune étudiante atteignait la solitude dans tous ses aspects les plus profonds. Personne aux alentours, une ville endormie, un parc désert... Les bras resserrés contre elle, elle ne pouvait qu'espérer offrir un tant soit peu de chaleur que la douce étreinte d'une amitié ou la sensualité d'une amante aurait pu lui apporter... Elle se retrouvait seule, face à elle-même, témoin direct de cette vie qu'elle menait seule, de cette vie qu'elle affrontait seule, de ce chemin qu'elle avait elle-même décidé de réaliser entièrement et totalement toute seule... Paradoxalement, elle aurait peut-être bien voulu avoir une personne à qui parler, une personne à côté de laquelle elle n'aurait peut-être même pas du prononcer une quelconque parole mais juste profiter de sa présence. Peut-être que derrière le marasme de sa fierté et de cet aspect solitaire dont elle se félicitait, elle désirait changer, évoluer, pour ne plus rester cette jeune majeur de dix huit ans affrontant de son plein gré les épreuves de la vie sans demander une seule aide quelconque. Dis moi Téo, que veux tu réellement ? C'est alors que l'un des bienfaits de ladite solitude, mentionnée longuement depuis le début, fait son apparition : la réflexion et l'introspection. Après tout, quitte à être seule, autant que Téo se serve de cela d'une manière ou d'une autre, non ? Bien évidemment, elle appréciait également pouvoir demeurer dans son coin sans devoir penser, sans devoir réfléchir. Juste se poser, respirer, souffler et recharger ses batteries comme on dit. Une autre attitude qu'elle pouvait réaliser souvent ou non et qui, en somme, était loin de n'être prore qu'à elle... Mais, en cette soirée, plus de tergiversions autour de l'Humanité dans son ensemble... Petite Téo, c'est de toi dont je veux parler...

    Le cas de cette ancienne blondinette était aussi simple que complexe par son aspect paradoxal. Comme vous l'aurez compris précédemment, Téo à toujours fait le voeu d'avancer sans quelqu'un lui tournant dans les pattes, sans obstacles sur sa route. Les premiers à l'apprendre et à en faire les frais ne furent autre que ses parents. Désireux de la diriger, de la contrôler et de lui offrir une voie déjà toute tracée sans qu'elle n'ait réellement le choix... Ainsi était-elle partie ! Par la suite, il y avait eu la présence d'amis un peu trop mêle tout. Penser qu'elle ne prenait pas les bonnes décisions, qu'elle ne réalisait pas les bons choix amène souvent à la critique de ceux qui vous estime, espérant dés lors vous changer dans un sens plus que positif : elle ne leur parlait plus, le ton avait monté et la relation première totalement éclatée. Et les petites amies ? Elles étaient agréables et plaisantes pour les moments de délires ou, autrement, de plaisir. Mais une fois que cela devenait trop sérieux, Téo prenait simplement congé de ces dernières. Elle n'avait pas la tête ni l'envie à parler de projets d'avenir, à discuter de futures concessions qui lui serait inévitable et d'un changement quelconque de son mode de vie. Elle vivait très bien comme elle était, elle ne voulait pas que cela change si elle-même l'avait décidé et, il fallait que ce soit comme elle le voulait, point à la ligne. Qu'importe qu'on la taxe d'intransigeanté ou d'égocentrique, elle était comme ça, elle l'assumait... Donc, oui, rester seul était sa religion... Mais si c'était son désir le plus profond, pourquoi avait-elle ressenti autant de douleurs et de tristesse lorsqu'elle constata l'abandon de son cercle d'amis intimes ? Pourquoi avait-elle eu le coeur brisé de voir ceux qu'elle considérait comme sa nouvelle famille lui tourner le dos lorsqu'elle fut face à la mort ? Petite Téo, tu ne veux pas être seule, tu as simplement peur d'avoir mal...

    Un nouveau moment de réflexion, un de plus depuis qu'elle avait quitté le centre de désintoxication. Elle aurait bien aimé savoir ce que les médecins avaient fait à son cerveau et de quelle façon ils avaient pu la conditionner pour qu'elle se mette aussi souvent à penser de la sorte depuis sa sortie. Elle n'en perdait pas moins son peps, sa joie de vivre, son plaisir d'être une fêtarde. Disons qu'elle se voulait un peu plus raisonnable que l'année dernière, voilà tout... Quoiqu'il en soit, la musicienne fut sortie de ses pensées et de sa contemplation du parc Lincoln par l'apparition subite d'un chien surgissant de nulle part. Sur le coup, elle ne pu s'empêcher un sursaut de frayeur et de surprise. Mais cela se dissipa rapidement sous un sourire amusé et presque attendrit offert à l'animal. En le voyant, l'image de Foxy, le chien qu'elle avait étant petite, s'imposa rapidement dans sa mémoire. Il lui ressemblait presque trait pour trait, si ce n'est que son pelage était plus important que celui de ce compagnon de nuit. Téo ne prit pas trop attention au fait qu'il était attaché par une laisse ou un quelconque collier. Elle se pencha vers lui et apposa ses mains sur les joues du chien. Elle se mit à les frotter tout en lui souriant.

    "Ne vous en faites pas, il n'a rien fais de mal... N'est-ce pas Duke ?"

    Rétorqua notre chère Téo sans prendre attention à la demoiselle se tenant à l'autre bout de la laisse. Elle avait gardé son attention posée sur l'animal, venant maintenant gratouiller sa tête aimablement sans se formaliser d'avantage. Notre amie n'était pas une femme à détester les animaux. Quand bien même que la seule raison pour laquelle elle n'en n'avait pas, c'était simplement parce qu'elle ne pouvait pas se le permettre actuellement sur le plan financier. En dehors de cela, elle posséderait certainement déjà un ou deux chiens... Si pas d'autres animaux !

    "Sa... Lut..."

    Alors qu'elle voulu répondre à la salutation de son interlocutrice, notre brunette fut coupée dans son élan alors qu'elle redressa son visage et se retrouva nez à nez avec... Ashley...

    Ashley... Cette belle blonde rencontrée un soir au Karaoké Bar... Cette belle blonde de qui Téo avait gardé un très très bon souvenir... Cette belle blonde avec qui elle avait flirté sans gêne, ni retenue... Cette belle blonde qui l'avait totalement électricée et envoûtée durant ce même soir où leurs corps s'offrirent presque entièrement... Cette belle blonde qu'elle n'avait su oublier... Mais également cette belle blonde qui l'avait repoussé sans le moindre égard ! Téo n'était pas du genre à penser qu'un flirt symbolisait un quelconque engagement avec quique ce soit. Toutefois, un tant soit peu de courtoisie les jours d'après aurait été la bienvenue... Mais cela ne semblait guère être dans les projets d'Ashley la concernant. Dés lors, elle eut aussitôt fait de la refouler dans la case 'bon souvenir d'un soir sans plus' de son cerveau avec, cependant, une pointe d'amertume. Une amertume se matérialisant indirectement dans cette surprise qu'elle eut de se retrouver face à elle, ici, ce soir même...

    "Ce n'est rien. J'adore les chiens, à croire qu'il doit le sentir..."

    Sourit-elle poliment, avant de reposer aussitôt ses yeux sur le labrador. Elle ne se sentait guère l'envie d'affronter Ashley du regard, tout du moins, pas dans la seconde précise. Si cela avait du être le cas, une pointe d'elle-même n'aurait pu s'empêcher de dire ce qu'elle pensait haut et fort à l'intérieur, le ressenti que cette magnifique et superbe blonde lui avait laissé depuis leur 'retrouvaille' dans les couloirs du lycée. Et, là, en cette seconde, notre Téo n'avait guère le désir de commencer à faire un quelconque scandale pour 'si peu'...
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MessageSujet: Re: 03. Retrouvailles nocturnes [pv]   Ven 26 Nov - 4:44

Ash ne savait plus où se mettre. Elle savait qu’elle avait été injuste envers Téo, et se retrouver face à elle ainsi, la déconcertée. Elle regarda la jeune-fille câliner Duke qui ne cachait pas son enthousiasme. Elle tira un peu sur la laisse, pour éviter qu’il se montre trop envahissant.

-Ce n'est rien. J'adore les chiens, à croire qu'il doit le sentir...

Ashley reconnu le sourire de Téo. C’était le même sourire qu’elle servait de temps à autre, en particulier au gens qu’elle souhaitait repousser. Elle avait même appelait ça les « claque polit ». Peut-être qu’elle dramatisait, mais ce fut ce qu’elle ressentit. Après tout, Téo pouvait tout simplement l’avoir effacé de sa mémoire, et à présent Ash n’était plus qu’une étrangère au chien hyperactif. Elle pinça les lèvres, alors que Duke bénéficiait de façons éhontées des faveurs de sa camarade de classe. La blonde tira de nouveau sur la laisse.

-Aller Duke on y va, aller…

Le chiot gémit en tentant de lécher le visage de Téo.

-C’est le coup de foudre décidément. D’habitude il est pas comme ça. Aller.

Duke se décida enfin à obéir à contre cœur.

-Bonne soirée.

Ash commença alors à s’éloigner. Ne se demandant pas plus que nécessaire, ce que pouvait bien faire Téo seule dans un parc à une heure si tardive. Peut-être avait-elle rendez-vous avec une prétendante… Pendant une fraction de seconde, Ash s’imagina être cette fille. Elle continua à s’éloigner puis stoppa net.

-Désolée… pour l’école.

Elle soupira brièvement. C’était déjà ça enlevé de sa poitrine. Il fallait que ces mots sortent enfin. Elle se tourna vers Téo. Il n’en fallut pas plus à Duke pour se jeter de nouveau sur sa camarade de classe en aboyant. Il se calma un instant en trifouillant sous le banc avant d’en ressortir victorieux. Duke ramena aussitôt un bâton qui fut lancé pas la blonde, pliant sur l’excitation de son chien. Duke revint fièrement avec son bâton en se pavanant devant les deux jeune-femmes. La blonde le relança. Ash se permit alors de s’asseoir sur le banc en compagnie de Téo, sans dire un mot de plus…

- Duck and cover*...

La célèbre campagne éducative du gouvernement américain, durant le début de la guerre froide dans les 50’. Le slogan qui était sur toutes les lèvres, en cas d’attaque atomique des « rouges », juste « Duck and cover ». « Plonge et met toi à couvert ». Ces deux simples actions étaient censé protégé la population de l’explosion des bombes atomique. Un flash de lumière ?! Duck and cover ! Une simple couverture s’avérait être un excellent bouclier contre les radiations… Simple chauffe-cœur pour rassurer la population en occultant la vérité.

« Duck and cover », c’est ce qu’elle faisait avec son orientation. C’est ce qu’elle avait fait en présence de Téo au lycée. Comme dans la campagne de pub, il y avait deux sortes d’attaques. Celles dont on était au courant et donc auxquelles on pouvait se préparer. Puis celles totalement inattendues. Dans ce cas, il ne fallait pas réfléchir et juste « Duck and cover »…

Quand on se rendait compte que sa vie se résumer à une propagande des années 50’… Il y avait du souci à se faire. Un rictus s’afficha sur son visage. Il était peut-être temps de changer de politique. Elle se mordilla un instant la lèvre inférieure. Il avait fallut que sa nouvelle décision de pseudo-honnêté tombe sur Téo, témoin privilégié d’un fait épique.

-Personne ne sait vraiment… pour moi… et j’aimerai bien que ça reste ainsi pour l’instant, surtout au lycée. J’aimerai faire ma dernière année sans scandale… Toutefois… j’aurai du te traiter avec plus d’égard quand on s’est croisé au lycée… J’m’y attendais vraiment pas en faite, lâcha-elle enfin avec un léger rire.

Loin d’être aussi directe qu’on pouvait l’espérer, Ashley faisait tout de même un effort couteux. Elle empruntait certes l’escalier de secours tout en zappant quelques marche importante, au lieu de prendre l’ascenseur direct, mais l’effort était là et le résultat semblable, pourvu qu’on ne jouait pas les idiots pour forcer tout les mots encore trop dure à dire haut et fort sans détour. Ce qu’elle venait d’avouer, lui écorchait déjà atrocement les oreilles, sa langue aurait pu faire une hémorragie en prononçant ses paroles.

C’était la meilleure explication qu’elle pouvait fournir avec des excuses. Un exploit. Ash n’avait plus rien d’autre à dire. Ou plutôt ne voulait pas, comme elle ne pouvait pas, en révéler plus sur elle-même. Ses paroles pouvaient sembler si anodines, et pourtant elle n’avait jamais dit autant à qui se soit. La blonde ferma les yeux, en se traitant d’idiote, se souciant un peu trop de ce que pourrait bien penser Téo d’elle, pour autant de « connerie » qu’elle venait de lui déverser, et en plus en lui squattant son banc ! Si ça se trouve, ça présence devait lui être un poids insoutenable… Comme son secret l’était pour elle.

Duke revint pour la énième fois avec son bâton, seulement cette fois il posa sa tête sur les genoux de Téo afin qu’elle lui relance.



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