Choriste du mois


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 02. Old flame and fresh beers

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MessageSujet: 02. Old flame and fresh beers   Jeu 16 Fév - 23:29

Fixant l’horloge de la cuisine avec une intensité unique, Madeleine était effondrée sur la table en compagnie des cadavres des quelques bières qu’elle avait déjà ingurgitées. Si Porter réalisait qu’elle avait tapé dans sa réserve il allait lui faire une crise, c’était à peu près certain. Mais elle n’avait pas eu la force de ressortir pour aller en acheter ou se traîner dans un des bars du centre-ville et se mettre une misère en public. Elle laissait ça aux alcooliques de Lima, mieux valait boire seule à la Pension, ça limitait les risques de se rendre ridicule et de tomber sur des invités surprises, style Youngblood. Vendredi soir, s’il n’était pas de sortie elle pouvait jeter sa caméra au lac sans regret car la vie n’aurait plus le moindre sens. Se redressant sur son coude droit en remettant tant bien que mal ses mèches rousses derrière son oreille avant d’attraper la quatrième bière du pack. Est-ce que c’était une illusion d’optique ou bien ces canettes étaient devenues ridiculement petites depuis la dernière fois où elle avait pris une bière ? Le bruit du métal cédant sous la pression lui arracha un sourire, et le goût amer du liquide doré sur sa langue vint compléter le contentement qu’elle ressentait. C’était ridicule mais elle était effrayée et ne savait pas quoi faire, mis à part boire, pour se donner du courage. Ça faisait trois semaines qu’elle l’avait revu. Jour pour jour. Il n’avait pas changé en cinq ans, toujours la même présence, les mêmes traits doux, à peine marqués par le temps, et la même voix profonde qui lui avait mis la tête à l’envers la première fois qu’elle l’avait entendue perçue une fraction de seconde quand la porte s'était ouverte avec l'entrée d'un client. Elle aurait pu passer un temps infini sans le recroiser, elle n’achetait jamais de disque depuis qu’elle avait appris à se servir correctement d’un ordinateur et le Gramophone n’était d’ordinaire pas sur sa route. Mais il avait fallu qu’elle se la joue Angelina Jolie et s’engage à la LPA pour aider son prochain. Et il avait fallu qu’Emma y amène sa babysitter. Ecaterina Robertson. Son visage avait dû se décomposer en entendant la jeune femme se présenter la première fois. «Quelle idée d’avoir une sœur sérieusement...» grommela-t-elle alors qu’elle glissait à nouveau sur le bois pour se retrouver le front collé à la table à ricaner bêtement. Elle le pensait derrière lui et pourtant son cœur s’était emballé lorsque sa petite enquête auprès de la nouvelle bénévole avait porté ses fruits. Non seulement elle avait bien un rapport avec Dorian Robertson, mais il était toujours en ville. À peine le temps de digérer la nouvelle qu’elle était à la porte du vieux magasin. Peut-être était-ce un effet du harcèlement de Samuel, mais elle n’avait jamais ressenti la solitude de manière si aiguë. C’était idiot, elle n’avait jamais vraiment été pratiquante de la religion du couple, mais cet horrible Ashton l’avait laissée plus cœur d’artichaut qu’il ne l’avait trouvée et elle rajouterait définitivement ça à sa liste des bonnes raisons de détester l’ancien professeur de physique de McKinley. Un bruit dans l’entrée la fit sursauter et elle renversa un peu d’alcool sur sa main. Par chance ce n’était que Joachim qui rentrait sûrement de la galerie, léchant le dos de sa main pour ne pas perdre une goutte de son remède miracle anti-trac elle fit un grand signe dans sa direction. «Qu’est-ce que tu fais toute seule dans le noir Mad ? Si tu attends Anna elle en a encore pour un moment...» Classique. Sa meilleure amie était trop overbookée pour l’empêcher de faire une bêtise. Et si c’était un signe du destin ? L’idée n’était peut-être pas si mauvaise après tout ! Elle n’avait pas eu le courage de rentrer dans la boutique et il ne l’avait sûrement pas vue de l’autre côté de la vitre, trop occupé à répondre à une foule de lycéennes en délire. Se relevant d’un bond, elle s’appuya fermement sur la chaise pour ne pas perdre l’équilibre. Le trajet ne serait pas facile, mais elle avait déjà fait pire, sûrement... «Rien ! En fait j’allais partir ! Ne dis rien à Anna surtout.» Elle attrapa son sac abandonné à côté d’elle et y fourra la fin du pack, terminant sa bière d’un trait avant de déposer un baiser sur la joue de l’anglais et de se faufiler dehors.

Il allait sûrement trouver ça suspect et tout dire à ses autres colocataires pour essayer de faire la lumière sur tout ça. Sans compter qu’elle avait laissé les canettes vides en évidence. Demain, elle serait une femme morte. Enjambant son scooter rose, elle posa le casque resté accroché au guidon sur sa tête sans prendre la peine de le fermer et démarra. Mission numéro un, s’arrêter au petit supermarché pour racheter des bières à son mannequin préféré. L’alcool enflammait ses joues pâles mais le froid de la soirée tombante lui faisait beaucoup de bien. Se concentrant tant bien que mal sur la ligne qu’elle suivait, elle priait intérieurement Bouddha pour que la police ne se décide pas à faire du zèle aujourd’hui en particulier. Parce qu’une fois la première mission remplie, elle filerait droit chez Robertson Premier. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle lui dirait. “Hey ! Tu te rappelles de moi ? Mais si, la groupie de l’été 2011 !” La seule pensée de ce dialogue fictif lui mit un sacré coup au moral. Ça n’était que ça après tout... Un été, un musicien et du sexe. Qu’est-ce qu’elle attendait exactement de ce pauvre garçon qui en avait sûrement vu défiler d’autres depuis ? Il n’était pas de ceux qu’on oublie facilement, c’était le moins qu’on puisse dire. Mais elle était nettement moins sûre que cet adage soit valable pour elle. À cet instant elle aurait aimé être une héroïne de film pour avoir la réplique parfaite et tourner une situation désespérée en un magnifique ils se marièrent et firent beaucoup de courts-métrages. Se garant, très mal, sur le trottoir devant le petit Shop n’ save elle ne prit pas le temps de mettre son antivol, rentrant à toute vitesse dans le magasin le casque sur la tête et son sac à la main. Attrapant un pack identique à celui qu’elle avait siphonné, elle resta un moment à hésiter avant d’en attraper un second qui collait plus à ses propres goûts. Après tout, il lui faudrait une excuse pour entrer, et une bière en souvenir du bon vieux temps semblait être une idée des plus convaincantes. Souriant de toutes ses dents au caissier ébahi devant sa dégaine, elle repartit de plus belle en véritable danger public, pleine vitesse vers le centre-ville. Une fois arrivée en bas de l’immeuble, une dernière constatation finit par frapper son esprit diminué : il avait beau être à Lima, rien ne lui disait qu’il habitait toujours au même endroit que cinq ans plus tôt, et puis elle ne se souvenait pas du code d’entrée. Après une tentative infructueuse, la surveillante se laissa tomber lourdement sur la dernière marche du perron. C’était bien sa chance... Et comme elle ne lui avait pas parlé depuis des lustres, elle n’avait pas son numéro, et aucun moyen d’entrer... Sauf si une petite vieille décidait de sortir faire faire une promenade à son chien. Se dressant sur ses pieds décidément plus assurés qu’elle ne l’aurait pensé, elle n’attendit même pas que la grand-mère s’éloigne, la remerciant intérieurement de ne pas prêter attention à ce qui se passait autour d’elle, pour entrer dans l’immeuble. Combien de fois avait-elle monté ces marches ? Sûrement pas assez souvent pour s’en souvenir tout à fait, parce qu’elle se prit les pieds dans l’une des marches pas tout à fait égales aux autres. Elle se raccrocha de justesse à la rambarde, évitant ainsi un tragique destin à son sac et au précieux contenu, mais sentit son cœur s’emballer un peu plus si c’était encore possible. Madeleine avait l’impression d’être une adolescente qui avait fait le mur pour rejoindre son premier petit-ami et souffla un grand coup en arrivant devant la porte à côté de laquelle trônait une petite plaque au nom de Robertson.

Et maintenant ? Elle était encore plus nerveuse qu’en partant de chez elle. Il n’avait pas changé, il n’avait pas déménagé, et il allait la prendre pour une folle. C’était ce qu’elle était après tout. Quelle personne sensée entrerait quasiment par effraction dans l’immeuble d’un ancien flirt estival datant de près de cinq ans, complètement alcoolisée, sans aucun plan en tête ? Le constat était accablant. Maddie Mad avait encore frappé, mais plus question de faire demi-tour si près du but. S’éclaircissant la gorge, elle frappa d’un air plus décidé que jamais. Pas de réponse... Regardant à droite puis à gauche en plissant les yeux pour scruter les couloirs aussi loin que faire se pouvait, elle recommença une seconde fois. Après tout il était peut-être sous la douche, l’idée était même plaisante, et non elle ne cèderait pas aux signes divins qui depuis qu’elle avait décidé de venir ici n’arrêtaient pas de lui barrer la route. «Robertsooooon ? Dorian Robertsooooon ?» Silence. C’en était trop pour ses nerfs, elle lâcha son sac au sol avant de se laisser à son tour glisser le long de la porte. Jouant avec la boucle de sa sacoche elle laissa passer un temps avant de relancer à voix haute «Tu sais, si tu n’ouvres pas bientôt je vais me mettre à chanter. Et je n’ai pas ton talent ça c’est sûr.» Commençant à chantonner une mélodie, elle changea rapidement d’avis et se décida sur une chanson qui semblait tragiquement adaptée au plus beau vendeur de disques des environs. «My heart’s a stereo, it beats for you so listen close, hear my thoughts in every note, make me your radio, turn me up when you feel low, tu sais qu’il y a une partie rap après hein ! Si les voisins se plaignent ce sera ta faute.» Prenant une grande inspiration, la rousse était aussi amusée que désespérée par son propre cas qui ne semblait pas accepter de remède. «If I was just another dusty record on the shelve would you blow me off and play me like everybody else ? If I ask you to scratch my back, could you manage that ? Like it read well, check it Maddie, I can handle that. Furthermore, I apologize for any skipping tracks, its just the last boy that played me left a couple cracks, I used to used to used to used to, now I'm over that, cause holding grudges over love is» mais elle n’eut pas le temps d’achever son massacre en règle de la chanson de Gym Class Heroes que le métal dans son dos céda et qu’elle se trouva étalée au sol, la tête la première dans l’appartement, nez à pied avec son heureux propriétaire de toute évidence pas si heureux que ça...
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Sam 18 Fév - 13:07

Une journée de congé. Voilà un mot qui ne correspondait pas aux habitudes de Dorian. Le blondinet est un bourreau de travail, quand il travaille au Gramophone, seul la maladie peut l'arrêter. Et Declan. Aujourd'hui, il avait posé un jour de repos, chose qui ne lui était pas arriver depuis sa prise de fonction au Gramophone. Il voyait très bien depuis plusieurs jours que les affaires étaient stables et tous ses employés travaillaient. C'était la pression du mariage qui lui avait forcé la main. Le fils Robertson était l'un des deux témoins de Will Schuester. Il devait donc préparer l'enterrement de vie de garçon du prof d'espagnol mais aussi un petit discours. C'était la partie la plus difficile pour le propriétaire du Gramophone. Jamais doué pour les mots, il faisait surtout passer ses émotions en musique, sa guitare étant son instrument favori. Mais là, il ne pouvait pas se débiner et les jours passaient si rapidement que le mariage semblait se passer le lendemain. La pression était tellement importante pour Dorian qu'il ne réussit même pas à dormir de la nuit. Un sacré jour de repos. Aux alentours des 5 heures du matin, le blondinet se leva difficilement, le poids de la journée déjà sur ses épaules. Il se faufila doucement hors de ses couvertures et entra lentement dans la salle de bains. Une bonne douche lui remettrait certainement les idées en place. La fraîcheur du jet le réveilla parfaitement. Dorian passa nonchalamment la main dans ses cheveux, se frottant le corps en essayant de réfléchir. Manque de veine, ce moment de réflexion ne fit rien avancer à ses idées. Le fils Robertson se sécha rapidement, regarda son visage buriné par la fatigue et n'eut même pas la force de se raser cette barbe de quelques jours. Il aurait qu'à dire que c'était un look si quelqu'un s’immisçait chez lui.

Fatalement, le bloc de feuilles posé sur la table de salon l'appelait. Et pourtant, l'inspiration était vraiment pas présente. Le blondinet se força à s'asseoir sur la chaise, il prit le crayon dans sa main et le fit tourner entre ses doigts avant d'écrire quelques mots. Immédiatement, il raya ce qu'il venait de coucher sur le papier. Avec un petit rire jaune, il se prit la tête entre les deux mains. Évidemment, la journée s'annonçait longue et s'il continuait sur ce rythme de ratures et de jet de boulettes de papier, pas très productive non plus. Les heures défilaient à toute vitesse alors que la production du discours s'était arrêté à « Will Schuester, je t'emmerde de m'avoir choisi. Bonne soirée à tous ». Dorian était presque satisfait et fier d'avoir trouvé ses quelques mots. La vérité étant qu'il ne savait pas comment exprimer la manière dont il voyait ce mariage. Bien évidemment, c'était une étape dans la vie de couple de Will mais cela demandait des responsabilités. Il était père à présent, il avait parfaitement rempli ce rôle. Mais principalement, Dorian souhaitait que cela n’empiéterait pas non plus sur les loisirs du professeur d'espagnol, qu'il partageait notamment avec le fils Robertson. Un peu de jalousie et de peur d'être abandonnée. Sûrement. Et cela ne l'encourageait pas à finir ce maudit toast qu'il préparait depuis deux semaines. Deux semaines pour onze mots. En continuant sur cette voie, le discours serait aussi court que celui d’un muet.

Soudain, un bruit contre la porte d'entrée le sortit de sa torpeur. Le blondinet leva la tête, il regarda d'un coin de l’œil l'horloge qui trônait dans le salon. Il était presque 20 heures. Dorian n'avait même pas remarqué qu'il s'était endormi sur son bloc papier. Et il n'avait toujours pas avancé, Il frappa rudement du poing sur la table. Il était plutôt en colère et cela ne lui arrivait pas forcément. Dorian l'était contre lui mais ce qu'il vit à travers le judas n'allait pas l'aider à se calmer. C'était Madeleine Wild, une ancienne de ses conquêtes, qui remontait à bientôt cinq ans. C'est à dire une période que Dorian préférerait oublier, une partie noire de son existence. L'histoire avec sa sœur n'ayant nettement pas aidé à sublimer cette période. A cette époque, Madeleine était sa petite amie. Une très belle relation mais qui lui rappelait fatalement sa cadette. Autant l'oublier un maximum. Et sur le pas de sa porte aussi. Pas de bruit. Ignore-la se dit-il. Ce n'était pas trop lui demander, il l'avait fait pendant plusieurs années alors autant continuer. Tranquillement, le propriétaire du Gramophone se remit à sa place et continua d'écrire.

Malgré la voix stridente de la jeune femme, il ne broncha pas. Elle pouvait l'appeler autant qu'elle le souhaitait, il ferait le mort. Comme il avait envie que cette partie de sa vie meurt aussi en même temps que les espérances de la jeune fille. Un petit souffle d'énervement quitta la bouche de Dorian qui remit la main à son stylo et écrit quelques mots. Puis malheureusement, la voix de Madeleine se fit entendre, très forte à nouveau. Et horreur, elle chantait. Le blondinet ratura une nouvelle fois et poussa un petit cri d'agacement. Il ne lui en avait pas fallu beaucoup mais là, c'était trop. Le fils Robertson se leva doucement de sa chaise, respira doucement alors que la voix de son ex résonnait toujours dans le corridor. Dorian se concentra, il devait rester calme et la faire fuir à tout jamais, Ou au moins, lui faire comprendre qu'il ne ressentait plus rien pour elle. Soudain, une idée lui vint en tête. Il se glissa rapidement dans l'autre pièce, prit sa guitare. Une chanson allait peut-être l'aider à comprendre plus facilement, le choc de la nouvelle serait peut-être moins difficile pour la folle qui chantait dans le couloir.

Le loquet se déverrouilla et une masse tomba aux pieds de Dorian, Elle souriait niaisement et semblait contente d'avoir réussie à faire plier l'homme. Sans pouvoir se retenir, Dorian lança :« Te voir comme ça me rappelle certaines choses. Mais il faut que tu comprennes quelque chose Madeleine. ». Le blondinet agrippa sa guitare d'une main de fer et déterminée et commença à gratter les cordes.

Now listen to me baby
Before i love and leave you
They call me heart breaker
I don't wanna deceive you

If you fall for me
I'm not easy to please
Imma tear you apart
Told you from the start, baby from the start.

I'm only gonna break break your break break your heart.

Le fils Robertson espérait du fond du cœur que le message serait passé et qu'il n'aurait pas à argumenter avec la rousse . Il n'en avait pas la tête, il souhaitait simplement que cette histoire soit réglée le plus plus simplement possible.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Sam 18 Fév - 17:34

Maintenant qu’elle y réfléchissait assise dans ce couloir en rappant à tue-tête devant la porte, Madeleine adorait chanter lorsqu’elle avait bu. Elle avait fait partie du Glee club à l’époque du lycée et malgré toute la satisfaction qu’elle en avait retiré, elle n’avait jamais eu de talent particulier pour le chant ou la danse. Elle était souple, elle chantait juste, mais ça s’arrêtait là. Elle n’avait jamais vraiment compris tous ces artistes capables de mettre leurs sentiments en musique, d’écrire de jolies chansons pour déclarer leurs malheurs au monde. Ce n’était pas son truc à elle, d’exprimer ce qu’elle pensait autrement qu’en le déblatérant de manière décomplexée au nez et à la barbe de son interlocuteur. Elle n’avait pas la subtilité de ces compositeurs qui préféraient ciseler la moindre ligne pendant des jours pour toucher le cœur d’un seul être, et en faisait chavirer plusieurs autres au passage. Compositeurs dont faisait partie Dorian, d’ailleurs. Est-ce qu’il jouait toujours ? Elle n’était pas vraiment retournée au Piano-Bar depuis qu’elle était rentrée d’Inde, mais elle aurait sûrement eu vent de quelque chose si le disquaire de la ville donnait toujours ce genre de concerts impromptus. Étonnamment, la jeune femme se souvenait encore parfaitement de leur première rencontre malgré la quantité d’alcool qu’elle avait aussi ingérée ce jour là aussi. À croire qu’elle n’arrivait à briser la glace avec lui qu’avec un sérieux taux d’alcoolémie. Ça devait être une soirée comme les autres, où elle avait réussi à traîner Holly dans le centre-ville pour se détendre et arrêter de penser aux examens de fin d’année que l’une surveillerait tandis que l’autre les corrigerait. Elles auraient pu aller au bar karaoké et se transformer elle-même en une version bien plus soûle et bien moins talentueuse de Christina Aguilera, mais elle avait opté pour le Piano-Bar. Ce choix hasardeux s’était révélé un signe du destin car à peine entrée, ses yeux s’étaient figés sur le guitariste assis sur un tabouret haut dans un coin de la scène. Il n’avait pas encore ouvert la bouche qu’elle avait déjà succombé au charme dévastateur du musicien, et ça n’avait été que bien pire lorsqu’il avait entonné cette mélodie triste devant un petit attroupement de groupies. La blonde était tout d’abord sagement restée à sa place, ses jambes pendantes dans le vide, à l’écouter avec toute l’attention dont elle était capable, ce qui avait profondément irrité sa meilleure amie de l’époque qui avait fini par la planter là en l’insultant à demi-mots. Mais elle n’avait rien entendu et ne s’était aperçue de son absence que bien plus tard, trop absorbée qu’elle était par le spectacle qui se déroulait devant elle. La surveillante ne parvenait pas à se décider : est-ce qu’elle préférait sa voix ou sa présence sur scène ? Pas de chorégraphie, pas d’effets de lumière, il était simplement là, sur son tabouret, avec sa guitare, à des lieues d’elle et de toutes les autres filles. Il fallait absolument qu’elle lui parle. Qu’elle parvienne à feinter toutes les jolies filles aux push-ups renversants et sans doute à peine sorties du lycée. Ne serait-ce que pour essuyer un refus, mais ce garçon était un envoyé pour elle, c’était une certitude.

Coupant court aux grands émois du souvenir embaumé de leur première rencontre, Dorian se décida enfin à venir ouvrir la porte de chez lui, lui permettant de s’étaler gracieusement sur le sol de son appartement. Il était toujours aussi beau même vu d’en bas. Souriant bêtement en lui voyant cet air bougon, Madeleine ne pouvait s’empêcher d’afficher sa satisfaction. Comme la première fois, elle avait eu raison de lui sans trop de difficultés et les groupies pouvaient aller se rhabiller. Pourtant quelque chose clochait dans son attitude. Et pourquoi venir lui ouvrir la porte avec sa guitare dans les bras ? Sa remarque étendit son sourire malgré tout, elle n'était pas sûre de tout saisir dans les brumes de son esprit, mais l'essentiel était là. Il se souvenait donc d’elle. Voilà qui lui épargnait au moins la honte de devoir se rappeler à son bon souvenir, c’était non négligeable et ça la confortait un peu dans son projet stupide. Et de toute évidence il n’avait pas perdu les détails de l’histoire en cours de route. Flatteur. Peut-être même un peu trop, et elle sentait le rythme de ses pulsations s’envoler et son cœur frapper dans sa poitrine. Peut-être qu’elle tombait à un mauvais moment mais de toute évidence il avait prévu de se débarrasser d’elle. Aux premiers accords elle reconnu la mélodie et plaqua ses deux mains contre sa bouche pour étouffer un pouffement de rire. La situation était des plus ridicules. Elle était toujours couchée au milieu du passage, incapable de bouger, et lui venait de se mettre à chanter d’un air plus décidé que jamais. Ce petit froncement de sourcil qui trahissait le sérieux avec lequel il lui adressait ces mots était tout à fait charmant, et le voir gratter les cordes avec une telle détermination était une source d’amusement profond. Attendant gentiment qu’il termine le refrain et cesse de jouer, elle dégagea ses mains de devant sa bouche pour éclater de rire franchement. «Sérieusement ?» Se laissant rouler sur le côté tout près du battant de la porte pour rire de plus belle, toute la tension et le stress qu’elle avait accumulés jusqu’à présent étaient réduits à néant. S’il devait y avoir un classement des situations les plus improbables qu’elle avait eu l’occasion de vivre, celle-ci venait de rentrer dans le top trois, juste avant sa rencontre avec un illuminé se prenant pour le Mahatma Gandhi dans les rues de Lima l’année précédente. Attrapant son sac d’une main, elle tendit son bras pour qu’il l’aide à se relever mais devant le peu d’entrain qu’il mettait à la saisir, elle se redressa seule, lui jetant un regard noir accompagné d’une moue boudeuse dont elle avait le secret. «Cinq ans et tu crois que tu vas me briser le cœur sur le pas de la porte ? Est-ce que tu serais tombé dans les pires travers des chanteurs à groupies Dorian ? L’abus de substances illicites est mauvais pour la santé. Et tu as une trace de noir sur la joue.» Une fois debout devant lui, réajustant sa robe sur sa poitrine découverte elle passa son pouce sur sa joue pour essuyer ce qui ressemblait à de l’encre et ne se fit pas prier pour entrer malgré ce qui aurait pu ressembler à des protestations si elle ne les avait pas ignorées. Filant droit vers le salon qu’elle connaissait encore comme sa poche, elle se laissa tomber dans le canapé faisant face à la petite table en verre. «C’est toujours aussi grand ici... Tu écris quoi ? Chanson ? Déclaration d’amour à ta très jeune petite amie qui t’adore et t’adule ? Toujours dans la musique je suppose...» Prenant les papiers entre ses mains elle ne réussit pas à distinguer quoi que ce soit derrière les ratures noires mais ne chercha pas à y trouver un sens car l’appréhension avait de nouveau trouvé sa place au creux de sa gorge. «Je ne... savais pas que tu étais toujours à Lima.» Elle avait envie de mentionner sa sœur mais quelque chose retint ses mots. Posant ses grands yeux azur sur lui, elle attendait une réaction, n’importe laquelle, un signe qui lui montre qu’il était encore en vie malgré son intrusion forcée. N’y tenant plus elle jeta donc son dévolu sur le sac à ses pieds. «J’ai amené... la bière de la célébration ! En souvenir du bon vieux temps !» Fouillant dans le bazar pour en extraire les bouteilles, ses mains tremblaient un peu et elle mourrait d’envie d’ouvrir la sienne pour la descendre dans la seconde et se redonner un peu de courage. «Je ne sais pas si tu te souviens mais la première fois qu’on s’est parlé, j’étais vraiment dans un sale état, mais tu n’avais pas fini beaucoup mieux. Enfin... ce n’était pas une si mauvaise soirée au final.» Se mordant la lèvre inférieure, elle ne détourna pas le regard, continuant à le dévisager dans l’espoir de trouver les réponses à toutes les interrogations qui se bousculaient dans sa tête.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Dim 26 Fév - 15:12

Saoule. C’était l’attitude de Madeleine lors de leur première rencontre. Et elle l’était encore aujourd’hui. Il y’a bientôt 5 ans qu’il avait essayé d’éviter la jeune femme dans tout Lima, en vain. Tous ces efforts anéantis parce qu’elle n’avait pas réussi à se retenir. Son haleine sentait l’alcool à plein nez. Comme la première fois qu’il l’avait rencontré. Une soirée habituelle pour le blondinet depuis le départ de sa sœur. Il se réfugiait dans la musique, partait au piano-bar pour chanter sa peine à qui voulait bien l’entendre. C’était vraiment une période catastrophique pour le fils Robertson. Le moral au fond des chaussettes, il ne voyait plus aucun intérêt dans la vie. Il vagabondait dans les rues de Lima telle une âme en peine. La musique, sa passion qui le gardait en vie, était devenu le seuil de ses lamentations quotidiennes. Avec l’alcool évidemment. Alors, plus aucune envie ne ressortait de l’âme du propriétaire du gramophone. Même plus la force de se raser. Ainsi, un soir, il alla au piano-bar, tout naturellement, son rituel pour combattre contre sa peine. Ou alors, l’aggraver.

Il avait commencé à entonner plusieurs succès qui portaient sur le départ d’une personne chère à son cœur. Comme Ecaterina. Les yeux vitreux, il cherchait dans la foule un regard qui l’accueillerait dans sa détresse. Fatalement, il tomba sur celui d’une blonde énergique. Trop énergique certainement. Elle sautillait sur place, c’était presque limite qu’elle ne souhaitait pas sauter sur scène pour embrasser le guitariste. Et pourtant, Dorian s’intéressait à elle. En quelque sorte, elle lui rappelait sa cadette. En bien plus saoule et accueillante. Rien que cette vision de la blondinette redonnait du baume au cœur au fils Robertson. L’air renfrogné, au fond de lui, il espérait avoir attiré l’attention de la jeune femme. Les autres groupies qui venaient assister à ce triste spectacle auraient tué pour être à la place de Madeleine. Etonnamment, le jeune homme semblait avoir trouvé un peu de réconfort dans cette période si lamentable de sa vie. Il aurait payé des milliards pour que cette période de sa vie, s’envole, comme une feuille en automne. Que tout disparaisse et qu’à la fois, cette Madeleine n’existe que dans des cauchemars et que sa sœur revienne vivre dans leur appartement de Lima. Mais c’était impossible et à présent, il devrait vivre avec son passé. Avec Madeleine, gentille au demeurant mais tellement envahissante après plusieurs verres. Et entêtée.

La chanson n’avait eu aucun effet sur la jeune femme. A part l’exciter un peu plus. Elle avait certainement retrouvé ce guitariste talentueux et mélancolique qu’elle avait chéri pendant de nombreuses années. Et ça, aucune chanson n’aurait pu annihiler la joie qu’elle ressentait. Un rire, c’était la seule récompense de ce travail acharné. Dorian secoua la tête avec dédain, il commençait à se rendre compte qu’il ne se débarrasserait pas de la charmante blonde aussi facilement que ça. Elle roula difficilement sur le côté, gardant les yeux bien fixés sur le corps du blondinet. Lui, n’accordait aucune importance à Madeleine, il essayait déjà de trouver un moyen de la renvoyer chez elle. Dans un taxi, ce serait plus sain. A moins de vouloir la voir se faire malencontreusement écrasé par une voiture. Nan, ce serait trop triste. Par contre, il ne payera pas le taxi, ça c’est sûr. Mais s’il la renvoi par un taxi, il faudra qu’elle revienne chercher son scooter rose. De quoi avoir une migraine. Coupant court à ses idées, il reposa ses yeux sur la main tendue de Madeleine. Craché dessus n’aurait pas forcément été très classe et ne correspondait pas à cette image de gentleman qu’il véhiculait. Alors, il ne répondit pas à cette main tendue et laissa la jeune femme se relever par elle. Madeleine remit en place doucement sa robe tout en lui faisant une petite remontrance. Cela mit le propriétaire du Gramophone encore un peu plus dans une colère. C’est lui qui devrait l’envoyer paitre et pas le contraire. C’était elle qui était à blâmer pour venir brises ses années sans se voir. Dorian essayait de faire de son mieux pour retrouver cette tranquillité. Il voulait juste ne plus revoir Madeleine, synonyme de sa période de travers. Et l’idée de venir essayer la marque d’encre sur sa joue n’était pas forcément très bonne. Comme une mère avec son enfant, elle frottait la peau de son ancien amant. Avec dédain, le blondinet repoussa la tentative de la jeune femme mais en vain. Puis elle entra comme chez elle dans l’appartement du fils Robertson. De quoi le faire enrager un peu plus. Telle une sangsue, elle avait réussi à se coller dans la pièce. Et il serait très difficile de l’en déloger. Madeleine se faufila jusqu’à la table et regarda avec attention son discours pour le mariage de Will. Tout d’un coup, il y pensa. Il y’avait de fortes chances que Madeleine soit invité au mariage. Et il ne pourrait pas se défiler. Malheureusement. Elle se retourna vivement vers lui, manquant de renverser les fleurs qui étaient posés sur la table. La blonde posa ses grands yeux charmeurs sur lui avec une telle aisance qu’il se rappela facilement la raison pour laquelle il avait pu tomber amoureux d’elle. Un grand charisme. Mais aussi le manque de sa sœur. Oui, il n’avait jamais quitté Lima mais il regretta un tout petit sur le moment de ne pas l’avoir fait. Il n’aurait pas eu à se retrouver dans cette situation dérangeante. De ses yeux clairs, il reporta son attention sur son intruse qui fouilla dans son sac. De l’alcool. Comme si elle n’en avait pas assez dans son sang se dit-il. Dorian poussa un souffle de mécontentement, elle voulait vraiment rester.

Le blondinet mit négligemment ses mains dans ses poches puis avança vers la jeune femme. Il était à quelques centimètres d’elle maintenant. « Je me souviens parfaitement de notre première rencontre, de tout ce qu’on a pu vivre ensemble. ». Il semblait sincère. Son regard se plongeait dans celui de son interlocutrice. Fatalement, tous les souvenirs de leur amourette remontèrent à la surface. Il se mordilla doucement la lèvre en pensant à ce qu’il pouvait lui dire sans trop brusquer les sentiments de la jeune femme. Peut-être n’avait elle pas fait son deuil après ses années de séparation. Le fils Robertson se retourna, rangea ses papiers et les posa un peu plus loin. « Assieds-toi. » lança t’il avec une pointe de mécontentement dans sa voix. Il se retourna et croisa le regard surpris et pourtant heureux de Madeleine. « Je vais chercher de quoi ouvrir les bières, surtout ne saute pas par la fenêtre pendant mon absence, tu manquerais à beaucoup de monde. ». A lui aussi très certainement. Mais il n’osait pas se l’avouer. Il fila en direction de la cuisine, chercha dans le placard. Il pensa automatiquement à la suite des événements. Il revint dans le salon, voyant que Madeleine n’avait pas bougé, il était déjà un peu plus soulagé. Il ouvrit les bières avec le décapsuleur et se gratta le front avant de se placer en face d’elle. « Bon, Madeleine, qu’est ce qui t’emmène ici. Et ne me répond pas toi, tu n’es pas aussi cliché que ça. » lança t’il à la blondinette qui sirotait déjà sa bière. Décidément, elle n’avait pas perdu son entrain en cinq ans.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Mar 28 Fév - 0:24

De retour dans le grand salon de l’appartement du guitariste, Madeleine avait l’impression que l’endroit n’avait pas changé en cinq ans. Ses repères n’avaient pas été bousculés. Les canapés, les vinyles accrochés au mur, les mêmes rideaux, tout était à sa place, immuable. Tout sauf peut-être le bouquet de fleur posé sur la table qu’elle manqua renverser mais rattrapa au dernier moment d’une main plus habile qu’elle n’aurait dû l’être avec toutes les bières qu’elle avait déjà derrière elle. Un coup de chance en somme. Qui lui éviterait au moins de se faire gronder un peu plus par Dorian, qui semblait profondément ennuyé de la voir là. Le fixant sans ciller de ses yeux bleus perçants, elle essayait de deviner quels seraient les prochains mots qui passeraient l’enclos de ses lèvres, mais elle devait s’avouer vaincue, au moins sur ce terrain là. La surveillante avait fait mine de rien en insistant pour effacer la trace noire qu’il avait sur la joue du bout du doigt, mais le voir essayer de se dégager avait eu l’effet d’un méchant coup de poing dans le ventre. Pourquoi fallait-il qu’il soit aussi froid avec elle. Ce n’était pas comme si elle avait fait quelque chose de mal. Il ne dormait tout de même pas à huit heure du soir ? Certes il n’était plus dans la vingtaine mais de là à passer directement au stade du vieux crouton aigri il ne fallait pas pousser. Ou alors il voulait vraiment se débarrasser d’elle sans même essayer de savoir ce qui avait conduit ses pas jusqu’à lui après cinq longues années de silence radio. Mais c’était se tromper lourdement que de penser qu’il lui donnerait congé aussi facilement. Elle n’était toujours pas bien sûre de savoir ce qu’elle était venue chercher chez son ancien amant, mais s’il s’imaginait qu’il pouvait se la jouer pacha et la renvoyer chez elle à sa guise comme il l’aurait fait avec une gamine impressionnable, c’était se tromper très, très lourdement. Pas de coup de main pour se relever, pas un coup d’œil sur son décolleté, ça ne commençait pas très fort pour la jolie rousse qui sentait bien que la tâche ne serait pas aisée, même pour essayer de regagner son amitié. Enfin regagner... C’était sans doute un bien grand mot. Ils n’avaient jamais été amis, du moins pas dans ses souvenirs. Quand elle l’avait abordée dans ce bar après qu’il eut terminé son concert improvisé, elle avait clairement comme objectif de le ramener chez elle, ou chez lui, ou n’importe où, mais de garder de cette soirée un souvenir un peu plus vif que celui d’une série de shots. Qu’avait-il pu lui trouver de plus qu’aux autres filles ? Elle était jolie, elle le savait et prenait soin d’entretenir ses jolies courbes. Elle n’était pas idiote non plus et elle se souvenait avoir eu avec lui de longues conversations sur tout et rien. Ces grandes discussions qu’ils avaient pu avoir dans sa chambre à coucher, à bout de souffle, toutes fenêtres ouvertes pour essayer de faire entrer la fraîcheur de la nuit après les après-midi torrides de juillet, tout cela faisait partie de ce souvenir ému qu’elle gardait de lui. Il avait été un peu plus que ses habituels coups d’un soir, mais jamais vraiment plus qu’un amant. Il avait été son guitariste à elle le temps d’un été. Et puis elle avait disparu à l’université de Columbus un an avant de s’envoler pour l’Inde l’année suivante, et elle l’avait oublié avec d’autres. Ç'avait sûrement été la même chose pour lui... Sûrement.

Alors qu’elle s’était mise à farfouiller dans son sac géant à la recherche du pack de bière pourtant imposant, le quittant enfin des yeux, Dorian en avait profité pour se rapprocher d’elle et lorsqu’elle releva le regard fière de sa découverte elle ne se retrouva plus qu’à quelques centimètres de lui. Prenant une profonde inspiration, elle cherchait ses yeux, désorientée par ce changement brutal de comportement. Ce n’était pas simplement l’organisation de la pièce qui n’avait pas changé, son odeur aussi était la même. L’odeur qu’elle percevait n’était de toute évidence pas celle de son aftershave à en juger par l’épaisseur de sa barbe de trois jours qui n’avait pas l’air savamment entretenue mais qui lui donnait un air négligé tout à fait plaisant. Peut-être était-ce simplement son odeur à lui, qui lui donnait envie de se blottir dans le creux de ses bras comme avant. Seulement rien n’était plus comme avant. Et il fallait qu’elle s’en convainque. Pendue à ses lèvres, il finit par desserrer les dents et contrairement à ce à quoi elle s’était attendue, Madeleine n’eut pas une nouvelle couche de sarcasme. L’entendre lui susurrer ça, si près de son visage, en la regardant avec un regard presque tendre, la jeune femme se sentit bouillir. À quoi jouait-il au juste ? Est-ce qu’il avait décidé de jouer aux écossais, un seau d’eau froide et une bonne douche tiède ? Toujours était-il que la surveillante ne trouva pas quoi répliquer à cela et resta bouche bée devant lui, tâchant tant bien que mal de ne pas se laisser prendre par le nombre de souvenirs qui commençaient à affleurer dans sa mémoire. Avait-il toujours eu ce tic ? Se mordiller la lèvre inférieure... Sa sœur faisait ça. Elle la voyait souvent à la LPA, et dès que quelque chose allait de travers, vous pouviez être sûr qu’Ecaterina finirait par se mordiller le coin de la lèvre inférieure en signe de mécontentement. Est-ce que c’était aussi un signe de nervosité et de colère chez Dorian ? La jeune femme n’eut pas le temps de trouver une réponse à ses question qu’il s’était éloigné pour ranger ses papiers en la laissant plantée là. Elle obéit à sa voix autoritaire et faisant glisser ses pieds hors de ses bottines, elle alla s’installer pieds nus sur le canapé en face d’elle, ramenant ses jambes sous elle en tailleur après avoir posé les bouteilles sur la table basse. Sage comme une image. Cette situation lui rappelait cruellement la première fois qu’elle était venue ici. Scrutant la pièce en tournant sa tête en tous sens, elle se pencha en arrière pour voir s’il n’y avait pas trace d’une présence féminine — question qu'il avait évitée — dans les salles alentours mais en revenait sans cesse à Dorian. Elle le scrutait son dos large quand il se retourna vers elle pour la dévisager une nouvelle fois. Sans rien dire elle se contenta de lui sourire en attendant un commentaire quelconque qui ne se fit pas attendre. Éclatant à nouveau de rire, elle répondit en haussant la voix alors que son dos avait disparu derrière le mur de la cuisine. «Je crois que le succès te monte à la tête Robertson ! Je ne vais pas aller m’écraser sur le trottoir en bas de chez toi pour tes beaux yeux. Ça ferait peur à la charmante petite vieille qui m’a laissée entrer, et puis tu ne m’as pas encore donné de bonne raison de mourir de désespoir.» Elle ne nota pas sa dernière phrase. Est-ce qu’elle lui manquerait à lui ? Probablement pas... Ils s’étaient complètement perdus de vue et ce n’étaient pas deux mois de passion débridée qui allaient suffire à... La rouquine se mentait à elle-même en essayant de réduire leur relation à quelque chose de purement sexuel, elle le savait. Ce n’était pas par hasard qu’elle était revenue ici. Certes, la présence d’Ecaterina à l’association avait été un coup de pouce à sa mémoire, et le comportement oppressant de Samuel combiné à l’absence d’Ashton la travaillaient plus que de raison, mais dans le grand chapeau contenant les noms de ses anciens amants c’était celui de Dorian qu’elle avait tiré sans hésitation.

S’adossant contre le coussin en cuir souple, elle fixa le plafond un instant puis entendant les pas de Dorian qui le ramenait vers le salon, elle le chercha des yeux avec anxiété. Elle aurait pu le fixer pendant des heures, observer la moindre de ses réactions, elle n’y aurait toujours rien compris. Et son cerveau tournait au ralenti, embrouillé par un mélange de souvenirs qui lui venaient de ses cinq sens et de délires analytiques qui ne rimaient à rien. Après avoir entendu le doux bruit de l’air s’échappant de la bouteille qu’il venait d’ouvrir, la jeune femme se jeta littéralement sur le goulot pour boire une longue gorgée aussi vite que possible. Elle allait se mettre à paniquer à nouveau si elle ne se concentrait pas un peu sur autre chose que lui. Malheureusement une menthe à l’eau pleine de glaçon pour refroidir un peu son esprit échauffé lui aurait sans doute fait plus de bien qu’une énième bière. «En même temps... je ne viens pas pour le voisin.» finit-elle par lâcher avec tout le sérieux du monde en essuyant le coin de sa bouche avec son pouce. Derrière son humour vaseux elle essayait de dissimuler toute sa faiblesse, tous les doutes la concernant, les incertitudes sur la véritable raison de cette visite. Combien de temps réussirait-elle à donner le change en contournant ses questions ? Elle ne pouvait pas se permettre de tourner autour du pot alors qu’il avait bien failli ne pas la laisser entrer et qu’il pouvait la mettre à la porte à tout instant. «En fait...» Elle reposa sa bière sur la table, lissa sa robe sur ses cuisses, et après avoir roulé des yeux une dernière fois se décida à reprendre d’une voix oscillante. «Je ne sais pas trop pour tout te dire. Il y a cet idiot de Samuel qui n’arrête pas et... pouah il est vraiment lourd tu sais, pas du tout comme toi. Toi tu étais... léger.» Arquant un sourire malicieux, elle mordit sa lèvre inférieur pour ne pas rire d’elle-même. Elle allait l’agacer, c’était certain, mais outre le fait que l’alcool parlait pour moitié, elle voulait surtout meubler le silence qui s’était installé entre eux et qui lui faisait encore plus peur qu’une pique acerbe. «Ça fait tellement longtemps... Si elle ne m’était pas tombée dans les bras je ne me serais probablement jamais souvenu de toi. Pas que tu sois oubliable hein ! Oula non. D’être ici ça me... si tu savais ce que ça me fait haha.» Penchant sa tête sur le côté en le regardant assis en face d’elle elle gloussait doucement. «Et du coup, me voilà ! Pour ton plus grand plaisir, pas besoin de me le cacher.» acheva-t-elle sur un ton boudeur en croisant les bras sous sa poitrine. Elle se comportait comme une petite fille, alcoolisée, certes, mais une petite fille perdue qui cherchait désespérément à se raccrocher au seul point fixe qu’elle avait été capable de trouver ce soir-là : lui.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Mer 25 Avr - 20:52

Pourtant, le voisin aurait pu plaire à Madeleine. Un mec gentil comme toi et qui aimait boire des bières. Quelqu’un qui lui correspondait quoi. Mais jamais Dorian n’aurait eu la volonté de présenter la jeune femme à un autre. Jaloux, il l’était. Obsessif, trop souvent oui. D’autant plus qu’il était beaucoup trop protecteur. Ainsi, jeté la rousse dans les bras d’un inconnu ivrogne, trop peu pour lui. Il préférait encore l’accueillir un soir de semaine alors que le lendemain il devait se lever tôt pour aller à Cleveland chercher des vinyles pour le magasin. C’était la principale raison pour l’accueil froid du blondinet. Avec Madeleine, rien n’était réglé en très peu de temps, il fallait des heures de discussion pour la faire plier sur une petite décision. Et lorsqu’elle lâchait le morceau, elle retournait toujours ça dans son sens afin d’avoir une contrepartie. Dorian en avait fait les frais pendant cet été langoureux qu’ils passèrent dans les bras l’un de l’autre, vivant d’amour et d’eau fraiche. Un été qui aurait du être plus difficile que ça puisqu’il avait suivi le départ d’Ecaterina. Le fils Robertson eut beaucoup de mal à se remettre du départ de sa cadette jusqu’à l’arrivée d’une femme dans sa vie, une rousse. La pilule fut alors beaucoup plus simple à avaler pour lui. En effet, accaparé par Madeleine, le souvenir de sa sœur ne ressortait que très rarement. Peut-être justement parce qu’en certains points, le propriétaire du Gramophone retrouvait Ecaterina en la rouquine. C’est peut-être aussi ce qui l’avait abattu et garder un mauvais souvenir. Madeleine était partie elle aussi, tout comme Ecaterina. Le laissant seul dans son grand appartement, ruminant des vieux souvenirs. Autant tout était rentré parfaitement dans l’ordre avec sa cadette, autant la venue de Madeleine était plutôt surprenante. Depuis son départ presque précipité, Dorian n’avait jamais cherché à reprendre contact avec elle, de peur que la plaie béante qui l’avait tant fait souffrir pendant plusieurs mois ne se rouvrent à l’écoute de cette voix sucrée et ravageuse. Néanmoins, elle était revenue comme une fleur. Certes saoule et incapable de se tenir droite plus de dix secondes, mais elle était bien là, assise sur son canapé.

La voir assise comme sa sur son canapé le ramena quelques années auparavant lorsque leur idylle était à son paroxysme. A présent, cela semblait si proche, comme si ces longs mois de cicatrices n’avaient jamais existé. Comme si de rien n’était, il pourrait continuer à vivre comme ils le firent, voir plus. Dorian s’avança vers la rousse qui s’était assise gracieusement sur son canapé. Il plongea son regard azur dans celui de son invitée surprise. Elle réprima un petit rire alcoolisé et observa le propriétaire du Gramophone s’asseoir doucement à ces côtés. Il prit une gorgée d’une bière ramenée par Madeleine. Cela l’aiderait à surmonter cette montagne qu’était de faire face à Madeleine qui était capable de lire en lui comme dans un livre ouvert. Et fatalement, il ne pourrait rien y faire à part se soumettre à ses beaux yeux. Tout d’abord, elle lui lança un petit mot pour lui attirer l’attention. Il déporta son regard de sa bière pour fixer Madeleine qui posa à son tour les yeux sur la bouteille. Elle continua en lui expliquant qu’un Samuel était lourd mais il n’avait aucune idée qui était ce Samuel. Néanmoins, Dorian sentit une grosse jalousie monter en lui et voyait déjà la jeune fille dans les bras de ce surement bel-âtre. Plongé dans ses pensées, il n’osa pas répondre à cette insinuation dont elle espérait peut-être faire réagir le jeune propriétaire du Gramophone. Il ne broncha pas, fixant toujours le visage enfantin et rougie par l’alcool de la charmante étudiante. Par la suite, elle essaya d’expliquer la raison de sa venue. En vain puisque le fils Robertson l’écoutait à peine, plongé dans ses pensées, dans ses souvenirs d’été passés collés l’un contre l’autre dans le lit quelques mètres plus loin. Plus le temps passait, plus il sentait que l’absence de Madeleine l’avait autant bouleversé que son, départ brutal. Au final, même pour lui, cela ressemblait plus qu’à une amourette futile d’été. Et ses sentiments refoulés pendant ces longs mois commençaient à réapparaitre et cela rendit le blondinet beaucoup plus serein et joyeux.

Dorian faisait face à une petite fille, elle le regardait droit dans les yeux, boudeuse avec les bras croisés. Le blondinet laissa échapper un petit rire devant l’attitude enfantine de Madeleine. Il laisse échappa un large sourire qui surprit l’adorable jeune fille. Doucement, il posa les yeux sur ses bras, bizarrement tremblant, lui qui était pourtant habitué à discuter avec les demoiselles et toujours avec ce regain d’assurance. Mais, c’était inévitable, avec Madeleine, il n’était pas le maitre du jeu, il était en quelque sorte l’esclave des volontés de la jeune femme. Et elle savait manier à la baguette le propriétaire du Gramophone avec son charme ravageur. Il reposa doucement sa bière sur la table basse puis fixa longuement le vide, en pleine pensée. Le silence était présent dans le salon et il ne trouvait pas les mots pour le couvrir, intimidé par la présence de la rouquine. Dorian leva les yeux et croisa ce visage adorable qu’il avait pris entres ses mains durant de longues heures. Il laissa s’étendre un nouveau un large sourire sur son visage. Le fils Robertson se gratta le front, devant les yeux billevesées de l’invitée. « Désolé, je ne suis pas très loquace, c’est juste que je ne sais pas quoi penser de ton retour » se décida-t’il à répondre. « J’ai eu cette impression que tu m’as fui, comme si je n’avais été qu’un objet de désir pour toi pendant cet été. Te revoir là, comme il y’a cinq ans me fait extrêmement plaisir. Mais pourquoi ? » lui lança t’il en espérant avoir une véritable réponse. Il reprit sa bière et prit une longue gorgée au goulot avant de se tenir la tête entre les mains. « Madeleine, sois franche avec moi, je suis plus âgé que toi alors ne me ménage pas d’accord. De toute manière, tu ne pourras pas me faire plus mal que lorsque tu es partie.» termina t’il d’un ton grave en espérant la faire réagir. Le propriétaire du gramophone souhaitait que ce moment en tête soit un moyen de recadrer les choses entre eux et peut-être reprendre cette relation là où elle s’était arrêté auparavant.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Sam 28 Avr - 0:24

Après un accueil plus que froid, Dorian était venu s’asseoir à côté d’elle, trop près d’elle même, forçant la surveillante à prendre sur elle pour ne pas se laisser aller à s’effondrer simplement pour dormir en espérant que tout cela ne soit qu’un rêve et qu’elle se réveillerait avachie sur la table de sa cuisine. Sa présence était aussi agréable qu’oppressante. Elle avait l’impression de sentir son souffle sur sa peau, et ses yeux qui la dévisageaient encore une seconde plus tôt avaient retrouvé leur éternelle douceur. Malgré un franc succès auprès de la gent féminine, Dorian restait fondamentalement un grand timide sans une once de confiance en lui. Il donnait bien le change, c’était certain, mais il suffisait d’une grande gueule comme la sienne pour lui faire perdre ses moyens et c’était sans doute pour cela qu’elle avait remporté la partie contre les greluches à peine majeures du bar le premier soir. Elle avait eu confiance en son propre pouvoir de persuasion et sa propension à se forcer un passage dans sa vie avait payé. Mais aujourd’hui les choses ne pourraient pas se passer aussi facilement. Un sourire timide sur les lèvres, elle n’osait pas tout à fait se laisser convaincre qu’elle était effectivement en train de piocher dans les morceaux de son passé pour essayer de recoller une vieille photo déchirée par accident. Si elle n’avait pas fait sa rentrée universitaire que se serait-il passé ? Est-ce qu’ils aurait passé le cap du mois de septembre ? Est-ce qu’il se serait moqué de cette lubie de vouloir faire des études à vingt trois ans ? Trop de questions inutiles une fois de plus. Il n’était pas question de réécrire l’histoire. Ce qu’elle voulait au fond c’était rouvrir leur cahier là où ils l’avaient laissé, déchirer quelques pages peut-être, refaire une présentation, et repartir du bon pied. Quant à savoir si c’était la faute de Samuel ou du pape, peu lui importait maintenant qu’elle se noyait dans ses iris, hypnotisée par ce regard envoûtant qu’il posait sur elle. Mais de toute évidence elle avait gaffé en parlant du grand brun et l’espace d’une seconde elle eut l’impression que sa mine se renfrogna. Changeant tout de suite de sujet de peur de fâcher à nouveau le propriétaire des lieux, elle déblatérait des mots sans queue ni tête, essayant de faire comprendre que c’était plus ou moins grâce à Ecaterina qu’elle se trouvait là, et lui restait là, placide. À court d’idée elle se contenta de terminer dans une bouderie grotesque, arrachant un rire doux au guitariste qui fit fondre son cœur une fois de plus. Froid, chaud, froid, son sourire, ses mains, ses gestes lents, toutes ces informations tournaient et se mêlaient sans qu’elle ne puisse plus rien analyser. Elle venait officiellement de perdre le contrôle et désormais seul son instinct serait capable de prendre le relais, ce qui ne laissait rien augurer de bon. Spectatrice impuissante du spectacle qu’elle allait elle-même donner, elle froissa entre ses doigts le tissu de la robe qu’elle avait sagement lissé en s’asseyant.

Ses mots eurent l’effet d’une décharge. Pourquoi avait-il l’air si sérieux tout à coup ? Pourquoi cet air triste ? Pourquoi cette voix grave ? La jeune femme eut un mouvement de recul en constatant que petit à petit Dorian semblait céder au poids de cinq années de séparation sans un mot, effaçant du même coup le peu de légèreté que leur conversation pouvait encore avoir. Dans sa bouche tout ceci avait l’air si horrible. Jamais elle n’avait réellement considéré son départ pour l’Ohio State University comme un abandon. Elle avait sa vie et lui la sienne. Ils n’avaient pas grand chose en commun. Ils s’étaient donné un été sans jamais rien se promettre, chaque jour se suffisant, chaque nouvelle rencontre ayant le parfum d’une dernière fois que l’on devait consommer jusqu’à la dernière goutte. Alors pourquoi fallait-il qu’il lui fasse des reproches maintenant ? Elle n’en avait tout de même pas fait un objet sexuel que l’on jette une fois que l’on s’en est lassé. Madeleine avait beau avoir une foule de défauts tous plus accablants les uns que les autres, et il n’était pas rare qu’elle utilise les autres à son avantage sans nécessairement apporter de contrepartie, avec Dorian les choses avaient été différentes. Blessée par sa remarque, elle pinça ses lèvres en fronçant les sourcils. Elle était fâchée de cette image amère qu’il gardait alors qu’elle n’avait rien d’autre en tête que des baisers et ses bras autour d’elle. Où était le plaisir s’il ne s’agissait que de la faire décamper parce qu’il avait eu l’impression d’être abandonné ? Il aurait pu la chercher. Ce n’était pas comme s’il existait dix mille Madeleine Wild en Ohio. Une simple recherche Google aurait certainement pu lui indiquer dans quel département de l’université elle avait postulé. Pourquoi fallait-il que ce soit elle la coupable ? Sa bouche sèche lui faisait mal et elle se pencha en même temps que lui pour récupérer sa bouteille, frôlant sans le vouloir sa main et ramenant immédiatement la bière à elle alors qu’elle avait été la seule à remarquer ce contact furtif. «Ha !» lâcha-t-elle après avoir apaisé sa gorge en feu avec une longue rasade de bière qui suffit à presque terminer cette autre bouteille. «Tu as trafiqué ta carte d’identité depuis que je suis partie ? Tu as pris dix ans au lieu de cinq ?» fanfaronna-t-elle légèrement agacée par cette remarque qui lui rappela sans le vouloir l’âge de Samuel. Dans ce couple là c’était elle la plus âgée et elle ne comprenait que trop bien ce qu’il essayait de faire. Il essayait de l’écarter du jeu en la rabaissant, en jouant sur un critère invariable pour mettre de la distance entre eux. Il était hors de question qu’il s’en sorte si facilement ! «Tu apprendras que tout le monde me considère comme une ancêtre dans ce lycée ! On m’a même demandé si je connaissais le fondateur une fois. C’est pour dire.» Levant le menton en feignant d’être offensée, elle reposa ses yeux sur les épaules courbées du jeune homme qui ne la regardait plus. «Hey !» fit-elle en le poussant doucement avec son coude pour essayer d’attirer son attention. «Ça n’a pas été une partie de plaisir de ne plus te revoir pour moi non plus hein. Tu aurais au moins pu essayer de me retrouver, je sais pas moi, je ne me suis pas cachée. J’avais pas le choix j’étais inscrite, je devais y aller à la fac. Et puis tu ne m’as jamais dit pourquoi ça n’allait pas cet été là, je suis pas aveugle n’essaye même pas de me mentir c’est encore claiiiir comme de l’eau de roche. Alors je me suis dit qu’après tout je n’avais pas plus de place que ça à prendre.» Malgré les battements rapides de son cœur Madeleine avait réussi à baisser d’un ton, plus mélancolique et plus tranquille, elle n’émergeait pas encore de son nuage d’alcool mais sa franchise n’en était que décuplée. «Honnêtement, je ne pensais pas te revoir. Jamais.» dit-elle posément en passant une main sur sa nuque brûlante. «S’il n’y avait pas eu ta sœur je pense que je n’aurais jamais tenté ma chance ici !» Levant doucement son autre main, elle vint la poser sur le dos large du musicien, laissant ses doigts remonter instinctivement le long de sa nuque pour se perdre dans ses cheveux courts qu’elle ébouriffa un peu. Se rapprochant davantage en gigotant sur le canapé à côté de lui, elle finit par coller sa cuisse à la sienne. «Au final je lui dois une fière chandelle à la petite.» conclut-elle avec un sourire en essayant encore d’accrocher le regard du jeune homme.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Lun 21 Mai - 20:43

Placide, il observait la jeune femme en face de lui, portant le goulot de sa bière à ses lèvres sucrées et avalant avec une élégance très masculine une gorgée du liquide ambré. En plus de se retrouver face à Madeleine, il devait faire face à sa démesure causée par l’alcool. Dorian regarda d’un air compatissant la jeune femme sifflotant d’un seul coup la bouteille entière. Le visage de la charmante blonde commençait déjà à tendre vers le rouge cramoisi, ces joues naturellement pâles donnaient l’impression d’une timidité enfantine, d’une petite fille rougissant devant son premier petit copain. Mais dans ce cas-là, c’était plus l’alcool qu’autre chose qui causait le changement de teinte. La mine fière de la blonde, allongeant ses jambes sveltes sur les cuisses du fils Robertson, le déconcertait. De nature très timide, le blondinet se sentait dépassé à chaque fois que Madeleine était à ses côtés. Il aimait dominer, avoir tout sous son contrôle pour pouvoir abattre méthodiquement ses cartes. Mais avec la surveillante, il n’en avait jamais l’occasion, elle prenait toujours de court. Et il appréciait cette attitude qui changeait de la sienne mais il n’en était pas moins mal à l’aise lorsqu’elle mettait ses idées à exécution. En effet, elle avait facilement mit le grappin sur le musicien, il n’avait pu résister à son charme ravageur, différent du sien et tellement attrayant pour un homme cherchant à se perdre dans les iris de l’étudiante. Et cette idylle avait duré plusieurs semaines avant de se terminer brutalement, trop pour la sensibilité de Dorian. Le propriétaire du Gramophone avait finit par s’attacher à cette boule d’énergie qui lui rappelait d’une manière sa sœur qui l’avait quitté juste avant l’arrivée de Madeleine dans sa vie. D’une manière naturelle, la surveillante avait ôter la tristesse et la solitude du grand blond pour la remplacer par de la passion. Néanmoins, elle avait finit par le quitter, lui ne comprenant rien et s’enfermant à nouveau sur lui-même. Une deuxième chute en peu temps était réellement difficile à contenir pour le propriétaire du Gramophone. Et fatalement, c’était la seconde qui l’avait achevé alors qu’elle l’avait pourtant aidé à se relever. La passionnante jeune femme avait choisi d’elle-même d’abandonner leur couple estival et ça, Dorian ne pouvait plus rien y faire pour l’éviter. Le fils Robertson était au fond du trou, ne voulant pas subir une nouvelle douleur, il avait décidé de couper les ponts avec Madeleine. Elle assumerait les conséquences de son départ comme une grande fille qu’elle était devenue en partant pour la fac.

Mais pourtant elle était de retour et au lieu de la laisser sur le pas de la porte, Dorian l’avait laissé entrer dans l’antre de leurs ébats estivaux. En effet, Madeleine ne s’oublie pas si facilement et au fond de lui, le blondinet ne savait pas dire non à la jeune femme, encore plus lorsqu’elle était éméchée. Alors, ils se retrouvaient tous les deux, sur le canapé, la plantureuse blonde à ses aises. Elle finit par enlever ses jambes de Dorian puis reposa avec sa conviction naturelle la bouteille vide. Exaspéré, Dorian expira un petit coup. Madeleine n’allait jamais le laisser respirer, en tout cas, pas aujourd’hui. Avec le musicien, il était difficile de rester très longtemps en bon terme. Sa droiture en faisait une personne sensible aux actions des autres et ile ne pouvait s’empêcher de balancer une remarque acerbe lorsque quelque chose n’était pas à sa convenance. Ainsi, avec son goût trop prononcé du droit chemin à suivre, il brisait souvent des relations. Mais bizarrement, avec Madeleine, il n’a jamais eu la force de critiquer ce qu’elle faisait. En tout cas, lorsque leur relation estival poursuivait encore son cours naturel. Aujourd’hui, il avait les idées bien en place, tout cela accumulé par cinq années de tristesse et d’amertume sur un départ précipité qui reste encore incompréhensible pour le guitariste. Et sa remarque cinglante était sortie toute seule, les mots lui avaient échappé. Ils ne souhaitaient pas qu’ils soient aussi rudes mais néanmoins, il ne contrôlait pas cette déception qu’il avait ressentie lorsqu’il était revenu du magasin, guilleret. L’absence de la jeune femme l’avait totalement anéantie. Comme les mots sortis de la bouche du Propriétaire du Gramophone allaient surement heurter Madeleine.

Dorian secoua la tête après avoir lancé ces propos, un peu comme un coup de tonnerre dans la petite pièce. Il porta aussitôt le goulot de la bière à ses lèvres et finit d’une seule traite le tiers restant. Il la reposa doucement sur la table avant de plonger la main à nouveau vers le pack apportée par la blonde. Il aurait besoin de force pour affronter la colère légendaire de la jeune femme. Mais lorsqu’il descendit sa main vers le restant des bouteilles, il effleura la main de Madeleine avant de se retirer brutalement, gêné par la situation et surtout le moment qui était tout sauf propice. Le fils Robertson regarda la plantureuse blonde avaler une longue rasade de bière avant de lui lancer une première pique. Il allait la laisser finir sa tirade. Cependant, en même temps qu’elle invectivait le musicien, elle se rapprochait, se faisait de plus en plus oppressante par ces petits mouvements destinés à chauffer Dorian mais aussi le déstabiliser, comme elle savait parfaitement le faire. Très proche l’un de l’autre, ils se regardaient dans le blanc des yeux, la main de Madeleine toujours posée dans la nuque du blondinet. Ce dernier ne savait pas comment réagir, il aurait aimé sortir de cette torture sentimentale par un coup de boule, mettre hors d’état de nuire son adversaire et filer à l’anglaise. Mais ce serait tout sauf respectueux envers la jeune femme. Mais, il se détacha tout de même brutalement de la jeune femme, prenant son bras et le posant sur le canapé. Le propriétaire du Gramophone se leva en même temps qu’il repoussait la séduisante blonde. Il la regardait à présent de haut, avec un regard insistant. Il ne céderait pas aux manigances de la surveillante, en tout cas, pas ce soir. De plus, lorsque Madeleine prononça le nom de la cadette Robertson en cette circonstance, cela mit le jeune homme un peu plus dans une situation qu’il aurait préféré ne pas avoir. « Tu croyais vraiment que j’allais te poursuivre alors que tu m’avais quitté ? Si c’était une sorte de test ou un truc comme ça pour voir si j’avais les couilles de t’aimer, et bien, j’ai l’impression de l’avoir manqué ! » lança t’il d’une manière invective en fronçant les sourcils. Le propriétaire du Gramophone aurait aimé être plus doux dans ses propos mais l’agacement et l’alcool ne l’aidaient pas à garder son calme. « Sincèrement Madeleine, je t’ai jamais oublié durant ces cinq années qui nous ont séparés l’un de l’autre. Mais tu vois, je n’ai pas voulu te chercher parce que je ne savais pas quelle serait ta réaction en voyant apparaitre quelqu’un que tu avais laissé de côté, un amour d’été ! ». Dorian restait debout, son teint pâle habituel prenait déjà des teintes plus rosés et commençait à faire de larges mouvements avec ses bras. « Je ne suis pas un jouet qu’on jette après avoir l’utilisé, tu le comprends ça ? J’étais dévasté quand tu es partie. Tu m’avais aidé à surmonter le départ de ma sœur et finalement tu n’as fais qu’empirer les choses. Et maintenant, tu te pointes comme si de rien n’était alors que ma vie recommençait à trouver un sens ! Tu es là pour quoi ? Baiser, jouer avec mes sentiments puis partir au Mexique pendant cinq nouvelles années ?! » lança t’il définitivement rouge de colère. Il manqua de pousser le bouquet de fleurs. Puis, d’un coup, comme si l’orage était passé, il rajouta d’une voix mielleuse : « Je suis désolé, j’ai été un peu rude. ». Oui il l’avait été, il s’était rendu compte qu’il s’était surement un peu trop emporté par les événements. Mais c’était cinq années de douleur qui venaient de sortir de la bouche du Robertson.
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MessageSujet: Re: 02. Old flame and fresh beers   Jeu 31 Mai - 16:11

Le contact de sa peau souple et chaude, de ses cheveux dans lesquels elle enfouissait ses doigts, l’odeur si masculine qui émanait de lui, Madeleine retombait doucement sous le charme du musicien, envoûtée par son aura et son calme olympien. Certes, elle était passablement excitée par la bière et la chaleur oppressante de leurs corps qui se cherchaient, du sien qui cherchait la proximité surtout, mais elle trouvait un certain confort dans cette position. Si l’atmosphère n’avait pas été si tendue entre eux elle aurait aimé pouvoir se blottir dans le creux de son épaule et passer son bras sous sa poitrine pour écouter les battements de son cœur. Quel effet est-ce que ça pouvait bien avoir de regarder un bon vieux Bollywood la tête reposant contre son torse qu’elle constatait avec plaisir toujours aussi musclé ? La jeune femme était habitée de désirs contradictoires et ne savait toujours pas pourquoi elle était venue. Quelles étaient ses intentions au final ? Le pousser sur le canapé de toutes ses forces et s’asseoir sur lui ? Adopter une méthode plus subtile et attendre patiemment qu’il l’invite ? Qu’il l’invite cette nuit ? Qu’il l’invite encore ? Qu’ils dînent ensemble plusieurs soirs par semaine ? Qu’elle passe l’air de rien à la boutique pour s’assurer que personne ne rôde trop près de lui ? Elle ne savait même plus ce que c’était que d’être un couple normal... Et ce n’était pas chez elle qu’elle allait pouvoir trouver la solution, pas avec les amours débridées de ses colocataires. Santana qui entretenait de toute évidence une liaison avec Porter sans renoncer à des à côtés qui avaient parfois l’air de peser sur le jeune homme qui ne bronchait pourtant pas plus que ça de peur de la perdre sans doute ? Définitivement pas un modèle à suivre. Lexie et ses amitiés particulières, dont le gynécologue qu’Anna avait en sainte horreur ? Modèle potentiel de relation libertine, mais ce n’était pas encore ça. Anna elle-même, et ses amours maudites avec Tim Ainsworth ce fourbe qui lui servait de collègue ? Non merci très peu pour elle. Passer par les joies d’une rupture douloureuse tous les quatre matins, il y avait des limites à son masochisme. Depuis combien de temps n’avait-elle pas eu une vraie relation ? Elle avait beau jouer les femmes libérées dans cette maison du bonheur, elle aurait volontiers troqué l’une de ses colocataires contre des bras musclés certaines soirées d’un automne particulièrement rude pour l’accompagner dans ses marathons filmiques. Elle ne souffrait pas de solitude. Pas avec une pension surpeuplée et un esprit aux tendances schizophréniques avérées. La surveillante savait tout à fait se tenir compagnie toute seule, et si jamais elle avait envie de voir du monde elle pouvait toujours errer jusqu’à la LPA, ou chez Holly, ou dans le premier bar qui croiserait sa route. Avec une nature sociable comme la sienne et sa réputation de folle divertissante, elle ne serait sans doute jamais à court d’idée pour passer le temps. Mais il manquait toujours un petit quelque chose. Elle n’était jamais la personne la plus importante dans la vie des autres. Elle aurait pu s’en moquer, mais toute seule dans la cuisine de la pension avec les bières de JJ.

Perdue dans ses pensées à essayer de savoir si Dorian avait le potentiel pour tenir ce genre de place dans sa vie, s’il en aurait le courage et l’envie, la pression de ses doigts sur son poignet fin la tira de ses pensées. Toutefois ce n’était pas la caresse qu’elle attendait. Au contraire, il se dégagea avec violence de son emprise en reposant son bras sur le dossier du canapé avant de se dresser sur ses pieds l’air furieux. Elle qui pensait avoir apaisé les choses avec un ton plus léger, ce n’était clairement pas une réussite. Le jeune homme avait l’air encore plus en colère que lorsqu’il lui avait ouvert la porte contraint et forcé. Il la regardait de toute sa hauteur avec ce qui ressemblait beaucoup trop à du mépris pour elle, les joues rouges de rage. Ses pupilles s’arrondirent sous le coup de la surprise et elle cherchait à comprendre la raison de son emportement si soudain alors qu’il avait l’air si doux l’instant d’avant. Est-ce que par hasard il avait lui aussi des tendances schizophrène ? Pour être tout à fait honnête, Madeleine avait du mal à suivre son raisonnement. Elle ne l’avait pas quitté, ils n’étaient jamais vraiment sortis ensemble. Ou alors elle avait raté une marche dans leur relation. Et utiliser le mot en A, ça c’était interdit ! «Attends ! Jamais je ne t’ai demandé...» mais de toute évidence il ne l’écoutait plus et la colère avait repris le dessus. La blonde fronça les sourcils en retour, frustrée d’être réduite au silence alors qu’il racontait dieu sait quoi à propos de ce qui avait été un flirt, et un bon souvenir, pour le transformer en quelque chose de négatif, et de triste, et rejetant toute la culpabilité sur elle. Elle n’était pas blanche comme neige dans cette affaire, mais cette histoire de test et d’abandon, ça non ! Il n’était pas au programme que ce genre de responsabilité lui incombe. Et maintenant il ressortait encore cette histoire d’amour... La surveillante était profondément troublée par son discours décousu duquel elle ne parvenait pas à se dépatouiller. De quoi avait-il l’air à gesticuler en lui crachant des mots agressifs au visage ? Elle était venue de manière poussive mais en hissant le drapeau blanc pour demander une trêve et voilà qu’il lui sortait l’artillerie lourde pour tirer à bout portant. Ce n’était pas juste. Pas juste du tout. À peine le temps de reprendre son souffle qu’il lui assénait un dernier coup qui la mit à son tour hors d’elle. C’était donc ça l’explication ? Il s’était attaché à elle pour combler l’absence de sa petite sœur ? Il était en train de la traiter comme la dernière des traînées qui s’était amusée à briser les cœurs dans son sillage parce qu’elle avait disparu avant qu’il n’ait le temps de résoudre tout à fait son sister complex ? Ironie amère puisque c’était la même sœur, dont elle ignorait totalement qu’elle avait planté sa famille pour filer en Californie trouver son bouclé de Catalano, qui l’avait remise sur la piste du grand blond. C’était l’hôpital qui se moquait de la charité.

Une fois tout son fiel craché il se radoucit et tâcha d’apaiser la situation de quelques mots enrobés de sucre, l’air penaud. «Tu te fous de moi en fait ?» Cette fois la jeune femme ne se sentait plus la patience de chercher à le comprendre. De toute évidence il n’avait qu’une envie c’était de la faire disparaître au plus vite, et il se cachait derrière ses grands airs de victime en la faisant passer pour la vilaine de l’histoire. «Un peu rude ? C’est faible franchement. Où est-ce que tu vas chercher tout ça au juste ? Les couilles de m’aimer ? Quand est-ce que je t’ai demandé quoi que ce soit ? Je ne t’ai jamais rien demandé. Jamais.» Se mettant debout à son tour, elle ne chercha pas à se rapprocher de lui, le message était passé, c’était un non catégorique un point c’était tout. Elle était blessée de la manière qu’il avait eu de lui dire, et le désespoir remplaçait doucement la colère dans sa fierté écornée. «Et pour ta gouverne, je ne me suis pas servie de toi, moi ! Surmonter le départ de ta sœur laisse moi rire. Je ne savais même pas que tu avais une sœur, je vois mal comment j’aurais pu te consoler. T’avais surtout besoin de quelqu’un pour passer le temps et tu as profité que je sois à disposition.» Se penchant pour ramasser son sac, elle renversa au passage sa bouteille entamée qui commença à se vider sur la table. «Mais maintenant elle est revenue pas vrai ? Donc tu vas pouvoir lui demander de s’occuper de toi hein ?» Forçant un sourire hypocrite, elle secoua la tête dépitée puis contourna la table pour s’enfiler vers l’entrée. «Laisse tomber. C’était une mauvaise idée de toute façon.» Enfonçant la poignée de toutes ses forces, elle disparut dans l’entrebâillement avant de se raviser et de revenir sur ses pas. «Et pour que tout soit bien clair entre nous, c’est en Inde que je suis partie. Deux ans, pas cinq.» Claquant la porte derrière elle, Madeleine descendit les marches en courant, manquant de trébucher plusieurs fois, s’agrippant à la rampe pour ne pas déraper dans les virages serrés. Elle n’arrivait plus à respirer, son cerveau était assailli d’informations qu’elle n’arrivait plus à traiter. Une fois dans la rue, l’air glacial de la nuit la frappa de plein fouet sans lui permettre de retrouver ses sens. Il fallait qu’elle rentre maintenant. Il fallait qu’elle conduise jusqu’à la banlieue. Mais elle était tout juste capable de s’asseoir sur le scooter sans mettre le contact. La prochaine fois qu’elle se sentirait seule elle irait dormir dans le lit d’Anna, un point c’était tout.
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02. Old flame and fresh beers

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