Choriste du mois


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 02. Gingers flock together

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MessageSujet: 02. Gingers flock together   Mer 7 Mar - 18:25

Aussi douloureux que cela put-être pour Wyatt de l’admettre, le mariage semblait être une réussite. La fête tout du moins. Pour les autres surtout. Lui se retrouvait condamné à éviter Ecaterina contre qui il était toujours particulièrement remonté. Will dont il ne voulait toujours pas entendre parler. Emma très vaguement parce qu’il n’était pas sûr d’être en mesure d’essuyer une tempête émotionnelle. Tâche particulièrement ingrate quand tout ce beau monde est assis à la même table, quasiment face à face. Merci organisateur anonyme de faire des plans de table, rondes, aussi précis et inébranlables. Mais le jeune homme avait enduré le repas avec le sourire, portant même un toast aussi bref que vain pour les plus si jeunes mariés lorsque sa mère remaquillée et au bord de l’hystérie était venue lui coller le micro entre les pattes à grand renfort de gloussements. Il jetait de temps à autre des œillades désespérées en direction de Lexie qu’il avait la chance inouïe d’avoir retrouvée avant que tout ne se mette en branle et qu’il n’avait plus l’intention de quitter des yeux. Malheureusement pour elle, mariage équivalait plus ou moins à fête de famille, et après plusieurs mois de séparation, sa famille à lui semblait avoir énormément de choses à lui demander. Ce qui comprenait son nouveau travail, son nouvel appartement, sa nouvelle vie, et bien évidemment une brève présentation de sa cavalière. Le très édulcoré “bonne amie” était de mise là n’était pas la question, mais il ne fallait pas s’imaginer que ses cousins gobent tout cela et la laisse en paix. Finalement dépassé par les événements après le dessert qui avait été précédé par une sorte de ballet hypnotisant de roux curieux et sans gêne, Lexie avait été plus ou moins enlevée sous ses yeux par une troupe qu’il espérait ne pas être ennemie, et il ne l’avait plus revue depuis. Il priait intérieurement pour qu’elle s’en sorte saine et sauve et qu’elle ne lui fasse pas la peau après... Mais comment pouvait-il savoir que la famille répondrait présente à ce maudit mariage ? S’il avait su il serait venu seul et aurait réussi à s’éclipser en prétextant une urgence au cabinet. Seulement ces réflexions venaient un peu tard et il payait pour s’être si peu intéressé à la soirée quand il s’était agi de la préparer. Heureusement Lexie Preston n’était pas du genre à se laisser kidnapper en silence et elle devait probablement avoir la totalité de ses interlocuteurs dans la poche. Dire qu’il n’avait même pas eu l’occasion de bien l’observer depuis la fameuse photo de ses dessous qu’il avait reçue en guise d’encouragement pour se tirer de son appartement...

Ses doigts glissaient désespérément le long des parois de son verre qui ne contenait plus qu’un amas de glaçons alors qu’il écoutait d’une oreille distraite le très long discours de la tante Josette qui semblait avoir trouvé toute une ribambelle de qualités à William depuis qu’il lui avait dit — sûrement un mensonge pour se débarrasser d’elle le fourbe — que son arrière grand père maternel était roux à en croire les photos. Pourquoi, seigneur pourquoi, est-ce qu’Emma avait décidé d’inviter toute la famille Pillsbury ? Lui qui avait réussi à échapper à toutes les réunions Ginger Supremacists malgré les invitations pressantes venant de Mansfield et même de Columbus, voilà que les Ginger Supremacists venaient à lui. Et bien sûr il avait fallu écouter toutes ses tantes se pâmer sur la couleur anormalement sombre de ses cheveux. D’ailleurs, à en croire les doigts de sa tante sur sa tête, qui le tiraient de sa rêverie passagère sur les dentelles noires portées disparues, elle avait dû passer à son tour à cette partie délicate de la conversation. «Mais... Tu as presque l’air brun Wyatt !» Fixant les yeux sur elle un instant, prêt à lui lâcher la nouvelle à l’effet mine antipersonnelle dans le clan Pillsbury et la voir défaillir comme les trois précédentes, il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’elle l'ébouriffait copieusement. «C’est sûrement la lumière. Cette salle est affreuse. Cette ville est affreuse. Tu ferais bien mieux de revenir vivre à Mansfield. Il faut que jeunesse se passe mais voyons... Wyatt, tu n’es plus un adolescent !» Levant les yeux au ciel en s’agrippant un peu plus fort à son verre, le gynécologue ne retint pas un soupir passablement énervé. En plus d’être tenace elle était pleine de ressources pour lui trouver des excuses, oh joie. Une fois n’est pas coutume, il était à court d’idées pour l’envoyer bouler en douceur, et si jamais elle ne changeait pas tout de suite de conversation, il allait finir par l’assommer avec la magnifique composition florale au centre de la table à laquelle il était assis et où elle était venue le hanter. Il ne voulait pas lui dire des mots cruels. Elle était comme elle était. Comme tous les Pillsbury à l’exception d’Emma en réalité. Il ne pouvait pas lui jeter la pierre parce que ça aurait été particulièrement hypocrite de sa part que de nier son affinité flagrante avec la mouvance suprémaciste. La plupart de ses petites amies avaient été rousses, il avait toujours mis sa supériorité sur le compte de ses gènes, mais il avait réussi à prendre ses distances avec tout cela. C’était du passé. Il n’en avait pas honte, mais il ça ne faisait plus partie de ses priorités. Quoi qu’en disent les ravissantes mèches feu de sa cavalière qui commençait à lui manquer cruellement. Maintenant qu’il n’avait plus à se préoccuper ni de sa sœur, ni de ses parents, ni de leur clique suprémaciste, peut-être qu’il pourrait se chercher quelque chose de nouveau à faire. Un hobby. Ou au moins de quoi s’occuper autrement qu’en créant des drames familiaux à chaque table à laquelle il fuyait pour les prochaines heures où sa présence serait exigée par la bienséance. Tournant la tête en souriant nerveusement pour ne pas avoir à regarder la petite rousse frippée de peur de lui lâcher une remarque acerbe, ses yeux se posèrent sur une silhouette élancée dans le petit attroupement des danseurs. Reconnaissant d’un coup d’œil celle de Lexie, il se leva d’un bond, sans un regard pour sa pauvre tante qui semblait tout à coup apeurée de sa réaction si vive. «Je ne pense pas que ma petite amie apprécie. Tu sais, la très jolie rousse que tu as harcelée de questions à côté du buffet ?» Décampant sur le champ en abandonnant le verre et la tête dans un même état de vide intérieur, il se faufila non sans mal sur la piste pour aller trouver la piquante rouquine.

Glissant ses mains autour de sa taille en arrivant enfin à elle, il pressa sa poitrine contre son dos. «Tu as trouvé meilleure compagnie ?» lui glissa-t-il à l’oreille avant de déposer un baiser derrière son imposante boucle d’oreille faisant fi de la personne qu’il ne prit pas la peine de regarder à qui elle semblait parler un instant auparavant. Il huma son odeur une seconde et la suivante il lui confisquait son verre pour le déposer sur la table la plus proche et l’arracher plus ou moins de force à son interlocuteur. «Vous me ferez bien l’honneur d’un danse ?» lança-t-il de sa voix la plus enjôleuse en l’entraînant. Il ne l’avait plus vraiment revue depuis la soirée où elle l’avait mis à la porte avec pour mission de raccompagner son amie Charlie. Soirée qu’il avait pris soin de ne pas mentionner auprès d’elle en espérant sincèrement que la petite brune en ferait de même. Il n’avait rien fait de mal. Ils n’étaient pas en couple. Pas exactement. En tout cas il ne la considérait très certainement pas comme la petite amie justifiant son installation permanente à Lima comme il avait pu le dire à sa tante. Elle était Lexie. Juste Lexie. Une tempête qu’il ne regrettait pas d’avoir fait entrer dans sa vie. À la fois bonne copine et bonne amante il ne voyait pas l’utilité de chercher plus loin quand il avait la chance d’avoir une fille aussi parfaite à ses côtés. Resserrant l’emprise qu’il avait sur ses hanches pour arriver au milieu des danseurs les plus téméraires, à l’abri des regards, il la ramena contre lui. «Je suis vraiment, vraiment désolé pour le... enfin ma...» Secouant la tête d’un air désapprobateur, il aurait probablement étranglé le premier oncle à venir l’interrompre alors qu’enfin il profitait un peu de son rendez-vous. «Je ne sais pas pourquoi Emma s’est sentie obligée de tous les inviter. Si j’avais su je ne t’aurais pas traînée ici.» En réalité il était bien content de l’avoir avec lui, et son regard seul suffisait à le trahir. S’écartant d’un pas pour mieux la regarder de la tête aux pieds en s’attardant sur chacune de ses courbes, ses lèvres s’étendirent en un sourire. «Très jolie, la robe.» Puis il se rapprocha à nouveau d’elle en l’attirant dans ses bras pour esquisser un mouvement en rythme sur la musique qui continuait à jouer, les lèvres à côté de son oreille il susurra «Presque plus que la mise en bouche». Faisant glisser sa main le long de son dos pour la placer sur le bas de ses reins, les ennuis du jour s’évaporaient à vue d’œil.


Dernière édition par Wyatt Pillsbury le Jeu 26 Avr - 14:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Ven 9 Mar - 17:50

Lexie Antonia Jane Preston, à un mariage. Voilà une occurrence peu commune. Que tout soit clair, Lexie adorait les mariages. Enfin plus exactement, elle adorait les fêtes. Et dans le genre, les mariages étaient généralement plutôt réussis. Décoration fournie, des robes toutes plus démentes et jolies les unes que les autres, de gentilles excentricités, des litres l'alcool, des scènes de ménage enlevées, des danses générales endiablées, des rires, de la joie, des larmes, plein de bonheur. Vraiment, elle adorait ce cocktail de joie, de vie, de bonne humeur. Elle aimait même la face plus sombre de ces réceptions, les cousines jalouses, les parents désapprobateurs, les belles familles qui ne se supportent pas. Mais c'était tout de même rare de la trouver dans ce genre de réceptions, étant donné que dans le milieu libéral dans lequel elle avait grandi, le mariage n'était pas prétexte à ce genre d'effusions. Enfin pour les membres de sa famille qui ne réfutaient pas l'institution en bloc. Sa cousine Joan par exemple, en couple depuis huit ans, criant comme une chiffonnière sur ses gosses mal élevés et accusant son mec de tous les maux de la terre. Femme mariée dans l'âme et dans le tempérament mais pas de bague au doigt. Des économies, disait-elle. Soit. Mais quitte à croire que l'on peut être ensemble pour la vie - et non, Lexie n'y croyait pas une seconde - autant jouer le jeu jusqu'au bout. Signer le contrat, s'engager pour de bon. Si ça pouvait rendre les gens heureux.

Et aujourd'hui, si l'on pouvait affirmer que la toute nouvelle Emma Schuester était aux anges, ce n'était certainement pas le cas de son frère aîné. Lexie avait accepté d'accompagner Wyatt au mariage de sa soeur, en connaissant parfaitement sa position quant à cette union. Elle ne la partageait pas, estimant donc que si quelqu'un voulait choisir le chemin de l'exclusivité, de l'Amour et de la famille, il pouvait le faire en son âme et conscience et se devait d'en faire profiter tout le monde avec une grande fête. Mais si c'était facile à dire quand ça concernait la famille des autres. La rouquine n'aurait peut-être pas été si philosophe et tranquille si l'on avait discuté du mariage de sa propre soeur par exemple. Sans doute aurait-elle adopté la résignation de Wyatt. La jeune femme comprenait donc les sentiments de son ami, d'autant plus que le mariage en lui-même n'était visiblement pas tout ce que le charmant médecin aurait aimé éviter. En sa qualité de cavalière du frère de la mariée, Lexie s'était retrouvée aux premières loges durant la cérémonie et avait eu le plaisir contrasté de faire la rencontre des Pillsbury. Tous. Sans doute. Elle avait même eu droit à un récit détaillé sur la vie d'un grand oncle trépassé. La britannique n'était pas certaine de connaître autant de choses sur sa famille maternelle que sur ces gens. Tout comme elle doutait que les services d'immigration lui aient posés autant de questions lorsqu'elle avait demandé sa double nationalité. Mais au fond, la demoiselle s'amusait beaucoup.

Après tout, Lexie Preston était une créature curieuse et sociale et elle avait accompagné l'enfant prodige et rebelle de la famille Pillsbury au mariage de la « petite Emma » alors elle ne s'attendait pas exactement à passer la soirée assise dans un coin. Sa cascade de cheveux roux, son ensemble à l'effet pailleté plutôt festif et ses ongles roses avaient eu un franc succès auprès du clan. Surtout ses cheveux. Oui, c'était naturel. Oui, elle avait une soeur. Pas de frère non. Ca venait du côté maternel. Son père? Les générations précédentes? La britannique avait éludé les questions un peu trop biologiques par d'habiles pirouettes, préférant raconter des anecdotes passées ou s'entendre vanter les mérites de « ce cher Wyatt » jusqu'à ce qu'une bande de rouquins aux yeux rieurs la prennent en otage. Des cousins, des amis, elle n'avait pas franchement imprimé qui était qui en vérité. Elle avait plaisanté, évoqué la belle ville de Londres devant des visages enchantés, avant d'enflammer la piste de danse, Preston style. C'est à dire, un déhanché à la fois surprenant, ridicule, génial et sexy. Oui, tout ça en même temps. L'art de ne pas savoir danser mais de très bien faire semblant. Des années d'expérience. Elle put finalement respirer un peu et en profita pour se servir un verre - et même deux - tout en discutant joyeusement. Et pour une fois, avec quelqu'un qui n'était pas roux. Il y avait quand mêmes des Schuester à cette fête. C'est qu'elle commençait à se demander si la clique de supremacists n'avait pas enfermé les mécréants au sous-sol.

Alors que la galeriste savourait un cocktail en parlant Broadway, elle sentit des mains se poser contre ses hanches et un souffle reconnaissable balayer sa nuque. Elle esquissa un sourire en coin en entendant sa question, mais ne répondit pas, de peur de froisser le brave homme qui lui racontait son amour inconditionnel pour Cats. Elle se laissa entraîner sur la piste de danse avec bonne humeur, non sans s'excuser auprès de son interlocuteur « Avec joie mon cher ! Nous reprendrons cette conversation plus tard George ! » Elle se détourna du vieux gentleman pour se concentrer sur le beau gynécologue. Avec son costume sophistiqué, son regard pétillant, il était plus beau que jamais. Une fois sur la piste, il la serra tout contre lui et elle se laissa faire avec plaisir, écoutant d'une oreille distraite ses excuses, avant de les balayer d'un geste de la main. Littéralement. « Fadaises, ce sont des gens... intéressants ! » Elle eu un rire léger et ajouta « Et puis avec ou sans toi, je n'aurais pas manqué le mariage de la décennie voyons. » Malgré son sourire malicieux, elle n'insista pas, acceptant la flatterie sur sa robe, en prenant une mine faussement gênée alors qu'il glissait quelques mots taquins au creux de son oreille.

La jolie rousse passa ses mains autour de son cou, tandis qu'il affirmait sa prise sur son dos. Elle le regarda droit dans les yeux, non sans un rien d'envie. Il fallait bien admettre qu'il était presque trop séduisant pour que ce soit supportable. Elle mordilla sa lèvre inférieure avant de finalement répondre dans un sourire coquin « Ravie que l'ensemble te plaise. » Lex se rapprocha, poursuivant sa phrase à quelques millimètres de ses lèvres parfaites « Peut-être que je pourrais te montrer tout ça plus en détails, tout à l'heure... » Ou bientôt. Très bientôt. La londonienne n'était pas spécialement provocante ou vulgaire, mais l'attirance et la complémentarité entre elle et Wyatt n'était pas vraiment à prouver et elle entendait bien profiter un peu de son cavalier. Elle n'avait pas menti en disant qu'elle passait un bon moment, mais c'était avec lui qu'elle était venue après tout. La jeune Preston glissa sa main parfaitement manucurée sur la nuque, puis dans les cheveux du beau docteur. Elle le regarda avec douceur et lui demanda « Tu tiens le choc lapin? » Malgré sa frivolité apparente, c'était une question des plus sérieuses. Et la magie de l'amitié - ou appellerez ça comme vous voulez - qui liait les deux jeunes gens résidait dans le fait qu'il le comprendrait tout à fait et ne lui mentirait pas.


Dernière édition par Lexie A. Preston le Lun 26 Mar - 17:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Sam 17 Mar - 3:27

Détachant un instant ses yeux de sa cavalière pour regarder autour de lui, le gynécologue aperçut au loin dans la salle bondée à la lumière insupportablement tamisée Emma, en compagnie de Will, qui devait certainement parler de tout et de rien avec l’un de leur milliard d’invités, amis ou connaissances vagues. Si l’affluence d’inconnus l’avait un temps amusé, elle ne servait plus maintenant qu’à se cacher des véritables connaissances qui assistaient à la fête et auraient pu venir troubler son moment de répit. Il essayait désespérément de se fondre dans la masse pour échapper à un remake embarrassant du dîner en famille, ce qui n’était forcément une chose aisée pour un garçon qui avait passé sa vie à vouloir briller plus que les autres. Même en venant au mariage à reculons, sa tenue était impeccable. Il refusait de se laisser aller sous prétexte que son humeur était mauvaise et qu’il ne trouvait à cette cérémonie que des défauts. Et quitte à être au centre de l’attention des commères, autant détourner leur conversation sur son beau sourire. Son propre regard s’attardant un peu plus que de raison sur le couple des mariés, il sentit son cœur se serrer en voyant son beau-frère enserrer la jolie rousse par la taille. Après tant d’année de vie commune et une petite fille, rien d’étonnant là-dedans, mais le jeune homme ne soutint pas cette vue plus d’une seconde et détourna le regard vers une tête rousse qu’il n’identifiait pas précisément mais avait au moins le mérite de lui rappeler que sa famille était venue en nombre aujourd’hui. Il n’était sûrement pas le seul à penser du mal de William tout bas. Dans toute cette clique il y en aurait bien un pour le détester aussi, le trouver trop frisé ou trop idiot ou trop pauvre. Bref, quelqu’un qui comme lui jugerait que le faire rentrer dans la famille n’était pas une bonne idée, et qui comme lui avait été obligé à garder le silence. C’était somme toute assez peu vraisemblable quand on considérait que les roux qui semblaient se multiplier dans la salle des fêtes avaient l’air d’énormément s’amuser de tout ceci. Le mariage de la décennie... C’était sans doute vrai. Emma avait mis les petits plats dans les grands, chacun avait eu son rôle à jouer, tout le monde était gai, et la cérémonie riche en rebondissements allait sans doute faire jaser pendant encore un moment. Plissant les yeux d’un air tendre à cette remarque de la jeune femme, Wyatt n’en demeurait pas moins profondément déçu et en colère. Il n’y avait plus rien qu’il puisse faire à présent, mais la résignation ne l’empêcherait pas de ruminer sur la situation au cabaret pendant encore un sacré moment. En attendant, il avait dans les bras un remède tout trouvé à toute cette frustration qu’il pouvait ressentir. Voir son sourire enjoué s’épanouir alors qu’il la rapprochait un peu de lui fit s’évanouir les dernières pensées noires à propos de Will qui continuaient à hanter son esprit malgré lui. Il fallait qu’il se change les idées, qu’il oublie la leçon de morale d’Ecaterina, qu’il oublie le sourire naïf du professeur d’espagnol quand il avait porté un toast, qu’il oublie qu’il ne pouvait plus rien faire à ce mariage.

Et comme il l’avait imaginé la présence de Lexie allait considérablement lui faciliter la tâche. Sans résister elle s’était laissée emporter et le médecin se coupait peu à peu du reste de la salle en ne se concentrant plus que sur elle et ses grands yeux malicieux. Il la dévorait du regard, fixant ses yeux verts sur ses lèvres charnues qu’elle mordillait d’un air faussement innocent. Ses doigts sur sa nuque et sa bouche à quelques millimètres de la sienne, il sentait la raison qui le forçait à respecter toutes les règles de bienséance s’éloigner peu à peu de ses considérations. «Ça peut être une idée...» Répondit il en parlant à voix basse comme pour ne pas être entendu des curieux qui laissaient sans doute traîner une oreille du côté de ce nouveau couple sur la piste de danse. Cependant il se trouvait qu’il n’avait pas grand chose à faire de la distance réglementaire à observer avec sa cavalière ou de ce qu’on pouvait et ne pouvait pas dire en public. Il n’avait pas eu l’occasion d’avoir un peu d’intimité avec la jolie rousse depuis un temps bien trop long à son goût, et comme si ça n’avait pas été suffisant, il avait fallu qu’il aille s’enticher de Charlie Watson-Brown... Cette fin de soirée l’avait laissé sur sa faim. Il était rentré chez lui hagard, profondément perturbé par toute cette scène irréaliste. Sans compter la culpabilité. Il n’était pas ivre ce soir là, mais ses souvenirs étaient brouillés comme s’il refusait d’admettre que quelque chose s’était passé ou plutôt aurait pu se produire. Il se souvenait l’avoir embrassée. Plusieurs fois. Il se souvenait s’être plongé dans l’eau glacée pour essayer de se calmer. Et il se souvenait de sa peau ferme qui cédait sous ses doigts et du tissu mouillé qui collait à son corps chétif. Comment pouvait-il penser à cette fille alors qu’il était à deux doigts d’embrasser Lexie ? Certes elle était sa meilleure amie en ville, mais de là à penser à une autre quand il était lui-même venu faire le premier pas... Le virus volage de Will était dans l’air. Pas de doute. Le jeune homme se réprimanda mentalement en chassant la jolie brune de son esprit et posa son nez contre celui de la rouquine en maintenant cette distance subtile entre leurs lèvres. Il avait envie de l’embrasser. Il en avait même très envie. En fait, il avait envie d’elle. Souriant à sa remarque, il brisa la tension en frôlant ses lèvres dans un baiser si léger qu’il serait sans doute passé inaperçu si les regards indiscrets ne pesaient pas déjà sur eux. La situation l’amusait d’autant plus qu’il sentait ces œillades en coin et entendait presque les cervicales des mégères de Lima craquer à force d’essayer de voir ce qu’il faisait là au milieu de la piste à se balancer doucement sur le rythme de la chanson qu’il n’écoutait pas le moins du monde. Sans doute un relent de cette fameuse crise d’adolescence que la tante Josette lui avait attribuée alors qu’il s’approchait dangereusement de la trentaine, au désir de plus en plus affirmé qu’il ressentait se mêlait l’excitation de faire quelque chose de répréhensible. «Oui enfin... Tout dépend de quoi on parle. Chaton.» Ses doigts se resserrent sur le tissu de la robe pailletée juste au dessus de la courbe de ses fesses alors qu’il réduisait encore un peu plus la distance entre eux pour la sentir contre lui. Le choc du mariage était à des années lumières. Le choc Lexie Preston n’avait jamais été aussi insoutenable.

Il avait besoin d’air. Maintenant. Le souffle tiède de Lexie sur sa peau était aussi apaisant qu’incendiaire. Sa poitrine se soulevait à un rythme régulier, elle n’était sans doute pas dans le même état que lui, mais il était loin d’être aveugle et n’allait pas manquer la perche qui venait de lui être tendue. Écartant enfin son visage de celui de la jeune femme, il haussa un sourcil en baissant le regard sur cette robe délibérément courte qui dévoilait l’étendue de ces jambes infinies dont il n’avait jamais assez. Elle savait ce qu’il aimait, connaissait ses points faibles. Elle aurait pu le mener par le bout du nez s’il n’avait pas été autre chose que le médecin arrogant qui l’avait draguée en toute impunité à la galerie. Lui qui était si méfiant à l’égard des femmes qui pouvaient en vouloir à son argent en le considérant comme le bon parti de base, il n’avait aucun appréhension lorsqu’il était avec elle. Il ne ressentait pas les affres de la jalousie, de l’amour, de la peur. Il ne s’agissait que de plaisir. Cette relation était précieuse parce qu’elle ne lui apportait que du bien. Laissant sa main gauche glisser dangereusement plus bas sur ses reins, il posa doucement l’autre sur sa joue pour la caresser avant de caresser ses cheveux savamment arrangés. «En fait, je crois que j’ai besoin de me rafraîchir la mémoire. On ne voyait pas grand chose, ça remonte déjà à longtemps. Avec tous ces événements j’ai été très perturbé, un vrai choc, j’avais l’esprit ailleurs.» Lâchant enfin son étreinte en cessant d’onduler vaguement en rythme, il prit sa main doucement. «Tu sais à quel point je suis tatillon sur les détails...» L’attirant d’un pas vers lui alors qu’il semblait enfin avoir réussi à se détacher d’elle, Wyatt aurait aimé l’enlever de la piste de danse immédiatement en évitant tous les invités connus et la déshabiller. Il aurait vraiment adoré ça... «Mais il faut faire honneur à la piste de danse, pas vrai ? J'ai cru voir que tu avais encore enrichi tes chorégraphies d'un pas ou deux tout à l’heu... Tout à l'heure mmh... Il y a un instant.» sa voix était plus insistante, sans lâcher sa main il était clair qu'il parlait dans l’espoir d’ébranler la décision de la jeune femme de remettre à plus tard le moment qu'on lui refusait depuis plus d'une semaine.
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Lun 26 Mar - 18:18

Leurs lèvres séparées par un minuscule intervalle, qui en venaient même à s'effleurer par instant. Leurs corps tout aussi proches et vibrants d'émotions. Son smoking parfait, sa jupe affriolante. Leurs sourires en coin, leurs messes basses. Tout était réuni, tout était parfait. Si ce n'était qu'ils étaient en plein milieu de la piste de danse du mariage le plus fastueux mais aussi le plus chaste de tous les temps. Enfin chaste... Disons respectable. Et encore, c'était sans compter le regard de rapaces des mégères de Lima que Lexie pouvait sentir sur eux. Elle était certaine que Wyatt savait qu'ils étaient étroitement surveillé lui aussi et cela ne devait que redoubler ses gestes d'affection et la douceur, non sans fermeté, de ses mains contre elle. Il saisissait sa hanche, pour l'attirer un peu plus contre lui, tandis qu'ils s'efforçaient de se balancer à peu près convenablement au rythme de la musique. Par chance, c'était la séquence des slows, ils n'avaient pas à se lancer dans un rock endiablé pour donner le change. La rouquine perdait un peu le fil de ses pensées, absorbée par la contemplation des yeux, des lèvres, des cheveux, bef du beau gynécologue dans son ensemble. Qui d'ailleurs n'était apparemment pas insensible à ses courbes délicatement mises en avant et les kilomètres de jambes qu'elle dévoilait à l'assistance. Mise à nue qui lui avait valu un commentaire désapprobateur d'une vieille dame respectable. Auquel l'intéressée avait répondu qu'avant de finir usée et fripée, il fallait bien que jeunesse se passe. Et la petite Preston comptait bien profiter de la vigueur de ses jeunes années ce soir...

Le petit surnom que lui avait glissé Wyatt finit par atteindre son cerveau, alors qu'elle avait été jusque là plus concernée par ses mains sur sa chute de reins. Elle lui sourit délicatement, comprenant les implicites de sa réponse. L'heure des discussions était passée, ils n'avaient que trop inutilement bavardé avec une foule de gens. La rousse retint un léger soupir en sentant la prise du jeune homme se raffermir sur le bas de son dos et se faire plus aventureuse. Elle enroula ses bras autour de sa nuque, sentant son souffle jusqu'ici tranquille s'accélérer légèrement. Il prit le temps de s'écarter un peu d'elle et de la contempler, appréciant visiblement l'effort de présentation qu'elle avait fourni. Enfin, il appréciait surtout la surface de tissu inversement proportionnelle à la surface de peau découverte. La longiligne rousse avait ôté sa veste un peu plus tôt dans la soirée et ses grands bras nus frissonnait tout de même légèrement, du fait de sa proximité avec le charmant docteur. Ce ne pouvait être légal d'être aussi enjôleur, Lexie était quasiment certaine qu'un des regards taquins ou un des sourires séducteurs du jeune Pillsbury étaient des moyens de chantage, par la même interdits par la loi. Et cette main dangereusement baladeuse était à proscrire dans un lieu aussi public, mais Lexie se garda bien de faire le moindre commentaire, souriant avec une mine un peu bravache et tâchant de l'écouter se plaindre du temps écoulé entre l'envoi de la photographie de mauvaise qualité et cette danse trop sage. Un message subliminal à faire passer peut-être?

Il s'immobilisa sur la piste, manquant de peu une collision avec un autre couple qui déambulait sur la piste. Lex fut un instant distraite par la différence de taille spectaculaire entre les deux autres invités, la fille frôlant le mètre quatre vingt-dix au bas mot et le garçon bien plus petit que la jeune Preston. Mais elle oublia l'étrange association et préféra se perdre dans la contemplation des yeux pétillants de son cavalier. Faire honneur à la piste de danse, hum soit. C'était mesquin et très petit de faire une telle mise en scène, de lui offre un avant-goût si délicieux pour finalement lui dire qu'il fallait qu'elle continue à se donner bravement en spectacle sous le regard approbateur - ou non d'ailleurs – de la clique rousse dans l'assemblée. Bien entendu, la petite anglaise voyait clair dans son manège, mais cela ne le rendait que plus vil. Jouer ainsi sur les désirs d'une femme et les tentations, c'était très bas. La rouquine esquissa donc un sourire en coin et s'approcha à pas menus du jeune homme, avant de s'emparer de son autre main. Elle leva la tête vers lui, pour déposer un baiser furtif sur ses lèvres. Elle s'attarda une seconde supplémentaire sur sa joue, puis planta une dernière bise dans le creux de son cou. Finalement, la jeune femme lui glissa à l'oreille « Justement, j'estime avoir déjà bien rempli mes devoirs question danse. J'aimerais plutôt me... rafraîchir et prendre un peu l'air avant qu'on ne serve le gâteau et que nous soyons tous enfermés ici pendant encore deux heures. »

Elle se détacha ensuite de son cavalier, reprenant la danse un peu plus enlevée, l'air de rien, tournoyant sous le bras du jeune homme. La britannique passa alors sa main libre dans sa chevelure de feu, qu'elle secoua ensuite pour les remettre en place. Elle ne put retenir un rire léger en voyant la mine de Wyatt, qui ne tarderait bien sûr pas à se ressaisir. Mais avoir réussi à le déstabiliser une seconde provoquait chez Lexie un plaisir simple. Après tout, il avait tellement l'habitude de tenir les rênes, d'avoir le contrôle, de part sa position sociale d'abord et ses talents de tombeur ensuite, il fallait bien que quelqu'un joue avec lui plutôt qu'à cause de lui de temps en temps. Mais la londonienne n'eut pas le loisir de rire et de profiter de sa micro victoire plus longtemps, voyant une grosse silhouette rousse s'approcher d'eux. Elle reconnaissait la tante de Wyatt, une certaine Josette et malgré son pas de pachyderme, elle serait sur eux en un rien de temps. Lex s'empara donc de la main de son cavalier et sans plus réfléchir, les entraîna dans la foule compact entre la piste de danse et le buffet. Elle mena la marche en zigzaguant savamment, évitant, contournant, fuyant tout ce qui ressemblait à un rouquin ou une tête connue mais Josette ne se laissa pas démonter et s'immobilisa à quelques mètres d'eux en criant et en faisant de grands gestes. Lexie s'arrêta, un instant à l'abri derrière un bonhomme taillé comme une armoire à glace, puis se tourna vers le jeune homme, un tantinet essoufflée « Hum, je proposerai bien de feindre l'évanouissement pour s'échapper, mais Cat a un peu ruiné cette excuse pour la soirée. » C'était sa tante après tout, à lui de trouver une idée de génie. Et de préférence autre que la résignation tranquille.
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Mar 27 Mar - 19:25

Il aurait ce qu’il voulait. Une étincelle passa dans les yeux de Lexie et il savait qu’il n’avait plus qu’à l’enlever de la piste. Le tout était de le faire le plus discrètement possible pour ne pas prendre le risque d’être interrompu au cours de la manœuvre. Cette fois-ci il n’avait pas été particulièrement subtil dans ses propositions, et il savait parfaitement qu’en se dérobant au dernier moment il ne ferait qu’attiser la flamme au creux de ses pupilles noir de jais. Manquant de se faire renverser par un couple dépareillé qui avait de toute évidence envie de danser plus vite que la musique sans prendre garde au reste de l’assemblée, il desserra son étreinte sur Lexie en s’efforçant de ne pas trop s’éloigner, de peur de se retrouver à nouveau aspiré par une quelconque armée de cousins ou pire encore. Cette fois-ci, il était tout simplement hors de question de laisser quoi que ce soit ou qui que ce soit se poser en travers de sa route. Depuis une semaine il ne faisait qu’enchaîner les moments de frustration : les rendez-vous manqués, les patientes irritantes, les vierges allumeuses et les demoiselles en détresse. C’était beaucoup trop pour le gynécologue qui n’avait pas pour habitude d’attendre sagement qu’on soit disposé à l’inviter dans son lit en se tournant les pouces devant sa télé. Certains attachaient la plus grande importance à l’attente, au désir tranquille et à ce que certains osaient appeler les délices de l’attente. Pas lui. Même la soirée improvisée avec son camarade de chorale au cabaret n’avait pas réussi à lui remonter le moral, bien que la compagnie ait été des plus charmantes. La routine de la solitude était en train de s’installer au moment même où il avait le plus besoin de s’abandonner quelques heures à autre chose qu’à ses pensées noires sur l’avenir d’Emma. Ce mariage auquel il s’était traîné pour le bien de sa sœur n’était qu’une punition de plus sur son chemin de croix. Et Lexie était la seule lueur d’espoir qui lui restait, brillant de mille feux dans sa petite robe au milieu de la piste. Il dévora un instant de plus la rousse déconcentrée par les danseurs kamikazes en se mordant le coin des lèvres. Maintenant que le clan l’avait vue, nul doute qu’il aurait droit à de longs et ennuyeux laïus sur le mariage et l’importance d’avoir des enfants roux pour permettre la subsistance de la race. L’idée seule suffisait à lui coller la chair de poule. De toute façon, pour leur plus grand malheur, Lexie n’était pas le genre de fille que l’on épouse. Parce qu’elle n’aurait jamais compris ce genre de demande. Parce que ça ne lui serait jamais venu à l’idée. Parce qu’Anna en ferait une maladie. Et aussi parce qu’il n’avait pas envie de donner ce genre de satisfaction à ses parents. Ils avaient beau être magnanimes avec Emma et William ce jour-là, il n’en restaient pas moins insupportables avec lui, l’héritier mâle, capable de prolonger l’arbre généalogique Pillsbury en faisant de beaux bébés roux couverts de tâches de rousseur qui domineraient un jour le monde. Tiré de ses pensées par un baiser de Lexie suivi de deux autres qui ne firent qu’attiser un peu plus le désir déjà vif qu’il ressentait, le jeune homme la fixa un instant surpris par cet assaut.

Il devait agir. Vite. Précis. Efficace. Souriant largement en voyant sa cavalière esquisser quelques pas devant lui, il scruta l’horizon à la recherche de la sortie. Sur son visage se lisaient l’impatience et l’envie sans le moindre doute possible. Il s’y était attendu, mais la rouquine semblait tout de même particulièrement fière de son effet déstabilisant, et après avoir gardé le silence une seconde, le médecin pressa ses lèvres charnues dans une moue feignant la bouderie pour avoir été privé de ses baisers si vite. «Je crois que je connais l’endroit idéal pour prendre une petite pause avant de s’attaquer à la crème du gâteau.» dit-il d'un air mystérieux pour attiser la curiosité de la jeune femme tout en ne trahissant pas son attente. La salle d’essayage des demoiselles d’honneur allait vraiment être le théâtre de tous les rebondissements du jour. C’était le premier lieu qui lui était apparu. Outre la serrure sur la porte, il savait presque à coup sûr que personne ne viendrait les y trouver maintenant que ces dames étaient vêtues et occupées, et que l’endroit était confortablement installé. Sans compter qu’ils seraient à l’écart des allers et venues. L’endroit parfait pour ce cinq à sept improvisé. Sa gorge se serra un instant sous le coup de l’excitation, mais il n’eut pas le temps d’attraper sa cavalière par la main qu’il se retrouvait emporté à travers la salle de plus en plus bondée. «Quoi ? Mais Lex’ qu’est-ce qui se...» Jetant un rapide coup d’œil par dessus son épaule pour chercher à identifier ce qu’elle essayait de fuir, il comprit vite en croisant le regard décidé de sa très chère tante qui avait l’air de déplacer des montagnes pour les rejoindre. Écarquillant des yeux horrifiés par ce spectacle, il savait que rien ne pourrait l’empêcher de les rejoindre et qu’il allait falloir trouver un moyen de se débarrasser d’elle le plus vite possible avant que Lexie ne change d’avis. Fronçant les sourcils à la remarque de la jeune femme, il passa outre la référence à la demoiselle d’honneur qu’il avait quittée en mauvais termes dans cette même salle qui représentait maintenant la libération. Gardant fermement sa prise sur la main de sa cavalière, il la traîna hors de sa cachette avec un clin d’œil confiant dissimulant son embarras. «Tante Josie... Tu me cherchais ? Je suis désolé nous ne t’avions pas vu...» Mêlant ses doigts à ceux de Lexie en levant le menton d’un air hautain, il avait sorti sa voix la plus arrogante qu’il réservait d’ordinaire à ses patientes les plus collantes pour lui signifier qu'elle était clairement de trop. La vieille femme maugréa quelque chose qu’il ne parvint pas à comprendre entre deux expirations lourdes qui marquaient l’épuisement qu’avait entraîné cette course poursuite d’au moins dix mètres. Ne la laissant pas reprendre son souffle pour exprimer ses doléances, le jeune homme enchaîna pour lui couper le sifflet. «Je suis vraiment navré mais il se trouve que cette jeune femme a besoin de mon aide, tu vois ? C’est vraiment urgent et nous ne voulons rater le dessert sous aucun prétexte. Et puis ce n’est pas correct de faire attendre une dame, c’est même toi qui me l’as appris. Je suis sûr qu’oncle Robert te tiendra compagnie jusqu’à tout à l’heure.» Souriant de toutes ses dents en hochant la tête de manière idiote, il profita de la faiblesse de sa tante pour s’éclipser à la vitesse de la lumière en s’échappant hors de la cohorte nuptiale. «Je ne sais pas combien de temps elle va agoniser alors autant en profiter.» Entraînant Lexie à sa suite sans détacher ses doigts des siens, il avait à présent pour objectif de rejoindre les escaliers au plus vite et de disparaître sans laisser de trace.

Sans considération pour la hauteur des talons de la jeune femme, il marchait à très grandes enjambées pour réduire à la portion congrue le temps qu’il devrait passer encore dans cette salle regorgeant d’ennemis. Plus que trois pas et il serait dans le couloir. Plus que deux et il pourrait la plaquer contre le mur. Plus qu’un et il pourrait l’embrasser sans avoir à penser à ce que les autres en penseraient ou à sa nièce quelque part dans cet amas de roux hystériques. Passant enfin l’angle droit qui séparait le couloir de l’annexe et la salle, il plaqua le dos contre le mur en tirant Lexie à lui avec fermeté. Un bras attaché à ses hanches, ne lâchant pas sa main, il pressa ses lèvres contre les siennes avec une passion qui confinait à la violence. Plus les obstacles s’accumulaient, plus il avait envie d’elle. Elle avait un parfum d’interdit qui la rendait encore plus délicieuse qu’elle ne l’était déjà et il ne pouvait plus attendre de monter les quelques marches pour goûter à sa peau. La poussant alors contre la paroi opposée en quittant ses lèvres pour embrasser son cou, il saisit tendrement le haut de son trapèze entre ses dents. L’immobilisant tout à fait en gardant sa main haute et collée au mur, il soupira doucement au creux de sa clavicule en faisant glisser sa main libre sur les mailles de ses bas pour en chercher la limite. Tout entier absorbé par ce corps qu’il ne se lassait pas de découvrir, un raclement de gorge dans son dos l’immobilisa net. Nullement honteux, il sentait la colère monter en lui et s’apprêtait à prendre le trouble-fête à partie en lâchant Lexie et se redressant pour faire demi-tour. «Est-ce que ça te plaît de jouer les voy... Oh.» Ce visage là ne lui était pas inconnu. Et si sa mémoire était exact, c’était un des pensionnaires. Mauvaise nouvelle.
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Sam 31 Mar - 16:22

En sentant la main de Wyatt se resserrer fermement sur la sienne et l'entraîner à découvert, la rouquine se demanda s'il n'était pas en train de signer leur fin à tous. Foncer droit entre les mains boudinées et abondantes de bijoux clinquants de sa tante obèse paraissait plus que risqué. La petite Preston ne l'avait que peu côtoyer, mais elle était visiblement de la branche de la famille encline au bavardage intempestif qui pouvait rivaliser avec le sien. Mais se jeter dans la gueule du loup peut être un moyen comme un autre d'en réchapper, ce même si Lexie était plus encline à fuir loin et très vite plutôt que d'affronter les choses en face, que ce soit une tante aux allures de baleine ou des choix de vie un rien plus importants. Elle fit néanmoins bonne figure, laissant la parole à son séducteur d'ami et souriant avec une feinte timidité. C'était sa famille, ses ennuis, il avait passé sa vie à les éviter et nul doute qu'il avait une technique au point... si? Il prit un ton arrogant pour expédier la tata Josie, encore à bout de souffle et au bord de l'agonie, tremblant et inspirant, incapable de parler. Lex se demanda un instant si l'abandonner à une crise d'apoplexie certaine ne serait pas taxé de non assistance à personne en danger, mais elle n'eut pas le loisir d'interroger ses principes moraux plus longtemps. Wyatt continua à parler à une vitesse qui avait même de quoi impressionner l'inépuisable britannique et envoya gentiment - ou non d'ailleurs - sa tante Josette sur les roses. Un certain Robert s'occuperait apparemment très bien d'elle. C'était à se demander si les Pillsbury étaient unis, non seulement par leur désir de perpétuer le gêne roux, mais aussi par une affection certaine pour les prénoms ridiculement désuets. Elle continua toutefois à présenter un visage contrit, car c'était de sa faute si une affaire des plus urgentes arrachait le fils chéri aux siens. Une affaire vraiment très urgente. Elle fit un dernier sourire d'excuse à la bonne femme, puis serra la main de Wyatt avec énergie et ils s'éloignèrent en longues foulées. Leur pas pressés trahissaient sans doute leurs intentions aux yeux les plus aguerris, mais il n'y avait pas grand monde pour leur prêter attention. Pensez donc, c'était le mariage de l'année ! Avec une demoiselle d'honneur sujette à l'évanouissement et une autre haute comme trois pommes et comptant parmi les choses les plus adorables jamais conçues dans cet univers.

Les deux jeunes gens purent donc s'éclipser à vive allure, Lexie bénissant sa pratique quotidienne de la course effrénée sur talons de douze et ses grandes jambes, qui lui permettaient de suivre le rythme imposé par le médecin. Enfin, le tournant décisif qui les arrachaient à la vue de quiconque dans la salle de réception arriva, ils le passèrent et quasiment instantanément, la jolie rousse se sentit happée par les bras de son cavalier. Elle n'était pas certaine que ce soit vraiment le lieu idéal, mais l'attente et les entraves n'avaient fait qu'attiser leur flamme et elle répondit avec ardeur à l'étreinte du beau jeune homme. Ils auraient le loisir de découvrir le fameux lieu idéal dont il avait parlé plus tard. Dans l'immédiat, la londonienne n'était absolument pas en mesure de penser à quoique ce soit. Ses mains s'agrippèrent à la nuque de Wyatt, tandis qu'elle était entraînée contre le mur d'en face. Sa main fut emprisonnée entre la paroi et celle du charmant gynécologue, tandis qu'il embrassait le creux de son cou, lui arrachant quelques soupirs. Sa main s'aventura sur l'attache de son porte-jarretelles et sa jambe se redressa pour venir s'enrouler près de la hanche du jeune homme. Elle se pencha vers lui pour l'embrasser encore et profiter de ce moment qu'ils avaient longtemps attendu, quand un bruit de pas et un toussotement se firent entendre. L'interruption fit l'effet d'une douche froide à la galeriste, qui prit une posture soudainement droite et raide, en complète contradiction avec l'épanouissement qui l'animait quelques secondes plus tôt. Elle priait intérieurement pour ne pas avoir à affronter le regard moralisateur de la tante Josette et dû faire un effort pour ne pas éclater de rire face à l'aplomb de son cavalier.

Mais toute hilarité fut bien vite gommée quand Wyatt se dégagea doucement et qu'elle pu voir les traits du nouvel arrivant. Joachim Jones. Par tous les saints. Pendant une seconde, Lexie se surprit à prier pour qu'un tremblement de terre agite brusquement l'Ohio ou pour qu'une météorite s'abatte sur Lima. Mais comme ce scénario n'était guère probable, elle prit le parti de l'optimisme. Au moins, ce n'était pas Anna. Ce cas de figure eut été terrifiant en effet. Le silence s'abattit, Wyatt n'était ce coup ci pas vraiment en posture de leur sauver la mise. Et JJ n'avait évidemment rien de mieux à faire que de se tenir là et de les regarder avec un sourire sardonique. Quel vil personnage, vraiment. Lexie imita son sourire et s'adossa au mur en croisant les bras « Un problème sweetie? » Pas de réponse. « C'est bien ce qui me semblait. On va te laisser nous, on a quelques petites choses à faire. » Elle empoigna Wyatt par le coude et prit la direction opposée à celle de Joachim et s'empressa de filer, tout droit. La rouquine se retourna cependant après quelques pas et ajouta à l'intention de son meilleur ami « Ah et si tu avais la moindre intention de parler de cette petite scène à qui que ce soit, par exemple ma chère soeur, je tiens à te faire savoir que j'ai gardé le numéro de Sarah et qu'on s'entend trèèès bien. Et crois-moi, tu ne tiens pas à te souvenir de qui est Sarah. » Un bref sourire étincelant et elle était de nouveau en marche « A tout à l'heure honey ! »

Une fois hors de portée de son meilleur ami, Lex ne put s'empêcher d'éclater de rire, tant la situation était incongrue. De la flopée d'invités à ce mariage, il avait fallu qu'ils croisent JJ, précisément à ce moment là. Aujourd'hui, le karma n'était clairement pas avec eux. Et ils auraient dû jouer au loto, vu la chance qu'ils avaient question relations. Espiègle, la demoiselle se dressa de nouveau vers Wyatt pour déposer un baiser bref mais pressant sur ses lèvres. « Bien, ça me semble être un bon moment pour révéler ta cachette secrète lapin. » Ils pouvaient visiblement user d'un peu d'intimité... Sans rouquins et sans londonien pince sans rire.
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Dim 1 Avr - 15:58

Si la jeune femme ne s’était pas tout à coup raidie dans ses bras, Wyatt aurait probablement totalement ignoré leur visiteur qui n’avait absolument pas à traîner dans le secteur. Les escaliers menant à l’étage étaient censés être réservés à la famille proche, aux témoins et au service, lesquels étaient censés être passablement occupés dans la salle de bal. Son plan était sans faille et pourtant il avait fallu que ce grand échalas leur tombe dessus. Ce n’était pas l’envie qui manquait au gynécologue de l’envoyer paître comme s’il avait été un vulgaire inconnu, seulement il était déjà suffisamment mal vu à la Pension pour jeter de l’huile sur le feu. En un sens, il était bien heureux que ce soit lui plutôt que la sœur aînée de la jolie rousse. À coup sûr, cette dernière ne s’en serait certainement pas tenue à un vague raclement de gorge dans son dos. Cette pensée suffit à provoquer un grand frisson le long de son échine. Ce n’était pas qu’il avait peur de la photographe, mais s’il pouvait s’éviter une longue séance de morale qui se solderait par l’enlèvement de Lexie loin de ce qu’elle aimait qualifier sans humour de “ses sales pattes”, il ne se ferait pas prier. Après une seconde de flottement, Lexie finit par sortir de sa torpeur momentanée pour venir à son secours dans l’échange de regards lourds de sous-entendus et particulièrement inconfortable qu’il se trouvait contraint de tenir avec ledit colocataire. Lexie était parfaite, si ce n’était sa maison de fous dans laquelle elle organisait toutes les fêtes possibles et imaginables. Il régnait dans cette bâtisse une ambiance toute particulière à laquelle il préférait en général ne pas se confronter. Sans compter que chaque fois qu’il en passait la porte, une catastrophe se produisait. Vaisselle cassée, blonde qui vomit dans le couloir, copine de fac ivre en mal de découvertes... Et voilà qu’il se surprenait à nouveau à penser à cette petite brune qu’il avait rencontrée une seconde fois à la Pension et avec laquelle il était reparti sous le bras... Fort heureusement, la voix clinquante de Lexie l’arracha à ses pensées. Visiblement, elle avait autant de ressource que lui quand il s’agissait d’envoyer leur empêcheurs de tourner en rond sur les roses. Tournant la tête vers elle, il ne put réprimer un sourire en la voyant s’appuyer contre le mur, bras croisés sous sa poitrine en parfaite chef de gang. Comment réussissait-elle à changer si vite d’humeur alors que lui-même avait toujours en travers de la gorge l’interruption grossière dont ils avaient été victime ? Les mystères de Lexie Preston, sans doute un héritage d’un quelconque cours d’improvisation dans son académie royale ou new yorkaise... Jamais il ne lui avait été aussi reconnaissant de savoir simuler. Regardant tour à tour les deux membres de ce duo d’anglais presque comique qui se toisait sans oser se répondre, l’impatience commençait à nouveau à se faire sentir. Ils n’allaient tout de même pas passer la nuit à se regarder en chiens de faïence pour voir qui des deux craquerait en premier. Une chance, Lexie eut l’air de se souvenir qu’ils avaient autre chose au programme et l’agrippa par le bras pour l’entraîner plus loin avec une dernière remarque qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à du chantage.

Ils s’enfonçaient un peu plus dans le couloir sombre où seule la lumière de la sortie de secours clairait et quand ils furent certains de s’être débarrassé du colocataire dont le nom ne semblait pas vouloir lui revenir, la jeune femme partit d’un éclat de rire sonore qui fit presque sursauter Wyatt. La regardant un peu surpris, il finit par rire à son tour, se laissant tomber contre la paroi du mur, appuyant sa tête contre le mur en lâchant le bras de Lexie. Le destin semblait se liguer contre eux, mais s’il fallait y voir un signe d’abstinence pour la soirée, le médecin était bien déterminé à fermer les yeux sur les signaux envoyés par ce dieu pervers qui lui en faisait baver ces temps-ci. Il aurait Lexie Preston rien que pour lui ce soir-là, quoi qu’il lui en coûte. Cessant de rire, il rouvrit les yeux pour les poser sur la galeriste et son regard espiègle. Ses lèvres sur les siennes si vite retirées aiguisèrent à nouveau ses sens momentanément endormis par ces rebondissements inattendus. «Tu n’as pas d’autre invité surprise ? On pourrait l’inviter à se joindre à nous ! Au point où on en est...» commenta-t-il d’un air mesquin avant de la reprendre dans ses bras en souriant pour forcer un baiser plus long que la maigre récompense à laquelle il avait eu droit. Se séparant d’elle, il repassa ses doigts entre les siens pour entamer la montée des marches les menant enfin à la salle qui promettait un peu plus d’intimité et de quiétude. La faisant passer devant lui, il attrapa ses hanches pour la pousser à accélérer en chatouillant ses flancs qu’il savait sensibles. Arrivé au bout de la volée assez longue, il s’immobilisa un instant dans le couloir pour tâcher de retrouver la bonne porte. Dans l’obscurité il avait du mal à reconnaître les angles et les panneaux avaient déjà été enlevés, ne laissant plus que la chance pour guider ses pas. «Beaucoup trop de zèle dans cet établissement, s’ils l’ont fermée, je te jure que je te déshabille dans le couloir.» Faisant quelques pas à gauche, il se ravisa et opéra un demi-tour net qui manqua de déséquilibrer la jeune femme. De justesse il referma les doigts sur son bras pour s’assurer qu’elle ne tomberait pas. «Eh là, pas question de finir allongée dans le passage, on pourrait nous suspecter d’activités louches.» Il se rapprocha d’un pas en l’attirant à lui. «Et ce n’est pas notre genre du tout pas vrai ?» Embrassant à nouveau sa bouche dont il ne se lassait pas, il continuait à marcher droit devant lui, lui faisant opérer une marche arrière périlleuse jusqu’à une porte qui ressemblait à toutes les autres. «Avec un peu de chance, c’est celle-là.» Il s’apprêtait à poser la main sur la poignée lorsque la lumière s’alluma d’un coup dans tout le couloir, aveuglant une seconde le gynécologue qui se redressa pour voir d’où venait ce nouveau rebondissement. «Qui va là ?» aboya une voix assez peu amicale à l’autre bout de l’allée couverte d’une moquette bleue passablement usée. «Bon sang mais...» siffla le jeune homme entre ses dents en ôtant ses mains de la poignée et de la poitrine de Lexie. «Je suis le frère de la mariée. J’ai oublié quelque chose dans le vestiaire des demoiselles d’honneur tout à l’heure et j’en ai besoin. Un problème ?» mentit-il avec aplomb en découvrant le visage bovin du vigile. Il n’avait pas l’air particulièrement conciliant et l’attaque frontale n’avait peut-être pas été le meilleur choix pour l’amadouer à en croire son monosourcil froncé. Tournant le regard vers Lexie, ses yeux verts la suppliaient littéralement de trouver une solution au problème avant qu’il ne décide de pousser cette barrique dans les escaliers.
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Sam 7 Avr - 3:29

La remarque sarcastique du jeune homme tira un sourire à Lexie. Elle l'imaginait bien proposer un plan à trois à la prochaine personne qui croiserait leur route tiens. Enfin, avec un peu de chance, ils parviendraient peut-être à se retrouver au calme, derrière une porte close, avant qu'une tiers personne ne barre de nouveau leur chemin. Sinon, c'était que le sort s'acharnait contre eux avec un entêtement qui signifiait probablement quelque chose. Mais la jeune Preston n'était pas spécialement d'humeur à voir des signes du destin dans les obstacles sur leur route. En vérité, les bras de Wyatt autour d'elle et leurs baisers furtifs, l'urgence de la situation et précisément sa difficulté apparemment grandissant, ne faisait qu'attiser la flamme qui l'animait depuis quelque temps déjà. Son compagnon lui avait manqué ces derniers temps, leurs étreintes, leurs rires... Bien entendu, un désir certain l'habitait et elle n'avait nullement envie de le contenir, mais c'était aussi son ami qu'elle aimait voir quand ils se retrouvaient. « En voilà une idée ! » rétorqua-t-elle en ricanant, laissant ses mains s'attardaient dans la chevelure du gynécologue alors qu'il l'étreignait une nouvelle fois.

Elle sentit ensuite sa main se glisser dans la sienne et leur course folle reprit, pour cette fois mener quelque part, du moins l'espérait-elle. Voilà qu'ils grimpaient une volée d'escaliers étroits, s'enfonçant dans la pénombre. Lexie voulut ralentir le pas et suivre le médecin de loin, mais ce dernier lui fit prendre la tête de leur petit convoi, s'amusant à chatouiller ses côtes sensibles. Un petit cri s'échappa de ses lèvres et la rouquine grogna avec autant de discrétion possible, se retenant de pas jurer ou de faire de gestes brusques, plus proches de la ruade qu'autre chose en vérité. Elle détestait qu'on la chatouille, sur ce point la demoiselle était des plus intransigeantes. Et quand elle disait détester ça, elle le pensait véritablement, ça ne la faisait pas rire, ça ne l'amusait pas, elle ne se débattait pas pour plaisanter. C'était une torture des plus infâme qui méritait son propre article dans la Convention de Genève.

La londonienne s'éloigna donc de son cavalier, mais ne sachant absolument pas où elle allait et l'obscurité ambiante n'aidant pas, elle manqua de s'étaler de tout son long au milieu du couloir sombre. Il faut dire qu'être chatouillée, marchant dans le noir, avec une paire d'escarpins d'une hauteur assez vertigineuse, n'était pas la meilleure façon de conserver un semblant de sens de l'équilibre. Sans compter la dose de champagne et de cocktails qu'elle avait déjà ingurgité au détour de ses conversations avec les divers Pillsbury. Le charmant docteur la rattrapa néanmoins par le bras avant que la chute ne puisse survenir et en profita pour l'attirer contre lui et lui voler un nouveau baiser. Plus pressant, plus long, plus enfiévré. Sans s'éloigner l'un de l'autre, ils continuèrent leur périple hasardeux, vers cette fameuse pièce qu'il devenait de plus en plus nécessaire de trouver. Car Lex ne doutait pas de son cavalier quand il disait que sa patience était à bout et que ce couloir sombre pourrait tout à fait faire l'affaire si les choses continuaient à ne pas aller dans leur sens. Ce qui semblait d'ailleurs être le cas, puisqu'une lumière vive fut allumée et une voix sourde gronda un « Qui va là ? » menaçant. Dieux, qui utilise encore une expression aussi vieille école? Une bonne part de toute cette cérémonie semblait vraiment venir d'un autre temps, que ce soit les prénoms du clan des Ginger Supremacists, l'accoutrement des tantes et de certaines cousines de Wyatt, les goûts musicaux des Schuester ou bien le langage du personnel de sécurité. Sérieusement, la jeune Preston était-elle en train de tourner un remake de Chapon melon et bottes de cuir sans le savoir?

Le médecin tenta alors de jouer de son autorité naturelle et de ses liens avec la mariée pour justifier sa présence et, en voyant le regard plein d'espoir et d'appréhension qu'il lui lançait, Lexie vint le soutenir dans son mensonge plein d'aplomb « C'est la mariée qui nous envoie en fait. Elle se sent un peu fatiguée et elle nous a demandé d'aller chercher son inhalateur, au cas où vous comprenez. Ne vous en faites pas, on retrouvera notre chemin. » Elle insista bien sur l'importance de leur mission pour la mariée, sachant que dans l'imaginaire populaire, une femme qui se marie a soudainement tous les droits et peut se permettre n'importe quelle extravagance. La britannique avait pris soin de fournir une excuse un tantinet sérieuse et mettant en cause la conscience et la morale du gardien - après tout s'ils ne les laissaient pas venir en aide à la désormais asthmatique mariée, qui sait ce qui pouvait advenir ? - mais, elle aurait tout aussi bien pu dire qu'il lui fallait une culotte bleue. Le mot mariée rend généralement toute chose possible. L'agent de sécurité à l'allure de taureau empâté hocha la tête en grommelant vaguement puis fit marche arrière, tandis que Lexie abaissa la poignée de la porte avec fermeté. Elle se tourna vers Wyatt, s'empara de sa cravate avec un sourire taquin puis l'attira vers elle pour l'embrasser avec force. Cette fois rien ne pouvait plus les entraver. La jolie rousse défit la cravate de son cavalier, puis détacha sa belle veste de smoking, qu'elle laissa choir au sol sans grande considération.

Elle détacha finalement ses lèvres des siennes et lui sourit doucement, passant ses doigts fins sur les contours parfaits de sa mâchoire. Elle eut un léger soupir de satisfaction en voyant qu'ils étaient finalement en paix puis embrassa une nouvelle fois son cavalier, furtivement, avant se se diriger d'un pas de souris vers l'entrée, pour refermer la porte et allumer la lumière, assez faible. Lex s'appuya contre le battant avec un grand sourire triomphant puis prit enfin le temps de détailler la petite pièce dans laquelle ils avaient atterrit. Elle haussa un sourcil dubitatif en voyant des étagères, des cartons et une table, sous la pauvre ampoule nue qui pendait au plafond. Soudain, l'incompréhension de l'agent de sécurité apparaissait moins comme un excès de zèle. Qu'est-ce que la fameuse mariée serait venue faire dans cette espèce de débarras pour y laisser un inhalateur? Au bord d'un nouvel éclat de rire, la demoiselle se tourna vers Wyatt et commenta « C'est charmant comme endroit dis-moi... » Elle se moquait en vérité de l'aspect spartiate du lieu, mais elle ne pouvait s'empêcher de trouver toute cette situation bien ironique. Et assez frustrante. Un nouveau sourire en coin se dessina sur ses lèvres et elle ajouta « Mais au moins il y a un verrou. » Elle ferma donc la porte à clé, avant d'envoyer valser ses hautes chaussures et de s'avancer vers son cavalier, sans se défaire de sa mine réjouie. La rouquine commença à défaire quelques boutons de la chemise du jeune homme et lui susurra « Bien, où en étions-nous? »


Dernière édition par Lexie A. Preston le Ven 27 Avr - 3:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Jeu 12 Avr - 13:39

Wyatt n’avait jamais été particulièrement superstitieux, ou sensible aux coups du destin. Mais cette fois-ci, force était de constater que quelque chose avait décidé de se mettre en travers de sa route pour lui dire que ce n’était pas une bonne idée. Seulement, outre les intrus à répétition qui venaient les interrompre, il ne voyait pas bien ce qui aurait dû l’arrêter. Est-ce qu’il n’avait pas le droit de profiter pleinement de la compagnie de sa cavalière et prétendue petite-amie pour la soirée ? Est-ce que les mariages n’étaient pas précisément des lieux de rencontre privilégiés ? Est-ce qu’il causait du tort à quelqu’un en entraînant la jolie rousse dans les couloirs sombres de l’annexe de cette maudite salle des fêtes ? Non, vraiment, il ne voyait pas, et le coup de grâce asséné par ce gardien presque mythique tant il ressemblait à un bœuf n’avait fait qu’aviver ses nerfs. Par chance, Lexie prit le relai avec son aisance naturelle et ses capacités d’improvisation hors pair pour les tirer de ce mauvais pas. Il avait presque des scrupules à utiliser sa sœur de la sorte mais aux grands maux les grands remèdes, s’il fallait qu’Emma soit asthmatique et que cette maudite pièce soit le saint des saints abritant sa ventoline salvatrice pour qu’enfin il réussisse à retirer sa robe à Lexie Preston, eh bien soit. Elle n’en saurait jamais rien et tout le monde se porterait à merveille. Dévisageant tour à tour la jeune femme et l’homme qui braquait toujours ses petits yeux suspicieux sur eux, il commençait à trouver le temps vraiment long et aurait donné cher pour un verre. Mais voyant qu’enfin il semblait amorcer une retraite, il soupira de soulagement sans retenue et avant même d’avoir eu le temps de se retourner tout à fait, il fut happé par la jeune femme qui n’avait rien oublié de leur objectif premier et l’entraînait déjà vers ce qu’il pensait être les vestiaires de ces dames. Le combat était particulièrement inégal : elle n’avait rien d’autre à enlever que cette robe qui scintillait dans la lumière faible de la rue qui perçait par la fenêtre tandis qu’elle venait de lui ôter sans ménagement sa veste et sa cravate qui tombèrent sur le sol en silence entre deux baisers avides. Il passa ses doigts sur sa nuque, jouant avec les mèches lâches de ses cheveux doux, cherchant le crochet qui retenait sans doute l’encolure ronde tandis qu’il posait son autre main sur ses hanches. Le contact de sa peau et cette chaleur si familière réussissait à chasser de son esprit tous ses soucis du jour. Pour quelques instants qu’il pourrait passer en sa compagnie, il n’aurait pas à penser à Emma et à ce mariage qu’il avait été contraint d’accepter avec un sourire faux, ni à ses parents qui semblaient disposés à le traquer jusqu’à ce qu’il accepte de revenir à Mansfield pour épouser la première rousse qui passe et perpétuer la race. Elle était sa bouffée d’oxygène et ce n’était qu’haletant sous le désir plus pressant que jamais qu’il avait l’impression qu’enfin ses poumons se gonflaient de tout l’air qu’ils étaient capables d’accueillir. Mais elle se détacha de lui pour retourner à la porte, échappant à l’enveloppe de ses bras et le laissant seul au milieu de la pièce plongée dans la pénombre.

En regardant mieux, maintenant qu’on l’avait privé de ce qui occupait jusqu’alors toute son attention, ce n’était absolument pas l’endroit qu’il cherchait. À moins d’avoir transformé une jolie salle en débarras dans les quelques heures qui avaient suivi son départ précipité après l’accrochage avec Ecaterina. Constatant avec désarroi qu’ils n’auraient droit ni au fauteuil princier ni au chauffage aussi discret fut-il, il se retourna vers Lexie qui avait l’air tout aussi déçue que lui mais ne s’était pas départie de son sourire moqueur. «Effectivement... Je me suis dit que ça te plairait, tu sais, comme dans tous ces films romantico-romantiques pour lesquels je me suis dévoué au cinéma, la scène des jeunes mariés fraîchement emménagés, c’est tout à fait d’actualité non ?» répondit-il avec aplomb en posant une main sur sa hanche, les yeux levés sur la douille de l’ampoule et ses misérables fils apparents qui ne donnait qu’une lumière blafarde. Le mensonge n’était pas censé la duper et l’humour était le seul retranchement qu’il lui restait pour lutter contre ces coups du sort qui commençaient sérieusement à l’irriter. Inquiet de la tournure qu’allaient prendre les choses, même si une crise de la part de Lexie restait assez peu probable, voire tout à fait inouïe, il fut rassuré par le cliquetis de la serrure et le sourire de la jeune femme qui revenait vers lui. Ouvrant l’espace de ses bras pour l’enserrer à nouveau, il fit glisser ses deux mains dans le creux de ses reins en la regardant défaire les boutons de sa chemise. Pressant ses lèvres sur sa tempe, il inspira l’odeur de ses cheveux en fermant les yeux pour apaiser la tension qui avait envahi ses muscles. Cette fois il n’y aurait plus d’obstacle. Il la sentait contre lui pour de bon et il n’aurait plus à courir pour échapper à toute la clique des empêcheurs de tourner en rond. Elle était plus petite que lui sans ses vertigineux talons, et il lui attrapa le menton pour le relever vers lui et embrasser tendrement ses lèvres. «Quelque part par là il me semble.»

Venant enfouir son visage dans son cou pour trouver un peu plus de ce parfum entêtant dont il oubliait toujours le nom mais qui le fascinait, il pressa ses lèvres pleines contre la naissance de sa clavicule en défaisant enfin une à une les agrafes dans le dos de la robe pour passer ses doigts agiles entre la bretelle de son soutien-gorge et sa peau pour la faire tomber. Remontant son genou contre sa hanche en laissant sa main parcourir la peau nue au-delà de la jarretière, il la ramena un peu plus à lui. Le froid de l’hiver qui s’infiltrait par la fenêtre mal isolée dans cette pièce que personne ne visitait jamais à en juger par la poussière sur les étagères mordait sa peau déjà couverte de chair de poule par l’attente. Abandonnant finalement son dos après avoir défait ce qui restait des crochets de la robe, il la souleva en l’embrassant avec plus d’intensité, marchant de quelques pas pour venir s’appuyer contre la table bancale. Perdu entre ses jambes autour de lui, il n’entendit pas les coups discrets sur la porte qui se firent plus pressant. Détachant ses lèvres des siennes, il fronça les sourcils. «Attends, attends !» murmura-t-il en tendant davantage l’oreille. Il posa ses doigts contre sa bouche pour faire le silence, puis devant la trêve momentanée dans le couloir, sourit avec malice en replaçant sa main sur la courbe de ses fesses. Mais la satisfaction fut de courte durée alors que le bruit reprit à l’extérieur. «Wyatt ? Je sais que tu es là ! Ne fais pas le mort.» La voix était indéniablement masculine, et ressemblait cruellement à celle de son père. Sous le coup de la surprise, il manqua de lâcher Lexie qu’il retint de justesse en retenant un rire nerveux qu’il étouffa dans le creux de son épaule. Bien sûr qu’il allait faire le mort ! La porte était fermée de toute façon. Et comment l’avait-il trouvé de toute façon ? Est-ce qu’il lui avait injecté une puce GPS ou quelque chose du genre avant de le laisser prendre la route pour Lima ou bien est-ce que son radar à roux passait les murs ? Frôlant la peau mise à nue de la pointe de l’épaule de la jeune femme avec ses dents il ignora ce premier appel. «Il faut qu’on parle Wyatt, et je ne partirai pas d’ici avant que te ne me dises que tu rentres à Mansfield. J’ai croisé ta tante, elle était furieuse. Qu’est-ce que tu lui as dit encore ?» Levant les yeux au ciel en cessant à nouveau ses caresses, il s’assit franchement sur la table malgré son aspect précaire. Il n’allait tout de même pas continuer ses préliminaires avec son père à la porte, d’autant plus que ce dernier semblait déterminé à ne pas lever le camp. «Si c’est à cause des fiançailles, nous en avons discuté avec ta mère et vous n’êtes pas obligés de vous marier tout de suite. Tu pourrais apprendre à la connaître avant. Elle est moins... hm que ta cavalière mais tu pourrais quand même faire l’effort de la rencontrer.» Reposant Lexie au sol, le gynécologue enfouit son visage entre ses mains à bout de nerfs. Est-ce qu’il faisait semblant de ne pas savoir ce qui se passait de l’autre côté de la porte ou bien il préférait simplement l’ignorer pour profiter de la situation ? Relevant ses yeux verts vers la jeune femme il posa ses mains sur ses épaules pour relever les côtés de sa robe qui s’effondrait doucement. «Je suis désolé.» souffla-t-il «Encore.» La pointe d’amertume non dissimulée dans sa voix trahissait l’irritation infinie que lui causait cette énième interruption. «Si on se débarrasse de lui, dis-moi qu’on s’en va d’ici ? Parce que j’ai comme l’impression que les lieux publics ne sont pas pour nous, je ne sais pas ce que tu en dis toi mais le Titanic se porte comme un charme en comparaison.» ajouta-t-il en riant doucement en posant sa main sur sa joue pour la caresser avec son pouce.
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MessageSujet: Re: 02. Gingers flock together   Jeu 26 Avr - 2:03

Leur petite incartade coquine commençait à prendre de sérieuses allures shakespeariennes. Comme les amants maudits du Barde, des obstacles infiniment tragiques se dressaient sur la route d'une exquise nuit d'amour. Car après tout, c'était que voulaient Lexie et Wyatt et tout ce que Roméo et Juliette avaient réussi à obtenir. Non parce que, alouette, rossignol et chant du matin d'accord, mais la petite ellipse temporelle du dramaturge ne trompait personne. La gamine n'était pas morte si vierge que ça. D'ailleurs, l'histoire des deux rouquins était un tantinet moins tragique, n'incluant la mort de personne. Du moins pas encore. Parce que vu la chance qu'ils avaient ce soir, la londonienne en venait presque à penser qu'une vieille dame allait s'étouffer avec la pièce montée et que son beau docteur allait être dans l'obligation de prouver qu'il avait bien fréquenter les bancs de l'école de médecine. La jeune femme oublia néanmoins ses préoccupations de tragédienne et se laissa porter par des instincts et des plaisirs qui se rapprochaient plus de Wilde que de Shakespeare. Cette fois, ils pouvaient se laisser aller pleinement à leur hédonisme, profiter de leur glorieuse jeunesse et de leur semblant d'intimité, si chèrement acquis. Il faut dire que les baisers et les étreintes du charmant jeune homme en valaient heureusement la chandelle. Lexie rejeta la tête en arrière, s'abandonnant aux baisers des plus enflammés qu'il déposait dans son cou, sur ses lèvres. Elle soupira d'aise, s'accrochant à sa nuque, animée par l'ivresse du désir désormais sans entraves. Tandis que les mains expertes du garçon s'attelaient à défaire les quelques attaches de sa courte robe, la demoiselle s'activait pour le débarrasser de cette chemise, ravissante mais un peu encombrante au vu de leurs plans pour la soirée. Lex laissa ses mains courir sur le torse finement musclé de son amant, alors qu'elle sentait sa jambe soulevée et pressée contre lui. La main délicate qui s'aventurait du côté de sa jarretière la fit frissonner, bien plus que les perfides courants d'air qui se glissaient dans ce petit débarras, absolument pas fait pour se mettre à l'aise. La belle rousse se sentit soulevée de terre et retint un rire léger, enivrée par la félicité d'être enfin en paix. Plus de tante obèse, plus de meilleur ami moqueur, plus de gardien de sécurité digne d'un mauvais film d'horreur. Ce n'était pas le paradis et l'abus de champagne de la jeune femme l'aidait sans doute à apprécier la situation au dessus de sa valeur, mais après tout, il ne lui fallait rien de plus. Un peu d'aventures, ce cher Wyatt, une pièce tranquille et ils pouvaient recréer le septième ciel à leur manière. C'est le propre d'être jeunes, beaux et rusés, on ne se laisse démonter par rien. Surtout quand il s'agit de frôler l'extase, qui plus est dans un environnement désapprobateur et dans le cas présent, carrément hostile.

Lovée dans les bras du gynécologue, la petite anglaise se délectait enfin entièrement de leur bien dûment acquis quand il la somma au silence, plaquant sa main contre sa bouche. Lexie fronça les sourcils, pas d'humeur à se voir encore une fois interrompue. Mais l'autre côté de la porte ne renvoya que du silence et ils s'en retournèrent à leur activité, plus pressés et enthousiastes que jamais. Toutefois, le plaisir ne fut que de courte durée et une nouvelle fois interrompu, puisqu'une voix masculine puissante résonna à travers le battant de bois. En reconnaissant la voix de monsieur Pillsbury - qui d'autre pour parfaire le défilé d'empêcheurs de forniquer en rond qui s'abattait sur eux - la jeune galeriste de mordilla la lèvre inférieure avec force pour ne pas rire. Wyatt lui-même peinait à garder constance, enfouissant ses ricanements dans sa longue chevelure. Mais il leur faudrait néanmoins affronter le personnage, qui déblatérait sur la future femme du docteur. Lex haussa un sourcil et eut grand peine pour retenir ses éclats de rire quand le vieux monsieur sous entendit que la promise n'était pas aussi bien faite de sa personne que miss Preston. Mais son silence gêné laissait également entendre que c'était aussi une jeune personne bien plus convenable. En somme, pas faite pour Wyatt une demi seconde. Le fait étant que l'heure n'était plus au batifolage, la rouquine fut contrainte de regagner la terre ferme, dans tous les sens du terme et ce à son grand désarroi, comme celui de son compagnon. L'un comme l'autre aurait aimé éviter la confrontation. Surtout pour la... quatrième fois de la soirée? Cela dit le père de son ami, là, c'était le toupet. Le gros lot. Prochain tour gratuit et pizza offerte pour toute livraison. Elle sourit doucement, alors que Wyatt passa une main lasse sur sa joue. Hauts les coeurs. Elle rattacha habilement quelques agrafes de sa robe, enfila ses talons puis répondit « Oh oui, on prends ta voiture et on vogue loin d'ici, en essayant de pas se prendre un arbre. Ou un iceberg. » Elle déposa un léger baiser sur ses lèvres et ajouta « Je peux peut-être nous faire sortir d'ici en vitesse, suis moi, improvise et on devrait gérer. » Elle ouvrit le loquet de la porte et lança le show.

La rusée londonienne s'appuya sur le bras de son amant, avec une mine d'épuisement, portant sa main pâle sur sa bouche et mimant un haut le coeur. Elle sourit avec une apparente bravoure et chuchota d'une voix faible. « Oh bonsoir Monsieur Pillsbury. Je ne me sens pas bien du tout, d'après Wyatt les entrées ne sont pas bien passées, il va me raccompagner chez moi... Enfin si ça ne vous dérange pas, je ne voudrais pas l'arracher à une discussion impor... » Elle s'interrompit, faisant montre de ses talents d'actrice pourtant trop rarement démontrés sur les planches, en feignant de retenir une nausée. « Allez-y, allez-y et occupe-toi bien d'elle mon garçon, on parlera plus tard. » Le couple s'éloigna doucement, toujours d'un pas lent et claudiquant pour soutenir le rythme de la malade imaginaire. Assurée d'être hors de l'étonnant radar du paternel, Lexie se redressa et adressa un sourire resplendissant à son cavalier, avant de lui servir une petite révérence. « Tu pourras m'offrir des fleurs plus tard, on va chez moi? » Elle changea son sourire triomphant en esquisse taquine et ajouta, histoire de tuer dans l'oeuf toute protestation « C'est plus près. » Pour une fois que sa bicoque perdue était le refuge le plus proche, cela valait la peine d'être souligné. Et la plupart de ses colocataires étaient encore au mariage, ou bien en train de pleurer en dégommant les réserves de nourriture de la pension, dans le cas de son aînée. Mais elle n'aurait pas la force de se sortir de sa détresse pour s'enquérir du sort de Lexie, alors pas de danger du côté de celle que redoutait Wyatt. En somme, il fallait qu'ils s'en aillent. Et vite.

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