Choriste du mois


Partagez | 
 

 03. That's the way we get by.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyLun 14 Mai - 2:21

03. That's the way we get by. Galerinaicon
I was crying over you
I am smiling—I think of you.


Qu’est-ce que je fiche ici ? Telle était la question que Gale ne cessait de tourner et de retourner dans son esprit depuis qu’il était entré dans la salle de cours à la suite de ses chers camarades. Planté devant un écran d’ordinateur défaillant à souhait, il essayait de se souvenir ce qui avait bien pu avoir raison de son envie de rentrer chez lui sans même se demander si son absence passerait inaperçue. Il fallait bien dire que ces derniers temps, madame la paresse lui faisait de l’œil, et pas qu’un peu. Fixant l’écran sans bouger d’un poil, comme hypnotisé par l’engin, il tentait pourtant de se convaincre qu’il avait pris la bonne décision—noyé entre le flot ininterrompu des conversations de ses camarades d’une part, et l’âpre discours de son professeur de travaux dirigés d’autre part, il n’y parvint pas. Pour lui qui aimait beaucoup les cours, cette attitude aussi nonchalante que désinvolte était inhabituelle—il ne doutait pas une seule seconde que s’il avait remarqué un de ses camarades en faire autant, il ne se serait pas gêné pour le lui faire remarquer. Mais il fallait bien plus qu’un peu—comprendre, pas du tout—de culpabilité pour venir le tirer de ses pensées. En fait, ces derniers temps, il n’y avait pas grand-chose ni grand monde qui réussissait à capter son attention.

Il ne fallait pas chercher bien loin pour comprendre d’où provenait ce désintérêt total : Gale était encore fragile, et les blessures de sa rupture avec sa petite amie toujours bien ouvertes. Il ne le montrait pas mais ne faisait aucun effort pour se voiler la face—à quoi bon ? Faisant mouvoir avec brio son stylo autour de ses doigts, ça n’était pas l’écran d’ordinateur qu’il percevait face à lui, mais bien le visage de celle qui lui avait brisé le cœur—Un visage qu’il n’arrivait ni à se sortir de la tête, ni à se résoudre à oublier. Ca n’était pas chose aisée que d’envisager ne plus revoir celle pour qui son cœur battait depuis son arrivée à Lima, pourtant son instinct lui criait qu’il devait s’y faire. Une résolution amère qui était peut-être la bonne, après tout. Il finirait bien par le savoir, songea-t-il, dubitatif.

Il gambergeait littéralement sur sa chaise. Son manque d’attention était tellement grotesque que, dans la confusion de ses pensées il en arrivait même à se demander pourquoi le professeur tolérait ne serait-ce que sa présence. Travail dirigé, mon œil. Le vieux grincheux devait sans doute être assis derrière son bureau et fixer son écran d’ordinateur—sur lequel il regardait quoi, au juste ? On pouvait facilement se poser la question—grommelant de temps à autre pour la forme. Pathétique—Gale se demandait lequel était le pire, entre lui et son soi-disant pédagogue. Un constat presque réconfortant, au fond. Avec un soupir désespéré, et sans cesser de lorgner d’un œil circonspect l’écran en plein dans son champ de vision, il pencha la tête sur son épaule gauche, fermant graduellement ses paupières. Il n’entendit aucune réprimande ce qui confirma sa théorie–il lui restait encore un peu de jugeote, dieu merci. Il les rouvrit rapidement en sentant comme un courant d’air à côté de lui : s’il n’était pas très actif, son camarade de travail l’était pour deux.

Portant fébrilement sa main libre sur la souris de l’ordinateur, il pressa malencontreusement le bouton et fit apparaître quelque chose à l’écran—quoi au juste, il n’en savait rien. Il n’eut pas le temps de piquer du nez vers le clavier pour corriger son erreur qu’une voix grave était déjà en train de le sermonner. « Mais qu’est-ce que tu fabriques, Hemmens ? C’était parfait comme c’était » . Le blondinet, vexé, fronça les sourcils tout en se tournant vers son partenaire. Il avait beau ne pas faire preuve d’une vivacité exemplaire, son orgueil, lui, était toujours bien là. Feignant une conviction sereine, il secoua la tête expressément, les sourcils froncés presqu’au point de se rejoindre. « La ferme, Tobias, et regarde. » balbutia-t-il d’un air défait, pointant du doigt l’écran et appuyant sur le clavier de l’autre. L’effet noir et blanc qu’il venait de rajouter sans même le vouloir au montage vidéo donnait quelque chose de très original—il pouvait se vanter d’être au moins chanceux pour quelque chose. « Bien joué » , répondit l’autre, la bouche entrouverte et un sourire un coin sur les lèvres. Cette andouille n’était pas très subtile, et Gale se félicita d’avoir accepté de travailler avec lui.

Une fois la classe terminée, les élèves se précipitèrent en masse vers la sortie pour rentrer chez eux, et Gale attendit quelques-uns de ses camarades pour les raccompagner. Lorsqu’il disait détester tous les élèves de cette université, c’était complètement faux. Il avait contre toute attente fini par s’attacher à quelques personnes au fil des années, et ce même s’il n’admettait toujours pas ce surnom ridicule que sa bande d’amis—ou d’écervelés, au choix—prenait un malin plaisir à lui attribuer : Mister Lima. Ri-si-ble. Il savait qu’avec cette étiquette, il était certainement la risée de toute la promotion mais foncièrement, il s’en fichait pas mal. A part ces quelques dégénérés, il se moquait bien de connaître l’avis des autres à son sujet, encore plus depuis que la rumeur de sa rupture avec sa mystérieuse petite amie s’était répandue. Comment les gens savaient-ils ce genre de choses, d’ailleurs ?

Ses deux acolytes—messieurs Dwayne et Caleb, dans la même classe que Gale depuis leur entrée à l’université—constituaient une présence et un certain réconfort essentiels pour le jeune homme, ce qu’il se gardait bien de leur avouer, naturellement. L’affection que chacun d’eux se portait n’était pas d’une dimension fraternelle contrairement à ce que certains pouvaient penser mais leur simple présence l’un à côté de l’autre leur suffisait—Gale, qui n’était pas d’un naturel très loquace, y trouvait parfaitement son compte. Un soupçon d’humour douteux en plus et voilà grossièrement ce à quoi ressemblait le trio infernal. En cœur, tous trois sortirent de la salle—omettant volontairement de saluer leur professeur, cet incompétent—et pénétrèrent presque en cadence dans le large couloir du rez-de-chaussée. Bifurquant à droite, une seconde fois, puis à gauche, ils atterrirent en quelques minutes dans le hall d’entrée, bondé à cette heure-là de fin de journée. Marchant silencieusement, Gale se contentait d’écouter les propos de ses deux amis sans y répondre—ils ne lui firent aucune remarque, c’était ce qu’il appréciait chez eux.

Néanmoins, quelque chose dans le décor habituellement inaperçu de la pièce retint son attention à mesure qu’il s’approchait des grandes portes. Une petite silhouette—petite mais très fine, parfaitement dessinée—se dressait à une quinzaine de mètres devant lui, lui tournant dos. Postée devant le plan général de bâtiment, Gale ralentit subitement pour continuer de l’épier sans scrupule—ces cheveux blonds bouclés, retombant parfaitement sur ses épaules confirmèrent ses doutes sur son identité. Ecaterina. A la fois troublé et confus, sa tête désormais tournée vers l’arrière, il ouvrit la bouche pour tenter d’expliquer son soudain changement d’attitude à ses amis qui le fusillaient d’un regard suspicieux mais parut ne pas trouver les mots à même de traduire la situation. Avait-il l’air si idiot que ça ? Sans aucun doute.

Sentant son cœur s’accélérer, Gale se stoppa net, en plein milieu du passage. Une décision qui lui valut quelques remarques déplaisantes mais il était bien trop intrigué—non, dévoré de l’intérieur—par la présence de la jeune femme dans cet endroit pour y faire attention. « Il faut que j’aille voir quelque chose. A plus tard ! » , bafouilla-t-il sans même daigner leur accorder un dernier regard, se précipitant vers l’intéressée. Il passa, l’air de rien, une première fois derrière elle en espérant bêtement attirer son regard à la force de sa démarche pressée. Echec. Il passa une seconde fois et, comme il s’y attendait, rien n’y fit. Il ne se démonta pas, bien au contraire, et passa une main dans ses cheveux pour tenter de réfléchir. Prenant son courage à deux mains, il se dirigea cette fois-ci directement vers la jeune fille, se postant à seulement quelques centimètres derrière elle. « Cet endroit est plutôt grand, n’importe qui s’y perdrait » , dit-il d’une voix timide et chaleureuse à la fois. Lorsqu’elle lui fit face, il éprouva l’envie de la serrer contre lui pour l’embrasser mais la réprima à temps en croisant son regard. Tout ça, c’était terminé. Son cœur se serra. « Comment ça va ? ».


Dernière édition par Gale Hemmens le Mer 13 Juin - 1:57, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
Etoiles : 11641

Piece of Me
Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
Glee club favori : Awesome Voices
Vos relations:
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyLun 14 Mai - 20:09

Claquant résolument sa portière, Ecaterina soupira aussi fort, glissant la lanière de son sac sur son épaule. Elle n’avait rien à faire ici, elle n’étudiait même pas dans cette université. Pourtant, elle était là, debout, les bras ballants, à toiser les bâtiments dressés à plusieurs mètres en face d’elle. Pourquoi ? A première vue, pas pour son bon plaisir. C’était Charlie qui l’avait conduite jusqu’à l’Ohio State Université, lui laissant une dizaine de messages suppliants sur son répondeur. Brown était si maladroite que, même après des mois de routine bien huilée, elle parvenait quand même à oublier de remplir son réservoir d’essence, l’obligeant à faire l’aumône, ou, dans le cas présent, à faire appel à une âme charitable. Même si le trajet lui avait paru durer une éternité, Ecaterina était heureuse de pouvoir s’échapper de Lima pour quelques heures. N’avoir à penser qu’à sa route, ça avait quelque chose de libérateur, voir même de réconfortant. Cat lui devait bien ça, à Charlie. Depuis sa rupture avec Gale, c’était avec elle qu’elle passait tout son temps. C’était très bien comme ça, elle prenait soin d’elle. Chose qu’elle-même était incapable de faire, depuis cette fameuse soirée où elle avait décidé d’être adulte. Elles se voyaient au travail, elles passaient des moments ensemble. Charlie lui avait même proposé de s’installer chez elle, mais la blondinette avait refusé. Elle avait encore besoin des attentions maternelles d’Emma ; au moins jusqu’à ce qu’elle cesse de se réveiller avec le goût persistant de larmes dans la bouche. Ecaterina était mal en point. Elle ne pouvait pas le cacher, elle n’essayait pas de le faire non plus. La présence de Charlie, d’Emma, de Will, d’Emily, de Dorian et de Lynn, était tout ce qu’elle pouvait supporter. Les autres, Cat n’avait pas envie de les voir.

Ce campus paraissait immense, celui de Cincinnati n’était pas aussi vaste. De là où elle était, Cat était persuadée de ne pas avoir une visibilité totale sur l’endroit. D’autres bâtiments devaient se trouver derrière cette façade en briques rouges. La blondinette se sentit soudain prise d’un sentiment de panique à l’idée de traverser ce campus inconnu. Elle bloqua sa respiration dans sa poitrine pour se donner du courage, tendit la main au dessus de son épaule pour fermer sa voiture puis enfin, progressa vers le grand escalier pentu qui menait jusqu’au bâtiment principal, serrant son trousseau dans sa main. Elle avait du temps devant elle avant de rejoindre Charlie. Peut-être avait-elle fait exprès de prendre de l’avance pour flâner au milieu des étudiants qui grouillaient, surexcités pour des raisons qui les regardaient. Grimpant les marches avec minutie, elle regarda autour, embrassant l’endroit somptueux du regard. Elle avait pensé s’y inscrire, mais c’était lorsqu’elle était encore avec Gale, maintenant, elle n’était plus sûre de rien. Un bon nombre de ses amis étudiaient ici, sans doute que ça lui ferait du bien de voir autre chose que la librairie. Elle devait se résigner à arrêter de rêvasser. D’arrêter d’attendre qu’une histoire tombe du ciel, mais elle n’y arrivait pas. De toute façon, elle n’était pas en mesure de prendre des décisions, alors elle rêvasserait encore un bout de temps. C’était sa vie après tout. Si c’était de cette façon qu’elle se sentait le mieux, personne n’avait le droit de s’en soucier. Glissant une mèche de cheveux derrière son oreille en atteignant la dernière marche, Ecaterina jeta un regard incertain aux environs. Elle n’avait jamais eu un bon sens de l’orientation et sans plan, c’était peine perdue. Jamais elle n’arriverait à trouver la bibliothèque. Parce qu’évidemment, c’est ce qu’elle voulait voir, elle se fichait pas mal du département des Sciences, elle détestait les Sciences. Sans carte, elle s’égarerait. On la retrouverait des mois plus tard, cachée dans un labo abandonné situé dans une aile reculée, à dévorer des criquets destinés à être disséqués. Confrontée à cette image, elle fronça le nez, dégoutée. Tournant la tête, son regard s’arrêta sur une jeune fille assise près d’un banc avec son groupe d’amies. Prenant sur elle, Cat se dirigea vers le groupe, et demanda son chemin, avec douceur et bienséance. C’est une très belle brune qui lui indiqua son chemin, un petit sourire aux lèvres, alors que ses comparses la dévisagèrent, gloussants sans gêne. Trop prise dans les explications de son guide, Ecaterina n’y prêta guère attention, tentant de mémoriser les paroles de la brunette. Cette dernière lui souhaita bonne chance, lui tapotant l’épaule en prenant un ton doucereux qui ne lui plaisait pas, mais elle ne releva pas et la remercia en rebroussant chemin. Décidément, les étudiants de L’OSU étaient de bons camarades. Du moins, c’est ce qu’elle pensait.

Il lui fallut une heure et demie pour s’apercevoir que cette grande perche lui avait donné un mauvais itinéraire. C’est vrai qu’elle aurait pu demander son chemin à quelqu’un d’autre, mais en tout premier lieu, elle avait vraiment cru que c’était elle, l’idiote. Au point de chausser ses lunettes de vue pour être sûre de bien percevoir le nom des départements. Il fallait croire qu’en plus d’être perdue, Cat était relativement naïve pour croire en la bonté humaine. C’est après être passée devant le Hagerty Hall pour la cinquième fois qu’elle décida d’y entrer, s’astreignant à arrêter de compter sur son GPS intérieur qui, visiblement, ne fonctionnait pas. Peut-être était-elle agacée, pourtant, elle garda sa neutralité et ne s’énerva pas. Elle passa la porte, souriant avec amabilité aux gens qui la laissèrent passer et s’arrêta en plein milieu du hall, se mordant la lèvre. C’est alors qu’elle vit le plan de ses rêves ; majestueux, précis. Sans attendre qu’il vienne à elle, elle se dirigea vers lui et plissa les yeux, remontant ses lunettes en l’étudiant attentivement. Elle se fondait parfaitement dans la masse, c’était impressionnant. Elle était peut-être petite, au point de faire penser aux autres qu’elle avait sautée des classes, mais ses lunettes – portées exceptionnellement, personne ne la voyait jamais affublée de ces horreurs –, sa façon d’être – tout en elle, donnait l’impression qu’elle était une étudiante modèle. Suivant le plan du bout des doigts, elle s’approcha un peu plus du panneau, entendant l’écho des voix s’intensifier dans son dos. Apparemment, la bibliothèque se trouvait à l’opposée de cette partie du campus. Se mordant plus fort la lèvre, elle fit papillonner ses doigts tout près de la carte, près de l’endroit où la bibliothèque était indiquée et glissa son téléphone hors de son sac. Elle n’arriverait pas à se souvenir, elle commençait à avoir la migraine, elle ferait une pause avant de repartir pour la bibliothèque. Passant son portable en mode appareil photo, elle se recula d’un pas pour avoir une vue complète du plan sur son écran, mais une voix derrière elle l’arrêta dans son entreprise. Ecaterina se retourna aussitôt en baissant son téléphone, ne se laissant pas le temps de savoir si c’était vraiment lui, ou si son imagination lui jouait des tours.

« Hey. » lança-t-elle. C’était bien celui qu’elle pensait : Gale. Elle resta un moment à le fixer, la bouche entrouverte. Elle devait avoir l’air idiote avec ses lunettes, son expression de débile profonde affichée sur son visage et ce « hey ». Elle avait dit « hey », ouah. Dans le palmarès des choses à ne pas dire à son ex-petit ami, le « hey » était en pole position. Surprise, elle ne sut quoi dire d’autre, et répéta « Hey. » Pathétique. Néanmoins, Gale lui demanda comment elle allait ce qui lui évita de s'insulter mentalement. Et comme à chaque fois qu’elle était prise au dépourvu, Cat se mit à débiter un flot de paroles en le ponctuant de gestes imprécis « Je suis perdue. Je voulais juste aller à la bibliothèque, c’est tellement grand. J’ai demandé mon chemin à une fille, une grande brune, jolie, mais elle m’a donnée de mauvaises indications. Je crois qu’elle a cru que j’étais blonde. » Elle regarda Gale en fronça très brièvement les sourcils, puis fermant les yeux d’un même chef, elle sourit « Je suis blonde, je sais. Pas ce genre de blonde, tu vois ce que je veux dire. » Embarrassée, Cat s’arrêta brusquement de pépier, et de faire des moulinets avec ses mains. Pendant cette seconde de répit, elle prit le droit de le regarder attentivement. Elle aurait voulu le revoir dans d’autres circonstances, mais elle était heureuse qu’il soit là. D’ailleurs, elle le lui fit spontanément savoir « Je suis contente de te voir. » Elle se tut derechef, ce qui trahissait le fait qu’elle avait parlé trop vite ; elle s’enfonçait. Aussi, elle lança un regard gêné sur le côté pour échapper à celui du jeune homme. Il lui avait demandé comment elle allait, pas un rapport complet. Alors, elle se somma de garder la tête froide, et reporta son attention sur Gale « Mais, je vais bien, je crois. Et tu… » Passant brièvement ses doigts sur son front, elle chercha ses mots avant de poursuivre avec douceur, le pointant avec sa main droite « Qu’est-ce que tu fais ici ? » Ses yeux croisèrent les siens ; s’apercevant rapidement de la stupidité de sa question, Ecaterina fronça le nez en souriant, ajoutant sa seconde main – celle qui tenait son téléphone – devant elle pour le désigner « Tu étudies ici, c’est vrai. » Tentant de calmer sa nervosité perceptible en raffermissant ses doigts sur son portable, Cat baissa les mains et releva lentement la tête pour la pencher sur le côté. Affolée par la façon avec laquelle elle venait de littéralement perdre ses moyens devant Gale, elle ne desserra pas la prise autour de son téléphone. Grossissant son regard, elle conclut sur une note qui se voulait légère – émettant même un petit rire nerveux au passage « On dirait que je suis ce genre de blonde, finalement. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 8 Juin - 22:37, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyVen 18 Mai - 19:56

Jusqu’à la dernière minute, Gale avait ignoré à quoi ressembleraient ses retrouvailles avec Ecaterina—il avait simplement su qu’elles arriveraient, un jour ou l’autre. Les circonstances de leur rupture avaient été très douloureuses pour tous les deux, pourtant il n’avait pas le souvenir qu’il fût, à un moment à un autre, question qu’ils ne se revissent plus jamais—Gale jugeait l’idée inconcevable. Il avait au même titre ignoré quelle serait la nature de ses rapports avec la jeune fille pour l’occasion : essaieraient-ils de s’insulter gratuitement ou feraient-ils l’effort de mettre leur peine et leur rancœur de côté pour tenir une discussion calme ? Tous ces détails lui étaient passés complètement au-dessus de la tête, à tel point qu’il s’était dirigé vers elle pour l’aborder sans même la moindre appréhension. Ces quelques jours qui s’étaient écoulés depuis le fameux soir lui avaient permis de voir les choses en face : Ecaterina et lui n’étaient pas faits pour être ensemble, il ne servait à rien de s’accrocher inutilement. Pour autant, rien ni personne ne les empêchait de rester bons amis—ou du moins, d’essayer. Avec la meilleure volonté du monde, il était prêt à tenter sa chance.

C’était un exercice hélas plus difficile qu’il ne le pensait, si bien que lorsqu’il se surprit à vouloir entourer ses bras autour de la jeune femme, plantée à quelques centimètres de lui face au plan, il s’intima sévèrement de redoubler d’attention. Il était de toute manière trop tard pour faire marche arrière et s’enfuir puisqu’il s’était empressé de se manifester en débitant une remarque peu futile. Il sentit une certaine angoisse monter en lui lorsque Cat se retourna vers lui—il avait presque oublié à quel point le bleu de ses yeux rendait son regard pénétrant. C’était d’autant plus flagrant que ses lunettes lui donnaient d’étranges allures de jeune professeure autoritaire—il fronça les sourcils et s’empressa de chasser cette image de son esprit. Venait-il juste d’avoir une pensée érotique ? De crainte de ne pas pouvoir aligner plusieurs phrases intelligibles de suite, il se contenta de s’enquérir de son état, réfugiant ses mains dans le fond de ses poches et affichant un air contrit. Gêné, son sourire s’étira lorsqu’elle lui répondit d’un ton rassurant—entretenant un peu plus ses espoirs de rapports amicaux. Ses paroles n’étaient pas tellement transcendantes en elles-mêmes—était-elle mal à l’aise ? Non, il devait se faire des idées—mais le son de sa voix suffit à l’apaiser. C’était bon de ne pas percevoir la moindre colère à travers ses mots.

Il l’écouta attentivement lui expliquer qu’elle recherchait la bibliothèque et que, partie en quête d’informations, elle s’était heurtée à une jeune femme qui lui avait indiqué la mauvaise direction, la prenant vraisemblablement pour une idiote. Ses doigts se crispèrent au fond de ses poches et le jeune garçon ressentit un profond mépris pour la jeune brunette en question—il était persuadé qu’il n’exagérait rien, quelqu’un venait clairement de malmener son amie. Il roula les yeux et attendit qu’elle termine pour glisser quelques mots. « Ne t’en fais pas, ce genre de chose est courante par ici. » expliqua-t-il avec une voix chaleureuse, haussant légèrement les épaules. « Tout le monde se fait avoir au début puis on finit par s’y habituer. » Balayant la pièce des yeux pour faire mine de chercher un éventuel espion—et éviter de la fixer trop longtemps—il bougea sa jambe pour venir taper le sol avec le bout de sa chaussure et baissa légèrement la tête. « Je ne pensais pas dire ça un jour mais je crois qu’étudier à McKinley m’a finalement servi à quelque chose. » acheva-t-il, levant son regard enjoué vers la jeune fille. Il disait vrai : les chances de survie d’un individu moyen dans cet endroit étaient sensiblement les mêmes que dans son ancien lycée, soit quasi-inexistantes. Il n’y avait pas de hordes de footballeurs ni de groupies en petites jupettes mais les mentalités n’étaient pas tellement différentes—il regretta seulement que ce soit la première chose dont la jeune fille fasse l’expérience en arrivant ici.

Les mots qui suivirent le réconfortèrent un peu plus : elle était contente de le voir. Son cœur s’accéléra et il craignit que ses joues ne virent au rouge mais il parvint à se contenir à temps. Serait-il jamais capable de lui parler sans ressentir le moindre malaise ? Il le fallait. Il n’eut pas le temps de répondre mais son sourire et ses yeux pétillants parlèrent à sa place, et rapidement il en rajouta une couche en riant lorsque la jeune femme poursuivit son discours. La nervosité du blondinet semblait partagée, mais Gale avait la conviction que c’était normal et que les choses finiraient par être plus aisées au fil du temps. Il sortit ses mains de ses poches et vint agripper la bretelle de son sac à dos posée sur son épaule. Il estompa son sourire presque idiot pour reprendre un air plus sérieux. Grattant ses cheveux avec sa main libre, il feignit la réflexion en posant son regard sur le plan, avant de reporter son attention sur la jeune femme. « La bibliothèque ? Le plus simple ce serait de traverser le bâtiment pour emprunter la sortie du fond. » Il fit une pause, fixant quelque secondes la foule d’élèves défilant à côté d’eux. « Je peux t’y emmener, si tu veux ? » proposa-t-il, réprimant son envie d’insister. « Ça ne me dérange pas. Et puis… » cherchant une excuse bidon, il vint passer sa main gauche sur sa nuque sous son tee-shirt. « et puis je dois poser mes affaires dans mon casier. C’est sur le chemin. » acheva-t-il, haussant à nouveau les épaules.

Son prétexte ne tenait pas la route et la jeune fille s’en rendrait rapidement compte mais il était beaucoup trop enthousiaste à l’idée de lui faire visiter l’endroit qu’il n’y prêta pas réellement attention. Cat accepta son offre et ils se dirigèrent donc vers le vaste corridor, dans le sens inverse de la foule. « Au fait » , dit-il en tournant furtivement son regard dans sa directement « Tu ne m’as dit pourquoi tu étais là. » Tour à tour, il regardait dans sa direction puis face à lui pour éviter de percuter un élève. « Enfin si, la bibliothèque. Mais j’imagine que tu es là pour une autre raison, je me trompe ? » . Il esquissa un sourire taquin. Très vite, ils atteignirent les premières rangées de casier et il ralentit modérément la cadence. Sans lui laisser de temps de répondre, il pointa l’une des portières du bout du doigt « On y est » puis il s’arrêta devant, s’empressant de composer le code. Verrait-elle qu’il s’agissait des quatre chiffres de sa date d’anniversaire ? A côté de ce qui l’attendait, ça n’était pas tellement embarrassant.

Il ouvrit la porte en grand, jeta négligemment son sac à l’intérieur, et pendant une seconde il vint couler un regard par-dessus son épaule droite. A quelques mètres à peine, il aperçut deux paires d’yeux les épiant, Cat et lui, sans la moindre retenue—Caleb et Dwayne. Il leur adressa un regard furieux, mais comme il s’en doutait, ses deux amis lui rirent au nez, ne bougeant pas d’un iota. Quelle plaie. Il soupira et tourna cette fois-ci sa tête vers Cat, étrangement silencieuse. Suivant le regard de la jeune fille sur la porte de son casier, il comprit pourquoi. Accrochée sur l’intérieur autrement vierge de la porte, une photo de la jeune blondinette attirait toute son attention—voilà encore autre chose qu’il avait oublié. Cette fois, il rougit pour de bon et, penaud, claqua la porte d’un geste sec. « Dé... désolé pour ça. » , marmonna-t-il, à court d’autre réplique. Pivotant sur ses talons, il agita son bras face à lui, évitant de croiser les yeux de la jeune fille. « C’est par là ! ».


Dernière édition par Gale Hemmens le Ven 8 Juin - 16:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
Etoiles : 11641

Piece of Me
Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
Glee club favori : Awesome Voices
Vos relations:
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyDim 20 Mai - 21:30

Si on avait donné la possibilité à Cat de s’enfuir pour aller se réfugier dans un endroit à l’abri du regard de son interlocuteur, elle n’aurait pas hésité. La nervosité ayant soudain la mainmise sur son calme notoire, elle reconnaissait ne pas s’être préparée à revoir Gale aussi tôt. Ce qui était assez comique étant donné qu’ils vivaient dans la même ville, et qu’ils côtoyaient les mêmes endroits. Mais il semblait que le hasard leur avait laissé un moment de répit. Pour une fois, Ecaterina lui en était reconnaissante. Ça ne faisait que quelques jours qu’elle avait mis un terme à leur histoire, c’était sa décision, pourtant, elle avait eu envie de l’appeler. Pour lui dire quoi ? Elle ne savait pas. Peut-être pour s’excuser encore, pour s’assurer qu’il allait bien, même s’il lui paraissait évident qu’il ne vivait pas la période la plus agréable de sa vie. C’était de sa faute, elle n’avait pas le droit de prétendre le contraire, ce qui rendait les choses plus difficiles à vivre encore. Néanmoins, malgré ce profond désir de prendre de ses nouvelles, elle avait réussi à tenir bon. Charlie l’avait aidée. Elle lui avait dit qu’il fallait qu’elle sorte la tête de l’eau si elle ne voulait pas finir noyée et qu’elle devait penser un peu à elle, parce qu’elle souffrait autant que lui, il fallait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir. Sa collègue l’avait bousculée, ça n’avait pas été simple. Plusieurs fois, Cat avait eu envie de lui mettre son poing dans la figure. Aussi, même si elle ne lui avait pas avoué directement, Ecaterina savait que Charlie avait raison ; se laisser dépérir, ce n’était pas la solution. Seulement, c’était plus facile à dire qu’à faire. Elle n’arrivait pas à faire bonne figure, ni à prendre sur elle. Elle sentait qu’il ne lui faudrait pas grand-chose pour tomber encore plus bas. Comment parviendrait-elle à s’en sortir ? Ecaterina n’avait pas envie de faire l’effort de voir du monde, de sourire en prétendant que, oui, même si elle venait de rompre avec le garçon qu’elle aimait, tout allait bien. Non, elle n’allait pas bien. Tant pis si sa franchise mettait les autres dans l’embarras, ils n’avaient pas besoin de lui poser la question s’ils ne voulaient pas connaître la vérité.

Se mordant la lèvre après ses derniers propos, la blondinette leva le regard pour tout d’un coup s’intéresser au haut plafond du hall. C’était incroyable comme l’architecture pouvait la passionner quand elle se trouvait dans ce genre de position – à savoir mal à l’aise au point d’en avoir les mains moites. Etudiant les rainures apparentes sur les poutres, elle plissa lentement les paupières, simulant la concentration. Deux choix s’offraient à elle : saluer Gale, puis partir en courant, ou continuer sur sa lancée en tentant de se rattraper pour ne plus agir comme l’ex-petite amie au bord de l’arrêt cardiaque. Ils pouvaient être amis, ils l’avaient été autrefois. Ça n’allait pas être aisé, car rien que le fait qu’il la regarde la faisait bouillir à l’intérieur, mais elle était prête à tout, vraiment à tout pour garder des rapports cordiaux avec Gale. Peut-être qu’ils ne deviendraient pas les meilleurs amis du monde, Ecaterina comprenait qu’il lui en veuille, elle-même lui en voulait encore un peu, mais ne plus lui parler, elle avait déjà testé ; elle refusait de retenter l’expérience, et bien qu’elle avait l’impression que tout ce qu’elle dirait l’enfoncerait davantage dans la bêtise, elle ne voulait pas rater l’occasion d’au moins échanger quelques mots avec lui – ou un peu plus, puisqu’il venait de lui proposer de l’accompagner à la bibliothèque. Baissant le menton, elle s’obligea à le regarder, un peu étonnée, ne cherchant même pas à savoir si son excuse était vraie ou non.

Sur le chemin qui menait aux casiers, Cat ne put s’empêcher de ne pas relever l’ironie de la situation. En effet, cinq ans plus tôt, c’était elle qui avait guidé Gale dans les couloirs de McKinley. C’était différent, maintenant, elle était au moins sûre de ne pas recevoir un jet de glace pilée en plein visage, mais Gale lui avait fait comprendre que la mentalité n’était pas différente ici. C’était dommage, Cat avait toujours pensé qu’en grandissant, les bourreaux du lycée changeraient. Relevant ses lunettes sur ses cheveux qui se dégagèrent de son front, elle resta silencieuse, fixant l’allée devant elle. Elle aurait voulu dire à Gale à quel point ça l’amusait de constater que les rôles s’étaient inversés, seulement, elle n’osa pas. Elle avait peur de raviver des souvenirs, d’être plus maladroite encore. Elle jugeait qu’elle ne pouvait pas se le permettre alors, elle se tut, évitant habilement les quelques élèves qui se dirigeaient dans le hall derrière eux et ignorant les gloussements de mâles en rut qui grésillaient à ses oreilles. C’est Gale qui reprit la parole, lui permettant de faire l’impasse sur les deux abrutis qui les suivaient de près. Elle s’apprêta à lui répondre, mais il lui indiqua un casier. Cat le suivit, puis s’adossa à celui à côté du sien, en remontant son sac sur son épaule, regardant des deux côtés du couloir ; plus pour se donner bonne contenance qu’autre chose.

« C’est Charlie. » commença-t-elle, détaillant un professeur qui passait à grandes enjambées dans l’allée « Elle à des soucis avec sa voiture. Elle m’a laissée une dizaine de messages sur mon répondeur, dont neuf où elle promettait de me faire cuire aux petits oignons si, je cite, je ne ramenais pas mes grosses fesses sur le campus. » Elle posa l’arrière de sa tête contre le casier derrière elle, tournant son regard vers Gale en souriant « Je suis persuadée qu’elle serait capable de me découper en rondelles pour me donner à manger à Wyatt, alors j’ai décidé de lui rendre ce service. Voilà, tu connais l’hi… » Elle se stoppa aussitôt, clignant bêtement des yeux, saisie par ce qu’elle venait de remarquer sur la porte du casier.

Certes, le fait que Gale gardait une photo d’elle dans son casier aurait pu la flatter, et au fond, elle l’était, mais le fait est que chaque petit détail de ce genre avait un effet dévastateur sur elle. Ecaterina, qui se sentait relativement bien à ce moment, eut comme l’impression d’être traînée de force pour rejoindre l’état de semi conscience dans lequel elle se complaisait depuis leur rupture. Cependant, elle ne pouvait pas lui jeter la pierre, elle n’était pas mieux dans le genre. Elle dormait avec un sweat qu’il avait oublié dans sa voiture et dès qu’elle était seule à la librairie, elle passait la fin de son service à faire mine de ranger le rayon dans lequel ils avaient passé une soirée lorsqu’ils étaient ados. C’était pathétique, mais si ça leur permettait de tourner la page plus facilement, ça les regardait. Fixant la photo pendant un certain temps, elle sursauta quand la porte du casier se referma brusquement, alors que Gale s’excusait. Ecaterina releva les pupilles, cherchant son regard, mais il le détourna, lui désignant le chemin de la main. Elle ne voulait pas en faire un plat, et reprenant sa route, elle tenta de le rassurer avec douceur :

« Pas de problème, c’est une jolie photo. Je ne savais même pas que c’était toi qui l’avais. » Elle pinça les lèvres en penchant la tête, et glissa son téléphone dans sa poche pour avoir les mains libres. Il fallait qu’elle trouve un moyen de détendre l’atmosphère, ce cliché ne devait pas tout gâcher. Alors, pour la première fois depuis des jours, Cat prit sur elle, poursuivant sur le ton de la conversation « Pas sûre que ça t’aide à grappiller des points auprès des célibataires qui trainent dans le coin, mais si ça peut te rendre service, je te donne le droit de prétendre que je suis ta sœur. » Elle coula un regard en biais en direction de Gale avant de complètement retourner son visage vers lui, haussant les sourcils dans un sourire timide « Ou ta jolie correspondante suédoise qui joue du tuba ! Rien de trop dégradant, je refuse d’être la strip-teaseuse que les deux crétins derrière nous ont engagée pour ton dernier anniversaire. » Elle jeta un regard par-dessus son épaule pour constater l’effet de sa phrase sur les crétins en question – ceux qui les collaient depuis cinq minutes. Par instinct, elle agrippa sensiblement le bras de Gale en gardant ses yeux plantés en face, et tout bas, chuchota « Je suis sans doute un peu parano, mais je crois qu’on est suivi. » Ecaterina lança un second regard derrière elle, s’apprêtant à resserrer sa prise sur le bras de Gale. Elle s’aperçut trop tard de son geste et de ce fait, retira sa main pour venir la joindre à la lanière de son sac. Elle fit aussi un pas de côté, cherchant à installer une certaine distance entre eux ; personne n’avait dit que ce serait facile.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 8 Juin - 22:38, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptySam 26 Mai - 3:58

Se retrouver avec la blondinette dans un couloir débordant d’étudiants ranimait chez le jeune homme d’étranges souvenirs. Il se revoyait, cinq ans plus tôt, slalomant entre les hordes d’élèves de McKinley avec la peur au corps et la crainte d’être aspergé d’une texture immonde le poursuivant, où qu’il aille, comme une épée de Damoclès menaçant de s’abattre au-dessus de sa tête. Pourtant, à cet instant, ça n’était pas avec mépris qu’il regardait cette période de sa vie, mais plutôt avec nostalgie. A l’époque, il avait rapidement compris que ses allées et venues dans les couloirs répugnants de ce lycée étaient nullement motivées par son goût particulier pour les études. Non, il avait même envisagé plusieurs fois de supplier ses parents de le changer d’école, une démarche qui aurait très certainement porté ses fruits, il n’en doutait pas. Mais quelque chose l’avait empêché de partir, ou plutôt quelqu’un : c’était Cat. Ou du moins, l’amour passionnel qu’il avait ressenti pour elle dès leur première rencontre. Ses sentiments l’avaient retenu dans cet endroit sinistre alors qu’il avait eu toutes les raisons possibles et imaginables de vouloir en partir. Il n’avait jamais vraiment osé lui dire, c’était embarrassant. Ce qui l’était encore plus, c’était de constater avec quelle habileté il s’était arrangé pour la croiser très souvent à la sortie de ses cours, nourrissant le seul plaisir de l’apercevoir un peu chaque jour. Parfois, il lui arrivait de remarquer sa présence et de venir le saluer—c’était les meilleurs souvenirs qu’il gardait de son lycée, toutes années confondues. Ici, les choses étaient radicalement différentes. A part ses études, rien ne l’attirait particulièrement, et il avouait que cette attitude de sa part le consternait lui-même. Mais il n’y pouvait rien, il n’y avait pas d’Ecaterina Robertson, à Columbus.

Savoir la jeune femme à côté de lui redonnait un peu de leur sens aux larges allées dans lesquelles ils se trouvaient : désormais, c’était à lui que revenait la tâche de faire la visite des lieux—une tâche très importante qui l’incombait. Il gardait bien en tête qu’il venait de traverser une rupture douloureuse et se demandait même si elle souffrait autant que lui—elle n’en avait pas l’air—mais si renouer une amitié comme celle qu’ils avaient partagé plusieurs mois au lycée pouvait l’aider à avancer, il refusait de laisser passer sa chance. Rester près de Cat était tout ce qu’il désirait, et si elle ne voyait en lui rien d’autre qu’un ami, il s’efforcerait d’en faire autant—alors pourquoi ne pas commencer tout de suite ? Hélas, l’épisode du casier sembla amincir ses chances, tant le regard de Cat posé sur la fameuse photo l’interpella. Quel idiot il faisait ! Mesurant sa bêtise, il bredouilla quelques excuses et tous deux reprirent la marche.

La clémence de la jeune femme après ce léger incident l’étonna au plus haut point, si bien qu’il se surprit à la regarder en retour pour à lui sourire, sans la moindre lueur de gêne dans ses yeux. Il songea que peut-être, elle comprenait qu’il ne puisse pas tirer un trait sur leur histoire aussi facilement, et au fond c’était peut-être une bonne chose. Cela prouvait qu’elle vivait un peu la même chose, elle-aussi, à sa manière. Au lieu de s’aventurer à lui demander des explications, elle plaisanta en lui proposant de faire d’elle sa sœur ou sa correspondante suédoise. Il ne put réprimer un large sourire et sentit rapidement le léger malaise se dissiper. Il n’attendit pas pour répondre, avec humour « Non, ma sœur ça ne marcherait pas. Tu es trop jolie » . Il tourna son regard vers elle brièvement et lui sourit. L’amitié ne l’empêchait pas de la complimenter, pensa-t-il. « Et puis, tous les garçons de ma classe voudraient que je leur donne ton numéro, et ça, c’est hors de question. » ajouta-t-il, posant de nouveau son regard sur elle tout en haussant les sourcils. « La plupart sont des pervers qui pensent que la vie se résume à une partie de jeu vidéo en réseau. Un peu comme Jacob Israël. Crois-moi, tu mérites bien mieux. Parole de grand frère. » Souriant un peu plus, il tourna ses yeux dans sa direction pour la regarder plus intensément, l'air songeur, puis pointa son doigt vers elle avant de reprendre. « Mais j’y pense ! Au lycée, tu avais un faible pour lui, non ? Oui, je me souviens. Donc peut-être que… finalement… » , l’ironie se fit rapidement sentir à travers ses mots et il se contraignit à couper court. « Je plaisante » , conclut-t-il, pas peu fier de son humour douteux.

Il était heureux de constater à quel point la conversation restait naturelle, et écouta attentivement la jeune fille lorsqu’elle évoqua la présence de deux énergumènes les suivant. Ne prenant même pas la peine de se retourner—il savait de qui elle voulait parler, ses deux amis étaient loin d’être un exemple de discrétion—il coula un regard affligé dans sa direction. Il ouvrit la bouche pour lui expliquer la situation mais la jeune fille le prit de court en posant sa main sur son épaule. Ce geste, pourtant banal en apparence, fit bondir son cœur dans sa poitrine et il sentit ses joues rosir légèrement. Il aurait décidemment beaucoup de mal à s’y habituer. Pourtant, il s’efforça de refouler toute cette confusion et s’empressa d’ajouter quelque chose, pour éviter de laisser un silence s’installer. « Je te présente Caleb et Dwayne. Ils ne sont pas très finauds mais ils ont bon fond, il ne faut pas leur en vouloir » . Gale bascula la tête en arrière quelques secondes, avant de lâcher un soupir. « Je n’ai pas l’habitude de trainer avec des filles, ici. Tu dois beaucoup les intriguer » , expliqua-t-il, un sourire aux lèvres.

Pris d’une idée soudaine, il s’arrêta net et Cat en fit autant, à quelques mètres à peine d’un embranchement avec un couloir perpendiculaire. Observant du coin de l’œil la foule d’élèves se séparer en deux pour remplir les deux couloirs, il pinça sa lèvre inférieure avant de poser son regard renfrogné sur Cat. « Et si on les semait ? » proposa-t-il avec un semblant de défi dans sa voix. « J’ai un endroit à te montrer, et ce serait mieux qu’ils ne nous suivent pas. Tu me fais confiance ? » Sans réfléchir, il tendit sa main ouverte vers la jeune femme et planta son regard sur son visage. Il ne voulait la forcer à rien, ce détour, c’était son idée à lui. Et si elle préférait continuer tout droit pour se concentrer sur son principal objectif—la bibliothèque—il ne lui en voudrait pas. A son grand étonnement, les doigts de la blondinette s’enroulèrent autour des siens et sa paume se posa contre la sienne. Gale pressa sa main et reprit la marche, à rythme plus soutenu, guidant son amie vers la gauche, et traversant à la diagonale la foule d’élèves toujours dense.

Entraînant Ecaterina avec lui, cette petite escapade en accéléré le fit sourire bêtement. Leur assurant une trajectoire parfaite, ils parvinrent à se frayer un chemin assez facilement au milieu de la foule agitée, laissant derrière-eux les deux importuns. « A gauche ! » s’écria Gale, tournant le regard vers Cat et élargissant son sourire. Il ralentit subitement puis s’extirpa de la foule, la main tenant toujours fermement celle de la blondinette. Déboulant en même temps face à eux, un groupe d’étudiants imposants en taille manquèrent de peu de les heurter de plein fouet—mais heureusement, Gale les devança. Se hissant un peu plus à gauche, il emmena avec lui Cat si rapidement qu’elle atterrit contre sa poitrine. Un court instant, il la serra contre lui pour lui assurer une protection puis la lâcha une fois le danger passé. Ils échangèrent un regard contrit. « Par ici » , prétexta Gale pour contourner le malaise.

Ils empruntèrent un couloir plus étroit et curieusement désert en comparaison avec les autres. Ils firent quelques mètres et le blondinet se posta devant une porte insalubre. Sur la façade, une inscription « défense d’entrer » à moitié décollée recouvrait le nom de la salle. Le jeune homme ouvrit la porte et ils entrèrent. A l’intérieur, un vieil amphithéâtre aux murs tagués et aux sièges rouillés dessinait une courbe face à une estrade déserte au plancher de bois usé par endroits. « C’est un ancien amphithéâtre » , expliqua-t-il tout en frottant ses mains moites sur son pantalon. « Quelques élèves savent qu’il est ouvert et s’en servent pour étudier tranquillement, d’autres pour repeindre les murs » . Il haussa les épaules. « J’aime bien y venir pour être seul. Je sais, c’est débile mais cet endroit a quelque chose de reposant, comparé à tout ce qui se trouve autour. » Balayant la pièce des yeux, il s’arrêta sur Cat, se souvenant de la raison de leur présence ici. « Oh, et puis, il y a une porte derrière l’estrade, c’est l’entrée des professeurs. Elle est inutilisée, on ne risque rien. Et puis elle débouche sur un raccourci » . Il n’arrivait pas à croire qu’il venait de trouver une solution pour écourter un peu plus leur petite balade. Il fronça les sourcils. « On est pas obligés de rester là, tu sais. ».


Dernière édition par Gale Hemmens le Ven 8 Juin - 16:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
Etoiles : 11641

Piece of Me
Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
Glee club favori : Awesome Voices
Vos relations:
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyDim 27 Mai - 1:24

Ecaterina se surprenait. Entrevoir ce cliché lui avait fait un pincement au cœur, mais elle l’avait bien encaissé. Elle n’avait pas paniqué, ni tenté de prendre un prétexte pour s’enfuir, elle avait rangé cette donnée dans un coin de son cerveau, se sommant de garder la tête froide pour ne rien ruiner. Si fort d’ailleurs, que le rythme de son palpitant ne s’était même pas affolé, gardant cette feinte sérénité vite recouvrée suite à leur premier échange dans le hall. Il était courant d’avoir des photos de ses amis. Elle-même gardait des clichés des siens, ça ne signifiait pas pour autant qu’elle nourrissait de profonds sentiments à leurs égards (malgré ce que Charlie pensait, Cat n’était pas une lesbienne refoulée), ou qu’elle s’accrochait à la perspective que rien ne fût perdu. Et puis, ça lui faisait plaisir de savoir qu’il gardait de bons souvenirs d’elle. Il aurait tout juste pu garder en mémoire la fois où ils s’étaient quittés. Au lieu de ça, il avait sa photo placardée dans son casier ; ça la touchait. Ça n’effaçait pas le mal qu’elle lui avait fait, ni la culpabilité qui la rongeait, cependant, c’était un lot de consolation qu’elle n’était pas prête à partager avec quiconque, même pas avec lui. Ecaterina savait qu’elle l’aimerait toujours, c’était pour ça qu’elle avait tant de mal à s’en remettre. Elle avait passé cinq ans à vouloir, à défaut de pouvoir l’oublier, au moins essayer de vivre avec ses sentiments. Ce qui l’attendait lui faisait peur, elle n’était pas prête à le revivre. Pourtant, elle en avait connu d’autres, elle s’en était sortie. De justesse, certes, mais elle était là ; elle devait apprendre à s’en contenter.

Gale à ses côtés, et les deux andouilles surexcitées pépiant dans son dos, Ecaterina détendit l’atmosphère avec maîtrise. Même s’il lui fallut un temps pour reprendre ses esprits, elle s’aperçut que faire mine de rien lui réussissait bien. Gale, quant à lui, semblait tout aussi empreint à ne pas s’attarder sur cette voie, et intérieurement, elle se félicita de ne pas avoir cédé à son penchant pour la dérobade. C’est quand le jeune homme parla de Jacob qu’elle retourna son minois vers lui, la bouche ouverte, faussement outrée. Elle aurait aimé lui rappeler que ce n’était pas elle qui avait un faible pour JBI, mais bien celui-ci qui la regardait la langue pendante dès qu’elle se montrait, la traquant jusque dans les rayons de la librairie. Aussi, étant donné le mystère englobant la disparition du blogueur, elle n’ajouta rien. On ne disait pas de mal des morts, et elle avait toujours apprécié Jacob (quand il n’essayait pas de lui mettre une main aux fesses, s’entend). Se mordant la lèvre en souriant, Ecaterina appréciait cette complicité inattendue. C’était étrange, mais c’était toujours lorsqu’ils n’étaient pas en couple qu’ils paraissaient être proches, ça rendait les choses plus faciles qu’elle ne l’avait supposé ; tout lui paraissait très naturel. Ne pouvant, toutefois, s’empêcher de noter la présence d’intrus, elle les cita pendant que sa main se risqua à frôler le bras de son ami. Visiblement, il était trop tôt. Embarrassée par ce geste qu’elle n’avait pas prémédité, elle se contraint à s’éloigner d’un pas. Le jeune homme présenta les deux pots de colle comme étant Dwayne et Caleb. Par politesse, Ecaterina se retourna furtivement vers eux, marchant à reculons, pour les gratifier d’un sourire radieux, ne laissant pas transparaître qu’elle pensait qu’ils devaient avoir un problème psychologique pour se sentir obligés de les coller d’aussi près – ou alors que le jean qu’elle portait était trop moulant, ou que celui de Gale l’était encore plus. À cette pensée, elle coula un regard discret pour vérifier, mais se reprit à temps pour retrouver sa position initiale, l’air de rien. Gale lui expliqua leur présence par le fait qu’elle devait les intriguer puisqu’il n’avait pas l’habitude de traîner avec des filles. Cette information eut pour effet d’apaiser la jeune fille. Elle voulut s’exprimer, mais Gale la fit piler nette, si violemment que ses lunettes sur le dessus de son crâne se glissèrent sur son nez. Le fronçant légèrement, elle retira ses lunettes pour les mettre dans son sac avant de lever les yeux pour le regarder. Même si passer du temps seule avec lui l’angoissait (elle n’avait pas peur de lui, c’était d’elle dont elle avait peur), elle ne se sentait pas capable de passer à côté. De fait, elle opina pour réponse, jetant une œillade à Dwayne et Caleb qui s’approchaient. Gale tendit sa main, lui demandant si elle lui faisait confiance. Ecaterina hésita. Elle fixa sa paume, lançant des regards rapides aux garçons qui se frayaient un chemin parmi la foule, puis le reposa sur cette main tendue. Elle n’avait pas le temps de réfléchir à ce que ce contact aurait comme effet sur elle, Dwayne et Caleb étaient trop vifs, et ses tergiversions nombreuses. Alors, mettant ses dialogues intérieurs en sourdine, elle glissa ses doigts entre les siens pour se laisser guider.

Le chemin jusqu’à la porte devant laquelle ils se trouvaient, Cat ne l’avait pas vu défiler. Elle s’était fiée à Gale, à ses épaules carrées qui leur assuraient un chemin tout tracé, et à la force avec laquelle il avait tenu sa main tout du long. La chose qui l’avait fait sortir de sa torpeur, c’était ses propres mains qui s’étaient plaquées contre sa poitrine après une brusque embardée, son visage tout près du sien, son souffle lui caressant les lèvres. Elle avait cru se liquéfier, mais sa voix l’avait fait redescendre. Elle n’avait pas le droit de se laisser atteindre par ce genre de contact, et elle se détesta d’être aussi sensible. Passée cette mésaventure dans les couloirs, Cat constata qu’ils avaient réussi à semer Dwayne et Caleb. Elle aurait dû s’en réjouir, mais quelque chose l’empêchait de se montrer enthousiaste. Elle mit ça sur le compte de son angoisse à l’idée de n’être que tous les deux. Entrant dans l’endroit qu’il lui indiquait, elle lança un dernier coup d’œil par-dessus son épaule, tentant de reprendre une respiration régulière, et tirant sur les manches de sa veste, étonnamment penaude. Cat eut un mouvement de recul en se retrouvant dans l’obscurité en haut de l’escalier. Pas rassurée, elle patienta, attendant que Gale la devance, puis tranquillisée, elle descendit l’escalier à sa suite. Observant l’endroit d’un œil curieux, elle manqua une marche, mais continua sa descente comme si de rien n’était, espérant juste que Gale ne l’ait pas remarqué. Il y avait des endroits de ce genre à Cincinnati. Pas aussi vastes, encore une fois, mais les vieux amphis restaient les endroits préférés des étudiants qu'elle connaissait. Ébauchant un sourire en sautant la dernière marche, elle repoussa ses cheveux avec sa main recouverte par sa manche, pivotant vers Gale. Elle le regarda parler de cet endroit, buvant ses paroles, puis détourna subitement le regard lorsqu’elle croisa le sien, s’intéressant soudain aux dessins sur les murs. Il lui dit qu’ils n’étaient pas obligés de rester. Ecaterina s’astreint à le regarder de nouveau, posant son sac sur un siège à moitié défoncé. Elle était restée silencieuse pendant leur escapade, alors dans un autre sourire timide, elle répondit :

« J’ai du temps devant moi, j’aime bien cet endroit. » Elle fit basculer sa tête en arrière pour regarder le plafond, ses cheveux bouclés flottant dans le vide. Elle regretta de ne pas avoir connu cet endroit lorsqu’ils étaient ensemble, mais elle ne lui fit pas savoir. Elle se contenta de fixer le plafond sombre, sentant comme une boule se former au fond de sa gorge, puis elle finit par baisser le menton, la douleur dans sa nuque lui faisant lâcher prise. De nouveau, elle tira sur ses manches, et faisant un pas en avant vers l’estrade, elle se tut. Elle ne se sentait plus si à l’aise que dans les couloirs bondés. La tension était palpable ; il n’y avait plus personne pour agir en catalyseur « Gale, qu’est-ce qu’on fait ? » Elle fronça les sourcils, s’apercevant du double sens de sa question, et reprit d’une petite voix « Je veux dire, qu’est-ce qu’on est l’un pour l’autre ? On est des amis, des ennemis, ou juste des ex qui essaient de faire amende honorable ? » Elle se mordit furtivement la lèvre, glissant ses pupilles sur le jeune homme, le regardant vaguement pour ne pas avoir à affronter directement son regard. Dit à voix haute, ça paraissait ridicule ; ils n’arriveraient jamais à être amis, encore moins à être ennemis, et se sentant soudain stupide, elle se hâte d’argumenter, prenant un soin tout particulier à ne pas fixer ses yeux trop longtemps « On devrait en discuter maintenant. Ça ne sert à rien de faire durer les choses jusqu’à ce que tout finisse par aller mieux. Je n’ai pas envie d’avoir cette conversation quand tout sera tassé, et qu’on sera censé avoir tourné la page, je… » Sa voix se fêla, la forçant à s’arrêter. Elle baissa la tête dans un sourire de façade, tirant maladroitement sur un petit fil échappé de la couture de la manche de sa veste. Mais après avoir déglutit, elle poursuivit avec douceur « Peut-être que si on s’est croisés aujourd’hui, c’est pour mettre les choses à plat. Autant utiliser ce hasard pour nous éviter de ruminer, et de nous faire encore plus de mal. » Elle glissa rapidement une mèche de cheveux derrière son oreille, gênée par le fait qu’elle osait encore une fois mettre les pieds dans le plat. Puis, se décidant enfin à affronter le regard de Gale, elle leva la tête en reprenant lentement sa respiration.


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 8 Juin - 22:39, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyMer 30 Mai - 0:30

Le jeune homme se demandait bien quel curieux hasard l’avait conduit à s’isoler dans un endroit pareil. Il se souvenait parfaitement de la façon dont s’était terminée sa dernière entrevue en tête-à-tête avec Ecaterina, pourtant il venait sciemment de refuser la protection qu’offrait le brouhaha habitant les couloirs. Il aimait se dire qu’il n’y avait aucune raison de redouter ce genre de situation, mais ces derniers temps, les faits concordaient peu souvent avec ce qu’il prévoyait. Il n’y avait qu’à voir avec quelle habileté il s’était arrangé pour serrer la jeune fille contre lui quelques minutes plus tôt, frissonnant au contact de ses mains pressant sa poitrine. C’était plus fort que lui, il avait besoin de sentir Ecaterina près de lui, et même si la nature de leur relation avait changé, ne pas garder une certaine proximité avec elle, c’était beaucoup trop lui en demander.

Il vivait leur rupture beaucoup moins bien qu’il ne le laissait paraître : il refusait chacune des sorties que lui proposaient ses amis et lorsqu’il était seul, le soir, il ne trouvait rien de mieux à faire que serrer contre lui les pulls qu’avait portés la jeune femme. Parfois, il lui arrivait de retrouver quelques cheveux blonds déposés sur le tissu, découvertes qui ne faisaient que lui infliger davantage de chagrin. Gale avait pourtant bêtement cru que les choses seraient moins pénibles qu’elles ne l’avaient été après son départ cinq ans plus tôt, qu’il était prêt à encaisser le choc, mais il devait bien admettre que savoir la jeune femme si proche de lui sans pouvoir lui parler était pire que tout.

Les sentiments qu’ils avaient éprouvés l’un pour l’autre étaient inébranlables, et Gale jugeait qu’ils méritaient une seconde chance—une seconde chance en amitié, se corrigea-t-il. C’était pour cette raison qu’il avait choisi de venir ici, à l’abri des railleries étudiantes, dans ce havre de paix et d’intimité. Très peu d’élèves en connaissaient l’existence—Caleb et Dwayne eux-mêmes n’étaient pas au courant—si bien qu’il n’était pas très surprenant qu’ils fussent seuls à cette heure-là. Le jeune homme espérait simplement ne pas effrayer la jeune fille en la contraignant de devoir supporter son unique présence. Il se détendit un peu et un sourire contrit se dessina sur son visage lorsqu’elle lui confia qu’elle aimât cet endroit. Son regard loucha pendant quelques secondes sur ses boucles dorées mais, penaud et troublé, il s’arrêta sur son visage, acquiesçant d’un hochement de tête.

Passant sa langue sur ses lèvres sèches, le blondinet réfugia ses mains dans ses poches, ses pupilles toujours rivées sur la jeune femme, tout en cherchant ses mots. C’était ironique : il avait tellement de choses à lui dire, tellement de questions à lui poser qu’il resta muet, sans pouvoir rien faire hormis dévier son regard de temps à autres pour éviter de créer un malaise. Il mourait d’envie de savoir ce qu’elle avait fait depuis qu’ils s’étaient quittés, comment elle allait, mais toutes ces interrogations mêlées dans son esprit le firent réaliser un peu plus à quel point il avait sa part de responsabilité dans tout ça—c’était douloureux. C’est Cat qui prit les choses en mains, prenant la parole une seconde fois.

Sa première question le fit douter, mais ses traits se détendirent lorsqu’elle s’expliqua. Etonnamment calme et détendu, le jeune homme ne l’interrompit pas, se contentant de garder un air sérieux face aux interrogations de la blondinette. Elle avait entièrement raison, il était vital pour eux de parler de tout ça au plus vite, plutôt que contourner indéfiniment ce pénible sujet. Il ne put s’empêcher de ressentir un pincement au cœur lorsque le terme "ex" parvint à ses oreilles—comme si, du seul son de sa voix, la jeune femme venait d'anéantir tout éventuel espoir. Il n’était pas dupe, mais c’était toujours difficile à avaler. Déglutissant pour se débarrasser de cette boule au fond de sa gorge, le garçon n’attendit pas longtemps avant de se prononcer. Il avait trop souvent cherché à planifier ses moindres paroles, et quelque chose lui disait qu’à cet instant, c’était de spontanéité dont avait besoin son amie.

« Je ne sais pas », laissa-t-il échapper dans un murmure presque silencieux, éclaircissant sa gorge pour reprendre, les yeux vacillants. « J’ai beaucoup réfléchi sur comment vont se passer les choses depuis notre… hmm… enfin, tu sais ». Il ne comprenait pas pourquoi c’était si difficile de mettre des mots sur leur rupture mais préféra laisser ce malheureux détail de côté, reprenant calmement son souffle. « La seule chose dont je suis sûr c’est que je n’ai pas envie de te perdre, c’est trop difficile de continuer à vivre en faisant comme si tu n’existais pas. Ça ne rime à rien. » Fixant le bleu de ses yeux, il secoua la tête de gauche à droite pour affirmer ses propos—il était sincère. "Rester amis", c’était incontestablement la résolution la plus hypocrite après une rupture, pourtant dans leur cas, Gale y croyait dur. De toute façon, cinq ans de son existence avaient suffi à lui prouver qu’il ne pourrait jamais oublier son premier amour. A quoi bon lutter ?

« Les choses étaient plus simples, au lycée. On pourrait essayer d’être amis comme à l’époque. Si tu es d’accord… » acheva-t-il, haussant les épaules et esquissant un demi sourire sur cette dernière phrase. Il n’avait pas entièrement raison, les choses au lycée étaient déjà très compliquées entre eux. Mais il gardait malgré tout d’excellents souvenirs de leur période d’amitié, marquée par leurs rencontres souvent imprévues. Être amis leur avait réussi, c’était un fait. Pour autant, avoir traversé une rupture douloureuse les empêchait-il de retrouver ce même genre de complicité ? Il en doutait : il n’y avait qu’à voir avec quelle aisance ils arrivaient à se parler, comme si tout allait bien.

Tiraillé par la crainte d’une réponse négative et ressentant le besoin de gigoter, il pivota sur ses talons et fit quelques mètres pour s’asseoir sur le petit escalier de l’estrade. De guingois, la structure grinça sous son poids mais il parvint à trouver une position relativement confortable en serrant ses jambes et les entourant de ses longs bras. Son regard ne tarda pas à retrouver celui de la jeune fille—ce magnétisme entre eux était presque effrayant. « D’ami à ami », il étira un sourire gêné, « il y a quelque chose qu’il faut que tu saches ». Sa voix grêle trahissait toute l’appréhension qu’il ressentait face à ce qu’il s’apprêtait à lui dire. « J’ai discuté avec Seth. » Il y eut un temps—infime, mais qui lui suffit à se mordre nerveusement la lèvre. « Ça s’est plutôt mal passé—très mal, en fait. Mais j’ai compris quelque chose. » Il baissa les yeux au sol, avant de poser son front sur ses genoux repliés, les paupières fermées. « Lui aussi, il t’aime beaucoup », avoua-t-il, d’une voix presque tremblante. Sentant ses yeux picoter, il se redressa puis les rouvrit, élargissant un nouveau sourire, comme amusé. « Si tu veux qu’on reste amis, je me sens prêt à faire des efforts avec lui. Autant qu'il faudra. »


Dernière édition par Gale Hemmens le Ven 8 Juin - 16:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
Etoiles : 11641

Piece of Me
Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
Glee club favori : Awesome Voices
Vos relations:
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyMer 30 Mai - 16:31

Durant le court laps de temps que Gale prit pour réfléchir, le cœur de Cat sembla s’arrêter petit à petit. Une nouvelle fois, c’était elle qui abordait le sujet douloureux. Un sentiment déplaisant de déjà-vu l’embarrassa, au point qu’elle baissa la tête, navrée de gâcher la sérénité avec laquelle ils s’étaient parlé depuis le début. Elle n’était pas en colère. Bien sûr, elle l’avait été. Principalement contre elle-même, mais aussi un peu contre Gale. Elle avait mis du temps à accepter qu’il eût gardé secrète sa relation avec Quinn, alors qu'en retour, il ne lui avait fallu que quelques jours pour lui avouer sa faute. Aveuglée par le chagrin, elle en avait fait toute une histoire jusqu’à ce que Charlie la réveille à coup d’oreiller en pleine tête, la sommant d’arrêter de geindre, et lui expliquant avec toute la subtilité dont elle était détentrice (c'est-à-dire aucune) que dans cette histoire, il était inutile de chercher qui était le plus coupable. Charlie voyait juste. À partir de là, Cat avait cessé de vouloir répartir leurs fautes en parties égales : elle était la seule fautive. Ecaterina en voulait aussi à Quinn – Ecaterina en voulait à la Terre entière, à vrai dire. Elle était censée être son amie, elle avait confiance en elle. Quinn savait combien elle tenait à Gale et qu’aussi courte fut-elle à l’époque, leur histoire n’avait rien d’une banale amourette. Elle avait été l’une des seules à avoir de ses nouvelles, Quinn aurait dû la mettre au courant. Ecaterina l’aurait accepté. Elle n’avait jamais eu l’audace d’espérer que Gale l’attende. Pendant leur relation, elle ne l’avait jamais questionné sur les potentielles petites amies qu’il avait eues lorsqu’elle était partie, elle savait juste qu’elles existaient, c’était bien suffisant. Aussi, Cat aurait aimé savoir plus tôt que l’une de ses meilleures amies avait eu une opportunité qu’elle-même n’avait pas eue parce qu’elle en était persuadée : les choses auraient été différentes entre eux.

Mettre une étiquette sur ce qu’ils étaient devenus était important. Pas seulement pour Cat, mais aussi pour Gale. Ça leur permettrait d’avancer, sans doute pas aussi aisément qu’ils le pensaient, mais au moins, ils seraient tous les deux fixés. Ecaterina se souvenait lui avoir dit que leur rupture était temporaire, seulement, elle n’était pas stupide ; les secondes chances existaient, certes, mais dans leur cas, le couple qu’ils avaient formé pendant quelques mois était déjà une seconde chance. Elle doutait que retenter l’expérience une troisième fois ne soit raisonnable. En même temps, tirer un trait définitif sur Gale, c’était impensable ; elle était prise dans un dilemme. En questionnant le jeune homme sur leur avenir, elle lui passait la patate chaude. Elle s’en remettrait à sa décision. C’était lui qui avait le futur de leur relation entre les mains. Peut-être aurait-elle dû le lui dire, mais elle avait besoin d’une réponse spontanée. Ecaterina le connaissait par cœur, elle savait que si elle lui expliquait qu’elle se rangerait à son jugement, il se mettrait à réfléchir, à analyser les faits, à faire une synthèse, et au final, faire le choix qui leur serait fatal. Le regard perdu dans le sol, Cat patienta. Gale mit moins de temps à reprendre la parole qu’elle ne l’avait pensé, et se battant avec son envie de pleurer, elle releva la tête dans un froncement de sourcils. Ce qu’il annonça la rassura ; ils vivaient les choses de la même façon. Le poids qu’elle ressentait au niveau de la poitrine ne s’estompa que brièvement, pourtant, puisqu’elle prit conscience que, si vraiment c’était le cas, il devait souffrir autant qu’elle. Même si elle le savait déjà, s’en apercevoir en direct fut insupportable. Sa vue se troubla encore, et cherchant à reprendre une contenance, elle détourna le visage en se mordant l’intérieur de la joue avec ténacité. Elle eut, cependant, un mince sourire lorsqu’il parla du lycée, affirmant qu’à cette époque, les choses étaient plus faciles. Non, elles ne l’étaient pas non plus. La seule différence étant qu'elle arrivait mieux à gérer ses émotions, et quand il lui demanda si elle était d’accord pour essayer de retrouver cette amitié, elle leva ses pupilles humides vers lui, se contentant d’opiner pour ne pas trahir les larmes qu’elle devait avoir dans la voix. Ecaterina était prête à tout. Même à jouer la comédie de l’amitié retrouvée pour ne pas rompre le contact avec Gale

Glissant une mèche de cheveux derrière son oreille, Cat se sentit mieux. Au moins, elle savait à quoi s’en tenir. C’était plus supportable que de vivre dans la perspective de devoir l’éviter toute sa vie durant. Fermant les paupières dans l’espoir de chasser les larmes bordant ses yeux bleus, elle le regarda ensuite s’asseoir sur la petite marche, et presque instantanément, elle s’approcha davantage de l’estrade. En l’observant, la blondinette se demanda s’il se rendait compte qu’elle était différente. Du moins, dans sa façon de se comporter. Elle devait avoir l’air plus vulnérable que jamais, mais elle ne tentait même pas de retrouver cette posture fière et ce sourire qu’elle arborait naturellement. Lui aussi était différent. Ecaterina n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui lui faisait penser qu’il avait changé, mais elle le percevait, c'était tout. Accusant silencieusement le coup, Cat croisa son regard alors qu’il reprenait la parole. Elle ébaucha un faible sourire lorsqu’il lui avoua avoir quelque chose à lui dire, et s’approcha d’un pas de plus pour se retrouver en face de lui. Le sentiment d’apaisement qu’elle avait ressenti plus tôt se dissipa quand il parla de Seth. Il lui avoua qu’ils s’étaient parlé, et que ça s’était mal déroulé. Seulement, il avait fini par comprendre qu’il l’aimait beaucoup, lui aussi. Elle le fixa avec plus d’insistance, plissant légèrement les yeux – ce qui aurait pu anticiper un reproche de sa part. Mais à la place, elle redressa la tête, pivota sur ses pieds, et vint précautionneusement s’asseoir à côté de lui en disant :

« Vous avez plus de points communs que vous ne l’imaginez, je suis sûre que vous pourriez être amis… » Elle marqua une pause puis s’empressa de reprendre « Dans une autre vie. » Elle élargit son sourire à cette hypothèse grotesque, tentant de se faire toute petite aux côtés de Gale. Appuyant son dos contre la marche derrière, elle chercha un point invisible au loin en posant ses paumes moites sur ses genoux repliés « Écoute, je ne peux pas te demander d’apprécier Seth. Tu as le droit de le détester, je crois que je t’ai donné toutes les raisons pour le faire. » Doucement, elle tourna la tête pour le regarder, pinçant brièvement les lèvres en balayant chaque détail de son visage ; elle s’arrêta sur ses yeux. Certes, elle avait toujours voulu que Gale et Seth s’entendent, mais elle s'était résignée avec le temps. Pourtant, elle avait essayé. L’hypocrisie qui régnait dans le lien qu’ils entretenaient avait fini par lui peser sur le moral. Alors, elle s’était fait une raison : ils ne s’entendraient jamais. Elle pouvait tout juste leur demander de ne pas s’entretuer. Ne baissant pas le regard, fixant toujours celui de Gale, Ecaterina reprit soudain vie, se contraignant à détourner la tête en ajoutant « On n’est plus ensemble. Tu n’as plus de comptes à me rendre maintenant, Gale. Et moi... moi, je n'ai plus le droit de te demander ce genre de faveur. » Ecaterina pencha la tête sur le côté, clignant frénétiquement des paupières. Elle avait dit ça sans aucune animosité, sa voix était même très douce. Pourtant, elle se sentit obligé d’ajouter autre chose, et lui attrapant la main gauche, elle la serra délicatement entre les siennes « Mais merci, j'apprécie tes efforts et ta franchise. » Elle exerça une autre pression sur ses doigts, moins gênée que tout à l’heure dans les couloirs, avant de le lâcher. Souriant en fermant malicieusement un œil, elle tourna furtivement son buste vers Gale « C’est notre première conversation en tant qu’amis, je trouve que ça nous réussit plutôt bien. » Puis enfonçant légèrement son index dans l'épaule du jeune homme, elle émit un rire timide qui s'amenuisa aussi vite. Elle resserra les genoux, repoussa ses cheveux en arrière, et dévia la tête pour fixer les sièges devant elle. Cat leva les yeux, s'intéressant de nouveau au plafond qu’elle avait longuement regardé plus tôt, puis inspirant une bouffée d’air tiède qui la détendit, elle répéta pour la seconde fois, la quiétude perceptible dans le ton de sa voix « J’aime bien cet endroit. »


Dernière édition par Ecaterina S. Robertson le Ven 8 Juin - 22:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyVen 8 Juin - 16:27

D’ordinaire, Gale détestait plus que tout se laisser ronger par les remords. Fonçant tête baissée, son naturel lui dictait toujours d’assumer les conséquences de ses actes et d’avancer plutôt que s’entêter à savoir si, d’une manière ou d’une autre, les choses auraient pu être différentes—il se savait très rationnel. Pourtant, lorsqu’il s’agissait de son histoire avec Cat, tout ça devenait plus complexe : il s’était en effet, depuis leur rupture, demandé à plusieurs reprises si les choses auraient pu être différentes entre la jeune fille et lui s’il avait pu la retenir cinq ans plus tôt. Ou, plus douloureux encore, il ne cessait de se tirailler l’esprit en cherchant à savoir si lui confier son histoire avec Quinn plus tôt aurait eu un effet différent sur elle. La frustration s’emparait de lui et promettait d’être insupportable, mais à cet instant il s’en fichait. Le moindre espoir d’une relation saine avec la blondinette suffisait à écarter tous les tracas qui pesaient sur lui.

Gale n’était pas un idiot, il savait pertinemment que cette promesse d’amitié serait difficile à tenir : il aurait été insensé de croire que toute son attirance pour la jeune femme disparaîtrait en seulement quelques jours ou quelques mots échangés. Mais le besoin profond qu’il avait de la sentir heureuse était plus fort que tout ça, si bien qu’il s’était fait une raison : elle était bien mieux sans lui, être son ami était la meilleure chose qu’il pût faire pour elle. En y repensant, il avait tant bien que mal réussi à refouler ses sentiments pour elle à l’époque du lycée—rien ne l’interdisait d’en faire autant cette fois-ci. Si encore il en était capable.

Toujours était-il que sa promesse concernant Seth était sincère. En prenant du recul, il s’était aperçu à quel point cette animosité entre eux (injustifiée, au début) avait affecté Ecaterina. Maintenant que tout ça semblait évident, l’impression d’avoir agi en parfait égoïste en refusant de faire des efforts pour apaiser les tensions avec son voisin le chagrinait. Il l’avait compris peut-être trop tard mais ça ne changeait rien au fait qu’il comptait bien se racheter. C’était sans doute bête—elle-même le disait : ils ne se devaient plus rien—mais il estimait que tenir cet engagement était une sage décision. Gale avait changé, sans doute pas radicalement mais il refusait de commettre les mêmes erreurs. Leur amitié ne signifiait en rien qu’il laisserait tomber ses efforts pour lui montrer à quel point il tenait à elle. C’était bien la seule chose qui lui restait.

Les mains de Cat entourant la sienne, Gale afficha un air penaud, cherchant avec incertitude le regard de la jeune fille. C’est seulement lorsque leurs pupilles se croisèrent qu’il abandonna son expression gênée pour sourire. Il se sentait ridicule : quelques semaines plus tôt, ce genre de geste entre eux était presque banal—maintenant, c’était tout l’inverse. Goûtant peut-être à son dernier contact avec la jeune femme, il eut tout juste le temps de serrer sa main pour renforcer un peu le lien, avant qu’elle ne le lâche. Il enfouit ses doigts sous ses cuisses, frottant la texture rêche de la marche sur laquelle il était assis. Baissant son regard vers ses pieds, il secoua légèrement la tête avant de répondre, d’une petite voix : « J’ai détesté Seth injustement. Du moins, au début ». Le jeune homme se mordit la lèvre et coula un regard hésitant vers la jeune fille—il se demanda si elle avait remarqué que, pendant ce temps, il s’était rapproché d’elle. « Alors peut-être que maintenant que j’ai une bonne raison de le faire, je vais réussir à l’apprécier ». Il s’arrêta un instant, se répétant mentalement ses propos, avant de regarder d’un air enjoué dans la direction de Cat et hausser les épaules. « Enfin, "apprécier" ». Il savait qu’elle comprendrait ce qu’il voulait dire.

Il émit un léger rire en réponse à la remarque de la jeune femme. Elle n’avait pas tort : sur la forme, ils s’en sortaient très bien jusque-là. Si le moindre contact n’avait pas eu le don de le décontenancer, le jeune homme croyait même qu’ils auraient pu se féliciter. Mais ça n’était pas le cas—pas pour lui, du moins. Etirant un sourire sincère, il retrouva les pupilles de son interlocutrice très rapidement, reprenant la parole presque aussitôt. « Notre première conversation en tant qu’amis… » il leva le pouce et feignit l’étonnement «… et pas une seule collision ou blessure à l’horizon. Je crois qu’on peut être fiers de nous ». Satisfait de sa boutade, il gloussa et passa une main fébrile sur son visage. « Attends voir », ajouta-t-il, s’approchant sans la moindre gêne vers le visage de Cat. Presque dangereusement—pour lui—il vint frôler du bout du pouce le front de la jeune fille, à l’endroit exact où son menton avait laissé son empreinte, quelques années plus tôt. Sa peau lisse et uniforme le fit s’attarder plus qu’il ne l’avait prévu et, sentant le silence creuser un malaise entre eux, il baissa son regard concentré vers la jeune femme. Il afficha un sourire, à peine embarrassé. « Non, c’est ce que je disais, pas la moindre blessure », conclut-il tout en se redressant pour reprendre un peu de distance.

« C’est dommage ! ». Une lueur de malicieux se mit à briller dans ses yeux—signe ridicule que son humour très douteux s’apprêtait encore à faire des siennes. « J’aurais a-do-ré de faire visiter l’infirmerie. Une prochaine fois, j’imagine » enchérit-il, levant les yeux au plafond. Ecaterina comprendrait parfaitement ce que cette histoire d’infirmerie venait faire là-dedans. Sans en dire davantage, il se releva tout en s’appuyant contre le semblant de rambarde à sa droite mais son regard amusé resta planté dans celui de la jeune fille—il le paya cher. En voulant poser son pied sur la marche suivante, il trébucha et ses fesses vinrent s’écraser sur l’escalier, deux marches en dessous de celle d’Ecaterina. « Ouch », lâcha-t-il avec une grimace. Celle-ci se changea rapidement en un large sourire lorsqu’il perçut le rire de la jeune fille derrière lui. Il se tourna dans sa direction. « On dirait que j’ai parlé trop vite. C’est encore solide, ce truc ! » Et pour cause, l’escalier, lui, n’avait pas bougé d’un centimètre sous l’impact. Soupirant, Gale se résigna à rester assis.

Le constat de la blondinette concernant l’endroit le réconforta : il s’était douté qu’il lui plairait. Elle ne le savait pas mais, l’air de rien, elle était la première personne qu’il emmenait ici, et il l’avait fait plutôt spontanément. Balayant la pièce du regard, les sièges poussiéreux et en piteux état face à lui, il retrouva un air plus sérieux, serein. « Je suis content que ça te plaise, c’est un des meilleurs endroits du coin. Enfin, si tu fermes les yeux sur l’aspect désuet de la chose. » Le bleu clair des yeux de Cat lui décrocha un autre sourire—c’était étrange de la voir aussi grande à quelques centimètres de lui. « Ici, tu peux faire ce que tu veux. Chanter, crier, personne ne te diras rien—non pas que je sois du genre à pousser la chansonnette entre deux heures de cours, hein. » Cessant de débiter des flots de paroles, Gale posa son coude sur son genoux pour supporter sa tête tournée vers elle. Il avait du mal à savoir comment il avait supporté ces quelques jours sans pouvoir lui parler : tout lui paraissait plus simple, quand elle était proche de lui. Il se demandait si leur amitié leur interdisait de passer autant de temps ensemble qu’avant—probablement, craignait-il. « Tu m’as manqué, Robertson », murmura-t-il.
Revenir en haut Aller en bas
Ecaterina S. Robertson
nothing but sunshine and rainbows
Age : 26 ans
Occupation : Bibliothécaire à l'OSU-Lima, auteure publiée, membre des Awesome Voices
Humeur : Changeante
Statut : Célibataire, "collabore" avec Tate Bartowski
Etoiles : 11641

Piece of Me
Chanson préférée du moment : ADELE – Rolling In the Deep
Glee club favori : Awesome Voices
Vos relations:
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyVen 8 Juin - 23:29

Ecaterina ne s’était pas imaginé que la première conversation qu’elle entretiendrait avec Gale depuis leur rupture se déroulerait aussi sereinement. Elle ne s’attendait pas à ce que les insultes fusent, toutefois, elle pensait qu’en le revoyant, le réflexe qui s’imposerait à elle serait de l’éviter. Mais Ecaterina n’avait pas envie de l’éviter, ces pénibles jours à ne plus avoir de ses nouvelles lui avaient fait comprendre qu’elle avait encore besoin de lui. Si tout ce qu’il avait à lui donner c’était son amitié, elle s’en contenterait. Cat n’était pas en position d’exiger quoi que ce soit, elle devait se plier à sa volonté. Elle essaierait de respecter la direction qu’il choisirait de donner à leur relation. Elle avait passé du temps à contrer ses sentiments dans le passé, elle n’était plus à ça près. C’était un retour en arrière qui paraissait moins désagréable qu’il en avait l’air et une certaine nostalgie s’infiltra dans son corps. Cat ne savait pas si elle parviendrait à tenir le choc puisqu’ils avaient vécu une vraie histoire et qu’elle pouvait difficilement se passer de ses baisers ou de sa présence, seulement, elle était prête à faire des efforts pour ne pas tout gâcher une fois de plus. Elle avait détruit son couple, elle avait cru être assez forte pour ne pas céder à Seth. Ses principes, sa ligne de conduite, tout avait volé en éclat dès lors qu’elle lui avait demandé de venir l’aider dans cette cabine d’essayage. Elle s’en voulait, elle n’était pas ce genre de filles. Toujours est-il qu’entre Gale et Ecaterina, ça n’avait pas fonctionné comme elle l’avait souhaité. Finalement, elle se demandait si Seth était vraiment la cause de leur rupture ou s’il n’avait été que l’élément déclencheur de ce qui leur flottait au-dessus de la tête depuis le début de leur relation. Elle avait aimé être avec Gale, elle l’aimait tout court, mais ça ne collait pas. Aussi ne restant jamais sur un échec, Cat se donnerait du mal pour qu’au moins leur amitié tienne la route. Cette nouvelle optique eut l’effet de la rebooster en un éclair, c’était tout ce dont elle avait besoin. De Gale et d’un but à atteindre. Elle avait la sensation de revoir la lumière au bout du long tunnel dans lequel elle était prisonnière. Malgré le fait qu’elle ressentait encore des sentiments très ambigus à l’égard de Gale, Ecaterina se sentait sereine à ses côtés, et soudain, la perspective d’aller rejoindre Charlie lui parut bien morose face à celle qui se présentait à elle. À savoir de rester dans cet endroit paisible pour discuter avec son nouvel ami.

Cat n’avait jamais eu de mal à comprendre les ressentiments que Gale nourrissait envers Seth. Bien sûr, ça l’affectait, mais elle saisissait le pourquoi de son malaise. Ecaterina se mettait à sa place. Elle-même ressentait une certaine jalousie vis-à-vis de Quinn depuis qu’elle était au courant de son aventure avec le jeune homme. Elle savait que vivre à proximité d’un type qui lui avait en quelque sorte volé sa place ce n’était pas une pilule facile à ingurgiter. Surtout quand on voyait la complicité que Seth et Cat avaient gardée même après leur rupture – complicité qui était de l’histoire ancienne. Comme leur couple et comme tout le reste. Ecaterina n’en voulait pas à Gale, elle ne mentait pas lorsqu’elle disait ne pas vouloir l’obliger à apprécier quelqu’un qu’il n’aimait pas. Elle avait tenté d’apaiser les choses au début, mais aujourd’hui, elle ne lui en tenait plus rigueur. Se contentant donc de lui sourire quand il lui fit part de son raisonnement alambiqué concernant ses rapports avec Seth, Ecaterina détourna les yeux. Elle n’avait rien contre le professeur d’Espagnol. Elle estimait juste qu’il n’était pas le bienvenu dans leurs retrouvailles. Elle se souvenait comment les choses s’étaient terminées la dernière fois qu'elle avait osé glisser son prénom dans la discussion, c’est pourquoi elle n’ajouta rien à son sujet.

« Parle pour toi. J’ai encore la trace de tes doigts entre les miens, regarde. » répondit-elle avec mauvaise foi à la tentative du jeune homme de faire écho à leur première rencontre, il y a cinq ans. Elle tendit sa main, celle qu’il avait tenue fermement pendant le trajet les menant jusqu’à l’amphithéâtre désert, pour appuyer ses propos. Comme elle s’y attendait, il n’y avait aucune trace de doigts juste les bagues qu’elle portait qui scintillaient à la lumière sommaire projetée derrière eux, ce qui la fit sourire. Elle s’apprêta à renchérir pour corriger le tir, mais Gale s’approcha près de son visage. Ne s’y attendant pas, Ecaterina resta immobile et suivit du regard le mouvement de sa main qui s’attarda sur son front. Elle retint son souffle au point de ressentir un manque d’air dans ses poumons, accélérant le rythme de son cœur (elle préférait prétendre que le manque d’air en était la cause, pas cette proximité qui la tuait). Elle, elle n’était pas prête pour ce genre de contacts. Leurs mains pouvaient se frôler, elle parviendrait à le gérer sans peine, mais ce genre de caresse à peine dissimulé, elle ne pourrait pas les supporter. Lâchant des yeux la main de Gale, Ecaterina planta son regard dans le sien, évitant par tous les moyens de le laisser vadrouiller ailleurs. Elle n’avait qu’à laisser glisser ses pupilles pour avoir une vue précise de sa bouche. A ce moment, c’était très dangereux, alors elle le fixa droit dans les yeux. Ne reprenant pas son souffle, elle se sentait incapable e de lui demander d’arrêter. Le silence qui s’installa entre eux pendant que son pouce dessinait une ligne invisible sur son front lui fit lâcher prise et s’éloigner d’elle. Ecaterina ne bougea toujours pas, mais cilla plusieurs fois avant de se souvenir de respirer puis tourna la tête pour reporter son regard sur la dernière rangée de sièges au loin. Une seconde de plus et elle aurait défailli.

Ayant du mal à s’apaiser, Cat se mordit le bout de la langue et crispa ses doigts sur ses genoux. Elle aurait pu se lever pour instaurer de la distance entre eux, mais elle ne parvenait pas à se motiver pour reprendre vie et se bouger les fesses de cette marche inconfortable. C’est la voix du jeune homme qui la fit sortir de sa torpeur, et par réflexe, elle le regarda pendant qu’il se levait. Visiblement, il avait plus de volonté qu’elle, Ecaterina le remercia mentalement d’être aussi fort. Cependant elle sourit quand il parla de l’infirmerie, baissant la tête aussi vote. Les souvenirs de leur première rencontre étaient nombreux, elle se demandait s’il parvenait à se souvenir aussi bien de cette matinée qu’elle, car elle, elle avait une vision très nette de leur collision, de la façon dont elle lui avait dépeint McKinley et des premiers regards condescendants en leur direction. Sans parler du sentiment étrange qui l’avait rongé lorsqu’elle l’avait quitté devant cette salle de classe pour son premier cours. Elle disait souvent qu’elle était tombée amoureuse de lui toute de suite, ce n’était pas une image. Elle ne s’en était pas aperçue, mais c’était un fait. Se préparant donc à suivre son exemple, Ecaterina faillit se lever, mais Gale perdit l’équilibre avant, tombant à ses pieds et elle se mit à rire bêtement. Elle aurait dû s’enquérir de son état, lui proposer de vérifier si tout allait bien (quoi que lui demander de baisser son pantalon pour inspecter la zone d’impact n’était peut-être pas une bonne idée), mais tout ce qu’elle fut capable de faire, c’est de rire encore plus fort ; elle sentit la pression descendre à chacun de ses éclats. Dieu merci, il n’avait pas perdu de sa maladresse depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus !

Son rire rauque s’amenuisa, et Cat glissa une mèche de cheveux derrière son oreille avant de poser son coude sur son genou, regardant Gale, les yeux brillants. Il lui expliqua que dans cet amphi, on pouvait faire tout ce que l’on voulait. Levant ses pupilles en l’air, elle détailla le plafond crasseux en plissant les paupières et elle sourit en disant « Ta forteresse de solitude. » Elle posa son deuxième coude sur son deuxième genou, les resserrant et joignant ses mains devant elle pour baisser le regard vers le jeune homme ; en tendant ses index, elle frôla l’épaule de Gale volontairement « Superman. Son repaire secret s’appelle la forteresse de solitude. » Avant de rencontrer Seth, Cat n’avait pas ce genre de référence. Gale le savait, et la jeune femme se sentit embarrassée d’avoir usé de cette comparaison. Elle alors baissa le menton, affligée par sa maladresse et ajouta « Enfin la sienne est faite de cristal. La tienne de crasse et de graffitis, c’est plus vivant. Je suis certaine que toute une génération d’étudiants a inscrit des choses sur ces murs, il doit y avoir beaucoup de lecture. » Elle ébaucha un autre sourire en renversant sa tête sur le côté, mais en ne la relevant pas et ses cheveux dégringolèrent le long de son épaule. Il lui dit qu’elle lui avait manqué. Sentant son cœur s’accélérer, Ecaterina opina, se mordant la lèvre et décollant ses mains qui devenaient moites « Je sais. » Elle n'osa pas le regarder, concentrant son regard sur le sol « Toi aussi, Hemmens.» avoua-t-elle tout bas.

Tout à coup, elle sauta sur ses pieds pour se lever. Elle descendit les marches, prit le temps d’ébouriffer la tignasse du jeune homme avec sa main, et une fois en bas de l’escalier, elle se retourna, la mine illuminée « Mon père sera en ville, le mois prochain. Il veut vérifier en personne si sa petite fille se porte bien, si elle a grandi. Ça doit faire trois ans que je ne l’ai pas vu, j’ai hâte. » Elle émit un rire incontrôlé, balançant ses bras d’avant en arrière comme une petite fille surexcitée tout en contemplant pour la énième fois ce plafond qui la fascinait. Elle se planta ensuite en face de Gale, faisant un pas en avant pour se rapprocher « J’aimerais que tu viennes. Il a entendu parler de toi, il sait pour nous… il n’y aura pas de malaise, et Dorian sera là. » Son expression devint plus sérieuse. Elle fronça les sourcils puis posa ses deux mains sur les genoux du jeune homme pour venir plonger son regard dans le sien « Je sais que c’est bizarre, mais je t’en prie, réfléchis-y. C’est une invitation pour un dîner entre amis, rien de plus. » Cat autorisa une seconde son regard à détailler son visage alors qu'elle esquissa un sourire malicieux « Ça sera toujours mieux que de passer une soirée à fixer ton écran avec Finn qui roupille sur le canapé. » Son visage tout près du sien, la blondinette resserra ses doigts sur ses genoux en penchant la tête et pinçant délicatement les lèvres lorsqu'elle se raidit « Je vibre. » lança-t-elle d'un ton monocorde. Elle retira brusquement ses mains pour se redresser et sortir son téléphone de sa poche. Pas maintenant, pesta-t-elle intérieurement. Fixant brièvement son téléphone, elle le retourna vers Gale en désignant l’écran, tapotant dessus avec son doigt. Elle recula d’un pas résignée puis explicita en insistant grossièrement sur chacun de ses mots « Mon portable vibre, c’est Charlie. » Et enfin elle glissa le téléphone à son oreille en lui tournant le dos. À l’abri de son regard, Ecaterina ferma doucement les paupières subissant les foudres de Charlie qui lui hurlait dans les tympans.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. EmptyMer 13 Juin - 1:55

L’estomac du jeune homme se noua : il ne pouvait plus se refuser à l’évidence, tout ça était bien plus compliqué qu’il ne l’avait imaginé. Il n’en menait pas large. Une fois de plus il avait failli en laissant son besoin irrépressible de contact physique reprendre le dessus, et il s’en voulait tellement qu’il se félicita d’être aussi maladroit. Sa petite chute venait, l’air de rien, de dissiper le malaise qu’il avait lui-même instauré. Foncièrement, il comprenait d’où venait ce débordement d’affection, il avait juste du mal à en accepter le caractère insurmontable. Il n’essayait pas de se mentir : même si leur dernière soirée ensemble s’était achevée tragiquement, il n’avait pas cessé depuis de nourrir un certain manque à l’égard de la jeune fille à tel point qu’il avait longuement hésité à la serrer contre lui lorsqu’il l’avait aperçue, dos à lui, un peu plus tôt—et ce sans se soucier des brimades ou du rejet que cette démonstration d’affection aurait pu lui coûter. Tout ce dont il avait besoin, s’était de sentir son corps contre le sien et son parfum lui envahir les narines—toutes ces choses lui étaient désormais proscrites. Il s’en voulait d’être aussi faible, aussi pitoyable face à elle mais il n’avait pas le courage de combattre ses émotions : sans réfléchir, il lui avoua qu’elle lui avait manqué.

Les mots étaient faibles et la formule un euphémisme mais ils servirent au moins à le soulager d’un poids. Doucement, sa tête se creusa un chemin entre ses mains tremblotantes et il ne rouvrit les yeux que lorsque Cat lui répondit. Ses mots l’apaisèrent d’avantage. Ca n’était pas grand-chose, bien loin de tout ce qu’il aurait pu espérer mais il se sentit plus léger. La voix rauque de la jeune fille était chaleureuse, réconfortante, même ce léger détail était bon à retrouver. Esquissant un sourire un peu timide, il se força à relever graduellement la tête pour se redresser—il trouvait le moyen de passer l’un des rares moments qui lui restait avec elle à se lamenter, quel idiot il faisait. Heureusement, la jeune fille sembla trouver un moyen parfait de mettre fin à ce petit passage à vide : bondissant des marches pour les descendre, elle ébouriffa ses cheveux ce qui fit sourire un peu plus le garçon. « Hé ! », lui lança-t-il d’un ton faussement vexé.

Il ne prit même pas la peine de se recoiffer, fier de pouvoir conserver au moins cette trace de leur petite escapade—il se fichait bien de savoir si le résultat était seyant ou pas. Observant avec attention le trajet de la jeune fille pour ne pas en perdre une seule miette, il fit s’entrechoquer ses genoux et tendit son oreille lorsqu’elle reprit la parole. Elle évoqua une visite prochaine de son père à Lima, ce qui attisa la curiosité du jeune homme : cette partie d’elle-même était encore nouvelle pour le jeune homme. Bien sûr, elle lui avait souvent parlé de ses parents—pas tellement de sa mère, à vrai dire, si ce n'était pour lui parler de son passé de mannequin—mais l’idée de rencontrer le personnage en chair et en os ne lui était jamais vraiment venu à l’esprit jusqu’à cet instant. Mais il s’ôta rapidement cette idée de la tête et fronça les yeux : il n’avait aucune raison de se réjouir, tout ça ne le concernait pas.

Son cerveau se mit aussitôt à bouillir et dans son intense réflexion, le jeune garçon se surprit à tenter de mettre au point un stratagème lui permettant de rencontrer papa Robertson incognito. Lima était une petite ville, peut-être pouvait-il espérer le croiser au détour d’une rue ? C’était ridicule : il ne savait même pas de quoi il avait l’air. Il s’interrompit subitement en entendant la proposition de la jeune fille. Son visage se teignit de surprise et, sans doute pour cette raison, elle s’expliqua. De son invitation ou de ses mains posées sur ses genoux, il était incapable de savoir lequel était le plus gênant, toujours était-il qu’il n’eut pas le temps de répondre : le téléphone de la blondinette se mit à vibrer. Avant qu’il ne puisse recouvrir les mains d’Ecaterina avec les siennes, elle les récupéra pour décrocher et Gale se leva d'un coup.

Il ne put réprimer un rictus en entendant la voix de Charlie au bout du fil et même s’il ne parvint pas à distinguer clairement ses propos, il comprit que leur petite balade était sur le point de prendre fin. Dans un élan de folie, il approcha la blondinette qui était de dos à lui et lui ôta délicatement le téléphone des mains pour le plaquer contre sa propre oreille. Il ne s’était pas trompé : Charlie n’était pas de bonne humeur, et ça le fit sourire plutôt qu’autre chose. « Charlie, du calme, ton chauffeur arrive ! », dit-il alors que la jeune fille n’avait même pas encore terminé sa phrase. Puis il raccrocha et posa ses yeux sur une Ecaterina qui, il l’aurait presque juré, semblait impressionnée par cette prise d’initiative. « Bah quoi ? », lui souffla-t-il avec un sourire et les yeux écarquillés « Tu ne voudrais tout de même pas que quelqu’un découvre ma forteresse de solitude, pas vrai ? » Satisfait de sa justification imparable, il sourit et lui rendit son téléphone.

« Pour ta proposition, c’est tout réfléchi. Je viendrai », reprit-il avec un air plus sérieux. « Ca me touche. Vraiment. Je saurai de me montrer digne de notre amitié, et puis », il haussa les épaules, souriant et affrontant le regard de la jeune femme « Et puis, si Dorian est là ! ». Ce détail changeait beaucoup de choses : Dorian avait clairement fait comprendre que sa séparation avec Cat n’avait pas de sens, et Gale avait dû l’empêcher d’aller frapper son cher voisin la dernière fois qu’ils s’étaient vus. C’était une bonne occasion de lui montrer qu’il avait tort. Ou le lui faire croire.

« Bon, j’imagine qu’il est temps qu’on y aille. Apparemment Charlie t’attend sur le parking, je vais t’y accompagner ». Les yeux du jeune homme s’attardèrent sur le petit escalier sur lequel ils s’étaient assis un peu plus tôt : c’était bête mais il savait que désormais il percevrait cet endroit différemment—la prochaine fois qu’il viendrait, ce serait seul. « Je suis vraiment désolé, avec tout ça tu n’as même pas vu la bibliothèque. La prochaine fois, je t’y emmènerai, promis », dit-il tout en se frottant les mains sur son jean. Affichant un air infiniment contrit il prit la direction des marches qui menaient vers la porte qu’ils avaient empruntée en arrivant. Il fit signe à Ecaterina de le suivre. « On y va ? Juré, pas de course infernale cette fois-ci » Il leva les bras en l’air et s’approcha d’elle pour lui murmurer, tout en faisant un clin d’œil : « Après tout, c’est pas comme si on était pressés. »

-Topic Terminé-
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
03. That's the way we get by. Empty
MessageSujet: Re: 03. That's the way we get by.   03. That's the way we get by. Empty

Revenir en haut Aller en bas
 

03. That's the way we get by.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Glee RPG :: 
Archives
 :: Archives Saison 2 :: Episode 3
-