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 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief

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MessageSujet: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Mar 29 Jan - 1:03

«Je suis vraiment navré de l’apprendre... Dieu l’a rappelé à lui bien trop tôt. Comment vivez-vous la nouvelle ?» Prenant un ton affecté, Larry déambulait dans le salon, son téléphone à l’oreille, tandis que Robin avalait avec délice mais en vitesse le parfait au café qu’il lui avait préparé en guise de dessert, assise sur le rebord du comptoir de la cuisine. La blonde féline observait les cent pas de son mari en l’interrogeant du regard la cuiller dans la bouche, mais celui-ci ne lui répondit que d’un moulinet du poignet, trop concentré sur le discours tenu à l’autre bout du fil. «Elle doit venir vivre chez vous ?» L’écrivain fit demi-tour pour se rapprocher de la cuisine et entourer de son bras libre la taille de sa femme. Ponctuant le discours de son interlocuteur d’approbations et d’interjections diverses, il déposa un baiser discret sur les lèvres rouge sang de son épouse avant de se lécher malicieusement les babines avec un clin d’œil. «Si je peux faire quoi que ce soit, surtout n’hésitez pas. Ta femme et toi êtes toujours les bienvenus chez nous.» Ouvrant grand les yeux en mimiquant une expression de vive douleur alors que Robin s’était mise à pincer la main descendue sur ses reins, son ton restait impassible et grave au téléphone. «On se voit dimanche. Oui... Oui je n’y manquerai pas. À bientôt !» Une fois le téléphone raccroché, il entoura sa femme de ses deux bras et l’attira à lui pour l’embrasser avec passion. «Vous avez été une très vilaine fille Madame Faithorn. Essayer de détourner votre pauvre mari du droit chemin d’une conversation aussi sérieuse, tout ceci mérite punition.» Un regard par dessus son épaule à l’horloge pendue dans le salon lui rappela qu’il n’aurait pas le temps de la punir et qu’elle allait bientôt devoir le quitter pour s’en retourner au pays des enfants vulgaires, assoiffés de popularité et pas de connaissance. Avant même qu’elle ne s’attaque à l’interrogatoire auquel il n’échapperait pas, il entama prestement son compte-rendu. «C’était Pierce. Il vient de perdre son père, et ils comptent prendre sa mère en charge chez eux. Ces gens sont décidément bien trop chrétiens pour leur propre bien... Ça fait quelques jours déjà, et l’enterrement devrait avoir lieu prochainement. Je n’ai pas posé plus de questions, ils vont certainement nous tomber dessus à l’église dimanche.»

Rêveur, il resta dans les bras de Robin quelques instants de plus en réfléchissant aux conséquences que pourraient avoir cette nouvelle pour ses affaires. Si le trafiquant avait décidé de mettre un frein à ses activités narcotiques, le cas Holcomb-Pierce n’avançait pas aussi facilement qu’il l’aurait voulu et commençait à lui causer du tracas. Lima qui était pourtant une ville d’ordinaire plutôt calme regorgeait de flics. Et puis il y avait eu ce casse à la bijouterie qui avait mal tourné. Du travail d’amateur, c’était certain. Se laisser prendre de cette manière, sans complice, c’était tout simplement à hurler de rire, surtout si l’on considérait la valeur du butin. Même un mauvais braquage de banque dans un western spaghetti aurait été plus convainquant. Toutefois, cet écart dans le traintrain des excès de vitesse en tracteur avait mis tout le commissariat sur le qui-vive et le couple n’avait plus autant de largeurs qu’auparavant. La presse traquait tous les détails fumants qui régaleraient la classe moyenne des banlieues résidentielles en mal d’action. Les badauds prêtaient attention à tout ce qui les entourait dans l’espoir de déjouer les plans du prochain criminel. Les échoppes du Vieux Quartier avaient même fait réparer les systèmes de vidéo surveillance. Comment voulez-vous épuiser des stocks de pilules dans ces conditions ? Le shérif-adjoint avait joué les héros, le shérif allait sûrement vouloir faire une démonstration d’autorité en envoyant patrouiller dans le centre. Même Adam se méfiait de tout et ne partageait plus aussi facilement ses petites découvertes avec Larry. C’était à la fois très gênant, et très excitant. La perspective de berner tous ces gens armés jusqu’aux dents lui donnait des frissons. Il se voyait déjà à la tête de la trésorerie de la veuve sans avoir jamais été ennuyé par les autorités. Mais il lui fallait encore un plan d’attaque. Et pour élaborer ce plan, il fallait qu’il aille reconnaître les lieux en personne et mette la main sur les dernières informations concernant la sécurité des lieux dont il avait besoin pour entrer en phase deux. L’observation était primordiale, mais à trop attendre l’occasion allait finir par lui passer sous le nez. Il le savait. Il le sentait. Tout au fond de lui ses tripes lui disaient qu’il devait se lancer maintenant. Robin avait parfaitement joué son rôle en collant dans les pattes de la jeune fille le mouchard grâce auquel ils écoutaient les conversations qui avaient lieu dans la maison. Leurs heures d’écoutes n’avaient finalement donné que bien peu de résultats. Quelques échanges avec le comptable qui s’était depuis envolé, apparemment sans la caisse. Des indications plus précises sur ses petites habitudes, ses allers et venues, ses invités surprises ou pas. Dans le cas d’un travailleur quelconque il était facile de trouver son rythme et de viser ses absences. L’oisiveté de Brittany en revanche était plus dure à cadrer. Elle semblait agir selon son bon vouloir sans jamais vraiment tenir compte de l’heure du jour ou de la nuit. Plusieurs mois d’écoute s’étaient écoulés depuis la fameuse réunion Tupperware organisée par Robin, et malgré leurs efforts ils n’avaient pas même pu esquisser un début de cycle. Mais il en fallait bien plus à Larry pour baisser les bras.

Déposant un dernier baiser dans le cou du professeur de littérature, il lui caressa la joue tendrement. «Allez file, tu as des ignorants à éduquer. Je pense que je viens de décrocher mon ticket pour l’appartement de notre veuve.» dit-il avec un sourire enjôleur. «Il faut récupérer ce micro avant qu’il ne devienne embarrassant. J’ai remarqué qu’elle s’était rapprochée d’un policier ces derniers temps, s’il tombe dessus nous allons encore devoir brouiller les pistes et retarder la frappe.» L’accompagnant jusqu’à la porte, il l’aida à enfiler sa veste en gentleman et ouvrit la porte avec une révérence pour l’inviter à sortir. «Si tu reçois un message vide de ma part, trouve le moyen de t’échapper de ta salle de cours et appelle Brittany. J’aurai besoin d’une diversion si je veux récupérer cette maudite peluche.» ajouta-t-il appuyé contre le battant de la porte alors qu’elle descendait déjà la première marche. Quand bien même elle n’eût pas entendu sa phrase en entier, elle connaissait d’instinct la marche à suivre. Toutes ces années à travailler ensemble avait créé entre eux un lien quasi télépathique si bien qu’une fois en action, ils se passaient de mots. Sortant sur la balcon qui donnait sur la fontaine, il attendit que la voiture sorte de sa place de stationnement et la suivit un instant du regard. «Bon !» déclara-t-il jovial en tournant les talons. Ce n’était pas le tout, mais il avait une licorne à voler et des condoléances à présenter.

Il ne lui avait pas fallu plus de trois minutes pour arriver au pied de l’immeuble de sa presque voisine. En dépit de la proximité de leurs appartements, il n’avait jamais rendu visite à Brittany, pas plus que Robin. Ils s’étaient stratégiquement rapprochés de ses parents à la paroisse, mais ne voulaient pas éveiller les soupçons en s’intéressant à elle plus que cela. Ils étaient intraçables. Leur couverture était parfaite. Pas une fissure dans la vie des chrétiens Faithorn, membres dévoués de la communauté de Lima. Sue Sylvester elle-même avait besoin d’eux. Derrière ses grosses lunettes de soleil noires, il salua le portier qui le laissa entrer sans même lui demander de décliner son identité, comme si le costume trois pièces qu’il avait revêtu en dépit de la chaleur estivale suffisait pour coller au standing de l’endroit. L’ascenseur le mena droit vers le dernier étage où l’on ne trouvait qu’une seule porte au bout du couloir sur laquelle il frappa trois coups secs. C’était presque trop facile. Un appartement isolé dont l’isolation sonore avait l’air de grande qualité pour ne pas indisposer les riches locataires, voilà qui leur permettrait de retourner l’endroit sans crainte d’être repéré par le voisinage. Il s’en réjouissait d’avance. Laissant son regard scanner l’endroit en quête de caméra ou de capteur de mouvement, la porte laissa enfin place à la millionnaire qu’il salua en la prenant dans ses bras. «Brittany... Toutes mes condoléances. Je suis venu dès que j’ai appris la nouvelle.»
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Dim 3 Fév - 12:20

« Tu vas bien ? … Oui, Whitney, je sais que grand-pa’ est mort. Ce que je te demande si c’est tu as besoin qu’on aille se vider le cœur ? Il y a un nouveau dessin animé 3D au cinéma, on… D’accord, Winnie, d’accord, comme tu veux. Appelle-moi si tu changes d’avis. »

Sa sœur raccrocha sans attendre, sans un au revoir, et Brittany laissa échapper un nouveau soupir. Adossée à une baie vitrée, elle pressa une joue contre le matériau froid, cherchant un peu de répit face à cette fournaise la dévorant depuis la veille. L’appel de sa mère l’avait pris par surprise, autant par sa rareté que par son contenu. Le chagrin l’avait accablé pendant de longues heures et elle avait laissé couler de nouvelles larmes, ses meilleures amies depuis quelques mois.

Mais aujourd’hui, avec un second coup de téléphone lui annonçant que ses parents prendraient sa grand-mère maternelle en charge, la frustration l’avait gagné. Il avait fallu qu’elle insiste (ce qu’elle abhorrait au plus haut point et ne faisait que rarement) pour qu’ils acceptent de la laisser participer aux frais des funérailles et des aménagements nécessaires pour accueillir sa grand-mère. Par ailleurs, son ancienne chambre avait été désignée d’office pour Mamie Joan. Ce qui était tout à fait compréhensible, bien entendu, mais il y a avait probablement de meilleurs moyens de lui annoncer qu’elle n’aurait plus sa place chez les Pierce qu’un « j’ai mis tes vieux posters de Princesse Starla à la poubelle ». Et, comme si cela ne suffisait pas, son père avait refusé qu’elle vienne lorsqu’elle l'avait proposé, prétextant qu’ils avaient bien assez à faire sans l’avoir dans les pattes (ça, c'était sa traduction personnelle, son père était bien plus politiquement correct, bien sûr).

Et voilà que sa petite sœur la snobait elle aussi. Elle était dépitée, désappointée et abattue. Le printemps 2017 était probablement le pire qu’elle ait jamais vécu.


Avec un nouveau soupir (le énième de la journée), Brittany se décolla finalement de la fenêtre et alluma sa chaine hifi. Elle possédait le nec plus ultra de l’audio-vidéo… et il avait fallu une heure à l’installateur pour lui en expliquer les fonctions les plus basiques. Elle s’estimait déjà heureuse de réussir à écouter ses CDs. Elle monta le son pour noyer toute pensée noire qui viendrait la hanter.
Guidée par la mélodie instrumentale qu’elle commençait désormais à bien connaître, Brittany se lança dans quelques vocalises, s’astreignant aux exercices vocaux appris durant les répétitions (des New Directions, par le passé, et des Urban Hymns plus récemment). Les Nationales étaient imminentes, il était impératif qu’elle donne le meilleur d’elle-même à cette occasion. Malgré toutes les horreurs lui étant tombées dessus ces derniers temps, elle se raccrochait à cette passion comme à un phare. Chanter et danser restaient des moyens d’expressions essentiels, lui permettant de canaliser ses émotions et de garder la tête au-dessus de l’eau poisseuse cherchant à l’étouffer.

Plus d'une heure plus tard, Brittany éteignit la hifi sur un dernier tube, Criminal de son homonyme, Britney Spears. Apaisée, l’ensemble de ses muscles agréablement dénoués, elle s’installa dans la position du lotus sur l’épais tapis du salon et inspira profondément. Elle avait commencé à pratiquer le yoga lorsque son conjoint, l’utilisant dans sa lutte contre le cancer, lui en avait enseigné les préceptes. Elle n’était pas très douée pour l’aspect théorique de la chose, la méditation était un objectif difficile à atteindre pour elle, mais les postures l’avaient fasciné : aucune n’avait pu lui résister. Par ailleurs, l’accent mis sur la respiration l’aidait réellement à se détendre. Sans cela, elle aurait probablement craqué il y a déjà plusieurs mois, fondu en larmes dans le cabinet de son médecin et exigé des anxiolytiques. Or, elle l’avait appris il y a bien longtemps à ses dépens, médicaments et Brittany ne faisaient jamais bon ménage. Toutes ces histoires de posologie, c’était d’un compliqué…


C’est dans cette position qu’elle fut interrompue par la sonnerie d’entrée. Curieuse mais enthousiasmée à l’idée d’avoir de la compagnie, Brittany se redressa souplement et lissa machinalement sa tenue : un débardeur et un pantacourt de coton, confortables, aux couleurs pastels. Pieds nus, elle gagna le hall où elle jeta un coup d’œil par l’œilleton de la porte – un réflexe égrainé par tous ses proches, effrayés qu’elle se fasse agressé ou, pire encore, dévalisée – avant d’ouvrir.

« Monsieur Faithorn… Je veux dire, Larry, » le salua-t-elle, surprise (mais loin d’être mécontente : eh, elle aurait tort de se priver) par son étreinte. Ils se connaissaient bien mal, les Faithorn faisant partie du cercle social de ses parents plus que du sien, mais cela suffisait apparemment pour s’appeler par son prénom : ils avaient insisté (là encore, elle n’allait pas s’en plaindre, c’était moins pompeux). « Oh, » laissa-t-elle échapper en réalisant ce qui lui valait cette visite. La veille, elle aurait probablement fondu en larmes à ce rappel, mais le choc initial était passé. « Merci Larry, c’est vraiment gentil de votre part d’être passé. Entrez, je vous en prie, entrez. »

Comme dit précédemment, toute compagnie était la bienvenue. Brittany s’empressa donc de l’accueillir chaleureusement et le guida à l’intérieur, jusqu’au salon et ses énormes baies (murs) vitrées. C'était la pièce la plus lumineuse de son appartement, décorée dans des tons neutres et agrémentée de quelques œuvres d'art finement sélectionnées et disposées. « Robin n’est pas avec vous ? … Oh, non, bien sûr, je suis bête, elle travaille… au lycée, en tant que professeur, n’est-ce pas ? Excusez-moi, je ne sais parfois plus quel jour nous sommes… Puis-je vous offrir à boire ? à manger ? »
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Dim 3 Fév - 22:25

Ce serait sans doute le vol le plus ridicule de toute sa vie. Robin lui avait assuré que choisir une licorne était leur seul ticket gagnant pour avoir accès à l’intimité de la jeune femme dont tout le monde s’accordait à dire qu’elle était physiquement intelligente, mais guère plus. La serrant tendrement dans ses bras comme l’aurait fait un vieil ami, il s’assura du même coup qu’il ne représentait pas une menace pour elle et qu’elle était prête à lui faire confiance. Comme elle ne se dégageait pas de son emprise et l’invitait même à entrer sans qu’il ait à demander quoi que ce fût, ce point-ci semblait être réglé, et il pénétra dans l’appartement avec son sourire le plus chrétien. Faisant un pas de plus dans le large vestibule, Larry repensait avec amusement au jour où il avait dû faire l’acquisition de la peluche sur Internet et où ils avaient débattu longuement avec sa femme sur le modèle le plus féérique de la liste. Ms. Holcomb était définitivement l’affaire la plus intéressante qu’il ait eu l’occasion de traiter. Pas la plus grosse en terme de butin, ni la plus dangereuse, mais de mémoire d’homme, c’était la première fois qu’ils s’attaquaient à un particulier anonyme. Et il ne s’agissait pas d’une personne banale. Leur spécialité avait longtemps été les bijouteries. Seattle regorgeait de riches entrepreneurs qui ne manquaient jamais une occasion d’organiser de grandes soirées tape à l’œil où ils invitaient tout le gratin, et il n’était pas question de faire son apparition sans rivière de diamants ou boutons de manchettes en platine. Ainsi le monde du luxe s’était développé de manière constante tandis que les banlieues ne faisaient que s’enfoncer chaque fois un peu plus dans la misère et la précarité. Larry venait de ce monde là. Il avait manqué de beaucoup de choses jeune, et il avait su se venger de ces manques en grandissant. Bien loin des Faithorn l’idée de jouer les Robin des bois. Voler aux riches pour rendre aux pauvres, très peu pour eux. Les pauvres n’avaient jamais possédé de larmes en or pendues à leurs oreilles à ce qu’il sache. Et puis le vert n’était pas sa couleur fétiche de toute façon. Ils ne faisaient tout cela que pour l’adrénaline du casse et aussi pour la vie qu’ils pouvaient se permettre de mener à leur tour. Les difficultés s’accumulaient depuis qu’il avait décidé de s’en prendre à la fortune de l’héritière, mais pas une fois il ne s’était découragé. Elle serait sa plus belle réussite. Le plan le plus élaboré, l’exécution la plus rapide. Un coup de maître jamais tenté par personne. Et avant même de pénétrer par effraction, cette petite mise en scène pour faire connaissance avec les lieux faisait battre le sang de manière plus excitante dans tout son corps. Sa jolie proie lui souriait d’un air triste et il s’apprêtait à la dévorer sans qu’elle ne s’en rende compte.

Entrant dans le salon, il fut surpris de la sobriété de l’intérieur. Ce n’était pas une débauche de couleurs ou d’argent comme ce à quoi il s’était attendu pour une jeune femme qui en était passée par le milieu des businessmen milliardaires. Quelques tableaux signés d’artistes en vogue qui valait sûrement leur pesant d’or sans pour autant crever le plafond, des meubles modernes au design épuré, pas de couleur criarde et beaucoup de lumière naturelle. Simplicité avait dû être le maître mot de son décorateur d’intérieur. Il n’en restait pas moins que le matériel dernier cri trahissait son aisance bien supérieure à la moyenne. Restant immobile à l’entrée de la pièce, il prit le temps de scanner l’ensemble du paysage pour tâcher d’y repérer les principaux points d’intérêt et d’éventuelles alarmes. Au plafond il ne remarqua qu’un détecteur de fumée, pas de détecteur de mouvements, pas de caméra de sécurité. Après tout, elle n’avait aucune raison de se sentir menacée, et grand bien lui avait pris de négliger une pièce où l’un des murs n’était constitué que de grandes baies donnant directement sur la place Bellefontaine. Mais pas de licorne. Laissant là son inventaire mental, il s’en retourna vers la jeune femme sans jamais perdre son sourire resplendissant et réconfortant. «Oui, elle ne travaille pas toutes les après-midis mais elle n’a malheureusement pas pu m’accompagner aujourd’hui et je tenais à te présenter mes condoléances en personne. Elle était très triste d’apprendre la nouvelle, je suis sûr que tu auras de ses nouvelles bientôt.» dit-il calmement en posant un instant sa main sur l’épaule de Brittany. Tournant le regard vers les portes fermées, il reprit d’un ton innocent. «Tu as l’air d’avoir beaucoup d’espace. Ton père m’a aussi confié qu’il souhaitait accueillir sa mère chez eux, mais je constate que tu pourrais tout à fait t’en charger avec un tel appartement ! Je suis sûr que Joan aurait de quoi se plaire ici. Mais excuse-moi, je m’égare ! Je prendrai la même chose que toi.» conclut-il sans la pousser encore à quitter la pièce. Il avait besoin de l’interroger un peu plus s’il voulait fouiller de manière méthodique. Si leurs écoutes n’avait pas servi à grand chose pour ce qui était de définir un rythme de vie, ils en avaient toutefois beaucoup appris sur Brittany. Surprenant les conversations téléphoniques en bribes, l’impression qui s’en dégageait souvent était une extrême solitude. Vivre seule dans ce grand espace, Larry pouvait imaginer que les nuits pouvaient être longues parfois, surtout à son âge, et il comptait bien s’assurer que personne d’autre qu’une licorne aux crins roses et argentés ne lui tenait compagnie. «Tu n’as pas de chat ou de colocataire pour te tenir compagnie ici ?» demanda-t-il sans perdre de vue son objectif. «Nous vivons à deux pas d’ici, et j’imagine que ton appartement n’est pas beaucoup plus grand que le mien. Quand je travaille seul à la maison c’est si sinistre parfois...» Dépassant la jeune femme pour aller s’asseoir sur le dossier de l’un des canapés, il posa ses mains de chaque côté de lui comme s’il avait été le propriétaire des lieux. «Je n’arrête pas de répéter à Robin que nous pourrions prendre un chat pour que ce soit moins vide, mais elle se plaint des dégâts qu’il ferait sur ses canapés et me conseille de m’acheter une poupée.» Partant d’un éclat de rire faussement franc, ses qualités d’acteur étaient grandement mises à contribution. «Une poupée... Pour un homme de mon âge, franchement...» Il leva les yeux au plafond une fois de plus pour s’assurer qu’il n’avait rien manqué. «Ça n’a toujours été que nous deux. Je suis heureux comme ça bien sûr, mais quand l’autre n’est pas là...» laissant traîner sa voix songeuse, il soupira comme s’il venait de trahir l’une de ses pensées secrètes et fixa le sol.
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Sam 16 Fév - 17:38

« Merci Larry, votre soutien, à vous et votre épouse, compte beaucoup pour mes parents et me touche, vraiment, » dit-elle, émue par son geste et sa compassion. La blondinette étant très tactile, il était extrêmement aisé de l’attendrir d’un simple toucher.

Brittany laissa son invité prendre ses marques dans le salon. Elle rejoignit sa cuisine américaine, donnant sur la salle à manger, elle-même séparée du salon par une simple arche décorative. L’ensemble formait une pièce extrêmement grande et spacieuse, assez difficile à chauffer en hiver (vive le plancher chauffant), mais très agréable en été, notamment lorsqu’elle avait de la compagnie (ce qui n’était pas aussi courant qu’elle le souhaiterait). La cuisine, elle aussi, était équipée de l’équipement électroménager le plus moderne qui puisse être trouvé, au plus grand damne de Brittany, que tous ces boutons et options insupportaient. Certes, elle aimait cuisiner et ne manquait jamais de rien, mais elle passait parfois tout autant de temps à essayer de comprendre ou se souvenir du mode d’emploi d’un appareil qu’à cuisiner à proprement parler.

« Je pourrais l’accueillir mais je ne pense pas qu’ils me feraient confiance avec elle. Elle doit prendre des médicaments très régulièrement, à une certaine dose, c’est assez compliqué et je n’ai jamais… été très douée pour jouer l’infirmière, » avoua Brittany, contrite. Le nombre de fois où elle s’était trompée dans la posologie de ses propres médicaments, ne serait-ce que pour un rhume ou une migraine… alors lui confier des médicaments contre la maladie de Parkinson, ce n’était pas une très bonne idée.

Non, s’occuper de sa grand-mère n’était pas réaliste. En revanche… elle s'immobilisa un court instant après avoir refermé la porte du frigo. En revanche, elle pourrait proposer à sa sœur de vivre avec elle, elle serait plus libre, loin de l’atmosphère pesante qui régnerait à la maison des Pierce… Et cela offrirait une compagnie constante à Brittany. Oh, comme cela semblait être une bonne opportunité ! Il fallait qu’elle y réfléchisse, oui, oui.
Le sourire aux lèvres à cette excellente idée, elle sortit un large plateau décoré et y empila, verres, carafe et assiette de petits gâteaux. Elle rejoignit le salon avec son précieux fardeau, qu’elle déposa sur la table basse en verre.

« Non, je n’ai pas de colocataire, malheureusement, même si quelques amis passent quelques nuits ici de temps à autres… J’avais un chat mais mon… amie, qui me l’a offert, le garde en ce moment. C’est une sorte de garde alternée. » Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas vu Ashley (son amie plus qu’amie) et Loubou (leur chaton avait désormais bien grandi). « Tenez, Larry, asseyez-vous, je vous en prie. Le thé glacé est tout frais, vous m’en direz des nouvelles. Et les cookies sont de ce matin également. J’ai tendance à cuisiner quand j’ai besoin d’un peu de réconfort, surtout que ce sont des recettes que m’a appris ma grand-mère. »

Elle remplit deux hauts verres du thé froid chargé de glaçons et l’offrit à son invité tout en l’invitant de l’autre main à se servir à volonté en petits gâteaux. Elle-même se saisit du second verre et s’installa sur le canapé de cuir noir. Elle hocha très sérieusement la tête, absolument subjuguée par le charisme de son interlocuteur et la justesse de son discours. Brittany n'était pas très difficile à manipuler et Larry rassemblait toutes les qualités nécessaires pour la mener par le bout du nez : attrayant, charmeur, gentleman, compréhensif et intelligent. S'il n'était pas marié, c'est bien simple, Brittany en serait probablement tombée amoureuse. Heureusement pour lui, elle ne se laissait jamais embarquer par ses sentiments face à une cible déjà casée, question de principe et de survie élémentaire.

« Oh oui, vous avez raison. Certains jours, la solitude peut être écrasante. Les chats offrent une présence très apaisante, » approuva-t-elle, soudainement prise d’une envie pressante de revoir Loubou. Peut-être qu’une visite à Ashley pour récupérer le félin s’imposait… il devait tellement s’ennuyer quand Ash était de garde à l’hopital ! Et, maintenant qu'elle y pensait, il lui ferait un bien fou. « Vous savez, on peut trouver des chats très bien dressés. Bien sûr, ce ne sont pas des chatons, mais si vous allez à un refuge pour animaux je suis sûre qu’ils vous trouveront un compagnon assez calme pour ne pas détruire tout le mobilier. Et si vous amenez Robin là-bas, elle sera incapable de résister en voyant tous ces trésors ! »

Brittany prit une petite gorgée de son thé et s’amusa de l’éclat de rire de Larry. Le sourire aux lèvres, elle le taquina, enthousiaste (probablement un peu trop, laissant ses mauvaises habitudes linguistiques reprendre le dessus) : « Oh, ça ne me surprendrait pas tant que ça ! Les écrivains ont besoin de puits d’inspiration, n’est-ce pas ? Ma collection de peluches et poupées me relèvent toujours le moral, et ils enveloppent l'imagination ! »
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Lun 18 Fév - 22:51

La disposition de l’appartement confinait peut-être au sublime pour les magazines de décoration, mais pour les cambrioleurs dans son genre, c’était un véritable enfer. Trop d’ouvertures, trop d’espaces vides. Les murs eux-mêmes étaient assez nus, mais les rares tableaux lui rapporteraient tout de même une petite fortune s’ils étaient accompagnés d’un joli mensonge. Le marché de l’art n’était pas exactement son dada, mais en cherchant, il dénicherait bien l’ami d’un ami d’une connaissance. Fronçant le nez à la perspective de devoir partager avec un étranger leur petit secret, il se plongea une seconde dans ses pensées alors que les verres clinquaient en fond. Il faudrait envisager de se faire la main avec autre chose avant de se lancer dans cette aventure, pour s’assurer que le jeu en valait la chandelle. Le musée de Lima n’exposait rien qui vaille la peine de préparations longues et ennuyeuses, mais la galerie privée de la ville offrait très certainement de meilleures options. Cela impliquait cependant de repousser encore de quelques semaines son entreprise. Voilà pourquoi il ne donnait pas dans les particuliers. Trop de données aléatoires, pas assez de résultat. Brittany se mouvait sans entrave dans le grand salon comme dans la cuisine qui laissait entrevoir des placards parfaitement imbriqués qui cachaient sûrement un trésor de robots ménagers hors de prix. Le design épuré ne l’arrangeait guère et avec sa couverture, il aurait du mal à lui faire investir dans un paquet de meubles d’ici à ce que la date de l’opération soit fixée. Mais surtout, il ne voulait pas entamer son capital avant d’avoir mis la main sur son coffre fort et tous les papiers dont il aurait besoin pour siphonner ses comptes. Son regard glissa vers le comptoir de la cuisine qui lui rappelait terriblement la sienne, en beaucoup plus propre. Il devrait songer à prendre le numéro de téléphone de sa femme de ménage avant de lever le camp... Tout était un peu trop parfait dans cette maison de poupée. Et pour couronner le tout, cette jolie blonde élancée collait à merveille dans le décor. Il aurait pu prendre un cliché de cet instant et l’envoyer à une quelconque agence de publicité pour vendre du rêve américain à tous les immigrés en mal de pouvoir d’achat. Barbie dans son royaume. Il comprenait à présent l’humour mordant de Robin à son sujet en l’entendant parler de la complexité insoupçonnée du dosage des médicaments. Si Brittany n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer. Ses lèvres s’arquèrent en un sourire narquois alors qu’elle lui facilitait la tâche en écartant elle-même la carte de la grand-mère squatteuse. Avoir une octogénaire sourde et tremblante dans les pattes n’était pas une bonne chose, et il fallait à tout prix l’éviter. Toutefois il ne pouvait s’empêcher de sentir un peu de compassion pour cette pauvre jeune fille qu’il entubait en long, en large et en travers et qui lui en était reconnaissante. Il répondit à son sourire de publicité avec un hochement de tête. «Je comprends... Quel dommage. Mais j’imagine que tu pourras lui rendre visite aussi souvent que tu le souhaites.» répondit-il en admirant l’aisance de Brittany avec son plateau chargé. Elle pourrait toujours servir dans les restaurants quand elle se retrouverait sur la paille. Son sourire s’étendit alors qu’il se laissait doucement tomber dans le canapé faisant face à la veuve.

Il laissa un rire sincère chatouiller sa gorge lorsqu’elle évoqua son chat en garde alternée et saisit un cookie pour en goûter un morceau. Quelle bonne fille, songea-t-il, sa franchise la perdrait. Aller jusqu’à lui détailler le passage de ses “amis”, c’était trop bon de sa part. La licorne qu’il supposait à présent sagement calée entre ses couvertures n’avait rien enregistré qui ne convienne aux chastes oreilles d’une vierge effarouchée de sa chorale favorite, mais il avait du mal à croire qu’une fille aussi bien dotée par la nature et aussi naïve pratique l’abstinence. «Un chat ou un ami, rien de tel pour vous tenir compagnie, même un week-end sur deux... Mais ne le dis pas à Robin !» plaisanta-t-il avec un clin d’œil avant de mordre dans l’un des côtés du biscuit. Il ajouta machinalement à sa liste mentale la présence éventuelle du félin et reprit son badinage social. «Mmmh, ta grand-mère devait être une sacré pâtissière. Je n’ai jamais rien mangé d’aussi bon !» dit-il avec l’assurance et la désinvolture qui accompagnait chacun de ses compliments. «Tu devrais lui en apporter quelques uns, elle en serait sûrement aussi comblée que moi.» Croquant à nouveau dans le cookie pour le terminer, il évita néanmoins la question de ses parents. Les Pierce, tout bons chrétiens qu’ils étaient, avaient clairement renié leur fille aînée après que celle-ci ait décidé d’épouser un homme qui avait plus du double de son âge. Pas besoin d’être à l’affût du moindre détail pour s’en rendre compte. Depuis que Robin et lui les fréquentaient, pas une seule fois son nom n’était venu dans la conversation sans que le couple de voleurs ne l’ait subtilement introduit. Ils poussaient le vice à parfois parler de leur fille sans juger bon de mentionner de laquelle il s’agissait. C’était l’une des raisons qui rendait parfois la tâche si difficile à Larry lorsqu’il s’agissait de se montrer agréable alors que ces gens avaient tourné le dos à leur enfant sans remords. Elle avait perdu son mari, devait vivre seule dans cet appartement sans vie, et comme si cela ne suffisait pas, ils avaient le plus détestable des comportement envers elle. Pourtant elle avait toujours cette candeur qui caractérise d’ordinaire les gens heureux qui n’ont jamais rencontré d’obstacles, et lui parlait des refuges pour animaux comme s’il s’agissait d’une sortie au zoo. Était-elle trop bête pour comprendre qu’elle avait été abandonnée comme ces chatons d’occasion qu’on collait dans les pattes des enfants pour contraindre les parents à les adopter ? Ou bien avait-elle tellement souffert qu’elle ne ressentait plus rien que l’engourdissement d’un chagrin de plus ? Gardant son masque bien en place, il continuait à deviser sur une vie imaginaire sans quitter son regard mais ne put s’empêcher de tiquer à sa dernière phrase.

Quoi ? Son sourcil droit monta en flèche avant qu’il n’ait le temps de garder un contrôle ferme sur ses muscles faciaux. Avaient-il changé de langue en cours de conversation ? Des puits d’inspiration et des imaginations enrubannées, voilà qui était intéressant. Hésitant un instant à la corriger, Larry préféra finalement relever le défi. «Tu crois qu’une peluche m’aiderait à trouver mon puits ?» demanda-t-il avec tout le sérieux du monde. Se laissant tomber dans le fond du canapé dans un soupir dramatique, il secoua la tête comme si tout à coup tous ses soucis venaient de lui tomber dessus. «J’en avais bien une... Mais je crois que Robin l’a donnée.» souffla-t-il en se redressant pour tendre le bras vers son verre et tremper le bout des lèvres dans le thé frappé. «C’était une espèce de poney. Un joli poney magique, avec des crins argentés. Je l’ai reçu en cadeau quand j’ai signé mon premier livre...» Quel succès il aurait eu si son éditeur lui avait envoyé une licorne pailletée en prison. Il réprima avec difficulté le sourire qui montait à ses yeux rien qu’à l’idée. «Il faudra que je lui demande ce qu’elle en a fait... J’ai le moral assis rien que d’y penser. C’était un joli souvenir.» soupira-t-il plaintif. «Mais je ne suis pas venu t’embêter avec mes histoires de licorne ! Je trouverais bien quelque chose.» Il fit mine de remettre ses vêtements en ordre pour s’assurer que son téléphone n’avait pas changé de place et glisser un sms à sa femme si jamais la rentière ne saisissait pas la perche.
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Mer 27 Fév - 22:56

En jeune fille bien élevée, Brittany se retint de corriger son invité. Elle avait probablement eu bien plus d’occasions de visiter ses grands-parents lorsqu’ils vivaient seuls en pleine campagne qu’elle n’en aurait pour voir sa grand-mère en banlieue chez ses parents. Ce serait le cas jusqu’à ce qu’elle réussisse enfin à se réconcilier avec son père (un peu borné sur les bords, il fallait l’avouer) tout du moins. En attendant, il faudrait qu’elle choisisse les bons moments, au milieu de la journée, où elle le savait absent. Malgré tout, elle garda le sourire, bien décidée à se concentrer sur le moment présent. Elle laissa d’ailleurs échapper un rire léger à la plaisanterie de Larry. Il avait vraiment le don pour la mettre à l’aise et la distraire.

« C’est une excellente cuisinière, elle a travaillé dans un restaurant pendant un moment. Moi, je suis quand même plus douée pour servir que pour cuisiner, » avoua Brittany avec un haussement d’épaules désinvolte. Elle se débrouillait bien tant qu’il lui suffisait de suivre une recette mais créer quoi que ce soit par elle-même était plus hasardeux. Elle avait conscience de ses propres limites. Ayant travaillé pendant plusieurs mois à Breadsticks, elle se savait plus à même de jouer aux équilibristes qu’aux alchimistes. « C’est une bonne idée ! Je pourrais peut-être même l’encourager à cuisiner avec moi, » s’enthousiasma-t-elle à la suggestion de Larry. Réaliser une activité ensemble ne pouvait être que positif et cela les motiverait toutes deux. Et si elle pouvait convaincre sa mère de se joindre à elles, ce serait tout bénéfice pour leurs relations. Elle adressa un nouveau sourire rayonnant à Larry. Il n’y a pas à dire, il lui était bien plus agréable que son épouse (non pas qu’elle ait été désagréable, Robin était plutôt… imposante).

Totalement conquise par son interlocuteur, Brittany lui aurait probablement donné le bon Dieu sans concessions et sans effractions nécessaires. Rencontrer quelqu’un d’aussi agréable, empathique et compréhensif était si rare. Il lui rappelait quelque peu Warren. Elle avait tellement de chance de se rapprocher de deux hommes aussi remarquables ces derniers temps ! Emue par l’histoire de Larry, elle joignit ses mains devant son coeur en prenant sa décision. « Oh, Larry ! Non, non, venez, il faut que je vous montre quelque chose ! »

Elle se leva souplement et le prit gentiment par le poignet pour l’exhorter à se lever. Lorsqu’elle fut sûre qu’il la suivrait, elle se dirigea d’un pas guilleret vers le couloir menant aux chambres de son loft. Les couleurs y étaient un peu plus chaleureuses et les meubles en bois, pour compenser la baisse de luminosité. La porte qu’elle ouvrit dévoila une grande chambre aux nuances de parme et d’aubergine (allez savoir pourquoi, son décorateur d’intérieur avait pris beaucoup de libertés sur sa requête d’une chambre rose). Aucun lit n’y était présent, seul un canapé blanc, des vitrines, plusieurs tables basses, et de nombreux coussins. Sur chaque surface, poupées, figurines et peluches étaient soigneusement installées, les plus fragiles protégées derrière leurs vitres, les plus aimées à portée de main pour une séance de câlins impromptue. Sa collection de licornes comptabilisait probablement plus de la moitié de ses pensionnaires.

« Voilà ! » s’exclama Brittany, radieuse de présenter ses compagnons à quelqu’un qui pourrait la comprendre. « Elles sont toutes là. J'en promène quelques unes parfois, mais ici elles se salissent moins. Vous devriez en choisir une Larry. J’en ai tellement, je pense parfois à faire un peu de tri mais je n’en ai jamais le courage… » avoua-t-elle en laissant son regard se promener sur celles et ceux qui avaient partagé ses rires comme ses peines. Parfois, elle était prise d’adultite aiguë et se surprenait à vouloir s’en débarrasser ‘pour grandir’ mais ça ne durait jamais bien longtemps. A l’époque de son mariage, elle avait réussi à se sevrer quelque peu, se contentant de ses favorites dans sa demeure de New York, mais elle avait rechuté aussi sec une fois de nouveau seule. « Prenez celle que vous voulez, ou même plusieurs, vraiment, j’insiste. »

Comme pour ponctuer cette déclaration, le téléphone sonna dans le salon. Brittany tourna la tête avant de revenir à Larry et d’ajouter : « Prenez votre temps pour choisir ! » Et elle le laissa seul, en bonne compagnie, pour décrocher.
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Sam 9 Mar - 20:39

Larry n’avait jamais fonctionné sans Robin. Depuis ce jour où leurs regards s’étaient croisés dans le rétroviseur de son meilleur ami de l’époque, il avait été incapable de se passer d’elle. Les années de prison avait été une véritable torture, mais il avait gagné en self-control. Dire qu’elle était sa moitié était bien plus vrai que dans n’importe quel autre couple, il en était convaincu. Sans elle, il n’aurait jamais essayé de changer à sa sortie de prison. Sans elle, il n’aurait pas eu le besoin de renier ses bonnes intentions pour lui offrir le meilleur, et l’adrénaline d’une vie dangereuse et imprévue. Sans elle, il n’aurait jamais pu mener ce projet à bien, il n’aurait jamais eu le courage et la rigueur nécessaires pour relancer le marché parallèle de la drogue en ville, la patience de récolter une à une les informations sur Brittany, les officiers de police, l’appartement. Elle était la poigne de fer dans son gant de velours. Son absence lui pesait, et il savait que cette petite visite de courtoisie aurait pu être bien plus amusante s’il avait pu échanger des regards entendus avec son épouse. Il n’était pas dépendant d’elle, mais tout lui semblait plus facile quand elle était à ses côtés. D’un autre côté, Brittany semblait beaucoup plus à l’aise avec lui que ce qui avait pu transparaître des compte-rendus de son épouse. Peut-être trop d’acier et pas assez de velours... Robin avait cette présence naturelle qui faisait taire les élèves les plus dissipés alors que Larry, pourtant six ans son aîné, était plus joueur et détendu. L’écrivain ne se montrait que rarement sous son véritable jour, restreint par son choix de personnage lorsqu’il devenait Mr. Faithorn, mais il n'était jamais froid ou distant. Brittany plus que quiconque avait le droit à son masque social le plus travaillé. Elle n’était qu’un moyen pour atteindre son but, mais elle n’en était pas moins attachante. Au-delà des informations qu’il était venu lui soutirer, ses réactions ne pouvaient qu’attirer sa pitié, et les sourires ravageurs qu’elle lui adressait ne faisaient qu’accentuer ce sentiment. Elle était naïve, enthousiaste, sincèrement heureuse de cette conversation inattendue. Ravie de pouvoir parler de sa grand-mère, de ses projets de petite fille esseulée trop riche. La regardant avec un sourire bienveillant, Larry souhaitait de plus en plus que ses ressources soient aussi importantes que ce que laissait entendre ses premières recherches. Peut-être qu’il n’aurait pas à la ruiner complètement... Peut-être qu’il pourrait se contenter d’une moitié de son patrimoine financier qu’il laisserait prospérer quelque part dans les îles Caïman. Il aurait eu bon dos de critiquer les Pierce sur leur manière lamentable de traiter leur fille aînée alors qu’il s’apprêtait à ajouter une épreuve de poids à son fardeau. Mais il ne pouvait pas se laisser aller à penser à elle comme à autre chose qu’une cible. Elle n’était rien qu’un compte en banque. Une ligne de chiffres derrière lesquels se dissimulaient un alignement de gros billets qu’il convoitait. Pas une jolie jeune femme qui peinait à s’épanouir après avoir perdu l’homme de sa vie mais se laissait attendrir par ses histoires de licorne échappée.

À sa grande surprise, Brittany attrapa son bras pour le forcer hors de son siège et l’entraîner à l’autre bout de la maison. Interloqué par ce geste inattendu, il se leva néanmoins pour lui emboîter le pas dans un couloir plus chaleureux que la pièce à vivre. Le loft était définitivement plus grand que son appartement. Et il se demandait ce qu’une femme toute seule pouvait bien entreposer dans une telle débauche d’espace... Mais la passion malsaine de Robin pour les escarpins lui donnait une vague idée de ce que pouvait renfermer ces chambres mystérieuses, et il était peut-être mieux de ne pas découvrir trop tôt ce qui se cachait derrière. Lorsqu’ils atteignirent leur destination, Larry ne put empêcher sa mâchoire de tomber en voyant la collection très spéciale de la veuve. L’espace d’une seconde, il se demanda s’ils n’avaient pas poussé la porte d’un musée, ou d’un magasin de jouets. Tout n’était que poupées, peluches et ambiance rose bonbon dans des teintes plus féminines et mesurées qui ne trahissaient pourtant rien des intentions du décorateur. Le temps qu’il réalise ce qu’il venait de se passer, Brittany l’exhortait avec une détermination étonnante à prendre l’un de ses trésors pour soigner son syndrome de la page blanche. Les yeux aussi ronds que des soucoupes, il détailla la pièce puis dévisagea la jeune femme dans l’espoir de trouver quelque chose comme de l’humour dans son regard, mais rien. Elle possédait vraiment une salle de jeux. Remplie de licornes. Et de coussins à froufrous dans des tons que la nature n’avait pas mis sur Terre. Bouche bée, ses yeux oscillèrent un instant entre les vitrines et sa petite camarade, puis il reprit enfin contact avec la réalité. «C’est... impressionnant, Brittany.» déclara-t-il toujours un peu sonné, luttant à grand peine contre le fou rire qu’aurait dû engendrer ce genre de découverte. «C’est la première fois que je vois autant de licornes.» ajouta-t-il en faisant quelques pas de plus à l’intérieur de la salle pour en apprécier la profondeur. Sans plus perdre de temps, il chercha du regard la seule licorne qui l’intéressait, mais ne la trouvait pas immédiatement. Eût-il été possible qu’elle ait eu un traitement de faveur et se soit trouvée isolée dans le lit de la maîtresse de maison, sans doute accompagnée d’une tonne d’autres peluches qui occupaient un California King Size bien trop grand pour elle ? Il fouillait à toute allure les vitrines sans bouger du centre de la pièce, soudain envahi par la détonation d’adrénaline provoquée par la perspective d’un échec, lorsque le téléphone retentit dans le salon. «C’est très gentil à toi !» Il accompagna sa sortie d’un sourire chaleureux avant de reporter toute son attention sur ces maudites bestioles cornues une fois qu’elle avait disparu à l’angle de la porte. Une licorne verte à crinière d’argent, une licorne blanche qui scintillait sous la lumière du soleil, une licorne bleue à la corne violette sur la croupe de laquelle trônait une étoile pailletée digne d’une vitrine de Swarovski. Toutes les couleurs, toutes les formes, mais pas une seule qui ressemble à celle qu’il avait collé entre les pattes de l’héritière.

«Merde.» jura-t-il à voix basse en se retournant vivement pour jeter un coup d’œil au couloir vide depuis lequel on entendait la voix de Brittany au loin. Ses sourcils se froncèrent et il sortit son téléphone de sa poche pour composer un message à Robin dans l’espoir que ce ne soit pas déjà elle au bout du fil. Besoin de plus de temps, appelle ASAP. Il pressa la touche envoyer avant de s’extraire de la caverne d’Ali Baba et les quarante fillettes pour enfoncer la poignée de la pièce voisine. Chance, celle-ci céda immédiatement, et il ne perdit qu’une seconde supplémentaire pour s’assurer que la jeune femme ne reparaissait pas. Dans cette chambre-ci, il y avait un lit, mais il aurait été incapable de dire s’il s’agissait de celui de sa victime ou non. Peut-être pas assez de voiles et de poupées. Chambre d’ami ? Toujours était-il qu’il n’y avait aucune licorne dans les parages. Ressortant immédiatement, il referma la porte pour se diriger précipitamment vers celle qui lui faisait face. Bingo ! Cette fois-ci, ça ne pouvait être que la bonne chambre à coucher. Se pressant vers les oreillers, il souleva la couverture à la recherche de sa peluche mais ne trouva rien. Il n’allait tout de même pas échouer si près du but. Le sang battait dans ses tempes, il ne pouvait pas entendre Brittany qui avait troqué ses escarpins contre une tenue plus confortable, il ne trouvait pas la licorne. Le téléphone n’avait pas sonné depuis le premier appel. Robin l’avait-elle devancé ? Elle n’aurait jamais agi sans son accord préalable. Elle risquait de compromettre la mission s’il ne trouvait pas l’objet de son désir très rapidement. Rabattant les couvertures une fois de plus, prenant même la peine de les tirer pour leur rendre l’aspect lisse dans lequel il les avait trouvées, il traversa à nouveau le couloir en laissant cet échec derrière lui, et en entrant à nouveau dans le monde des Licornes, enfin, il la vit. Elle trônait là, entre deux coussins ridiculement gonflés sur un canapé blanc. Le voleur aurait pu vider la pièce de tout son oxygène avec sa profonde inspiration de soulagement. «Parfait.» soupira-t-il en resserrant ses doigts sur la corne magique de l’animal avant de sortir de la salle sans en refermer la porte. Il n’entendait plus la voix de Brittany au téléphone, mais ne l’avait pas vue le surprendre à fouiller d’autres chambres. Calant la peluche dans son étreinte comme un bébé, il composa un visage apaisé et satisfait avant de faire son entrée dans le salon. «Toi et moi, nous allons faire de grandes choses» dit-il en s'adressant à sa licorne. Il était temps de s'enfuir, Brittany commençait à déteindre sur lui.
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Lun 18 Mar - 0:01

Heureuse de pouvoir aider une âme sœur esseulée, de contribuer à la production littéraire du pays et de réaliser sa bonne action du jour, tout ça en un seul don de peluche, Brittany rejoignit son salon d’un pas guilleret. Monsieur Faithorn avait bel et bien éclairé cette morne journée et éloigné les démons de la déprime lui tournant autour. Se montrer généreuse était important, il lui fallait vraiment se consacrer plus activement aux autres. Aider et donner de soi lui faisaient tellement de bien, elle devrait en faire une activité régulière. Encore faudrait-il trouver une cause juste… et, surtout, qui veuille bien d’elle.

Mettant ce sujet de côté pour le moment, Brittany décrocha le téléphone. « Allo ? (…) Ooooh, Katia ! Comment va New York ? » Ravie d’avoir des nouvelles de son amie new-yorkaise, sa bonne fée durant son séjour à la mégalopole, que ce soit à Broadway ou durant sa vie de Madame Holcomb, la jeune femme se laissa captivée par sa conversation. Agitant distraitement sa main libre, elle déambula lentement dans son salon. Au bout de quelques minutes, un bruit étrange la fit sursauter et elle tourna la tête en tous sens pour en trouver l’origine. Elle avisa finalement son téléphone portable, vibrant sur sa table en verre, remuant légèrement sur la surface frémissante. Lorsqu’elle jeta un coup d’œil à l’écran, l’identité de son contact la surprit quelque peu, mais elle se dépêcha de dire : « Je dois te laisser Katia, quelqu’un d’autre m’appelle. Je te recontacte dès que possible pour planifier ce séjour à NY. J’ai tellement hâte de te revoir. Ce sera de super vacances ! »

Elle fit rapidement ses adieux à son amie et décrocha son portable avant même d’avoir éteint sur la ligne fixe. Un instant plus tard et le répondeur se serait déclenché. « Robin ! (…) Oui, oui, tout à fait. (…) Oui, c’est très gentil, je vous remercie. Larry est là et sa présence me fait vraiment plaisir, tout comme votre appel. (…) Non, bien sûr, je comprends que vous n’ayez pas pu venir, votre travail passe avant tout. (…) » Un peu intimidée (toujours, cette femme avait bien choisi son métier : elle la terrifiait autant que ses anciens professeurs de mathématiques) , mais néanmoins reconnaissante de tant de prévenance, Brittany écouta religieusement Robin. Cette dernière s’étala sur quelques pensées philosophiques et détails professionnels, dont Brittany n’en comprit pas le quart. Le retour de Larry fut un salut qu’elle s’empressa de saisir. « Oui, Larry revient justement de… » Robin arrêta alors brusquement son discours et prit congé sans tarder. Prise de court mais intérieurement soulagée, Brittany ne chercha pas à comprendre. Les esprits professoraux dépassaient son entendement.

Elle reporta son attention sur son invité. « Larry. C’était Robin. Votre gentillesse me touche. Mes parents ont beaucoup de chance d’avoir votre soutien, » souligna-t-elle. Son regard s’attarda sur la licorne soigneusement étreinte et ses sourcils se froncèrent machinalement. Elle n’arrivait pas à se souvenir à quelle occasion cette peluche rose avait pu rejoindre sa collection. Elle avait pourtant bonne mémoire mais plus ses protégés croissaient en un nombre et plus il devenait difficile de les différencier. C’était un fait absolument impardonnable. Ses protégés méritaient bien mieux et, à voir le soin avec lequel Larry tenait cette licorne, il serait vraisemblablement un bien meilleur compagnon qu’elle. Brittany hocha la tête avec sérieux, convaincue du bienfondé de ce constat. Son expression s’éclaircit en un sourire bienheureux. « Vous avez trouvé votre bonheur ? Parfait ! Je suis sûre que vous ferez de grandes choses ensemble ! » s’exclama-t-elle, extatique, en référence – bien entendu – aux œuvres littéraires de Larry et à l’inspiration que lui fournirait, sans nul doute, la licorne rose.

Laissant son téléphone de côté, elle revint à la table basse et au service à thé délaissé. Elle remplit de nouveau la tasse de son invité afin de s'assurer que sa boisson n'aie pas trop refroidi durant leur absence.
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MessageSujet: Re: 06. [Pierce-Holcomb's] The Unicorn and the Thief   Mer 10 Avr - 18:28

De toutes les situations absurdes auxquelles il avait été confronté, se retrouver dans le salon de Brittany Pierce-Holcomb avec une licorne dans les bras était très certainement dans le haut de la liste. Il y avait peut-être eu cette fois où il avait dû mettre une robe pour sortir incognito d’une boutique de lingerie adjacente à la bijouterie qu’il venait de dévaliser... Par chance les vendeuses avaient été trop absorbées par leur conversation pour remarquer l’individu suspect sortir des cabines sans article, mais le fou rire de sa femme dans la voiture avait laissé quelques marques durables dans son ego. Ça n’avait pas été son idée, mais comme il n’avait rien trouvé pour la contrer, jupon il avait dû porter. Au moins cette fois, le sourire bienveillant de la blonde n’avait rien de railleur. Elle avait tout simplement l’air enchantée de lui céder la peluche dont elle ne se souvenait sans doute même plus. Apaisé par la réussite de sa mission, l’écrivain plaqua sur son visage le sourire bienveillant du parfait chrétien, réservé d’ordinaire aux offices et rassemblements de la communauté religieuse dont faisaient partie ses parents. «Mais tu as tout notre soutien aussi Brittany, si je peux faire quoi que ce soit pour toi n’hésite pas. Nous sommes presque voisins après tout, et vivre seule n’est jamais sûr. On se sait pas ce qui peut arriver.» Posant sa main libre sur son épaule, il la pressa amicalement avant de revenir caresser nonchalamment les crins de sa prise. Oh ça, elle ne se doutait certainement pas de ce qui allait lui arriver. Ce n’était plus l’affaire que de quelques mois. Le plan était de plus en plus précis dans son esprit. La galerie. Le revendeur d’art. Et puis tout serait prêt. Il rêvait de ce coup depuis qu’il avait lu par hasard un article dans la presse locale. Il avait fantasmé sur les comptes de l’héritière et le moyen de mettre la main dessus tant de fois qu’il lui semblait déjà connaître ses mots de passe. Aucun doute qu’une jeune femme aussi naïve pour qui les chiffres n’étaient certainement pas un point fort garde précieusement tous ses papiers au même endroit. Elle était la victime idéale. C’était à se demander comment personne ne lui était tombé dessus avant... Tiré de ses rêveries par la vibration de son téléphone dans sa poche, il recentra son regard sur celui de la blonde qui fixait à présent la peluche. L’espace d’une seconde ses sourcils froncés firent s’arrêter son cœur. Hors de question d’échouer si près du but. Ses doigts se serrèrent sur les pattes de l’animal fantastique alors qu’enfin l’héritière retrouvait son air bonhomme, répétant mot pour mot ce qu’il avait marmonné plus tôt. Son visage s’illumina à son tour d’un sourire mégawatt reflétant celui de Brittany. «Je le lui disais justement à l’instant.» baissant son regard sur le poney magique, il tapota tendrement sa tête où avait été introduit le micro à ces mots. «Qui sait, peut-être que les licornes murmurent à l’oreille de ceux qui savent les écouter.»

Malgré la tasse à nouveau pleine que la jeune femme venait de lui servir, il était grand temps de tirer sa révérence. Il n’avait pas pitié de sa future victime au point de jouer à la dinette avec elle toute l’après-midi. Son éditeur allait finir par avoir sa peau avant qu’il n’ait le temps d’achever ses plans machiavéliques s’il n’envoyait pas l’esquisse d’un brouillon. Tirant son porte-feuille de sa poche, il dénicha une carte de visite qu’il posa sur la table. «Je sens déjà mon puits se remplir. Je dois y aller.» En se redressant pour prendre la poudre d’escampette, il s’attarda un instant et posa sa main sur la joue de Brittany, laissant son sourire se dissoudre en une expression de crainte affectée. «Si tu as le moindre problème, peu importe le moment.» Quoi de mieux que d’appeler son cambrioleur pour la sauver du crime qu’il était en train de commettre ? Les chances étaient maigres mais il tentait malgré tout ce dernier coup de poker avant de tirer finalement sa révérence. «Mais on ne fait pas attendre un puits !» Retirant sa paume du visage paisible de la jeune femme, il acheva de se redresser sans relâcher une seconde sa prise sur la peluche. «Merci pour le thé, et surtout pour la licorne. À très bientôt Brittany.» Le plus tôt possible.

[Rp Clos]
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