Choriste du mois


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 01. It's you and I, darling: partners in crime

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MessageSujet: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Dim 4 Oct - 22:03

« Garde les yeux fermés… Je suis sérieux hein… Interdiction de tricher. »
Warren avait essayé de dire cela sur un ton menaçant mais il avait le sourire aux lèvres tandis que sa main droite se refermait sur celle plus petite et plus fine de Grace. Quelqu’un aurait dû lui faire remarquer que s’il continuait comme ça, il allait finir par lui arracher le bras ou quelque chose dans ce goût-là mais le blond n’avait pas été aussi excité et dans le fond autant lui-même depuis des mois. Aussi, il guidait Grace dans les rues de Lima avec beaucoup plus d’entrain que d’ordinaire. Histoire de compenser. De compenser son été à tenter de se remettre.

Warren n’avait jamais été un grand fan de l’été, plus jeune, cela voulait dire qu’il devait impérativement se trouver un boulot. Rester dans la maison de famille à ne rien faire était totalement exclu, il avait besoin de bouger en permanence et si ce n’était pas en se défoulant dans les rues de la Nouvelle-Orléans c’était en retapant des voitures, ou en peignant des maisons ou n’importe quel autre petit boulot ingrat. En grandissant ça ne c’était pas du tout amélioré. Sauf bien entendu avec l’arrivée de Glenn dans sa vie. L’été précédent, Warren l’avait passé au bord d’une plage avec Glenn, il avait été marié et tout lui avait paru facile alors. Bien entendu, au cours des dernières semaines, il avait chassé du mieux qu’il pouvait ses souvenirs. Avec de l’alcool, de toute évidence, mais pas que. En harcelant Carter principalement et en prenant plusieurs décisions cruciales. Premièrement, il n’allait pas déménager, cette maison était à lui et il allait simplement faire en sorte qu’elle lui appartienne vraiment. Les affaires de Glenn étaient donc dans le garage, soigneusement triées par les soins de Warren et, l’atelier du styliste avait été transformé en véritable antre de la virilité masculine. Billard, flipper et même posters à l’effigie de pin ups avaient été entreposés dans cette pièce. Juste parce que Warren le pouvait et qu’il était important de battre Carter à tous les sports et jeu possible. Même si pour le moment le score était serré, Warren était bien content de ce léger changement dans sa vie. Ce n’était pas le seul. Grace n’avait pas lâché le morceau et le blond avait roulé des yeux en l’apercevant, se croyant maligne en plus, sur son perron ou alors dissimulée derrière un buisson alors qu’une mystérieuse tarte aux pommes venaient d’apparaitre devant la porte de Warren.

« … Okay darling, what do you want? I’m listening this time. » avait concédé Warren au bout de trois semaines de bons petits plats et de prières que Grace avait dû formuler pour lui. Déjà, ses abdos n’allaient jamais survivre à ce régime et en plus, il lui devait un semblant d’excuses. Il avait envoyé Cassandra et Grace sur les roses et il savait que c’était parce qu’il tentait de se remettre de sa rupture. Contrairement à ce que beaucoup pensait, le grand blond était capable de formuler des excuses. Et franchement, il en voulait beaucoup moins à Grace qu’à Cassandra. Hamilton deuxième du nom avait un peu plus de classe que sa soeur et, chose que dans le fond Warren adorait, elle était un peu plus folle. Il l’avait donc écoutée elle et son projet, elle et son aide si généreuse. Warren avait grogné, il avait roulé des yeux et après encore deux semaines où Hamilton avait contenté son estomac, sans aucun mauvais jeu foireux, il avait fini par parler lui aussi. Oui, pour une fois, Warren avait parlé de lui et de la raison qui faisait qu’il restait à Lima. Ce n’était pas juste parce qu’il ne pouvait pas tourner la page non, il était ici chez lui dans le fond et Glenn ou pas Glenn, il ne comptait pas baisser les bras. Il lui avait donc parlé de l’idée qui fleurissait dans son esprit depuis son déjeuner avec Lexie. Avoir son propre restaurant, rien qu’à lui. Warren, comme il l’avait dit à Grace, savait cuisiner. Il n’avait certes pas d’expérience dans ce domaine mais il n’était pas stupide, il avait juste besoin d’un coup de pouce financier et de quelqu’un pour le suivre dans ce nouveau chapitre de sa vie. Et oui, il l’avait dit en ces termes et tant pis si Carter pensait qu’il avait sa place dans une comédie romantique. La vérité était là.

« Okay tu peux ouvrir les yeux. » Warren eut un sourire, son accent encore plus audible que d’habitude tandis qu’il poussait la porte d’un local devant lequel il était très facile de passer sans y prêter attention. Le blond avait commencé à scruter les annonces immobilières de la ville et il était tombé sur ce local qui visiblement était un ancien salon de beauté. Le lieu était complètement vide et quelque peu délabré, c’était les conséquences de la tempête de l’an dernier, l’ancien propriétaire avait préféré quitté la ville plutôt que de se lancer dans des réparations que visiblement il ne pouvait pas payer. Warren alluma l’interrupteur de sa main libre avant de lancer. « Alors… Je sais que ça parait un peu petit mais j’ai quelques idées. » Il ne lâcha pas Grace, non, il lui fit faire rapidement le tour et il l’emmena voir les autres pièces. « Bon c’est clair que dans le fond ça sera la cuisine et on fera installer une chambre froide et tout ce qu’il faut et on aura aussi des toilettes pour les employés et un bureau pour toi… Pour moi… » Warren y avait pensé. Peut-être plus qu’il ne voulait l’admettre et ce même s’il n’avait visité les lieux il y a une semaine. Il ne savait pas pourquoi mais c’était ici que se ferait leur petite entreprise. Le blond en était certain, certes, il y avait des travaux à faire mais pour lui ce n’était pas un obstacle bien au contraire. « Pour nous. » conclut simplement le blond avant de poursuivre la visite. Il ramena la jeune fille dans la pièce principale et il lui lâcha enfin la main pour lui expliquer ce qu’il avait en tête.

« Et tout ce qui faut bien sûr et là… » Il montra le coin à leur droite. « Un comptoir. Ça doit être la première chose qui doit taper dans l’oeil, le comptoir, il faut qu’on est un bar digne de ce nom. Parce que c’est comme ça et que beaucoup de personnes m’en voudront dans le cas contraire. » À savoir Carter et probablement son grand frère Peter. Warren voulait un lieu qui soit vrai. Le genre d’endroit où il faisait bon de venir et où on pouvait s’asseoir et raconter ses problèmes à un barman qui en avait quelque chose à faire et qui connaissait la différence entre un bourbon et un whisky à deux dollars. Et ensuite, une fois qu’on avait bu un verre ou deux, on restait pour la nourriture et surtout pour la musique et l’ambiance. « Et là… dans tout cet espace, des tables, pas dans le genre super chic et branché mais simple élégant et du genre désordonné mais en fait avec un ordre précis, juste histoire de donner l’illusion que c’est le chaos. Ça serait des tables de deux ou trois personnes.  Si on a des groupes de plus, on pourra les placer ici, je pensais mettre deux ou trois longues tables, comme dans les cantines, pour les grands groupes les anniversaires ou même tu sais quoi pour les gens qui sont tout seul et ça va promouvoir les rencontres ou les trucs de ce style… » Le blond ne tenait pas en place tandis qu’il tentait de donner vie aux idées qu’il avait en tête. Et oui, Warren y avait vraiment pensé.  « Et là. Une scène. » Dit-il enfin en pivotant sur lui-même. Plus petite que celle du piano bar ou du bar karaoké mais une scène quand même. Pas forcément pour les chanteurs, on pouvait tout faire sur une scène, chanter, jouer un instrument, se prendre pour un poète ou pire un comique. C’était juste histoire de. « Parce que j’ai grandi dans le genre de bar qui ont des scènes et que je sais que tu as besoin de te sentir comme une diva. » Il se tourna enfin vers Grace pour lui adresser un clin d’oeil plus qu’appuyé.

« J’ai quelques idées pour la décoration mais déjà… »
Jesus, let the girl breathe.
Il haussa les épaules et rangea ses mains dans les poches de son jean, sa chemise faisant ce bruit si caractéristique de tissus froissé alors qu’il bougeait.
« Qu’est-ce que tu en penses? »
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Lun 5 Oct - 19:42

Warren était un animal sauvage.

Pas un petit animal fragile. Pas quelque chose qu’on pouvait domestiquer. Non.

Warren Delacroix était un ours. Un caribou. Un beluga.

Un gros beluga.

Une masse de muscle et de poils, les nerfs à fleur de pelage, l’estomac trois fois plus gros que le cerveau. Et comme tous les animaux sauvages, il répondait à des instincts primitifs, brutalement logique, d’une simplicité directe. Il fallait du temps, de la patience et de l’expertise pour gagner sa confiance et espérer le caresser. Et de la nourriture. Beaucoup de nourriture.

Il avait fallu un peu de temps à Grace pour le comprendre. Et par un peu, elle entendait beaucoup trop.

Warren avait été choriste. Warren avait été le barbecue-man. Warren avait été le traitre. Warren avait été une source de joies et de conflits. Elle l’avait voulu loin, loin d’elles, loin d’elle. Là où il ne les décevrait plus. Ou elle n’aurait plus à se poser la question de si elle devait lui faire confiance ou pas. Elle l’avait voulu et elle l’avait eu. Elle l’avait vu claquer la porte de l’annexe de l’église derrière son dos bien trop large. Elle aurait û être contente, soulagé, satisfaite. Mais non. Quand il était parti, Warren était devenu un regret.

Un immense regret. Un immense regret blond à l’odeur de bacon.  

Les rumeurs avaient couru bon train sur son cas. Ses habitudes, sa relation, son travail. D’une façon ou d’une autre, Grace avait régulièrement reçu les échos de son quotidien sur les bancs de prières. Précise, méticuleuse, elle en avait soigneusement reconstitué le tableau d’une vie en lambeau, d’un destin qui venait de prendre un virage en épingle à cheveux. Hamilton Junior ne s’était pas sentie coupable. Dieu donnait et reprenait selon des règles qu’on ne pouvait remettre en cause. Mais ça ne l’avait pas empêchée de prier pour le blond. Fort et assidument.

La prière avait apaisé sa petite âme tourmentée par la compassion. Du moins, pour une dizaine de jours. Si Grace avait conscience qu’elle ne pourrait pas aller à l’encontre du Destin et des Signes qu’on lui enverrait pour lui signifier celui-ci, elle avait de moins en moins l’impression que rester plantée sur des genoux douloureux pendant une heure parviendrait vraiment à stimuler le bon Karma de Delacroix. Aussi avait-elle bien vite décidé de prendre les choses en main.

Elle avait tenté toutes les approches, la froideur distante tellement mystérieuse à la LPA, le changement de trottoir en rue doublé d’un regard droit dans ses yeux, le sms larmoyant kilométrique, les appels hystériques en pleine nuit, la confrontation à la salle de sport. Chaque tentative de contact s’était soldée par un échec cuisant, mêlant des réponses aussi diverses que des jurons grommelés, des airs de mépris ou l’apparition subite du pénis de Delacroix sous ses yeux ébahis. Si cette dernière réaction était probablement la plus encourageante dans son genre, le mur que Warren avait instauré entre eux, pour des motifs aussi futiles qu’une incrimination publique pour haute trahison, semblait infranchissable à la pianiste.

Ca avait profondément agacé Grace.

Elle voyait la douleur derrière la colère, elle percevait la peine du mastodonte et encore plus violemment quand elle songeait au bien qu’elle se sentait capable de lui prodiguer. Aider son prochain était une chose qu’elle faisait le sourire aux lèvres, mais quand le prochain en question était plus têtu qu’un mur en bêton armé, le commandement chrétien prenait un angle beaucoup plus martyr que prévu.

Une Grace agacée était une Grace instoppable.

C’était, étonnamment, après avoir eu une vision périphérique du fessier dénudé de Delacroix dans les vestiaires de la salle de musculation qu’elle avait compris. Qu’elle s’était rappelé que Warren ne réagissait pas comme elle. Il ne pensait pas, il faisait. S’il avait envie de se mettre nu, il se mettrait nu. Peu importait ce qu’il y avait autour. Ou plus particulièrement qui il y avait autour. Il était comme ça. Si elle voulait l’atteindre, il fallait simplement qu’elle réfléchisse comme ça.

La solution était apparue sous la forme d’une tourte encore chaude déposée sur le perron du Delacroix le lendemain. Et d’une tarte aux pommes le lendemain du lendemain. Et d’un panier de croissants aux amandes le surlendemain du lendemain. Chaque jour un nouveau plat atterrissait devant la maison du blonde, chaque jour une main fine appuyait sur la sonnette, chaque jour elle l’observait, très mal cachée derrière des buissons, ouvrir la porte d’un air suspicieux et attraper son coli. Il l’avait vue. Il avait bien du comprendre qu’elle se rapprochait. Que de buissons en boîte aux lettres, de voiture en tondeuse, les cachettes de la blonde étaient de moins en moins efficace, et surtout de plus en plus proche de l’entrée. Mais il ne l’avait pas arrêtée. Les jours étaient passés, les plats s’étaient succédé et c’était un Warren au taux de glycémie bien plus élevé qu’au début de l’été qui l’avait finalement laissée pénétrer la maison.

Les lieux étaient un véritable chantier, les couloirs encombrés de carton, les pièces jonchées de nouveaux meubles à peine déballés. Un peu à l’image des pensées de leur propriétaire. Grace avait immédiatement capitalisé sur sa petite victoire. Reste de ses études de droits, les mots étaient venus former un discours implacable, lancinant. Elle était là. Pour lui. Pour l’aider. Autant qu’elle le pouvait.
Et elle savait que c’était déjà quelque chose. Deux semaines de ce traitement geignard et il avait accepté d’ouvrir la bouche pour autre chose que mordre dans une pâte feuilletée faite main. Pour une des rares fois dans sa vie, Grace s’était tue. Assise dans le désordre, un thé glacé entre les mains, elle avait écouté Warren. Longtemps. Des heures durant.

L’animal sauvage s’était mis à ronronner.

Et tout s’était mis en place.

D’un coup.

Comme les pièces d’un puzzle qui s’ajustent parfaitement sans qu’on ait l’impression d’avoir besoin de faire plus que les effleurer.

Ils ne s’échangeaient même plus un mot et ce qui semblait à Grace une fraction de seconde plus tard, elle se retrouvait les yeux fermés, balancée dans les rues de Lima, à courir pour suivre la cadence des pas de Warren qui lui tenait la main.

Qui lui tenait la main.

Sourire.

- Okay tu peux ouvrir les yeux.

Le timbre de Warren vibrait d’un plaisir évident, ce qui fit tiédir le cœur de la blonde. Ca faisait du bien de retrouver cette voix.

Ne dégageant absolument pas ses doigts de ceux du blond, elle ouvrit les yeux.

Un peu d’humidité au bas des murs. Un peu de poussières sur le sol. Et l’espace qui s’étendait, tout en longueur, dans lequel s’agitait un Warren surexcité et volubile, l’entraînant dans son sillage. Grace étudiait les lieux, scrutait les raccords électriques du plafond, jaugeait de la luminosité, tout en hochant distraitement la tête aux paroles incessantes de Delacroix. Essayant de ne pas penser à la chaleur de sa paume, à la prise de ses doigts. Elle sursauta quand il alluma d’un seul coup les lumières. Un peu éblouie, elle suit pourtant le mouvement. Couloir. Pièce. Couleurs fades. Espaces propres. Cuisine. Chambre froide. Toilette. Bureau. Nous.

Ils étaient un nous.

Son regard hésita vers le sien. Elle se mordit la lèvre inférieure pour s’empêcher de trop sourire.

Il était reparti.

Des portes, du sol, un Warren. Il lâcha sa main, elle fit une pirouette dans la lancée, se réceptionnant avec plus ou moins de difficulté contre le coin que le blond lui désigna bientôt comme le futur point central de la pièce. Passant une main dans ses cheveux, elle attendit que son rythme cardiaque revienne à la normale pour prêter attention à ce que l’homme bondissant presque sur place débitait.

-…Ça serait des tables de deux ou trois personnes.  Si on a des groupes de plus, on pourra les placer ici, je pensais mettre deux ou trois longues tables, comme dans les cantines, pour les grands groupes les anniversaires ou même tu sais quoi pour les gens qui sont tout seul et ça va promouvoir les rencontres ou les trucs de ce style…

Grace pencha la tête sur le côté, émettant un petit son attendri proche de celui que produisent les petites filles mises en présence de lapins nains.

-Et là. Une scène.

Real talk Delacroix.

Haussant les sourcils, elle contempla en plissant les yeux la scène imaginaire que Warren lui décrivait avec passion.

Elle envoya son poing droit dans le flanc de l’homme quand il souligna son besoin viscéral de la lumière de projecteurs bien réglés. Ou, plus logiquement, mima le coup de poing pour s’éviter de se casser quatre phalanges sur les muscles durs comme de la pierre du Thor d’Ohio.

Pourtant, son regard n’avait rien de rancunier. Elle se regardait évoluer dans son local comme la spectatrice d’un ballet particulièrement gracieux. Warren valsait avec ses idées, tournoyait au milieu de ses ambitions. Ca n’était pas vraiment de l’art, mais c’était presque beau.

- Qu’est-ce que tu en penses?

Clignant des yeux, baby Hamilton s’étonna presque d’être sollicitée.

Fronçant des sourcils, elle fixa le visage illuminé de bonheur du blond avec malaise et scepticisme.

-Warren… Tu te rends compte que ce local est insalubre ? Les coûts de réparation, de dératisation peut-être… Et le temps passé en plus… L’hiver arrive tu sais… Sans compter les démêlés légaux…

Elle baissa les yeux, comme embêtée.

-Ce que tu proposes c’est… impossible… Désolée…

Elle observa pendant trente longues secondes le visage blafard de Delacroix. Puis éclata de rire.

-Just kidding.

Ses prunelles à nouveau pétillantes, ses lèvres à nouveau animée d’un sourire éblouissant, Grace reprit son ton léger et vibrant, se promenant dans l’espace comme le blond avant elle.

-C’est merveilleux Warren ! Vraiment ! Il y a un peu d’humidité mais de toute façon il va falloir changer cet affreux papier-peint… Il suffira de replâtrer… Je l’avais fait dans la chambre de ma sœur après son départ…

Elle lui jeta un regard moqueur.

-C’est facile, tu verras, tu devrais pouvoir y arriver…

Elle se tapota la lèvre inférieure avec son index, songeuse.

-L’alimentation en eau à l’air de correspondre avec l’emplacement pour la cuisine… J’ai un peu de doute pour l’électricité mais on devrait se débrouiller… La lumière est vraiment idéale avec l’entrée… Et avec quelques miroirs on devrait pouvoir s’arranger avec la disposition en longueur… Tu ne verrais pas des banquettes contre ce mur, toi ? Tu sais pour les tables plus nombreuses… Des banquettes en cuir sombre… Tout le monde veut toujours s’asseoir sur les banquettes dans ce genre de restaurant…

Elle voulait toujours s’asseoir sur les banquettes. C’était bien plus confortable, et surtout amusant, que des chaises traditionnelles.

-Et la concurrence n'a pas de banquettes... Songes-y... Enfin soit. La scène… C’est tellement… parfait. Mais seulement avec un micro sur pied. Un vieux micro sur pied argenté.

Elle hocha lentement la tête.

-Ca fait plus classe…

Elle fit claquer sa langue contre son palais et ramena son regard vers le visage mal rasé.

-Pour ce qui est du côté rustique… convivial… décontracté… Je n’en attendais pas moins de toi.

Elle se rapprocha de Warren, souriante.

-On sait tous les deux que les costumes chics seraient trop petits pour toi de toute façon., fit-elle d’un air malicieux, son majeur et son index tapotant sur le bouton de sa chemise tendue sur son torse, prêt à craquer à chaque instant.

Elle pinça les lèvres.

-Je n’ai qu’une seule réticence…

Elle prit un ton de mère autoritaire refusant à son enfant son paquet de bonbon préféré.

-Il n’est pas question qu’on ait une quelconque tête d’animal empaillé en décoration…
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Mer 7 Oct - 23:05

Warren n'était pas le genre de personne qui travaillait bien en équipe. Pas du tout à dire vrai. Il était soit en charge, soit il partait de son côté tel le loup solitaire qu'il était. Et si le blond pouvait grogner comme un loup sans problème, il n'avait pas prévu de le faire devant Grace. Sauf si elle le demandait de manière explicite mais... ça c'était une autre histoire. Là, tout était différent et le trentenaire en avait parfaitement conscience. Il ne s'agissait plus de faire un quelconque job qui l'intéressait moyennement et qui était synonyme d'un bon gros chèque à la fin du mois. Non, il s'investissait personnellement pour la première fois depuis trop longtemps et, Warren savait qu'il n'avait pas besoin de le dire à voix haute pour que Grace comprenne cela. Il ne lui avait pas beaucoup parlé de lui-même au final, mais il était certain que la blonde aux robes volantes et aux mèches blondes toujours impeccablement brillantes et bien rangés de part et d'autre de son visage pouvait trouver des réponses très facilement si elle se penchait sur son cas. Les nouvelles allaient vite à Lima, trop vite selon Warren. Quoi qu'il en soit, tout ce qu'il avait confié au cours de l'été à Hamilton en dehors de ses préférences culinaires et du secret de la tarte aux pommes de sa mère, - oui, il avait osé partager ce secret de Delacroix -, c'était qu'il n'était pas une personne saine. Ni normale. Mais qu'il savait très bien se débrouiller derrière des fourneaux, aussi bien qu'il savait démonter et remonter une arme et ça devait compter pour quelque chose. Pour une raison inconnue de l'humanité, Grace y avait cru. Vraiment. Peut-être qu'elle avait pris un coup de soleil à force de monter la garde devant sa maison. Ou que c'était son Dieu qui lui était apparu une nuit et qui lui avait dit de faire confiance à Warren. Ou alors le fait que Warren ne portait quasiment jamais de t-shirt avait aidé... Who knows? Le blond s'en fichait, ils étaient sur la même longueur d'onde maintenant alors franchement... Ça lui allait. Vraiment.

Le blond la fixait donc de ses grands yeux bleus dans l'attente d'une réponse. Dans un sens, Warren se détestait d'être comme ça. Ça l'énervait légèrement de devoir dépendre d'une autre personne, mais il s'était promis que si Grace lui faisait le coup de disparaitre à Paris, il allait la traquer lui-même dans la capitale française, la soulever pour la caler sur son épaule et la ramener à Lima, qu'elle le veuille ou non d'ailleurs... Ce n'était qu'une exemple parmi tant d'autre mais s'il y avait bien quelque chose que Warren n'était pas c'était lâche. Au sens premier du terme, s'ils se lançaient tous les deux dans ce projet fou, c'était pour de bon. Il passerait outre leur désaccord vis-à- vis de la religion et il ferait même un sourire en apercevant Cassandra, contre qui sa rancoeur était toujours tenace. Mais non Warren Delacroix n'était pas un lâche.  "Ha, ha, ha... You know you would be annoying if you weren't actually cute." lâcha le blond face à la plaisanterie. À un autre moment, Warren aurait rigolé, mais il était trop sérieux depuis quelques minutes, jour à dire vrai et énoncer ces idées de vive voix lui faisait vraiment du bien. Pour qu'il arrête de ressasser tout ça dans son coin. Mais Grace était vraiment enthousiaste et elle ne pensait pas qu'il était complètement fou, preuve qu'il faisait bien la paire. Son regard ne quitta pas la blonde tandis qu'il écoutait ses suggestions et qu'il la regardait elle aussi évoluer dans cet espace vide. C'était un projet complètement insensé, de partir de rien, et oui tout ceci allait prendre du temps, il en avait parfaitement conscience. Il roula encore des yeux alors que l'index de Grace trouvait le chemin vers son torse, chose qui avait tendance à arriver de plus en plus ces derniers jours. Non pas qu'il soit du genre à se plaindre, il se disait juste que la jeune femme avait remarqué que cette chemise ne lui allait plus. C'était totalement la faute de Coolige qui trainait Warren à la salle de sport contre son gré, juste histoire de.
Duuude, we get it, I'm huge, what's the point. Lui avait dit Warren la dernière fois. Et maintenant ça. Mais le grand blond se refusait à faire du shopping. Shopping voulait dire nouveaux vêtements, collection pour homme et que des choses qu'il associait à Glenn. Donc non.

Mais il ne chassa pas la main de Grace et se contenta de répondre:  "Pas d'animal empaillé, ça va sur la liste des trucs qui sont un non direct pour moi. Pas non plus de costume chic, je ne veux vraiment pas que ce soit le genre d'endroit où les gens se sentent obligés de se tirer à quatre épingles avant d'y mettre les pieds." Nan, hors de question, se dit le blond. Ce n'était pas ça dans le fond sa définition du chic et il allait hurler, vraiment, si elle le forçait à mettre un costume. Ça serait une tenue de base pour le personnel et pour lui aussi. "En plus tu sais que je suis allergique aux vêtements." Hochement de tête profond et solennel. "Ça sera décontracté, je voyais bien la décoration dans les tons cuivrés mais nous n'en sommes pas encore là... du tout." Traduction, il savait qu'il s'emballait. Les murs ne leur appartenaient pas encore, il y avait encore beaucoup de détails à afiiner mais bon... Il fixa un instant la seule source de lumière dans la pièce, une lampe qui vacillait et qui menaçait de craquer à tout instant, et oui les murs étaient dans un sale état mais Warren voyait plus que cela. Il baissa les yeux vers Grace et il eut un maigre sourire, complètement sincère.  "Je sais que ça va demander beaucoup de boulot... beaucoup, beaucoup, d'ailleurs... et peut-être un peu plus de sous que ce qu'on avait prévu mais..."

Ça l'ennuyait également de parler d'argent. Il savait bien ce que les gens allaient penser, qu'il profitait de la gentillesse de Grace mais vraiment ce n'était pas ça. Déjà, Warren se disait que beaucoup ne s'attardait pas assez sur la jeune fille parce qu'il la croyait pourrie par la religion au possible mais non, Grace Hamilton était loin d'être stupide et elle le lui avait déjà prouvé à maintes reprises. Et ce n'était vraiment pas ça la finalité de leur entente.  "Mais j'ai rendez vous à la banque à la fin de la semaine et je compte bien utiliser tout ce que j'ai d'économie pour ce projet."  Oui, il était sérieux à ce point. Lui qui avait toujours considéré l'argent comme quelque chose de complètement accessoire était bien content d'avoir gardé ses sous de côté. Bon, cet argent avait été réservé pour un possible futur avec lui et Glenn et des enfants mais.... Tout avait changé.  "Je suis sérieux sur ce coup-là et je peux t'assurer que je te rembourserai au centime près. Et avec les intérêt bien sur." Il eut un autre sourire avant de légèrement déranger la coiffure de Grace en ébouriffant volontairement la blonde d'une de ses mains. "Bon par contre j'espère que tu as des idées de noms parce que moi je sèche complètement..."
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Dim 11 Oct - 22:16

Grace ne retint des tirades de Warren que le « cute » prononcé avec son air goguenard un peu détaché qui donnait à la blonde l’envie de le frapper sèchement derrière la tête (dans la mesure où elle avait une échelle à disposition dans les parages pour escalader la différence d’altitude qui éloignait ses phalanges du cuir chevelu luisant de Delacroix). Ces simples quatre lettres avaient dissolu l’insulte qui les précédait et imposé un sourire éclatant sur les lèvres de baby Hamilton.

Ce n’était peu dire que d’avancer que Warren n’était pas exactement le genre d’homme à faire des compliments. Plus prompt à vous jeter des sarcasmes que des fleurs, sa bouche était bien souvent trop occupée à ingurgiter des quantités phénoménales de nourriture pour s’attarder à concevoir une remarque pertinente et agréable sur votre travail, votre attitude ou plus généralement votre apparence générale. Et ce peu importait les efforts que vous pouviez y avoir mis. En quelque sorte, avec le temps, ce manque de savoir-vivre était devenu une qualité aux yeux de Grace. Les arc-en-ciel n’étaient si fabuleux que parce qu’ils étaient rares, fugaces, mystérieux. Quand quelqu’un en vomissait chaque jour à débit constant, ça devenait moins précieux. Moins apprécié.

Avec Warren, chaque pépite de compliment pur et direct était remarquée. En sa présence, la sensation du sang qui rosit vos pommettes devenait un luxe délicieux que Grace expérimentait toujours avec une joie incrédule.

Grace se retint d’applaudir quand il lui annonça qu’aucune partie d’être précédemment vivant désormais mort ne ferait partie de la décoration de l’établissement. Le soulagement était profond, à la mesure des inquiétudes qu’elle avait eues à ce sujet. Après tout, le penchant peut-être un freudien pour les armes du géant laissait présager un goût morbide probable pour les regards langoureux de tête de sanglier suspendue au mur et pour les cadavres de chevreau montés en lampe. Sans parler de ses origines néo-orléanaises et les rituels vaudou auxquels il devait très certainement se livrer les soirs de match de ses équipes de sport préférées pour les mener à la victoire.

Ce n’était pas que Grace était intolérante envers les autres cultes et pratiques spirituelles. C’était simplement qu’en l’occurrence, celles-ci lui donnaient la nausée et l’envie de monter jusqu’au Sénat pour promulguer une loi qui éradiquerait les éventreurs de chatons noirs de la surface du beau pays plus ou moins judéo-chrétien qu’était les Etats-Unis. En toute simplicité.

Rejet de cheveux en arrière (tiens, ça faisait longtemps).

Elle laissa échapper un rire bruyant avant de hocher longuement la tête à la remarque de Warren sur sa prétendue allergie au textile. Sa propension au naturisme était connue, sinon admise, de tous, et d’autant plus par Grace, devenue à force de le côtoyer plus d’une fois spectatrice impuissante de ses coups d’éclats nudistes. Elle s’étonnait presque qu’il n’ait pas encore totalement abandonné le port de hauts. Ne serait-ce que pour mettre fin à la souffrance de cette propre chemise dont elle passa un index perplexe sur les coutures tendues à l’extrême.

Le ton de Warren prit des accents plus sérieux, presque grave. Les yeux parfaitement ronds de la pianiste posèrent sur le visage à la barbe légère un regard étonné.

-Beaucoup de boulot ? Et ça devrait me déranger ? Warren…. Je suis moi.

Elle agita sa main devant ses yeux, comme pour le réveiller d’une rêverie soudaine.

Grace Hamilton était peut-être jeune. Grace Hamilton n’était peut-être pas appréciée de tous. Grace Hamilton n’était peut-être pas toujours constante ou cohérente ou nuancée ou raisonnable ou sereine ou patiente. Mais Grace Hamilton était travailleuse. Elle menait chacune de ses répétitions comme la dernière avant une performance au Madison Square. Elle s’investissait dans chacune de ses œuvres de charité comme si c’était son nom qui apparaissait sur le logo des associations défendues. Depuis ses sept ans, elle avait soigneusement établi le moindre détail du mariage parfait qu’elle comptait bien réaliser, couleur de napperons et petits personnages sur la pièce montée compris. Elle était inflexible, déterminée et rigoureusement organisée. Elle ne connaissait le repos que lorsque son but était atteint.

Ce restaurant, ce Warren, c’était son nouveau projet. C’était sa nouvelle cause. Et elle se battrait avec autant d’énergie qu’elle en avait toujours mis pour chaque aspect de sa petite vie pas si tranquille que ça.

Qu’un blond, tout aussi géant et musclé et parfaitement coiffé qu’il soit, ose insinuer qu’elle ne se rendait pas compte de l’enjeu, des efforts et des crises nerveuses qui découleraient probablement de cet engagement, ça prenait presque une valeur d’insulte pour la fille du pasteur.

Elle ouvrit la bouche pour protester mais un petit son aigu, semblable à un feulement de chaton, s’en échappa alors qu’une main beaucoup trop grande s’abattait sur ses cheveux et la forçait à reculer brusquement pour éviter que sa coiffure soit plus défaite qu’elle ne l’était déjà. Les paupières plissées, un regard revanchard en direction de Warren, elle passait une main maternelle dans ses chères mèches, les réordonnant méthodiquement de l’autre.

-En tout cas, tu vas définitivement payer pour ça…

Dramaqueen de son état, la crise capillaire était déjà réglée qu’elle envoyait un coup de moins à valeur microscopique pour le biceps contre lequel il rebondit sans aucun choc. Essayant d’ignorer la douleur sourde qui flambait dans ses jointures, qui lui donnait cette vague (et horrible) impression d’être Charlie Watson-Brown, elle afficha un visage stoïque, les commissures de ses lèvres déjà relevées vers un sourire en coin.

-Je sais que tu es sérieux, Warren.

Son regard se fit lourd de sérieux.

-I mean food is involved…

Hochement de tête au ralenti.

-Mais tu n’as pas à t’en faire. Tu rembourseras quand…

Et comme…

-… tu pourras. Je te fais confiance.

Malgré la fracture très probable que son comportement inacceptable venait d’engendre sur sa main droite.

Elle tourna les talons et s’avança une nouvelle fois dans la pièce. Sur la pointe des pieds, elle marchait plus lentement, les murs à fleur de sa paume.

-Quant au nom… Je t’avoue n’y avoir pas pensé… Je ne sais pas trop comment on fait ça…

Les sourcils froncés, elle observait le plafond, traînant toujours sa démarche ridicule vers le fond, elle réfléchissait à voix haute.

-Il faut penser à l’énergie de ce lieu… A ce que tu veux… A ce que tu aimes…

Elle lui jeta un regard amusé.

-You love guns. And meat. And Louisiana. And Star Wars. And Beyoncé, obliviously… Something in french maybe ? Or something funnier ?  Like Meat and Greet ? Flawless ? Let’s face it, you’re the kind of guy that would name something he owns flawless… Or Blond… Or Mean Grill… Or something…

Tapotant alternativement ses paumes contre son crâne, Grace avait fermé les yeux comme si la solution se trouvait tatouée sur la face intérieure de ses paupières.

-You’re from Nouvelle-Orléans right ? Like Nola ? Nola sounds like a sushi bar, tho… Mmmmh… Name it Hunger Game would probably be a little… too much I think… I bet you wouldn’t be in to call it form the all Jesus thing or so… Okay okay… Let’s think… Amen would be a freaking great name for this you know… Just saying… Or Omen… Anything-men…

Elle ouvrit les yeux, lui jetant un regard visiblement perdu.
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Ven 16 Oct - 20:20

Dans le fond, il y avait une bonne raison derrière cette alliance si atypique. Si Warren avait fini par dire oui ce n’était pas parce que Grace lui tapait sur le système. Non. Il avait eu deux grand frères pour se charger de rendre sa vie infernale pendant son adolescence, niveau irritation, la Hamilton n’obtenait qu’un maigre dix sur vingt dans ce domaine et Warren se retenait de lui dire, histoire qu’elle ne déploie pas les grands moyens. Juste pour ne pas tenter le diable… enfin ce n’était pas le diable dans le cas de la blonde mais tout de même… On était jamais trop prudent, pas vrai? Quoi qu’il en soit, si Warren était ici aujourd'hui et s’il songeait à ce possible restaurant qui était bien loin d’eux, c’était en parti à cause de Grace. Parce que l’esprit de la blonde n’était pas tranquille avant qu’elle ait fait tout ce qui était en son pouvoir pour une cause dans laquelle elle croyait. Il l’avait vue à l’oeuvre chez les SC, où son talent était souvent mis de côté au profit des autres, mais elle tenait le bon bout néanmoins. Elle n’avait pas été d’accord avec son arrivée ou même celle de Lexie qui n’entrait certainement pas dans ses critères de choriste parfaite. Mais elle n’avait rien dit et avait affiché un sourire parfait et chanté les notes justes à chaque répétition et ce n’était pas négligeable quand on connaissait les croyances de la blonde. Grace était bien différente de sa grande soeur mais elle restait loyale plus que tout, allumée, folle à craquer, avec une affection pour les produits capillaires douteux et des robes qui auraient enchantées la mère et la grand mère de Warren de leur vivant… Une valeur sûre selon Warren. Et, chose très importante, Grace avait décidé de croire en lui. Il ne savait pas pourquoi, il se disait toujours que ce n’était que de la pitié dans le fond, mais elle avait été là au pire moment de sa vie et elle n’avait pas reculé quand elle avait vu le pire de sa personne et ça, ça imposait forcément le respect.

Il la regardait essayer de trouver un nom décent avec le sourire aux lèvres, ses yeux bleus ne quittant pas cette Grace à la recherche de La bonne idée, d’une bonne accroche vendeuse. Elle essaya de trouver quelque chose en rapport avec ses goûts à lui et elle le connaissait. Elle le connaissait d’ailleurs très bien et le sourire de Warren ne fit que s’agrandir à cette pensée. À la pensée qu’elle savait seulement tout ça parce qu’elle l’avait harcelé pendant des jours et des jours mais… c’était adorable quand même pas vrai? No Warren no, fit une voix dans sa tête qui ressemblait encore une fois à celle de sa grande soeur Amelia, she’s a psycho, juste like Jolene and Glenn, that’s why you like her so much. Le blond grogna, il la tolérait, il n’avait jamais dit qu’il l’appréciait ou quoi que ce soit d’autre. Il la tolérait et c’était tout. Point final.

Warren s’avança vers elle histoire de la sortir de sa spiral infernale. « Hey Princesse… On est pas obligés de trouver un nom tout de suite hein, je pense qu’on va changer d’avis dix mille fois avant, même si Mean Grill sonne plutôt bien. » Damn right it does. Le nom n’avait pas d’importance à l'heure actuelle, rien n’était à eux, il y avait encore des détails à régler, détails qu’Hamilton allait régler en dix minutes il le savait mais niveau efficacité Warren était plutôt lent. À comprendre beaucoup plus lent. Du genre qu’il n’avait pas bossé depuis un an et que se remettre dans le bain allait se faire petit à petit. Bref, Warren avait juste quelques exigences avant de se lancer dans tout ça, il y avait pensé et il s’était dit que mettre les choses à plat tout de suite serait une bien meilleur idée. Plutôt que de soulever Hamilton et de lui dire non quand elle s’énerverait. Ou quand il s’énerverait lui. Mieux vaut prévenir que guérir, hmm? « Je veux juste qu’on se mette d'accord sur deux ou trois petites choses avant qu’on aille signer les papiers… » Il se positionna devant Grace et posa ses mains sur les épaules de la jeune fille, histoire qu’elle le regarde lui.  « Lève la main droite … voilà. » Il le fit pour elle, avant de lever la sienne également. Le moment aurait pu paraitre solennel s’il n’était pas lui et qu’elle n’était pas elle.  Si seulement.

« Premièrement, qu’on soit d’accord, je vais te rembourser avec les intérêts et oui je vais le faire, je ne veux pas t’entendre dire que ce n’est pas important ça l’est. » Warren était content d’avoir la confiance de le jeune blonde, il n’allait pas en profiter justement, c’était ce qu’il essayait de dire, de manière très maladroite mais il essayait au moins. « Deuxièmement, si on prend une décision c’est ensemble et il faut qu’on se mette d’accord ensemble sur le pourquoi du comment… Oui je nous connais, j’anticipe les éventuelles disputes. » Et les mauvais jours. Et le fait qu'il allait boire parfois, souvent, et qu’il ne faudrait pas lui en tenir rigueur. Un jour, il se pencherait sur son « problème » avec l’alcool. Un jour. Mais pas aujourd’hui, aujourd’hui c’était Hamilton, une chose à la fois. Une chose abordable à la fois.  « Et enfin, le dernier point très très important. Tu vas promettre et me jurer que cet endroit ne deviendra pas le deuxième QG des Seconds Chances, okay? Je ne veux pas voir ta grande soeur débarquer en trompe pour s’accaparer la scène ou pour tenter de gagner la sympathie des possibles juges ou de qui que ce soit en venant ici. ‘Cause I ain’t gonna be afraid to remind her that I still legally have the right to own a gun.» Il avait gardé le meilleur pour la fin, bien entendu, c’était ce qui lui tenait le plus à coeur. Il avait été dans le cycle infernal des chorales, il savait que Grace allait être sous pression aux approches de la compétition, il le savait, tout comme il avait accepté le fait qu’il allait croiser Cassandra ici. Ça ne devait pas devenir une sorte de point de rassemblement pour autant, traduction que personne ne lui donne une excuse de mettre qui que ce soit dehors. Ils ne seraient pas le piano bar ou encore le bar karaoké, juste un restaurant, dans le genre brasserie un peu plus chic que les autres avec un meilleur menu et c’était tout. « C’est un endroit neutre, Carter va probablement y trainer, Lexie aussi, ta soeur aussi et même Brit. Donc pas de compétition ici, il ne s’agit pas d’asseoir ton siège chez les SC ou ta domination vocale or whatever. » Qu’elle supporte sa famille d’adoption et il en ferait de même pour la sienne et sa vraie famille. Il marqua une pause avant de baisser sa main et de la tendre à Grace.  

« Ce sont mes trois conditions. » Et non, il n’était pas du tout exigeant.« Et oui si tu acceptes de serrer cette main tu seras punie en conséquence si… tu désobéis. » Le blond haussa les sourcils, ce n’était vraiment pas une blague de mauvais goût, ou salace comme ça aurait été avec Carter, si un jour il décidait de mettre une fessée à Grace ça ne serait pas pour le fun. Enfin.. pas au début du moins. Le blond roula intérieurement des yeux à son propre esprit détraqué et il se concentra sur la vraie situation en face de lui, attendant la réponse de Grace.
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Dim 1 Nov - 14:49

Les tournoiements de Grace cessèrent d’un seul coup, comme si la voix de Warren l’avait mise sur pause. Ramenant cheveux et bras dans une position bien plus sereine que sa petite valse de surexcitation, elle accorda un sourire poli au blond, ses yeux pâles pleins d’interrogation. Ses joues se tintèrent de rose quand Delacroix tempéra sa recherche. Une fois de plus, Grace s’était emportée. Quand les esprits traditionnels se contentaient de passer d’une idée à l’autre par des routes conventionnelles, celui de baby Hamilton s’embarquait pour des Odyssées répétées à travers des océans d’eaux troubles et de détours brumeux. Et si Warren était, littéralement, de taille à affronter ses excès, quand elle voyait apparaître des lueurs sceptiques dans ses iris glacés, elle préférait freiner son Titanic avant la collision.

En quelque sorte, c’était agréable.

S’arrêter. Respirer. Ne plus penser. Elle avait souvent reproché au blond de ne pas faire assez usage de son cerveau. Il s’arrêtait à la première idée, jaugeait sa qualité, et une fois un passage sommaire par le lobe cérébral dédié à la logique, il la mettait en application. Confronter un système si direct avec la mécanique complexe des rouages entremêlés qui servait de réflexion à Grace, c’était un peu comme demander à des caissières de prendre des vacances en plein rush des achats de fin d’année. Agréable. Mais déstabilisant.

Elle nota cependant qu’il avait plus ou moins validé une de ses idées et savoura donc dans toute sa beauté cette petite victoire du quotidien. Warren minimisait la chose, évidemment. Comme pour conjurer un potentiel sort funeste à son projet s’il admettait y croire vraiment. Il venait de la patrie du voodoo, ce genre de réflexe absurde venait avec le goût pour le jazz et la viande crocodiles. Thor avait beau répéter que ce n’était qu’un nom, Grace, elle, savait que si Dieu lui avait subitement mis entre les mains plusieurs dizaines de milliers de dollars et un talent manifeste pour la cuisine dans les pattes d’ours de Warren, ça n’était pas par hasard. Et, quelque part, elle savait aussi qu’au fond, lui aussi y croyait un peu. Donner un nom à un rêve, c’était déjà un peu le réaliser.

Et puis, il l’avait appelée Princesse.

Ajoutant le mot dans un petit carnet mental destiné aux surnoms qu’il pouvait lui avoir adressé, dont elle ignorait jusqu’alors l’existence, elle écarquilla les yeux alors que deux mains énormes s’abattaient sur ses épaules. Manquant de s’étaler parterre en petit tas blond, elle contracta les cuisses, tentant de conserver un sourire élégant alors que la pression faisait craquer ses articulations.

Sans trop comprendre pourquoi, Grace se soumit au cérémonial que Warren semblait inventer au fur et à mesure. D’abord parce qu’elle avait elle-même plus d’une fois (beaucoup plus d’une fois) orchestré ce genre de mise en scène dispensable, ensuite parce qu’une main de géant en moins sur les épaules rendait étonnamment sa position d’un seul coup bien plus confortable.

-Premièrement, qu’on soit d’accord…

-Bien sûr qu’on est…

-… je vais te rembourser…

-Mais…

-… avec les intérêts…

-Non…

-… et oui je vais le faire,…

-Ce n’est pas…

-… je ne veux pas t’entendre dire que ce n’est pas important ça l’est.

-Pff.

Grace se mordit la langue, se contentant de croiser les bras (ou du moins un bras, puisque le deuxième était toujours fermement levé dans sa posture solennelle) et de rouler les yeux à une vitesse plutôt impressionnante. Se rappelant in-extremis qu’elle était adulte, Hamilton évita à tous le malaise de la voir taper du pied.

Avec les envies mêlées de le faire taire et de lui caresser les cheveux, qui n’étaient pas si incompatibles en y réfléchissant bien, Grace afficha une moue excédée tout en fixant avec des yeux de chaton ébloui les reflets qui gambadaient dans la chevelure du Delacroix.

- Deuxièmement,…

Ah, il n’avait pas fini.

-…si on prend une décision c’est ensemble…

Elle haussa les sourcils et esquissa un sourire sceptique.

-… et il faut qu’on se mette d’accord ensemble sur le pourquoi du comment…

Comme si ça allait arriver si facilement.

-Oui je nous connais, j’anticipe les éventuelles disputes.

-Preach.

Sourire doux.

-Même si « éventuelles » est un léger euphémisme, Warren… Je veux dire… Tu es insupportable et borné.

L’œil rieur, elle concéda quand même un hochement de tête qui signifiait qu’elle comprenait son point de vue. Et le partageait. Si la Bible regorgeait de règles en tout genre, ce n’était pas pour rien. L’Humanité avait besoin de règles. De limites. D’un cadre. Sinon c’était le chaos, l’anarchie, l’apocalypse, le Black Friday. Delacroix agissait en adulte responsable en prévenant les risques nerveux que cette entreprise allait générer. Et Grace agirait en enfant en restant persuadée qu’ils arriveraient à balayer ça autour d’un plat de lasagne cuit à température parfaite. C’était ce qui faisait leur force en quelque sorte.

-Et enfin, le dernier point très très important…

-Non, tu ne pourras pas cuisiner nu., avança-t-elle avec simplicité.

-Tu vas promettre et me jurer…

Nerveuse, elle regarda autour d’elle, comme si elle s’attendait à leur voir dégainer un grand couteau et un chandelier pour pratiquer un Serment du Sang. Pas qu’elle en aurait été particulièrement surprise, simplement qu’elle n’était pas foncièrement convaincue par l’attention que Warren portait à l’hygiène dans ce genre d’opération. Se faire amputer à cause de la gangrène, c’était si 2013.

-…que cet endroit ne deviendra pas le deuxième QG des Seconds Chances, okay?

Elle ouvrit la bouche et la referma. Les lèvres jointes hermétiquement, elle le laissa poursuivre, ses grands yeux inquiets plantés sur un visage blême.

- Je ne veux pas voir ta grande soeur débarquer en trompe pour s’accaparer la scène ou pour tenter de gagner la sympathie des possibles juges ou de qui que ce soit en venant ici. ‘Cause I ain’t gonna be afraid to remind her that I still legally have the right to own a gun.

Elle déglutit.

-C’est un endroit neutre, Carter va probablement y trainer, Lexie aussi, ta soeur aussi et même Brit. Donc pas de compétition ici, il ne s’agit pas d’asseoir ton siège chez les SC ou ta domination vocale or whatever.

-It’s not Fifty Shades of Glee, there’s no dom…, commença-t-elle outrée, alors qu’elle était précisément une des activistes les plus hargneuses dans cette guerre chantée.

- Ce sont mes trois conditions. Et oui si tu acceptes de serrer cette main tu seras punie en conséquence si… tu désobéis.

-You mean I’m supposed to be scared of your gun ?, lança-t-elle en haussant ses sourcils clairs, son regard balayant les hanches de Warren avec intérêt., Wait you got a gun on you… like… now ? Is it big ?

Elle prit conscience qu’elle parlait à Warren. La question était idiote.

The gun fits the hand.

Rejetant ses interrogations confuses d’un ample mouvement capillaire, son regard quitta la taille de Warren pour revenir vers son visage contracté par un air sérieux. Pinçant les lèvres, Hamilton s’efforça de parler lentement.

-On ne va pas parler d’argent ou je serai dans l’obligation de terminer cette discussion par des coups et je ne me sens pas la force de faire de l’escalade maintenant.

Sourire tordu.

-Je te le répète : tu rembourseras quand tu en auras la possibilité. Tu n’as pas besoin de me le répéter. Tu es un homme, Warren. Les hommes paient leur dette.

Nouvel hochement de tête.

-Quant aux décisions, on trouvera un accord quoiqu’il arrive. Je te rappelle que je passe soixante pourcent de mon temps à discuter des choix artistiques des Second Chances. Je suis habituée à la diplomatie.

Ou du moins, à la concession arrachée pour éviter un duel à mort comprenant yeux arrachés et strangulation à l’aide d’extensions.

-Enfin, tant qu'on en parle… les SC…

Malgré sa volonté d’apparaître détendue, Grace ne pouvait cacher une légère contrariété. Son ton apaisant et taquin devint d’un seul coup beaucoup plus plaintif :

-… C’est injuste, Warren… Trop injuste… Les Awesome Voices ont le Piano Bar, tu te rends compte ? Le Pi-a-no-ba-reuh. Les Urban Hymns ont le Cabaret ou un quelconque autre lieu de débauche… Tout le monde a un repère ! Moi aussi, je veux un repère ! Un repère qui ne comprenne pas des personnes âgées et des enfants des quartiers défavorisés ! Je les aime de tout mon cœur mais… Autre chose, c’est bien aussi… Parfois…

Mal à l’aise, elle faisait nerveusement claquer son talon contre le sol.

-Ne me regarde pas comme ça ! Avec tes stupides yeux… De stupide chiot… De stupide chiot particulièrement grand…

Elle secoua la tête, interrompit ses marmonnements et planta ses pupilles droit dans celle du blond.

-Okay. Okay. Okay. Terrain neutre. Aucune performance publicitaire. Pas de compétition. Promis. Juré. Sur mes cheveux.

Ses paupières se plissèrent.

-Mais tu dois être agréable avec ma sœur.

Elle leva le menton.

-Je vois très bien où est ton problème avec les « chorales », Warren. C’est un problème blond, qui fait un mètre soixante-treize et dont le nom commence par C- et finit par -assandra. Mais je sais aussi que la famille est aussi importante pour toi que pour moi. Tu le ressens. Là.

Pour appuyer son propos, elle enfonça un index dans le ventre dur comme dans l’acier de l’ex-shérif. Bien que sa phrase soit terminée, elle ne bougea cependant pas sa main de sa ceinture abdominale.

-Si ma sœur veut venir chanter, boire, manger, utiliser les toilettes ou même respirer ici, je veux qu’elle soit reçue avec autant de sympathie et d’affection que tes amis charmants-mais-sales.

Quand on connaissait un peu Grace et ses opinions tranchées sur les pécheurs, on savait que ce genre d’appellations étaient presque mignonnes.

-Ou du moins, que tu ne prétendes pas qu’on soit fermé, que tu ne hurles pas à l’attaque nucléaire et que tu lui fasses ce sourire avec la fossette à gauche…

Ca lui donnait un air de petit garçon. Un air qui faisait oublier les jurons, l’arme et l’alcool.

-C’est important., murmura-t-elle sans cesser de le fixer.

Grace connaissait le pouvoir de prétendre. Sourire perpétuellement vous rendait heureux. Cesser de s’alimenter diminuait la faim. Prier très fort rendait les miracles possibles. Mais elle connaissait aussi l’amour propre de Warren. Et son impulsivité. Et sa franchise. Et tout un tas d’obstacles caractériels qui rendraient ces sourires forcés plus complexes que ne le laissait entendre Hamilton. Mais cette dernière gardait la Foi. Dieu ne pouvait pas laisser la haine s’installer entre deux individus blonds bien longtemps, elle en était convaincue.

-Et puisqu’on en est aux requêtes préliminaires…

Elle prit un air mystérieux.

-J’aimerai que…

Pause.

-Tu…

Re-pause.

-… te remette sérieusement à la guitare.

Sourire malicieux.

-On a tous besoin d’art dans notre vie, Warren. Je t’ai vu sur scène. Tu en as définitivement besoin. Don’t bother arguing I’m not even listening now and you know it… Tu en as besoin. Et puisque la musculation n’en est pas un…

Son regard s’attarda, une nouvelle fois, sur ses biceps.

-… Pas à proprement parler… Je pense que ça peut te faire du bien… Beaucoup de bien…C'est tout ce qui importe...

Son ton s’accéléra.

-Et puis, j’ai toujours rêvé de chanter avec une vraie guitare… Et un vrai guitariste… C’est pas grand-chose, tu sais… Quelques accords… Juste quelques accords… That goes with the all diva package…, fit-elle en pointant le coin précédemment désigné pour la scène.

Tentant une moue affectueuse, ses doigts grattant le ventre le Warren comme elle l’aurait fait pour un jeune animal, elle esquissa un sourire dégagé :

-Alors… Is this a deal ?
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Sam 7 Nov - 18:37

Warren n’avait pas relevé la remarque sur les armes. Non, pas besoin de faire peur à Grace et de lui expliquer qu'il était beaucoup plus dangereux avec un 9 mm dans les mains qu'un fusil à pompe. Pas besoin. C’était le genre de conversation qu’il aurait un jour avec Carter, ou qu’il n’aurait jamais d’ailleurs. Warren n’avait pas particulièrement besoin d'un tel moyen de défense, il pouvait se débrouiller seulement avec sa main droite… No pun intended. Et puis, se disait-il, Grace n'avait pas besoin de tout savoir sur sa propre personne. Ce qu’elle savait déjà était déjà beaucoup pour Warren qui lui ne savait toujours pas s'il devait saluer ses capacités d’observations ou s’il devait en avoir peur. Maybe both ? Yeah both was good. Peu importe, Warren n’allait pas revenir sur ce qu'il venait de dire ou flancher, non, il se contenta de fixer Grace alors qu’elle réalisait pleinement ce qu’il venait de lui dire. La blonde ne semblait pas se soucier de son argent et il ne savait pas s'il trouvait ça juste stupide ou adorable. Impossible de savoir quand elle était concernée mais le grand blond ne s’en plaignait pas. Les Second Chances étaient… un sujet plus problématique. Warren aurait été hypocrite de dire qu’il ne serait pas contenté dans le cas où elles décidaient toutes de franchir le pas de la porte de l’établissement, sure, pourquoi pas, des bouches à nourrir tout ça… Il n'allait pas dire non.

Mais il était plus que ferme sur le fait que ça ne devait pas devenir une habitude ou un point de rassemblement. Qu’elles se contentent de la salle de répétition. Warren se fichait bien de savoir ce que faisaient les autres, il se retint d’ajouter qu'il serait le premier à mettre Brittany ou encore Carter à la porte s'ils débarquaient avec leur gros sabots estampillés MA chorale. Non, se dit-il, c’était hors de question. Il avait déjà donné, il avait investi près d'une année de sa vie dans ce cirque et ça n’avait pas fonctionné. Départ précipité ou pas, il était franchement en paix avec cette partie de lui-même. Comparé au reste, ça n’avait pas d'importance et il ne savait pas pourquoi est-ce que cela était aussi crucial que Grace le comprenne. Ça l’était, c’était tout. Hamilton finit néanmoins pour se plier à sa règle seulement pour lui exposer ses conditions.

Pff. N’importe quoi.

Il croisa les bras, roula des yeux au nom de sa soeur et réagit à peine alors qu’elle le touchait, encore. Évidemment qu’elle parlait de famille à la bonne personne et au fond de lui, l’ancien policier comprenait très bien le point de vue de Grace. Il faisait juste semblant de ne pas voir car c’était plus facile pour lui. Il ne savait pas pourquoi est-ce qu'il avait décidé de tourner sa colère contre une seule des Hamilton. Enfin si, Grace s’était excusée à sa façon. Il ne connaissait pas Cassandra, ou du moins, il n’avait jamais eu l’occasion de le faire alors il pouvait peut-être baisser la garde un peu. Il décroisait les bras en observant Grace à présent, sa respiration plus lente et mesurée alors qu'il réfléchissait. Warren n’avait pas envie de se battre pour rien, il voulait mettre les choses à plat et passer au plus important. Acheter ces murs, leurs murs et commencer à faire quelque chose de bien. Sauf que la conversation dériva sur lui et sa guitare et il haussa un sourcil blond, dérouté. Où est-ce qu’elle allait cherchait ... ça ? Il ouvrit la bouche et la referma et il ignora superbement le ton de la requête de la jeune femme et, sérieusement elle devait arrêter de le toucher, il finit par soupirer.
Fortement.

Warren devait certainement l’applaudir ou quelque chose comme ça, il avait l’impression de maitriser la conversation il y a cinq minutes de cela. Il y a cinq minutes, maintenant il était perdu et il se retint de la décoiffer une nouvelle fois, juste pour voir son petit air choqué de fille de bonne famille. « Tu demandes plus que moi Princesse, beaucoup plus que moi et ça ne me parait pas juste. » Warren avait presque grogné cette phrase, sa voix descendant automatiquement d'un ton sans qu’il en ait vraiment le contrôle. « Pas juste du tout. » Il finit par grogner, vraiment, afin d'indiquer son mécontentement et reprit depuis le début.  « Et … fine. Je serai poli et courtois avec … Cassandra. »  lâcha t-il ensuite. Chose sur laquelle il ne reviendrait pas et il savait qu'elle le savait déjà. Warren était le genre de personne qui n'avait qu'une seule parole et maintenant que c'était dit hors de question de revenir là dessus. « Enfin, ma version de poli et de courtois et elle pourra venir parader ici si l’envie lui prend. Mais fais-lui bien passer le message à propos de… ce restaurant. » Son regard se fit plus intense l'espace de quelques secondes avant qu'il ne cesse de fixer Grace de cette façon-là. « Ici, c’est la Suisse… capiche ? » Était-il fier de son analogie ? Oui, très fier. Il ne voyait pas comment mieux résumer la chose et Warren se disait qu'il avait assez de respect pour Grace pour faire semblant. C’était tout ce qu'elle lui demandait, si si, il en était certain, et c'était tout ce qu'il pouvait promettre pour l’instant. « Et si je fais un sérieux effort avec ta soeur, je veux que tu en fasses aussi. Avec Lexie. Et avec Brittany. Et quiconque passe la porte de ce restaurant, et j’en ferai de même. » Warren avait conclu sur un ton qui ne laissait pas vraiment de place au doute et il changea de sujet.

Abordant celui qu'il avait le moins envie d’aborder. Il ne voyait pas le problème s'il n'avait pas chanté depuis des mois ou touché aux quelques instruments qu'il possédait. Ce n'était pas un problème. Carter l'avait sûrement entendu fredonner une ou deux fois, ça arrivait souvent quand il était concentré en s'occupant de sa voiture mais c'était tout. Warren avait essayé, chose qu'il n'allait pas avouer ici et maintenant, mais il l'avait fait. Sans succès. Ça ne lui disait plus rien, que ce soit pour faire semblant de ne pas connaitre les titres à la radio ou pour ses morceaux de country favoris. Ce n'était plus pareil, il manquait quelque chose. Il se refusait à dire Glenn car cela était admettre beaucoup trop… mais voilà. Quelque chose manquait. « Pour ce qui est de ma vie personnelle je… Je ne sais même pas quoi te répondre, je n’avais pas réalisé que c’était un problème. » avoua honnêtement Warren. Il baissa la tête pendant quelques secondes, fixant ses chaussures et après quelques secondes de contemplation, Warren poussa un soupir, redressant la tête, ses yeux bleus dans ceux de Grace.  « Tu ne peux pas me forcer Grace, tu le sais ça, hein? » La dernière phrase venait d’être murmurée et ils savaient tous les deux que c'était ce que Warren ne disait pas le plus important. Elle pourrait essayer du mieux qu'elle pouvait et y passer des jours et des jours, elle ne pouvait pas le forcer à aller mieux. Ça ne fonctionnait pas comme ça, la musique c’était avant, il se relevait peu à peu et il commençait à récupérer ce qui était avec lui, mais ça, ça allait prendre un peu plus de temps.  

« Bref, je ne dis pas non, je vais y réfléchir. » Il reprit son timbre normal. « Which also makes me think… we need a safeword. » Il avait annoncé cela avec toute la délicatesse et le tact qui lui était caractéristique… il le savait. Autant ne pas tourner autour du pot non ?  « Je suis sérieux, très sérieux, j’aimerais vraiment éviter de me prendre la tête avec toi … ou d’hurler en dehors de la cuisine. Et d’autres endroits que je ne mentionnerai pas ici. » Haussement d’épaules. « Donc oui, il nous faut un safeword, something meaningful, et peu importe la discussion en cours, on arrête tout et on en discute plus tard quand on est tous les deux prêts… Any idea ? »
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MessageSujet: Re: 01. It's you and I, darling: partners in crime   Mer 11 Nov - 1:06

Princesse.

Grace frissonna.

Non, décidément elle ne s’y habituerait pas. Pour son plus grand plaisir, en quelque sorte. Ses doigts coulissèrent jusqu’aux avant-bras de Warren. Ca lui laissait un peu de répit mais elle avait encore une surface appréciable pour pianoter. C’était ce qu’il demandait, après tout ? Des compromis. Fière de ses efforts, elle espérait que Delacroix noterait son attitude positive. Monsieur deux mètres carré de muscles semblait pourtant trop occupé à froncer les sourcils et balbutier ses réponses, une mine boudeuse sur le visage qui arracha un gloussement à la blonde.

Les yeux de Grace virevoltaient, papillons de nuit fébriles, à la fois éblouis et irrésistiblement attirés par les iris glacés de Warren. Son regard effleurait sa mâchoire, plongeait jusqu’à sa pomme d’Adam qui s’agitait en cadence, remontait se lover dans la ride plantée entre ses sourcils, sans s’arrêter une seconde, sans cesser de chercher le moindre recoin, le moindre secret qu’il n’avait pas encore exploré. L’anatomie de Warren Delacroix avait toujours été un terrain de jeu très particulier pour les pensées si malléables de Grace. Mais depuis quelques temps, elle s’attardait de plus en plus sur son visage. Ses expressions, ses sourires, ses veines, ses poils de barbe. Elle inspectait. Elle s’émerveillait. Avec la ferveur d’une archéologue sur un site de fouille de plusieurs milliers d’années, elle prenait le temps de tout comprendre, de tout assimiler, pas à pas, zone par zone. Le blond n’était pas un homme de grands discours. Aussi chaque ride, chaque fossette, chaque mimique, chaque ombre, c’étaient autant de mots qu’elle assemblait avec méthode, traductrice appliquée d’une langue préhistorique, pour composer la biographie cachée de Warren Delacroix. Et jusqu’ici, le texte valait bien un New York Times Best-Seller.

Le ton vibrant de Warren interrompit pourtant sa lecture.

-Je serai poli et courtois avec … Cassandra.

Grace afficha une expression totalement neutre. Les yeux grands ouverts, la bouche fermée, le teint blafard, pas un muscle facial ne bougeait. Et soudain, lentement, doucement, ses lèvres s’étirèrent. Ses yeux s’illuminèrent. Ses oreilles rosirent. On avait beau être en Septembre, pour baby Hamilton, c’était le vingt-cinq décembre. Et le père Noël était bien moins bedonnant que prévu.

Elle ne dit rien. Pas un merci. Pas un cri de joie. Elle ne dit rien. Elle monta sur la pointe de ses pieds et posa un baiser sur sa joue. Elle redescendit bien vite. Et resta là. Plantée à le fixer.

Hamilton mesurait ce que l’ex-shérif venait de lui faire comme faveur. Il avait beau nuancer son propos, mettre un cadre, tempérer ses exigences, elle savait que sur le fond il avait cédé. Et c’était important. Si important.

Lexie, Brittany,… Elle hocha la tête. Non, elle n’essaierait pas de les rincer à l’eau bénite à chaque fois qu’elles franchiraient le pas de la porte. Oui, elle leur servirait des assiettes et des verres sans ajouts de produits plus ou moins létaux. Non, elle ne ferait pas payer un couvert supplémentaire pour leur péché. Elle serait sage. Promis, juré, craché. Ils allaient y arriver. Tous les deux. Elle fit glisser ses paumes contre celles du blond.

Etaient-elles moites ? Evidemment. Visualisant un gel antibactérien à la framboise pour calmer ses instincts, elle tenta un sourire mignon pour masquer son envie violente de lever les bras au ciel en hurlant.

Pourtant, un timbre étrange l’arracha à ses considérations vaguement hypocondriaques. Etonnée, elle leva des yeux curieux vers Warren. Un peu peinée, elle afficha pourtant une expression très calme. Ses doigts tremblaient un peu quand elle leva sa main vers son visage. Elle posa la pouce sous sa pommette et dessina y pensivement un ovale relativement tordu. D’une voix apaisante, presque tout bas, elle lui parla alors qu’il relevait la tête :

-Ce n’est pas un problème, Warren.

Fake it till you make it.

Ca marchait si bien pour elle.

-C’est juste un moment. Juste un instant. Ca passera. Je te promets.

Silence.

-Tu n’as besoin de personne pour ça.

Ses yeux s’accrochèrent aux siens.

-Mais je serais là. Au cas où.

Sourire peut-être un peu triste, un peu confus en tout cas.

La médecine ne pouvait pas soigner toutes les pathologies. Le spectre était si large qu’elle peinait à seulement toutes les identifier. Ca faisait partie des mystères de Dieu. Des choses qu’on devait accepter pour grandir. Admettre ne pas comprendre, ne pas chercher plus loin. Pour pouvoir vivre un peu. Les blessures de Warren étaient quelque part dans ce tas. Cachées dans l’ombre, encore inaccessibles. Mais ça viendrait. Grace en était persuadée. Il comprendrait. Et elles partiraient sans ecchymoses. Il le méritait. Elle priait simplement de pouvoir être à ses côtés ce jour-là.

La séquence émotion s’interrompit brusquement.

Perturbée, la pianiste sentit sa tête tourner un peu avant qu’elle ne reprenne le rythme classique de leur conversation. La main était retombée, les trémolos envolés et la musique arrêtée. C’était comme ça avec lui. Il coupait les cordes des violons quand ils jouaient un peu trop fort. Mais Grace ne parvenait pas à lui en vouloir.

Safeword. Il voulait un safeword. Il voulait un vraiment très sérieux safeword. La blonde se retint très fortement de ne pas rouler des yeux, tentant de prendre un air sérieux et concerné.

Après tout, ce n’était peut-être pas une mauvaise idée.

-…j’aimerais vraiment éviter de me prendre la tête avec toi … ou d’hurler en dehors de la cuisine. Et d’autres endroits que je ne mentionnerai pas ici.

-On sait tous les deux qui est la véritable Scream Queen ici.

Haussement de sourcils.

-Mais oui, tu as probablement raison.

How weird to say.

-Donc oui, il nous faut un safeword, something meaningful, et peu importe la discussion en cours, on arrête tout et on en discute plus tard quand on est tous les deux prêts… Any idea ?

-Steak., fit-elle, parfaitement neutre.

Le regard que lui jeta Warren la poussa à émettre un petit rire gêné, qui aurait pu largement passer pour une imitation convaincante du hululement d’une chouette effrayée. Elle s’éclaircit la gorge, glissant ses deux mains sur sa nuque pour remonter sa chevelure, comme si ce geste absurde allait débloquer ses fonctions cognitives destinées à communiquer un raisonnement construit.

-Il nous faut quelque chose de rassurant. Quelque chose qui nous rapproche. Quelque chose de reconnaissable, de direct. Mais d’assez discret pour que Lima ne se retourne pas dès qu’on le prononce. Tu sais comment sont les gens ici…

Comment elle est elle-même.

-… Je ne veux pas générer un flash-mob à chaque fois qu’on n’est pas d’accord sur la garniture d’un plat…

Regard très, très, t r è s sérieux.

-Donc : steak. C’est simple et réconfortant.

Sourire mutin.

-Et je suis presque sûre que rien que de le prononcer ou même l’entendre te détendra déjà un peu.

Croisant les bras, Grace s’écarta finalement de Warren, jusqu’à lui tourner complètement le dos. Elle fit quelques pas, écoutant le claquement sec de ses semelles sur le sol brut. Elle observait une nouvelle fois les locaux. Avec un regard nouveau peut-être. Ses idées, ses ambitions. Devant elle, elle voyait des mois. Elle voyait des centaines de dollars. Elle voyait l’inconnu, une aventure qu’elle ne pouvait qu’à peine imaginer. Un frisson d’excitation secoua sa colonne vertébrale. Ecartant le rideau doré de ses cheveux d’un mouvement ample du cou, elle jeta un coup d’œil à Delacroix par-dessus son épaule. Elle l’interrogea, un sourire étonnamment timide sur la bouche :

-Tu es prêt ? Pour… tout-ça ?
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01. It's you and I, darling: partners in crime

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