Choriste du mois


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 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe

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MessageSujet: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Ven 29 Jan - 22:51

Le cliché hollywoodien consistant à faire porter à ses protagonistes féminines les vêtements de leurs amants avait toujours beaucoup agacé Cat. Visiblement, la gent masculine avait besoin de se rassurer en leur faisant boutonner une chemise trop grande pour elles, histoire d’appuyer la théorie selon laquelle les femmes n’étaient rien d’autre que des êtres chétifs, et que seule une Armani pouvait leur procurer confort et félicité. C’était tout à fait le genre de stéréotype qu’Ecaterina tenait à éviter. Elle ne se souvenait pas d’avoir jamais cédé, ou peut-être une ou deux fois, et ce dans des cas d’extrêmes urgences – comme celui-là.

Ce fût un regard par-dessous qu’elle se lança à travers le miroir de la salle de bain de Wyatt et Charlie. Les doigts tricotant autour des boutons de la chemise d’homme qu’elle avait passée – une Armani –, elle soupira avant de pincer les lèvres pour contenir le sourire tout en fossettes qu’elle laissa échapper sans le vouloir. Ressassant mentalement les dernières heures qui s’étaient écoulées, Cat secoua la tête pour mieux reprendre ses esprits, et elle termina de couvrir son corps dénudé. Se disant avec amusement qu’à ce stade, la pudeur n’était qu’une formalité hypocrite que les gens polis persistaient à respecter Dieu seul savait pourquoi, elle replia les manches de la chemise jusqu’à ses coudes.

Elle marqua un temps d’hésitation avant de relever la tête pour de bon, et timidement, elle s’approcha de la vasque installée devant le miroir. Ecaterina plissa doucement les paupières, soumettant la personne qu’elle avait en face d’elle à une observation rare et rapide ; la fatigue perceptible sur les traits de son visage était adoucie par la sérénité qui guidait chacun des mouvements qu’elle exécutait avec délicatesse, toujours un peu engourdie par l’ardeur qui l’avait gardée éveillée. Blottie contre un corps allongé tout près du sien, elle s’était à peine assoupie, déterminée à savourer la chaleur du feu de paille qui s’était déclenché en fin de soirée ; l’image du feu de paille lui plaisait, car c’était exactement ce qu’il s’était passé.

Le sentiment qu’elle avait ressenti serait sans doute vif et passager, mais elle l’avait apprécié avec la plus touchante des sincérités. Cat se pencha au-dessus de la vasque pour examiner de plus près son reflet ; ses pommettes étaient échauffées, un peu trop rosées pour être le résultat d’une mise en beauté qu’elle préférait légère, et ses cheveux ne se seraient pas mieux portés si elle était sortie d’une escapade prolongée derrière les buissons. Par mauvaise manie, elle en coinça les mèches derrière ses deux oreilles, et se redressa consciencieusement, ressentant un frisson courbatu au creux de ses reins.

L’atmosphère autour du sofa qu’elle avait donc quitté était singulière, aussi feutrée que l’ambiance du piano-bar, mais sans l’odeur de tabac froid, les tentatives de Megan de se faire passer pour la réincarnation de mère Thérésa, et l’espèce de complot qui se jouait dans son dos. Pendant que, du bout des doigts, elle suivait les traînées veineuses de la main posée sur son abdomen, elle avait réalisé que le temps était suspendu. Elle n’avait eu aucune idée de l’heure qu’il pouvait être lorsqu’elle s’était discrètement levée, et dans toute sa lucidité brumeuse, elle ne s’était pas inquiétée des barrières qu’elle avait franchies en utilisant la clef de secours de l’appartement de Wyatt et Charlie comme un simple laissez-passer pour une douce nuit. A ce moment-là, tout comme au moment où elle avait compris que le délai que son partenaire lui avait donné arrivait à expiration, elle n’avait pas pris le temps de s’arrêter sur ce qui se passait autour, et encore moins sur le murmure de sa conscience qui lui avait conseillé d’attendre encore un peu.

Les occasions n’avaient pas manqué depuis la dernière fois, mais c’était précisément ce soir que Cat avait saisi la balle au bond. Les sous-entendus dispersés aux détours de leurs réunions de travail, de leurs échanges par notes manuscrites et électroniques, et surtout de la danse qu’ils avaient partagée à la fin de la réception du mariage de Wyatt et Charlie, n’avaient fait qu’accentuer le sentiment de convoitise qui la rendait fébrile depuis plusieurs semaines déjà ; non, l’arrivée des fêtes de fin d’année n’y était pour rien, bien qu’elle s’était sérieusement demandé si son égarement coutumier à propos de toutes ces traditions ne l’incitait pas à chercher un peu de compagnie pour penser à autre chose.

Même si elle avait trouvé ça dangereux à cause de la proximité des Traîtres de sa chorale et du volume restreint du piano-bar, elle avait eu envie d’embrasser Tate – et c’était ce qu’elle avait fait en lui volant un tout petit baiser, après avoir prétexté quelque chose d’urgent à lui demander ; quelqu’un de plus aguerri aurait profité du gui qui égaillait les poutres du piano-bar, mais ça ne lui était même pas passer par l’esprit. Dissimulés par les décorations imposantes et festives du bar, il n’avait pas duré plus d’une seconde, mais c’était assez pour faire passer le message. Malgré l’enthousiasme qu’elle avait démontré au cours des retrouvailles inopinées avec sa cousine, c’était couverte par un alibi – à savoir qu’il fallait qu’elle passe nourrir le chat de Charlie avant demain matin – que Cat avait pris congé de la soirée des Awesome Voices quelques minutes avant Tate.

Perdue dans ses pensées, son sourire s’effaça lorsqu’elle sursauta en entendant le grincement de la porte de la salle de bain. Relâchant une inspiration soulagée, elle devina la démarche nonchalante et allongée de Brownie qui se dirigeait vers elle. Ecaterina affronta une dernière fois son propre regard, puis pivota sur la plante de ses pieds. L’attention que l’animal lui réserva était scrutatrice ; s’il pouvait parler, il y aurait fort à parier qu’il n’hésiterait pas une seule seconde à s’exprimer sur le sujet. Au lieu de ça, il lui miaula dessus avec une indolence pleine de jugement. Cat roula des yeux face à la bigoterie de Brownie, et tout en se penchant pour le prendre dans ses bras, elle lui chuchota en minaudant :

« Ça te va bien de me juger, toi. » A l’époque de sa colocation avec Charlie, elles le soupçonnaient de flirter avec toutes les minettes du quartier. Elle prit une moue affectueuse annonçant qu’elle allait lui déposer un baiser sur le museau, mais se ravisa en sentant la petite tête du chat se blottir dans le creux de sa gorge. Cat passa sa main libre dans ses cheveux, n’arrangeant pas le fouillis qu’il y régnait en glissant tout un rideau de l’autre côté de sa tête. Le chat dans les bras, elle sortit de la salle de bain sur la pointe des pieds « Je pensais qu’on était amis, et d’après ce que je sais, on ne se juge pas entre amis. » ajouta-t-elle dans un autre murmure rauque « Tu dois mourir de faim… » concéda-t-elle en dépassant enfin le dernier pan de mur du couloir, celui qui lui éclaircit la vue, et lui fit braver la vision d’un Tate encore endormi sur le sofa de Wyatt et Charlie ; ce qu’ils ne savaient pas ne pourraient pas leur faire de mal, et comme ils ne sauraient jamais rien de tout ça…

Cat tenterait de se culpabiliser plus tard. Pour l’heure, elle n’avait aucun regret, et pendant qu’elle se mordait doucement la lèvre inférieure, Brownie en profita pour s’échapper de ses bras. Il lui griffa l’intérieur du poignet au passage, ravivant la crainte secrète qu’elle nourrissait à propos de la façon dont elle devait procéder maintenant. C’est-à-dire qu’elle n’était pas une grande habituée des aventures d’une nuit, et parce qu’elle avait une vision on ne peut plus claire des mœurs de Tate, elle avait la certitude que ce qu’il s’était passé entre eux la nuit dernière en était une. Retenant un couinement, entre la douleur causée par la griffe de Brownie, et la panique soudaine de se retrouver piégée par un contrat éphémère dont elle ne connaissait aucune clause, Cat serra très fort les dents en grimaçant. Restant une seconde plantée sur ses deux pieds, elle toupilla au ralenti. Faisant demi-tour pour rejoindre la salle de bain, elle fut soudain soucieuse du bruit qu’elle était susceptible de faire en se déplaçant dans l’appartement.
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MessageSujet: Re: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Dim 21 Fév - 5:22

Tate roula sur le dos. Son cœur manqua un battement, comme lorsqu’on rate la dernière marche de l’escalier, quand il prit conscience de l’absence d’Ecaterina à ses côtés. Les yeux toujours fermés, encore un pied dans le sommeil, sa poitrine se souleva doucement sous une inspiration indolente, et ses mains la cherchèrent avec convoitise. À sa plus grande déception, elles ne trouvèrent rien, sinon les couvertures qu’elle avait laissées derrière elle. Incrédule, Tate souleva une paupière pour constater qu’il était bel et bien seul. Lui, qui avait pourtant le sommeil extrêmement léger, ne l’avait pas entendu se lever – encore moins se défaire de son étreinte rendue étroite par les dimensions du canapé. Il frissonna légèrement en sentant le contact du cuir, peu agréable, appuyé contre son omoplate nue, et remua sous la couverture, regrettant davantage qu’elle se soit levée avant lui. Combien de temps avait-il dormi ? Il jeta un bref coup d’œil autour de lui, cherchant un indice quant à l’heure qu’il pouvait être à présent, mais il ne trouva rien, pas même sa montre qu’il avait le vague souvenir d’avoir abandonné négligemment sur la table basse. Il se redressa avec lenteur, tâchant de réunir ses esprits, les yeux légèrement plissés pour s’habituer à la lumière qui s’était infiltrée dans le salon à son insu ; une expression mêlant plénitude, fatigue et confusion imprimée sur le visage. C’était sans doute celle qu’arboraient ses conquêtes quand elles se réveillaient chez lui – juste avant de réaliser qu’il ne reviendrait pas les bras chargés de viennoiseries, comme le gentleman moderne vendu par Hollywood. C’était le cliché que, lui, refusait de promouvoir à tout va.

Bientôt, il se rendit compte qu’Ecaterina n’avait pas mis les voiles – comme il l’avait naïvement cru, aux premiers abords. Ses vêtements gisaient encore sur le plancher, là où ils les avaient laissés en arrivant. Non, elle était encore là. Il pouvait l’entendre se mouvoir il ne savait trop où, occupée à il ne savait trop quoi. Il poussa un bref soupir, subitement ennuyé. Avait-il, ne serait-ce qu’une seconde, imaginé que les choses seraient plus ‘confortables’ si elle avait effectivement décide de filer ? Absolument. Mais c’était la bienséance des aventures d’une nuit : éviter le lourd silence du ‘matin d’après’ autour d’une tasse de café interminable et s’en tenir aux bons moments que la nuit avait portés. Généralement, arrivés à cette étape, Tate était déjà loin et ne pouvait pas s’en porter mieux. Seulement, il avait commis une erreur de débutant : il s’était endormi avant elle et n’avait pas émergé assez tôt pour pouvoir appliquer ses manières habituelles. Sans surprise, c’était le moment qu’il appréciait le moins. Un peu comme si le jour pouvait projeter une lumière dérangeante sur ce qu’il avait pu dire ou faire avant qu’il ne se lève.

Tate se frotta doucement le visage, tâchant d’en chasser toutes traces de langueur ; et le déni qui commençait subtilement à faire son apparition. Mais contrairement à ce qu’il pourrait se faire croire ultérieurement, Tate ne l’avait pas raccompagnée en ayant l’intention de s’éclipser aux aurores. La connaître rendait le concept d’ « aventure » plus difficile à mettre en application. Seulement, il n’avait pas non plus prévu de s’attarder au-delà de ce qu’il estimait être raisonnable. À vrai dire, et il serait bon de le retenir, il n’avait rien prévu du tout – et c’était tout le « problème ». Il esquissa un sourire malgré lui. Il se connaissait très bien, il aurait dû être ennuyé de se retrouver dans cette situation – une situation qu’il mettait un point d’honneur à éviter, de manière générale, et qui ne pouvait, selon lui, apporter que des ennuis – mais c’était un sentiment de satisfaction grandissant qui supplantait le reste. Il avait attendu trop longtemps qu’elle réponde à ses avances à l’affirmative pour être capable de s’auto-flageller sur des détails de moindre importance aussi rapidement. Plus tard, peut-être. En attendant, les images de leur nuit, encore vivaces, lui tournèrent un moment dans la tête, et soudainement, il se surprit à vouloir la rejoindre plutôt que de la déserter sur-le-champ.

La couverture nouée autour de ses reins, Tate repoussa la porte de la salle de bains après avoir exploré le reste de l’appartement, et y trouva Ecaterina. Le mystère concernant la localisation de sa chemise trouva une réponse immédiate. Il marqua un temps d’arrêt, étonné, avant de lui adresser une œillade éloquente dans le miroir, l’air de dire « maintenant, mes chemises ? ». Il réprima le commentaire qui lui brûlait les lèvres, et décidé à préserver l’atmosphère qu’ils avaient instauré depuis qu’ils étaient entrés dans l’appartement, il prit la parole : « Alors… Qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? » Pince-sans-rire, il la fixa un court moment, avant qu’un air malicieux n’éclaire son visage encore marqué par le manque de sommeil. Il entra dans la pièce, et s’intéressa à la pharmacie avec désinvolture. Ravi d’être tombé sur l’appartement d’un médecin, il en ouvrit rapidement les portes. « Je plaisante. » Il lui adressa un clin d’œil, avant de froncer les sourcils le temps de scanner attentivement le contenu de l’armoire. « J’ai cru que t’étais partie. Je me préparai à devoir me comporter comme un amant négligé et à rayer ta carrosserie. » Il eût un sourire en coin en repoussant le kit de premiers secours. Après une dizaine de secondes, il mit la main sur un flacon d’antidouleurs. Ce n’était pas ceux qu’il utilisait habituellement, mais ça ferait l’affaire. Pendant un moment, il garda le silence, concentré sur les instructions imprimées sur le flanc de la bouteille. Il pressa sa paume sur le bouchon, et glissa deux comprimés dans sa bouche avec nonchalance. « Deux questions. » Ses mains se posèrent sur sa taille et la poussèrent doucement sur le côté pour qu’il puisse se pencher au-dessus du lavabo, et boire quelques gorgées d’eau au robinet. « Est-ce que tu crois que Wyatt et Charlie s’en rendraient compte, si on se débarrassait de leur canapé ? »

Il essuya ses lèvres d’un revers de main et l’observa droit dans le miroir. Il se pencha davantage pour balayer sa chevelure blonde d’une épaule à l’autre, et parler près de son oreille. « Tu te caches de quoi, ici ? » Il attendit. S’il avait appris une chose, c’était l’écouter s’exprimer ; et lui prêter attention – deux choses qui ne lui venaient guère naturellement. Il haussa un sourcil encourageant.


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MessageSujet: Re: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Dim 21 Fév - 20:11

D’ordinaire, Ecaterina pouvait se targuer d’être une jeune femme pleine de maturité. L’avantage, si on pouvait appeler ça un avantage, d’avoir été élevée par la mère qu’elle avait eu, c’était qu’elle avait gagné en sagesse bien plus vite qu’il ne l’aurait fallu. Pourtant, il lui arrivait de se retrouver face à des situations où l’adulte qu’elle était ne parvenait pas à émerger, terrorisée par son fil de pensées. Ils n’avaient pas eu le temps de se mettre d’accord sur le matin d’après. Tout était arrivé trop vite pour qu’ils puissent prévoir quoi que ce soit – un sourire à la fois comblé et hésitant pointa sur son visage poupin, chassant l’expression d’affolement qui avait suivi l’échappée belle de Brownie, tandis qu’elle repensait de nouveau à la fièvre l’ayant gardée alerte toute la nuit. Une fois arrivés dans l’appartement de Wyatt et Charlie, tout s’était arrêté, et leurs aspirations avaient très vite pris le dessus sur l’entendement. Si elle avait été capable de repousser le désir qui l’avait dévorée toute entière, Cat aurait sans doute été la première à tout rationaliser en reconsidérant ce qu’elle éprouvait à l’égard de son partenaire. Rien de sérieux, au demeurant, mais elle avait fait la paix avec l’idée que, si elle le voulait autant, ce n’était pas juste parce qu’il était facile de le séduire.

Tate lui plaisait, et ce fût cette pensée-ci qui lui fit revêtir son masque d’inconfort tendu par la fuite du chat de Charlie, plus que l’impression soudaine d’avoir fait une erreur qu’elle regretterait ou pas, elle se laissait encore le temps de se prononcer à ce sujet – même si pour le moment, elle ne la regrettait toujours pas. Toupillant sur la plante de ses pieds, Cat se mit à marcher prudemment, mais résolue à tourner définitivement les talons, elle détacha son regard de la silhouette étendue de Tate qui s’extirpait doucement du sommeil. Elle se dirigea vers là d’où elle venait, entourant son poignet meurtri par les griffes de Brownie avec ses doigts, soulageant la douleur vive, mais supportable, de sa petite blessure.

Trottinant jusqu’à la salle de bain dans laquelle elle entra sans demander son reste, Cat ferma la porte derrière elle, et s’y adossa en plissant les yeux, prise en otage par le raisonnement qui s’enclencha soudain dans son esprit. Elle avait du mal à mettre de vrais mots sur ce qu’elle ressentait présentement, et pour quelqu’un avec un cursus comme le sien et une carrière prometteuse dans le monde de l’édition, c’était un comble de manquer de vocabulaire. Ça l’agaçait, au point qu’elle se décolla vivement de la porte pour s’avancer plus loin au centre de la salle de bain. Cat n’était pas apeurée par la suite des évènements, pas totalement en tout cas. Elle ne se faisait pas d’illusions, et comprenait que tout se finirait aussi vite que ça avait commencé, mais même en restant parfaitement lucide, elle ne pouvait s’empêcher de redouter un peu l’instant où elle devrait confronter Tate à la lumière du jour – inutilement, elle secoua ses longs cheveux mal peignés pour leur donner un meilleur aspect. À son contraire, elle n’était pas abonnée aux histoires d’un soir. Elle n’avait eu que deux petits amis avec qui elle était restée longtemps, et les principes qu’elle avait battis à cette époque ne comprenaient pas de se laisser charmer par ce type d’aventures sans lendemain ; elle ne croyait peut-être plus en tout ça aujourd’hui, ça ne voulait pas dire pour autant qu’elle était à l’aise avec l’idée de se donner à n’importe qui, l’état de son tableau de chasse depuis sa rupture avec Gale faisant état de l’importance qu’elle accordait à sa dignité de femme. Elle soupira, et d’un même mouvement, elle appuya le bas de ses reins contre la vasque sèche, ravivant un frisson qu’elle occulta pour mieux faire dos au miroir. Par intuition, elle baissa les yeux sur son poignet pour examiner d’un regard absent la griffe qui barrait la peau fine protégeant ses veines. Y perdant rapidement de l’intérêt, elle ferma les paupières.

Ecaterina était incapable d’oublier les détails, c’était comme ça. Sa mémoire était une malle au trésor qu’elle vidait seulement en couchant toutes ses observations sur le papier. Elle pouvait se rappeler des dates avec une précision impressionnante, des odeurs et des sons sans même y penser et des sentiments et sensations que tel ou tel évènement lui avait procurées. Et maintenant, privée de son si précieux carnet, elle ne pouvait rien faire d’autre que d’essayer de refouler les bribes de souvenirs de la nuit passée – ils étaient tout frais, ça rendait la tâche on ne peut plus compliquée. De la douceur inattendue de Tate, aux cicatrices qu’elle avait senties sous ses doigts en le touchant, elle n’oublierait rien. Elle se somma de reprendre ses esprits, toutefois, et rouvrit les yeux pour se retourner face au miroir auquel elle ne lança même pas une œillade irréfléchie. Plus tard, quand elle saurait comment se comporter, elle se détesterait de ne pas être apte à considérer tout ça pour ce que c’était : une anecdote qu’elle finirait par raconter à ses meilleures amies. Ou pas, car pour l’instant, elle tenait à la garder rien que pour elle.

Elle ouvrit le robinet, et tendit son poignet pour qu’un filet d’eau tiède vienne nettoyer la plaie causée par l’animal qu’elle n’avait pas eu le temps de rattraper. La jambe droite fléchie, et la tête penchée sur le côté, elle tenta de se concentrer sur les soins qu’elle apportait à son éraflure, mais sans surprise, elle perdit vite toute considération pour sa guérison. Cat leva le menton, et à travers le miroir, ses yeux rencontrèrent ceux de Tate. Intérieurement, elle gloussa avant de couper court à ce contact visuel en fermant le robinet. Néanmoins, elle eut le temps de remarquer l’expression éloquente qu’il avait empruntée en s’apercevant qu’elle portait sa chemise. Avec un sourire, Cat lui dit :

« Je vais te la rendre. » Mais certainement pas tout de suite. Son cœur battait un peu trop fort dans sa poitrine, simplement parce qu’elle était mise au pied du mur avant d’avoir pu approfondir ses réflexions sur comment gérer le matin d’après. Elle baissa la tête lorsqu’il reprit la parole, tachant de cacher le nouveau sourire qui découvrit ses dents, et pendant qu’elle accordait un intérêt relatif à la quête de Tate, occupé à trifouiller dans l’armoire à pharmacie, elle lui répondit « C’est pas faute d’y avoir pensé. Mais je me suis souvenue qu’il n’y avait pas d’escaliers de secours, alors je suis restée. » Cat releva la tête pour l’observer distraitement gober les deux comprimés qu’il avait dénichés dans un flacon au nom de Charlie – un geste qu’il faisait au minimum deux fois par heure pendant leurs séances de travail, entre autres. Elle se laissa déplacer par les mains qu’il posa sur sa taille, et retint son souffle, toujours un peu fébrile à son contact « On peut tenter et accuser le chat. Après leur lune de miel, on pourra leur faire gober n’importe quoi. » Elle pinça les lèvres, suivant plus avidement des yeux les mouvements qu’il exécuta lorsqu’il se redressa après avoir bu. Cat tenta de garder bonne contenance. Tate se baissa cependant, et le son de sa voix dans son oreille, ainsi que son souffle sur sa joue, lui fit compulsivement cligner des yeux. Le ton qu’elle employa pour lui répondre lui sembla beaucoup trop aigu « Je ne me cache pas. »

De manière générale, Ecaterina ne s’était jamais laissé impressionner par Tate. Elle savait qu’elle avait autant les moyens que lui de démontrer un caractère difficile. D’ailleurs, elle s’y était essayée à plusieurs reprises, et avec brio. Après tout, c’était elle qui l’avait contraint à lui présenter des excuses après Toledo, et ce en refusant de lui adresser la parole en dehors de la mise en place de leur projet. Leur différence d’âge n’était donc pas perceptible dans ces moments-là, mais le regard qu’il lui renvoya, un mélange d’encouragements et d’attention sincère qui la déstabilisèrent, ainsi que le sentiment, transparent pourtant, d’être toute petite en face de lui, lui fit regretter une chose ; ici, elle faisait son (jeune) âge, et ce n’était pas un compliment. Aussi, sans véritablement le regarder, et lui tendit son poignet pour lui montrer sa griffe.

« Brownie est en colère contre moi. » Son mensonge n’en était pas vraiment un, mais préférant lui adresser un sourire qui disparut aussitôt qu’elle le contourna pour se soustraire à l’image qu’il lui renvoyait, Cat jugea qu’il était temps de lever le camp ; il faudrait qu’il se décide à prendre un peu moins soin de lui dans la vie de tous les jours, car l’apparence au saut du lit lui allait comme un gant. Troublée, elle inspira profondément pour s’apaiser, et régula son rythme cardiaque en marchant jusqu’à la porte. Mais au lieu de sortir, elle repivota sur ses pieds « Tate ? » Une main d’abord posée sur ses yeux, elle la fit ensuite glisser sur sa propre nuque et lui demanda maladroitement « Est-ce qu’on va faire comme si rien ne s’était passé ? » Elle s’obligea à baisser sa main pour avoir l’air moins godiche, et se mordit furtivement la lèvre. Pour la première fois depuis qu’il était entré dans la pièce, elle affronta directement le regard de Tate, et tandis que son ton se réaffirmait peu à peu, elle lui dit « Si tu veux faire comme si rien ne s’était passé, d’accord. » Elle fût elle-même surprise par la facilité avec laquelle elle consentait à se plier à cette notion d’éphémérité. À croire qu’elle accordait plus d’importance au confort de Tate qu’au sien, car connaître les habitudes du jeune homme l’avait sans doute aidé sur ce coup. Cat se risqua à lui sourire « Mais il va vraiment falloir que t’arrêtes de me regarder comme si tu m’avais vue nue. »
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MessageSujet: Re: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Sam 19 Mar - 22:04

Indécis, Tate s’éternisa sur le seuil de la porte. Une minute, deux minutes. Sans produire le moindre son, sans même remuer d’un iota – allant jusqu’à retenir sa respiration, craignant qu’une inspiration un peu trop sifflante ne vienne trahir sa présence. Il y avait quelque chose de captivant – voire dérangeant – à observer quelqu’un sans avoir la décence de se faire connaître. Comme lorsqu’on brave un interdit en toute connaissance de cause ; un interdit qui en vaut la peine. En tout cas, celui-ci en valait clairement le coup d’œil. Il détourna les yeux, vaguement embarrassé de sa propre conduite – comme s’il avait été témoin d’une scène privée à laquelle il n’avait pas le droit d’assister. C’était sans doute un peu vrai. Il repoussa néanmoins ce retour de conscience, serra les dents et s’approcha doucement de l’entrebâillement de la porte avec curiosité. Ecaterina lui tournait le dos, mais de là où il se trouvait, il pouvait distinguer son profil. Après quelques instants, il fût forcé de constater qu’elle n’était pas moins la même que d’habitude. Être seule ne la changeait pas. Elle n’était pas plus facile à lire maintenant qu’elle ne l’était au milieu d’une soirée mondaine. Pas moyen de deviner son état, ou ce à quoi elle pensait. Aucun indice à relever pour résoudre son propre dilemme. Contre toute attente, un sourire satisfait étira ses lèvres – comme si avoir une réponse à l’énigme « Ecaterina Robertson » dans un moment comme celui-ci aurait été décevant et dénué de saveurs.

C’était le moment de prendre une décision. Il pouvait la rejoindre, ou prendre la tangente. Tate se mordit l’intérieur de la joue. Il lui suffisait de rejoindre le salon sur la pointe des pieds, d’enfiler son pantalon, de mettre la main sur ses clés de voiture et de quitter l’appartement, avant qu’elle ne quitte la salle de bains, pour se libérer de ses ‘responsabilités’. Il n’y avait rien de plus simple. C’était rester, qui serait difficile. Il fronça les sourcils en tâchant de se représenter la conversation qu’ils pourraient avoir maintenant qu’ils l’avaient fait. Il n’avait jamais été doué pour les bavardages sans queue ni tête, ce n’était pas aujourd’hui qu’il brillerait à l’exercice. La conclusion était simple. C’était la même qu’à chaque fois qu’il se réveillait aux côtés d’une femme : il ne voulait ni s’engager ni se compliquer la vie, et s’il froissait Ecaterina aujourd’hui, une petite voix lui soufflait qu’elle s’en remettrait comme une grande fille.

Seulement, ils se connaissaient et toute l’expérience du monde n’aurait pas pu le préparer à ce cas de figure. Tate n’avait pas l’intention de passer les six prochains mois à l’éviter – quand bien même ce serait possible, il n’en avait pas envie. Tôt ou tard, ils se retrouveraient dans la même pièce, et le souvenir du matin où il s’était tiré comme un salaud leur tomberait sur le coin du nez et il regretterait probablement de ne pas avoir pris le taureau par les cornes quand il en avait encore la possibilité. Il poussa un soupir lâche. C’était une conversation dont lui n’avait pas besoin, alors pourquoi devrait-il faire un effort ? Ça aussi, c’était simple. Il avait pris goût à la présence d’Ecaterina, à leur flirt discret, il ne voulait pas tirer une croix dessus. C’était important, pour lui, de garder une bonne relation avec elle. Pour une fois, il y réfléchissait sans doute un peu trop. Et merde.

Tate haussa un sourcil dubitatif quand elle lui affirma ne pas être en train de se cacher. C’était pourtant la première impression qu’elle lui avait donnée quand il l’avait enfin trouvée, enfermée dans l’une des plus petites pièces d’un appartement bien plus vastes – et les premières impressions, il en était convaincu, étaient bien plus révélatrices que celles qui leur succédaient. Celles-ci se consolidèrent sous une réflexion très simple : si lui avait eu besoin de se retrancher quelque part, il aurait probablement choisi la même pièce. Tate attendit encore un moment, jouant la carte de la patience pour lui laisser le temps de se confier à lui ou non ; mais les encouragements qu’il lui offrait ne trouvèrent aucune prise. Au contraire, elle lui donna l'impression de battre davantage en retraite. Il n’insista pas, et se contenta de hocher la tête d’un air entendu – renonçant au besoin chronique qu’il avait de se donner raison à tout prix. Vouloir percer à jour le monde entier, et ce en toutes circonstances, était une habitude contrariante ; et la dernière chose dont il avait besoin, pour le moment, c’était de lui donner une bonne raison de claquer la porte en sortant.

À son tour, Tate se rapprocha du lavabo en étouffant un bâillement communicatif dans le creux de son poing. Il accorda plusieurs secondes à l’inspection minutieuse de son reflet ; sans grande conviction, il s’efforça d’ordonner ses boucles – plus indisciplinées que jamais – avant de pousser un soupir de résignation. « Brownie ? » lança-t-il distraitement, sans comprendre la référence. À l’heure actuelle, le chat de Charlie était la dernière chose qui puisse lui traverser l’esprit, et le discours d’Ecaterina en devenait inévitablement incompréhensible. Perplexe, il lui jeta un bref coup d’œil et plusieurs secondes passèrent avant qu’une ampoule ne vienne s’allumer au-dessus de sa tête et l’aide à faire le lien entre le félin qui s’était affalé entre ses mollets au petit matin et l’adversaire d’Ecaterina. « Oh… Le chat. » Il marqua un temps d’arrêt, sans savoir ce qu’il pourrait répondre à ça. Après une courte seconde, et un haussement d’épaules mental, il s’aspergea le visage d’eau froide, comme pour se donner un bon prétexte pour ne pas approfondir une conversation impliquant les rancunes d’un chat obèse.

« D’accord. » répéta-t-il après elle pour manifester son assentiment. Il récupéra une serviette sur l’un des crochets près de la cabine de douche et se sécha le visage en prenant appui contre le lavabo. Il haussa une épaule pour y mettre l’accent – comme si l’affaire était « classée » en ce qui le concernait. Il attendit. Un froncement de sourcils, une insulte, une réaction, n’importe quoi qui puisse lui donner une idée de ce qu’elle pensait de ce qu’elle venait de lui suggérer – une suggestion qu’il s’était mentalement préparé à devoir faire, pas à approuver. Pendant un moment, Tate fût tenté de s’en tenir là. De ne pas creuser là où il savait pouvoir déterrer des problèmes. Son devoir, si on pouvait appeler ça comme ça, était terminé. Encore une fois, il se conforta en se répétant qu’elle saurait très bien s’en remettre – quoi qu’elle puisse véritablement ressentir face à la situation. Il l’observa un court moment se dandiner devant lui, visiblement peu à l’aise ; et soudainement, qu’elle soit une « grande fille » lui sembla être un prétexte bien maigre pour la laisser gérer la situation toute seule. Elle ne laissait toujours rien transparaître ; et lui ne savait que provoquer pour connaître la vérité, alors : « C’est tout ? On se serre la main… même pas d’insultes ? Tu es la femme idéale. »

Il inclina la tête sur le côté d’un air sceptique, comme pour l’inviter à admettre que ce n’était pas comme ça qu’elle voyait les choses. Tate ne prétendait pas avoir toutes les réponses. Comme elle, il s’avançait en terrain inconnu et ne pouvait que croiser les doigts en espérant filer droit. Il n’avait pas toutes les réponses ; mais c’était facile de l’oublier. Après tout, il lui suffisait d’adopter cet air sérieux et confiant qu’il maîtrisait à la perfection pour qu’on le croie maître de la situation. C’était faux : il improvisait au fur et à mesure. Souvent, il commettait des erreurs. Mais celles-ci semblaient perdre de leur importance, passée certaines conditions. Il s’était rendu compte que certaines personnes n’attendaient qu’une chose de lui : qu’il leur dise quoi faire et ce qu’il pouvait bien attendre d’elles. On ne vivait pas une vie sexuelle comme la sienne sans savoir poser des limites et donner des directions. « Montre. » ajouta-t-il d’une voix aux accents impérieux dont il n’arrivait jamais à se débarrasser totalement. D’une main leste, il indiqua le poignet qu’elle tenait encore entre ses doigts. Sans un mot, il le saisit entre ses mains rugueuses et observa avec attention la griffure légèrement boursoufflée qui avait commencé à rosir sur sa peau. « Assis-toi. » Il lui désigna le rebord de la baignoire avant de se tourner pour récupérer la trousse de secours qu’il avait négligée un moment plus tôt et s’emparer du nécessaire pour désinfecter la plaie – aussi superficielle soit-elle.

« Je ne m’engage pas dans des relations stables. Je sors avec des filles, et généralement, ça ne veut rien dire. » commença-t-il en appliquant délicatement le coton imbibé d’alcool à 90° sur sa peau. « Je suis le genre de type avec qui on s’amuse un soir, pas celui avec qui on s’installe. » Il souffla doucement sur sa peau pour adoucir le picotement avant de se redresser pour se confronter à son regard. « J’ai pas l’habitude de coucher avec quelqu’un que j’apprécie, qu’on se le dise. C’est une première, depuis… Longtemps. » Il marqua une pause, le temps de rouler son coton en boule avant de reprendre : « J’ai pas envie de faire comme si c’était pas arrivé. Impossible, de toute manière. Ton tatouage a fait grande impression, entre autres. » Il se pencha en arrière pour avoir une meilleure vue d’ensemble et plissa les yeux en essayant de voir à travers sa chemise, un sourire goguenard sur les lèvres.

« Mais c’est tout. Quand tu tomberas sur quelqu’un de bien, je te laisserai tranquille. Je te l’ai déjà dit. » Il inspira profondément, soulagé d’avoir mis les choses à plat. « Je vais y aller. » Il se releva à son tour, et se tourna vers la porte.


Dernière édition par Tate Bartowski le Lun 21 Mar - 2:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Dim 20 Mar - 23:46

« Et il a fallu qu’on couche ensemble pour que tu t’en aperçoives. » répliqua-t-elle, tandis qu’une lueur taquine s’installait dans le fond de ses yeux. Délibérément, elle imita le haussement d’épaules du jeune homme, et son sourire s’élargit presque de lui-même, avant qu’elle ne se somme de reprendre son sérieux, et qu’il disparaisse aussitôt. Répondre à l’une de ses provocations par une autre provocation, c’était son lot quotidien. L’exercice se révélait plus jouissif qu’il n’y paraissait, et maintenant qu’elle y était habituée, ça lui venait tout naturellement, comme respirer. Toutefois, dans les circonstances actuelles, elle n’avait vraiment pas de quoi faire la maligne. Cat n’était pas à son aise, tiraillée entre une multitude d’émotions ; ce qui la préservait de la crise de panique, c’était qu’elle se savait capable de sauver les apparences en misant tout sur sa sérénité retrouvée. En une nuit, elle s’était entièrement déchargée d’une tension accumulée pendant deux longues années, et même si elle était déconcertée par le concept des aventures d’une nuit, ça lui faisait tellement de bien de se sentir libre.

Sans pour autant forcer le trait de la rigidité, Ecaterina se donna les moyens de ne rien laisser transparaître d’autre que son étonnante gaieté, et resta fidèle à elle-même. Après avoir ravalé un autre sourire, ce fût parfaitement calme, bien que dansant d’un pied à l’autre, animée par une certaine impatience quant au fait d’en finir avec son embarras, qu’elle affronta le regard de Tate. Elle le regarda avec beaucoup d’attention, jusqu’à ce qu’un sentiment doux-amer la pousse à décocher une œillade par-dessus son épaule, histoire de mesurer la distance qui la séparait de la sortie de la salle de bain, sans pour autant avoir envie de la réduire en s’en allant. Bien au contraire, ce fut consciencieusement qu’elle fit un tout petit pas en avant.

Elle mentirait (très mal, au demeurant) si elle affirmait qu’elle n’avait pas apprécié le jeu du chat et de la souris auquel ils avaient joué depuis leur soirée au Hilton de Columbus. Progressivement, Cat baissa les paupières en battant des cils, et le poids du mascara qui avait filé sous ses yeux lui donna l’impression qu’ils pesaient une tonne ; elle était fatiguée. Le visage tourné de l’autre côté, et donc soustraite au regard de Tate qui la transperçait de toute part – elle devrait s’y faire, car plus jamais elle n’aurait la même perception lorsqu’il la regarderait avec autant d’insistance –, elle se laissa une longue minute pour réfléchir. Et sa précédente réflexion lui confirma, presque immédiatement, ce qu’elle redoutait. À partir de maintenant, les choses changeraient, indubitablement.

Cat non plus ne voulait pas que ce qui s’était passé la veille mette un terme aux échanges de regards en dilettante, et aux sous-entendus dont ils s’amusaient au détour de l’organisation de la tournée promotionnelle de leur livre. Elle avait trop aimé ça pour tourner la page aussi vite – c’était tellement rafraîchissant de ne pas souffrir du poids que représentaient les promesses d’engagements, qu’elle avait sincèrement regretté de n’avoir jamais été suffisamment audacieuse pour travailler son côté séductrice. Retourner à leur collaboration en faisant comme si de rien n’était, c’était mission impossible, en effet. Tout à coup, elle retourna la tête vers Tate, et le regard qu’il lui renvoya lui fit pincer les lèvres. Il ne le savait pas, mais elle avait toujours eu cette sensation étrange d’être un livre ouvert pour lui, principalement parce qu’il avait lu son carnet intime. Tate connaissait des choses que personne de son entourage ne connaissait à son sujet. En immobilisant son regard pour le plonger durablement dans le sien, Ecaterina comprit alors qu’il savait : non, évidemment qu’elle ne voyait pas les choses comme elle le sous-entendait, mais puisqu’elle ne savait pas ce qu’elle était supposée faire, ni ce qu’elle était supposée dire, elle ne se voyait rien faire d’autre que de se plier à ce qu’on attendait d’elle – à ce que Tate attendait d’elle. Et ce sans aucune contrainte, juste pour s’éviter d’y réfléchir, et de rentrer dans une introspection qui la pousserait à mettre le doigt sur ce qui l’effrayait.

Aussi, le soulagement la poussa à prendre une grande inspiration lorsqu’elle se rendit compte que Tate ne paraissait pas tout à fait en paix avec sa proposition ; l’air sceptique qu’il emprunta effaça toutes traces d’embarras chez sa collaboratrice qui avait oublié qu’elle tenait toujours son poignet entre ses doigts, bien que la pression qu’elle exerçait autour fit émerger une rainure de sang le long de sa plaie. Elle semblait sortir de sa songerie au moment où la voix de Tate résonna de nouveau dans la salle de bain, mais elle s’approcha de lui sans hésitation, suivant ses directives avec la docilité des grands blessés. Après avoir baissé les pans arrière de la chemise du jeune homme pour rester élégante, elle s’assit sur le bord de la baignoire, et croisa les jambes. La vision de la bouteille d’alcool à 90° la fit grimacer, mais pas autant que la conversation qui se profilait.

« Tu n’as pas besoin de te justifier. » le coupa-t-elle. Sa voix grave souffrant du manque de sommeil, elle devint encore plus cassée que jamais quand elle reprit « Tu oublies que j’ai vécu deux ans dans l’appartement en dessous du tien. » Elle y vivait toujours, même si ce n’était plus pour longtemps, se dit-elle un peu trop tard, mais elle ne se corrigea pas « Doucement. » Par crainte de la douleur, elle attrapa du bout des doigts le poignet de Tate, et amortit le contact du coton sur sa peau en le guidant le plus délicatement possible. Finalement, la sensation désagréable fût anesthésiée par la suite du discours du jeune homme.

Il venait de la toucher, sentimentalement parlant, en disant qu’il n’était pas le genre de type avec qui on s’installe. La moue dubitative, accentuant le galbe de ses lèvres, Cat ne pipa mot, pendant que ses pupilles se posèrent sans le vouloir sur l’alliance qui pendait autour du cou de Tate. Elle se demanda si ses certitudes n’étaient pas, tout simplement, liées à l’échec de son mariage, mais elle ne poussa pas sa réflexion plus loin, et détourna respectueusement les yeux en secouant la tête de droite à gauche. Car entendre Tate Bartowski s’expliquer sur ses us et coutumes, ça avait quelque chose de profondément dérangeant – et puis, clairement, elle ne lui faisait aucun reproche. À défaut de bien le connaître, elle avait compris toute seule, et depuis longtemps, que l’image du gentleman qu’il reflétait n’était, et bien, qu’une image, justement. Néanmoins, elle appréciait ses efforts pour avoir une conversation construite sur le sujet, et elle le laissa continuer. Par égard pour la discrétion dont il faisait preuve quand il s’agissait de cet aspect de sa vie, Ecaterina reprit avec beaucoup de patience et de douceur :

« Écoute, je ne suis pas stupide. » Elle inclina la tête, cherchant son regard, alors qu’il soufflait sur sa plaie pour la soulager des picotements causés par l’alcool « Je savais exactement ce que je faisais, et avec qui je le faisais. » Tate se redressa, Cat fit de même. Leurs regards se verrouillèrent enfin « Je suis une grande fille. Je ne te demande rien d’autre, sinon de la discrétion au sujet de cette n... » Qu’il lui avoue qu’il l’appréciait était une surprise qui l’empêcha, tout net, de terminer sa phrase. Cat baissa la tête, feignant de s’intéresser à sa blessure. Si elle parvint à réprimer le sourire qui la démangeait, elle ne put se résoudre à ne pas éprouver une satisfaction puérile en étant mise au courant.

Quand Tate mentionna son tatouage, elle se pencha en avant pour lui cacher les yeux avec ses dix doigts, et laissa échapper un petit rire qui s’éteignit au moment où il se leva avec la ferme intention de s’en aller. Elle hocha la tête, et son sourire disparut pour de bon. Le sentiment doux-amer qu’elle avait ressenti quelques instants plus tôt refit son apparition, et son goût se déposa sur sa langue ; c’en était un pas très agréable. Elle eut l’impression qu’elle devait parler pour se départir de ce mélange de saveurs qui s’écoulait lentement dans sa gorge. Toujours assise sur le bord de la baignoire, elle le regarda marcher jusqu’à la porte ouverte de la salle de bain. Comme si elle se défiait de le retenir, elle attendit le tout dernier moment pour lui lancer :

« Reste. Juste une seconde. » Elle se mordit la lèvre inférieure, plus hésitante qu’elle ne l’aurait voulu. Après un instant, elle se leva pour le rejoindre. Arrivée près de la porte, Cat le contourna pour se placer en face de lui. Mais cette conjoncture ne lui plaisait pas, elle était trop petite. Alors, elle se décala d’un pas, et s’adossa à l’encadrement de la porte. Sans trop savoir pourquoi, elle se hissa sur la pointe des pieds, pour donner l’illusion qu’elle n’était pas aussi chétive que sa taille le suggérait. Ecaterina fit une longue pause silencieuse, durant laquelle elle chercha le meilleur moyen d’être sincère sans en faire trop ; et l’invitation indicible à se confier qu’il lui avait faite toute à l’heure trouva enfin une prise « Je me cachais, mais je ne sais pas trop de quoi. » Elle glissa ses mains derrière son dos, et ses doigts s’agrippèrent fermement à la plinthe contre laquelle elle était appuyée « Je ne suis pas comme toi. Les aventures d’une nuit, je n’en ai jamais eu. J’ai toujours vécu des histoires plus ou moins sérieuses avec des hommes… gentils. » Elle passa sa langue sur ses lèvres, et en un clin d’œil, ses pupilles s’arrêtèrent très furtivement sur celles de Tate. Cat pencha légèrement la tête « Sois indulgent, parce que je ne compte pas tomber sur quelqu’un de bien dans l’immédiat. » Elle marqua une autre pause, plus lourde de sens, et le regard distrait qu’elle lui adressait se modifia ; elle le fixa, longtemps, sans faire un effort pour paraître sage et vertueuse. Et avant de descendre d’un cran, toujours perchée sur la pointe de ses pieds, elle conclut avec une fausse désinvolture – et une nouvelle fois, elle haussa les épaules « Pour la petite histoire, mon profil sur New Match, c’était  pour faire plaisir à Charlie. Je n’ai jamais eu l’intention de m’engager dans une relation stable. »
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MessageSujet: Re: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Lun 30 Mai - 6:00

« Oh je ne me justifie pas. Je veux seulement te faire comprendre deux-trois trucs. Je n’aime pas les malentendus. » Il interrompit lentement ses soins, ramenant ses mains près de ses genoux, et la dévisagea avec une touche d’ahurissement – comme si elle venait de lui suggérer une idée particulièrement grotesque. La nuance était essentielle à ses yeux : il avait beau avoir rompu avec ses habitudes, s’être attardé auprès d’elle, il n’avait pas l’impression de lui devoir des comptes pour autant. Elle aurait été d’accord avec lui, il en était convaincu : ç’aurait été on ne peut plus grotesque à ce stade. En revanche, et ceci elle l’ignorait, Tate tenait désormais à avoir une conversation ouverte et honnête concernant ce que lui présageait pour ‘la suite’ – quitte à avoir une discussion, autant en faire bénéficier les deux partis. Une suite, il pouvait s’en imaginer une. Il n’avait pas besoin d’une imagination bien fournie pour le faire – ses caresses s’étaient à peine estompées, parfaites suggestions à son oreille séduite. C’est pourquoi il avait besoin de s’expliciter. Poser ses limites. La prévenir. Plus tard, ce serait trop tard. Il connaissait le tempo sur le bout des doigts. « On a passé un très bon moment, et je serai ravi de remettre ça. Mais je ne veux pas que tu t’attendes à autre chose de ma part – quand je dis autre chose, je veux dire plus. Tu serais déçue. Attends, écoute-moi. » Il fronça légèrement les sourcils pour couper court à toutes objections de sa part – un tic caractéristique, qui n’apparaissait que lorsqu’il s’appliquait à faire valoir un argument avec diplomatie. Il ne lui céda pas la parole : quand bien même ce serait pour l’entendre affirmer qu’il n’avait aucun souci à se faire de ce côté-là, qu’il se fichait le doigt dans l’œil (et ce jusqu’au coude) s’il pensait qu’elle pourrait ne serait-ce qu’envisager un avenir sérieux avec lui. À vrai dire, il serait rasséréné de recevoir la rebuffade, mais Tate avait appris à formuler les choses avant qu’on ne puisse lui reprocher d’avoir tardé à le faire. Il avait beaucoup de défauts, mais dissimuler son jeu sans raison n’en faisait pas partie. « Je ne dis pas ça pour m’attirer ta sympathie. Ou me débarrasser de toi. » La précision avait lieu d’être : combien de filles avaient essayé de lui prouver qu’elles ne seraient pas déçues ? Qu’elles pouvaient très bien changer pour lui, ou pire, le faire changer pour elles ? Combien d’autres l’avaient accusé de malhonnêteté ? D’être délibérément offensant pour les pousser à bouts ? Des discours et des reproches comme ceux-ci, il en avait pleins la tête. À un point tel qu’il eût brièvement l’impression de suivre le schéma de réponses intuitif des compagnies de démarches téléphoniques. L’idée, absurde, lui arracha un sourire, et il baissa brièvement les yeux pour retrouver contenance. « Je suis un petit ami lamentable. J’oublie les anniversaires, les dates importantes. Je rentre tard, et pas seulement parce que je suis accro à mon travail. Bref… Je ne suis pas un cadeau. Mais, ça, tu le savais déjà. » Il lui décocha un sourire gouailleur en dépit du piètre autoportrait qu’il venait de lui dresser. Longtemps, il avait préféré la tenir à distance respectable de sa vie personnelle – et de lui, de manière un peu plus générale. Aujourd’hui, la frontière était grossièrement brouillée – comme une ligne droite qu’on aurait tenté d’effacer dans l’urgence avec la gomme usée d’un écolier. Et s’il devait lui montrer un visage, il ne l’embellirait pas à renforts de mensonges.

Ses joues devinrent chaudes quand il surprit l’œillade qu’elle adressa à son pendentif – une œillade pleine de conclusions. Ses lèvres se crispèrent au point de former une grimace fugitive. Il eût alors un geste machinal, stupide – celui de vouloir le dissimuler sous une couche de vêtements qu’il ne portait pas. À la place, il se retrouva à tripoter bêtement le contour métallique avec un air inhabituellement gauche. Et parce qu’il savait qu’elle savait que l’anneau n’était pas un simple anneau – contrairement à ses autres conquêtes – mais une alliance, il éprouva le besoin irrationnel de défendre son mode de vie, sa façon de faire, un jour à la fois. Il eût envie de détromper les conclusions qu’il avait brièvement lues sur son visage. Lui dire que son divorce n’avait rien à voir avec lui. Qu’il n’avait pas été un si mauvais mari qu’il ne s’affirmait « lamentable petit ami » à l’époque. Que les circonstances étaient différentes. Il ne lui dit absolument rien. Ses lèvres demeurèrent scellées, peu disposées aux confidences. Elles ne l’avaient jamais été. Se confier était un point sur la liste des « choses » qui ne lui venaient pas naturellement. Alors, il se contenta de ravaler ses éclaircissements, le portrait de sa jeunesse beaucoup moins coupable, et sourit avec des lèvres toujours serrées. Il se pencha vers elle, plaçant son visage à la même hauteur que le sien. Il planta son regard dans le sien, comme il aimait le faire, et la sonda pendant une poignée de secondes. « Tu te rappelles de cette charte ? » lança-t-il en baissant d’un ton, comme s’il avait voulu éviter qu’on puisse l’entendre depuis le couloir. Il eût un rictus en réfléchissant à toutes les clauses qu’ils avaient violées depuis qu’ils les avaient écrites. Il se demanda brièvement si elle aussi avait tenu le compte. « Je pense qu’on va pouvoir la mettre à la poubelle, et se contenter d’éviter de tomber bêtement amoureux, d’accord ? »

C’était plus fort que lui – il y revenait toujours. À ce besoin de modérer prématurément les attentes d’autrui à son encontre. Ça lui donnait l’impression d’avoir un peu de contrôle sur le nombre de déceptions dont on lui attribuait la faute. Ecaterina avait déjà moqué cette habitude qu’elle avait jugée « ennuyeuse ». Il n’en changerait probablement jamais. À son âge, Tate était convaincu qu’on ne changeait plus – même avec une excellente raison, et lui n’en avait aucune. S’il existait une meilleure manière de gérer une relation comme la leur, il ne l’avait pas trouvée. C’est pourquoi il préférait l’inciter à utiliser, exceptionnellement, sa méthode. À profiter de l’instant présent sans s’attacher excessivement à lui et sans se poser trop de questions. La donne avait peut-être changée, mais il restait le sale type des chansons pour cœurs brisés et il mettrait un point d’honneur à le lui rappeler si elle avait le malheur de l’oublier. « Alors ? Tu promets ? » Il baissa les yeux sur leurs mains, eût l’air de réfléchir un court moment, puis leva le petit doigt devant lui – comme il l’avait souvent vue faire par le passé. Une habitude qui lui évoquait toujours des filles bien plus jeunes qu’elle ne l’était, et qui lui était bizarrement restée.

Il n’y avait rien à ajouter. Pourtant, ses lèvres restèrent entrouvertes un bon moment avant qu’il ne se résigne à les réunir – juste avant d’annoncer son départ. Si Ecaterina avait un goût doux-amer sur la langue, lui se sentait le cœur un peu balourd, comme s’il s’était adonné à un exercice auquel il n’était pas habitué. Il avait envie d’être seul – pour comprendre, faire le tri, se remettre à fonctionner normalement. Malgré ça, il se retourna instantanément quand elle le rappela. Il haussa un sourcil interrogateur et la suivit du regard, pivotant à mesure qu’elle le dépassait pour continuer à lui faire face. « Je crois savoir. » annonça-t-il en se rapprochant d’elle, presque sans y penser. Il mesura mentalement sa théorie – eût l’air de réaliser une opération mathématique compliquée – avant de la lui présenter modestement. « Tu n’aimes pas ne pas savoir ce que les choses signifient. Ou alors, tu sais qu’elles ne veulent pas dire grand-chose et tu préfèrerais ne pas savoir. Ça se comprend. » Il n’irait pas jusqu’à dire qu’il comprenait personnellement le sentiment. Il ne s’exposait pas à ce genre de situations. Mais il pouvait se le représenter, dans une certaine mesure. Ce devait être suffisant.

L’idée qu’il puisse ne pas avoir visé juste lui traversa brièvement l’esprit. Il la repoussa avec une touche d’impatience, et caressa doucement le long du poignet pansé d’Ecaterina jusqu’à la manche retroussée de sa chemise. « Est-ce que c’est mal si je te dis que ça me plaît ? » lui avoua-t-il quand elle lui confia ne pas avoir l’intention de « tomber sur quelqu’un de bien » de sitôt. Ses yeux, impassibles d’ordinaire, lui renvoyèrent un sourire mêlant goguenardise, une touche indélébile de provocation et quelque chose d’un peu plus doucereusement enjôleur. Sans un mot, il baissa les yeux sur le col entrouvert de sa chemise. Pas mécontent de la vue, ses mains se refermèrent délicatement sur ses pans pour attirer lentement son visage au sien. Il l’embrassa sans l’urgence qui avait caractérisée les fois précédentes. Comme pour appuyer son dernier propos.  « Vraiment. Beaucoup. » Il reposa brièvement son front contre le sien, savourant son contact avec l’impression d’abuser d’une gourmandise. Son air sérieux lui revînt quand elle lui rapporta les initiatives d’entremetteuses de Charlie. Tout aussi sérieusement, il répliqua :  « Tu n’as pas besoin de te justifier. Tu oublies que j’ai vécu d…. » Il éclata de rire avant d’avoir terminé sa phrase.
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MessageSujet: Re: 03. [Watsbury’s] Definitely, maybe    Sam 4 Juin - 19:22

Même dans un agréable moment comme celui-ci, ou tout ce qu’elle avait envie de faire, c’était de le toucher, de le regarder, et de profiter que personne ne remarque comme elle s’appliquait à mémoriser ce qu’elle avait pourtant eu sous les yeux pendant des jours entiers, Tate réussissait à mettre sa constance à l’épreuve. Impatiente, et un tantinet embarrassée par l’argumentaire de son associé, Cat claqua la langue contre son palais. Gesticulant sur le bord de la baignoire pour faire bonne mesure, elle se positionna plus confortablement, suivant des yeux les gestes qu’il exécutait. Elle aurait aimé pouvoir s’exprimer davantage sur le sujet, se débarrasser des punchlines toutes prêtes qui traînaient dans sa réserve mentale, et qu’elle mourrait de pouvoir utiliser pour le rassurer définitivement sur ce qu’elle attendait de lui, mais il lui demanda de l’écouter. Manifestement – du moins, elle le ressentit de cette manière, et son empathie la poussa à obéir –, il avait besoin de mettre les choses à plat, et de s’assurer qu’elle comprenait à quel point c’était essentiel qu’elle ne s’attache pas.

Il rapprocha son visage du sien. Ecaterina se redressa, attentive à la moindre de ses sollicitations, et lorsqu’il mentionna la charte qu’ils avaient écrite et signée, elle plissa les paupières, tentant de lire dans son regard où il cherchait à en venir au juste. Il s’exprima rapidement, et cette fois-ci, Cat faillit lui faire remarquer qu’éviter, ce n’était pas pareil que de ne pas tomber amoureux. Elle pencha la tête sur le côté. Glissant précautionneusement ses longs cheveux blonds derrière son oreille, elle se concentra si fort qu’elle en oublia un moment de respirer. La nuance était imperceptible, mais elle avait le mérite d’exister. C’était plus facile d’éviter de faire quelque chose, que de ne pas le faire du tout. Était-ce quelque chose dont il essayait de se convaincre personnellement, qu’il était capable d’éviter de tomber amoureux – d’elle, ou d’une autre ? Sa suggestion résonna aux oreilles d’Ecaterina comme un défi très malvenu, et pendant que les yeux du jeune homme se détournaient des siens, elle trouva soudainement bien confortable le silence auquel il l’avait réduite. Puis elle expira, sans sentir aucun soulagement, toutefois ; car les contours du mot promesse s’imprimèrent, de façon éphémère, au milieu de sa rétine.

« Tate… » murmura-t-elle, finalement. Sa voix rauque ne devint plus qu’une brisure, et elle prit ses deux mains dans les siennes. Avant de baisser la tête, Cat joignit ses pieds nus sur le tapis de douche en molleton. Ses paumes devinrent moites au contact de la peau de Tate. Le mot promesse n’était rien de plus qu’un synonyme poétique pour désigner l’engagement. Ça la terrorisait. Quand bien même il voulait lui faire promettre de ne pas faire quelque chose, au final, la conclusion serait la même. Si l’un d’eux rompait cette promesse, il y aurait des répercussions – et elle ne voulait pas vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Ecaterina pinça les lèvres, et le bout de ses doigts tritura, presque machinalement, les phalanges bosselées au dos de la main du jeune homme

Prise dans un dilemme qui lui demanda de longues secondes de réflexions, Cat se tut. Si on lui posait la question maintenant, elle répondrait qu’elle n’avait pas l’intention de tomber amoureuse de Tate Bartowski. Elle sourit malgré elle, non sans avoir le sentiment de se mentir à elle-même. Pourtant, c’était la stricte vérité. Elle n’arrivait pas à savoir ce qu’elle ressentait pour lui, puisqu’en dehors du fait qu’il lui apparaissait comme son type d’homme, il n’avait rien fait pour qu’elle nourrisse ne serait-ce qu’un peu d’affection sincère à son égard. Comme il l’avait si bien dit, il n’était pas un cadeau. Il s’en était d’autant plus assuré en acceptant de travailler avec elle, car elle avait outrepassé son droit en lisant quelques lignes du journal de son père – des lignes qui le concernaient, et qui mettaient en lumière un aspect peu glorieux des rapports qu’il entretenait avec son père. Sans se poser de questions, elle avait supporté sa méthode brutale de travailler, ses accès de colère, et ses remarques cinglantes. Certains crieraient à la vengeance d’avoir empiété sur son intimité, pas Cat, qui avait toujours pensé qu’il s’agissait de sa façon de se protéger des souvenirs douloureux que lui imposait de travailler sur un projet comme celui du journal de Pawel Bartowski. Elle se figea. En effet, elle se mentait à elle-même – elle ne se serait pas montrée aussi magnanime avec quelqu’un qu’elle n’appréciait pas déjà.

La preuve en était ; elle n’avait pas réussi à collaborer avec Rachel Berry, pour qui elle disait avoir de l’admiration, malgré leur différend. Elle releva les yeux, ses cils fendant l’air dans un ralenti déconcertant, alors qu’elle prenait conscience du délai de réponse qu’elle imposait à Tate. Son incertitude, qui s’emparait doucement d’elle, elle la fit se perdre un instant dans les pupilles singulières du jeune homme, qu’elle regarda de nouveau. Même s’il l’avait parfois fait souffrir en l’acculant face à ses propres souvenirs, Ecaterina ne l’avait jamais laissé tomber ; et aujourd’hui non plus, elle ne le laisserait pas tomber. Après une dernière caresse sur sa main, elle les lui lâcha toutes les deux. On ne prévoyait pas de tomber amoureux. C’était probablement pour cette raison que ça hérissait aussi fort la personnalité dominante de Tate. Lui qui avait pour manie de tout vouloir maîtriser, et qui y parvenait très souvent, ne devait pas supporter de n’avoir aucune emprise sur les sentiments que chacun nourrissait instinctivement pour autrui. Certainement que c’était ça qu’il lui faisait peur à lui ; elle détestait le mensonge, mais elle savait à quel point c’était réconfortant d’être préservé de la réalité, quelquefois. Elle frissonna discrètement, et ses genoux se touchèrent. Le tissu de la chemise qu’elle portait lui parut bien léger pour la mettre à l’abri de la tempête qu’elle pressentait si elle se risquait à le mettre devant le caractère idéaliste de la promesse qu’il cherchait à lui faire prononcer ; c’est pourquoi elle refusa de jouer l’imprudence. Néanmoins, elle pensa à Dorian qui n’apprécierait guère que sa petite-sœur se lance dans un tel cérémonial en n’étant pas sûre de pouvoir respecter ses engagements ; Les Robertson étaient des individus de paroles, malgré les profonds maux qui les faisaient agir lâchement parfois. Une nouvelle fois, elle pencha la tête sur le côté, et ses doigts dansèrent contre la cuisse sur laquelle elle avait posé sa main. Elle réfléchissait beaucoup trop ; elle fût à deux doigts de l’avouer à voix haute, et un sourire pointa sur son visage, quand elle se rappela comme ce reproche était l’un des préfères de son partenaire – elle s’en était toujours défendue, mais il avait raison. Dans l’urgence d’agir, son poing se referma en même temps qu’elle le brandit dans l’espace qui les séparait. Son petit doigt émergea à peine, et timidement, il vint crocheter celui de Tate.

Elle entendit le son de sa propre voix demander au jeune homme de rester, et elle sut qu’à partir de ce moment-là, elle n’aurait plus l’impression d’être maîtresse d’elle-même. Le tatouage qui marquait sa peau, et que Tate avait mentionné quelques instants plus tôt, perdit soudain tout son sens, et comme pour le cacher des curieux, elle baissa le bas de la chemise un peu plus sur sa croupe.  Encore une fois, il avait raison en révélant son fil de pensée, mais elle ne le félicita pas d’avoir réussi à percer l’un des nombreux mystères de sa psyché. Cat fit basculer l’arrière de sa tête contre l’encadrement de la porte, et juchée sur la pointe des pieds, elle lui répondit avec un sourire dans la voix :

« Je ne sais pas si c’est mal, mais c’est un peu paradoxal. » Ses mains abandonnèrent vite la plinthe, qu’elle tenait toujours avec fermeté, pour venir encadrer délicatement le visage de Tate «  Hey, ils sont ici mes yeux. » chuchota-t-elle en remarquant qu’il profitait d’une vue imprenable sur son décolleté. Ses paumes s’étaient asséchées, et elle repoussa d’un geste leste les cheveux bruns qui lui tombaient dans les yeux. Pendant qu’il la faisait se rapprocher de lui, elle fronça le nez « Tu ne devrais pas plutôt me dire quelque chose comme : Fais-toi plaisir, fréquente d’autres hommes, Ecaterina ! » Elle fronça plus fort le nez en prononçant son prénom, et tout en se hissant plus haut sur la pointe des pieds, elle recula sensiblement la tête avant que les lèvres de Tate n’entrent en contact avec les siennes « Pendant qu’on y est, il est temps que tu m’appelles Cat. Ça devient ridicule à ce stade. »

Elle sentit la différence dans le baiser qu’il lui donna. Elle le lui rendit, sans hésitation. Tate ne s’était pas montré indélicat la nuit dernière, mais la douceur de ses lèvres était plus authentique et réconfortante, comme l’onde de quiétude qui se propagea dans son corps au frôlement de son front contre le sien. Cat ferma les yeux un moment, et un sourire graduel, qu’elle tenta de retenir en se mordant les lèvres, se dessina tout de même sur son visage ; elle se demanda si elle pourrait s’y faire, et la réponse la fit vite revenir sur Terre. Aussi plaisante fût-elle, elle rompit brusquement leur étreinte. Redescendant de sa marche invisible au moment où il renvoya la réponse qu’elle lui avait donnée un peu plus tôt, elle se pressa une dernière fois contre lui, et après deux petits baisers consécutifs – un sur la joue, qu’elle planta par erreur sur son œil, et l’autre au coin de sa bouche –, elle battit sagement en retraite pour s’engager dans le couloir de l’appartement de Wyatt et Charlie.

La lumière avait envahi tout l’espace, rendant l’éclat des rayons du soleil d’hiver bien difficile à affronter sans plisser les yeux. Brownie lambinait au milieu des vêtements répandus sur le sol, et lorsque Cat entra dans la pièce, il lui lança un regard toujours autant empreint de déception. Elle ne s’en préoccupa pas, trop occupée à trottiner avec le même entrain qu’elle démontrait lors de ses nombreuses visites à sa meilleure amie. Elle connaissait cet appartement comme le sien, ce qui rendait ses déplacements spontanés – elle n’avait pas l’air gêné d’avoir ruiné la sacralité des lieux. En fait, elle n’y pensait même pas, employée à dépasser toutes les arcades de l’appartement, en quête de son sac à main. Elle le trouva, après quelques secondes à fureter à droite et à gauche, abandonné sur le sol près de la porte d’entrée. S’accroupissant avec souplesse, Ecaterina en défit la fermeture éclair. Son téléphone portable avait dû sonner plusieurs fois depuis hier soir, et avec un sentiment de culpabilité vite oublié, elle se rappela qu’elle avait promis à Lynn de l’appeler le plus vite possible. Tant pis, elle le ferait plus tard dans la journée, il était encore très tôt, se rasséréna-t-elle, et elle haussa les épaules en dégageant son carnet d’écrit – neuf, mais déjà bien rempli – du bazar qui régnait dans son sac.

Elle en ouvrit la première page, et les articles de la charte dont avait parlé Tate s’étalèrent sous son regard brillant de malice et de fatigue. En se levant pour se redresser, et en rebroussant chemin vers le salon, Cat relut les lieux communs qu’ils avaient décidé de respecter, à cette époque, et ne put s’empêcher de lister les quelques dizaines de fois où ils avaient violé la garantie qu’ils s’étaient pourtant jurée, signatures à l’appui, de respecter ; en même temps, elle redouta que leur incapacité à se plier à ces articles n’entache la promesse qu’ils venaient de se faire, et elle regretta, trop tard, de ne pas avoir pu prendre son temps pour y réfléchir. Elle repoussa ses états d’âme. Ils n’avaient plus besoin de cette charte, et tandis qu’elle s’approchait de Tate qui avait rejoint la pièce à vivre, lui aussi, elle arracha les fameuses pages avec un soin réflexe.
« Tu veux les garder ? » lui demanda-t-elle en s’arrêtant en face de lui, et elle lui tendit les feuilles de papier noircies par son écriture.
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03. [Watsbury’s] Definitely, maybe

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